Puisque Clash a lancé les hostilités avec " Saturday Night Fever", je me joins à lui dans une entreprise de réhabilitation des "beaucoup-plus-doués-et-moins-blaireaux-que-vous-croyez" Bee Gees. On a malheureusement trop tendance à occulter les fabuleux Bee Gees de la période 1967-1972, ces orfèvres de la chanson pop simple et mélo, mais qui touchent direct au coeur si l'on veut bien se donner la peine de comprendre.

Durant les années 67-70, leur succès fut tel qu'ils atteignirent une sphère où seuls les Beatles habitaient jusqu'alors. Je vous vois ricaner d'ici : "boys-band !", "puceaux sentimentaux pour jeunes filles en fleurs !". Et alors ? Les Beatles n'étaient pas franchement de dangereux anarchistes, malgré l'hagiographie délirante sur Lennon...

Les chansons que j'ai choisies ici sont pour moi des archétypes de chansons pop parfaites. "New York Mining Disaster 1941" est le premier single "anglais" du groupe début 67 (ils eurent dèja quelques succès auparavant en Australie, leur patrie d'adoption), une chanson folk-rock orchestrée avec des cordes... Sublime !

Mais en deça du monstrueux "To Love Somebody", ballade soul digne d'Otis ou de Marvin... Et "Run To Me", alors là c'est touche-pipi à tous les étages tout en pleurant à la fois ! On peut se gausser, mais ces chansons étaient pile dans le mille sur la question du desespoir amoureux adolescent...

Alors même si les chemises ouvertes, les voix de castrats, et le "boum boum" disco peut légitimement agacer, n'oubliez jamais ceci... Les premiers Bee Gees ne méritent absolument pas l'ignorance crasse des médias attirés par les pailletttes...

Je vous ai donné la clé, sachez ouvrir la porte...