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La pochette de cet album, le deuxième album studio d'AC/DC dont je me souvienne de la sortie (après Ballbreaker en 1995, j'avais 13 ans ; né en 1982, je n'ai aucun souvenir, j'avais alors 8 ans, de la sortie de The Razors Edge, quant aux précédents, n'en parlons même pas) en 2000, m'a toujours fait très fortement penser à celle de Ballbreaker, justement, où on voyait Angus, entouré de gargouilles gothiques, juché, guitare en pogne, sur une sphère cerclée d'éclairs. Celle de cet opus de 2000 (enregistré entre septembre et octobre 1999 à la Warehouse de Vancouver, avec le producteur George Young, grand frangin d'Angus et Malcolm, mort récemment, comme Malcolm) représente un Angus statufié en bronze, guitare en pogne, sur un socle de statue avec le titre de l'album gravé dessus : Stiff Upper Lip. En arrière-plan, des immeubles, le tout avec des teintes dorées/sépia. Le titre de l'album est une epxression difficilement traduisible qui s'utilise quand on parle de quelqu'un qui fait front, avec force et courage, face à l'adversité ou à une trop forte émotion qu'il parvient cependant à maîtriser. Quelque chose comme ce mec, il en a là où il faut. C'est aussi une allusion à la paire de lèvres d'Angus, quasiment digne de celles de Mick Jagger. Cet album, qui offre 12 titres et 47 minutes, fait suite, 5 ans plus tard, à Ballbreaker, ce disque produit par Rick Rubin et dont j'ai reparlé hier, en étant à peine moins méchant qu'autrefois.

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Ballbreaker était, dans l'ensemble, moyennement produit, disons en fait que la production de Rubin (un spécialiste en rap/hip-hop et en metal bien violent, qui n'a que rarement fait dans la demi-mesure, même s'il a quand même produit les derniers enregistrements de Johnny Cash, les fameux American Recordings) ne cadrait pas trop avec AC/DC. La voix de Brian Johnson, déjà un peu usée par des abus, n'en était que plus frèle, fragile, à la limite de l'insupportable. Mais, paradoxe, on trouve, sur l'album de 1995, quelques très grandes chansons. Avec Stiff Upper Lip, le groupe retrouve, derrière les consoles, le grand frangin, qui avait produit (avec Harry Vanda) les premiers albums, jusqu'au live de 1978, et était revenu à la production en 1986/1988. Il est, cette fois-ci, seul à la production, et c'est le dernier album qu'il produira pour AC/DC. S'il n'est pas un sommet absolu de la carrière du groupe, Stiff Upper Lip est clairement un excellent album, avec quelques chansons franchement remarquables, comme le morceau-titre, Safe In New York City, Hold Me Back, Meltdown, Satellite Blues et Damned. Chaque album du groupe, cependant, a son lot de chansons jetables, et celui-ci ne fait pas dérogation à la loi : Come And Get It, avec ses choeurs énervants, et Can't Stop Rock'n'Roll ne sont pas aussi brillantes que le reste, sans être pourries. 

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Très bien produit (la voix de Johnson, bien que nettement moins puissante qu'à la glorieuse époque de Back In Black, est franchement meilleure que sur Ballbreaker), rempli de chansons géniales, Stiff Upper Lip sera un très très beau succès commercial (la tournée mondiale sera illustrée par un DVD live en 2001, sur lequel une seule chanson de l'album, le morceau-titre, est interprété, ce qui, on en conviendra, comme technique de promotion, n'est pas terrible ; mais le groupe jouera d'autres morceaux de l'album tout du long de la tournée, Safe In New York City prendra, d'ailleurs, après les attentats du 11-septembre, une toute autre dimension). Cependant, les critiques pointeront du doigt le fait que, malgré que l'album soit efficace (on ne s'emmerde jamais, tout du long de ses 47 minutes ; on ne pouvait pas dire ça de Ballbreaker et de sa triplette de chansons pourries vers la fin d'album), il tourne un peu en rond, AC/DC ressassant les mêmes thèmes. Là encore, ça va, mais sur l'album suivant, Black Ice, on trouvera pas moins de quatre chansons avec le mot 'rock' (ou une variante) dedans, même si c'est un détail. D'ailleurs, ce Black Ice, j'en reparle demain (la fin du cycle arrive à grands pas), pour les ceusses que ça intéresse !

FACE A

Stiff Upper Lip

Meltdown

House Of Jazz

Hold Me Back

Safe In New York City

Can't Stand Still

FACE B

Can't Stop Rock'n'Roll

Satellite Blues

Damned

Come And Get It

All Screwed Up

Give It Up