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Malaise.

Voilà ce qu'on ressent à l'écoute de ce Thrak datant de 1995, premier album de King Crimson en 11 ans, depuis leur second split survenu en 1984, après l'album Three Of A Perfect Pair. Pour ce come-back quasiment inattendu, Crimso se reforme sous le line-up de la période 'années 80', à savoir Robert Fripp (guitare, mellotron), Adrian Belew (guitare, chant, textes), Tony Levin (basse, choeurs) et Bill Bruford (batterie). Avec, en plus, l'ajout de deux nouveaux musiciens, le batteur Pat Mastellotto et le bassiste/stickman Trey Gunn. L'originalité, ici, tient dans le concept du line-up : un double-trio (guitare-basse-batterie, multiplié par deux pour chaque instrument).

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I'm a dinosaur...somebody's digging my bones. Leitmotiv du plus long morceau de l'album, Dinosaur, 6,38 minutes de folie métallique portée par les guitares stridentes, écorchées vives, dingues de Fripp et Belew. Avec mellotron derrière, qui donne un faux air lyrique, symphonique, et donc progressif, au morceau. Dinosaur est, avec VROOOM VROOOM, THRAK (dont l'intro ressemble à celle de Larks' Tongues In Aspic 2) et Walking On Air, un des rares moments réellement exceptionnels de Thrak, album relativement intéressant, mais ne faisant tout de même pas partie de ce que le Roi Cramoisi a fait de mieux. Reconnaissons que l'album instaure, tout du long, un climat oppressant, metal, glauque, à l'image de sa pochette, qui ressemble à s'y méprendre (jeu de couleurs excepté) à celle de The Downward Spiral de Nine Inch Nails (album de 1994, sur lequel, ô coincidence, Adrian Belew a participé fugacement). Thrak est, malgré sa pochette froide, moins froid et jusqu'auboutiste que l'album de NIN. Il est, en revanche, très porté sur les sonorités extrèmes, expérimentales, métalleuses, plus que progressives. Oui, King Crimson n'est plus progressif, ici. Ou si peu !

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Les musiciens sont tous exceptionnels, la grande force de Crimso ayant toujours été de se composer de musiciens talentueux, qui en veulent. Tony Levin et Bill Bruford, dans leurs pratiques respectives de la basse et de la batterie, sont unanimement qualifiés de dieux vivants. Belew est un bon chanteur (voix moins énervante que sur la trilogie Discipline/Beat/Three Of A Perfect Pair) et un gratteux de folie. Quant à Fripp, son style minimaliste fait toujours merveille. Les deux nouveaux membres, Gunn et Mastellotto, sont excellents. Si Thrak est un album mineur, ce n'est donc pas à cause de l'interprétation. Mais à cause de sa durée (57 minutes) et, surtout, de certains morceaux, comme les deux parties de Radio ou de Inner Garden, ou comme Coda : Marine 475, qui semblent vraiment en trop. Comme il a été dit sur un site musical (me souviens plus lequel, désolé), si Thrak avait été composé de seulement 10 titres au lieu de 15, ça aurait été parfait. L'album n'est pas vraiment trop long (57 minutes, c'est loin du maximum de capacité d'un CD), mais il contient trop de titres médiocres et/ou inutiles, trop courts, redondants. En résumé, Thrak est pour les fanatiques de Crimso, et ne convient pas pour découvrir le groupe. Les oreilles aventureuses devraient aussi apprécier, les amateurs de NIN aussi. Mais si pour vous, King Crimson, c'est Red, Lizard ou In The Court Of The Crimson King, vous allez pas vraiment apprécier le voyage...ou peut-être que si. En tout cas, je préfère prévenir. 

VROOOM

Code : Marine 475

Dinosaur

Walking On Air

B'Boom

THRAK

Inner Garden I

People

Radio I

One Time

Radio II

Inner Garden II

Sex Sleep Eat Drink Dream

VROOOM VROOOM

VROOOM VROOOM : Coda