A13

Il y à longtemps, mais alors longtemps, alors que j'étais au collège (en fin de parcours), un ami de l'époque me fila un CD qu'il me disait ne pas aimer. Cet album d'AC/DC. Ce fut mon premier album du groupe, dont je ne connaissais qu'une chanson, Highway To Hell, laquelle n'est pas présente ici, pour une raison bien simple : elle n'existait pas encore. Le gars m'a dit : j'aime vraiment AC/DC, mais je déteste les albums live, et je n'ai jamais réussi à apprécier ce disque. Je ne connaissais pas encore ce groupe (sauf de nom et d'une chanson) et je n'ai jamais rien eu contre les lives, donc j'ai remercié mon pote et une fois chez moi, j'ai filé le bazar à ma chaîne hi-fi, qui s'est empressée de me faire écouter les 52 minutes de ce live sorti en 1978 sous une pochette tapageuse et un titre à rallonge (qui, l'année suivante, sera également celui d'une chanson du groupe) : If You Want Blood...You've Got It. Angus Young, se faisant transpercer le torse par un manche de guitare, visage ensanglanté, et derrière lui, un Bon Scott en pleine action. 'Tu veux du sang, ben t'en as'. Première écoute : claque dans la gueule. Pour l'époque (cet album se paie ses 40 balais cette année, tout de même), le son est absolument dantesque. Le groupe est en super-totale-complète forme, et surmultiplie ses effets, Bon Scott est en mode diable qui sort de la boîte et vitupère, complimente met à partie le public, assez souvent. Les riffs d'Angus sont si puissants qu'ils entrent par une oreille, foutent le bordel absolu dans votre cerveau et ressortent, difficilement, par l'autre oreille. 

A14

Quasiment tous les fans vous le diront : découvrir AC/DC via ce live, c'est un peu comme découvrir Deep Purple via Made In Japan ou Kiss via Alive ! : c'est entrer par le Grand Portail Doré de 10 mètres de haut. Ouais, j'ai eu du bol, après tout, mon pote aurait très bien pu me fourguer Who Made Who en me disant tu vas voir, il est génial, ce disque ou bien tout simplement ne rien me filer et me laisser découvrir, par moi-même, avec ce que ça peut impliquer de mauvais choix parfois (la pochette de Fly On The Wall a fait que j'ai eu tout de suite envie d'acquérir ce disque pour l'écouter, imaginez ce que j'ai ressenti en l'écoutant...), la discographie des Australiens. Offrant 10 titres, ce live a été enregistré à l'Apollo Theatre de Glasgow, Ecosse (bien qu'Australiens, la majeure partie des membres d'AC/DC ont des origines écossaises, il me semble bien, ce choix n'a probablement pas été fait au hasard), le 30 avril 1978. On y trouve tous les classiques du groupe, dans des versions démoniaques/ Sur The Jack, Bon est en forme et énumère les maladies vénériennes qu'il s'est chopé en flirtant ; sur Bad Boy Boogie, durant le plutôt long passage instrumental rythmique central, on imagine Angus se désaper comme il avait l'habitude de le faire. L'enchaînement final Let There Be Rock/Rocker (cette version live de ce morceau est quasiment punk ; ce morceau était, à noter, à l'époque, quasiment inconnu du public américain) met à genoux. Et que dire de l'intro, Riff Raff, et de l'enchaînement avec Hell Ain't A Bad Place To Be

A18

Rien à jeter sur les 52 minutes plutôt généreuses (mais comme pour tout live, surtout de cette qualité, on aurait préféré un double ; ceci dit, les concerts du groupe ne duraient pas deux heures, à l'époque, et ici, je pense qu'on a quasiment tout le show) de ce live dantesque. On peut regretter ainsi l'abence de deux-trois titres fédérateurs de l'époque et que le groupe jouait souvent (Live Wire, par exemple), mais dans l'ensemble, le meilleur du AC/DC de l'avant Highway To Hell est là, immortalisé en version live tout simplement gigantesque. Le son est parfait, le groupe assure, les morceaux sont cultes et dans des versions à tomber à genoux sur du verre pilé et à en redemander avec joie (The Jack, Riff Raff, Rock'n'Roll Damnation), l'ambiance est totalement à foutre le feu à de la glace toute aussi pilée que le verre cité plus haut (il paraît qu'à la fin du concert, le groupe est remonté sur scène vêtu du maillot de l'éuipe de foot d'Ecosse, ce qui, évidemment, est impossible à deviner en écoutant l'album)... Dans la longue liste des albums live, de rock ou de hard-rock, If You Want Blood...You've Got It fait partie des intouchables, des plus réussis, cultes, mythiques, essentiels. C'est aussi le meilleur live du groupe. Celui de 1992 possède en effet un défaut de taille : les gaps entre pas mal des morceaux (il s'agit d'une compilation de tournée, pas d'un live entier enregistré en un seul lieu), qui tuent l'ambiance ; et celui de 2012 (enregistré à River Plate, Argentine, en 2009) est pas mal, mais sans plus). Après, il y à aussi celui de 1979 à Paris, présent dans le coffret Bonfire de 1997, et il est effectivement remarquable...Mais mon coeur balancera toujours pour ce live de 1978, parfait en tous points !

FACE A

Riff Raff

Hell Ain't A Bad Place To Be

Bad Boy Boogie

The Jack

Problem Child

FACE B

Whole Lotta Rosie

Rock'n'Roll Damnation

High Voltage

Let There Be Rock

Rocker