A7

On y est presque : un album d'AC/DC sans changement de tracklisting. Je l'ai dit hier et avant-hier, les premiers albums du groupe ont été considérablement rabotés, modifiés (jusqu'à la pochette) entre les versions australiennes et les versions internationales (qui ont été choisies pour le transfert CD). On arrive ici à 1977, AC/DC devient vraiment un groupe important, et ce troisième album international, et quatrième album australien, ne possède vraiment que peu de distinctions entre les deux versions. Le tracklisting plus bas est la version vinyle, mais en CD, oubliez Crabsody In Blue, et mettez Problem Child quasiment à la place. Sinon, voici Let There Be Rock, un album qui marque, on le voit, l'arrivée du fameux lettrage AC/DC mythique. Mythique, c'est un mot qui correspond d'ailleurs totalement, de A à Z, à cet album de 1977. 8 titres (pour 40 minutes) et, allez, quasiment autant de classiques. Peu importe la version, d'ailleurs, vinyle ou CD, le seul morceau que je trouve moins réussi que le reste est sur les deux versions, c'est Dog Eat Dog. Ce morceau ne dure que 3 petites minutes, le plus court de l'ensemble, et ça tombe vraiment bien, car sans crier au ratage intersidéral, il faut quand même avouer que ce n'est vraiment pas ce que les Australiens ont fait de mieux. Ca reste tout de même nettement supérieur à une bonne partie de ce que le groupe fera genre 8/10 ans plus tard (j'y reviendrai quand il sera temps de réaborder les albums de cette période maudite).

A8

L'album est sorti sous une pochette qui utilise pour la première fois, pour un album officiel, le fameux lettrage rouge embossé et le non moins fameux éclair central. La photo de pochette est tout aussi culte que le lettrage/logo : le groupe sur scène, Angus au bord e la scène, en plein solo, Bon Scott en retrait, micro en pogne, mais main baissée, en stase en attendant de reprendre le chant. On distingue même des gens du public adossés au bord de la scène, le tout sous une lumière bleu-nuit. Au verso, en teintes orangées, Angus, en pleine action. Le tout jeune (selon la légende, il aurait eu 14 ans au moment de la création du groupe, il était en réalité un petit peu plus âgé que ça, mais tout de même très jeune et mineur) guitariste à la tenue d'écolier, qui fera son strip-tease rituel sur un des titres de l'album (Bad Boy Boogie), est, il est vrai, totalement en forme et à l'honneur ici. Certains fans du groupe ne vont pas chercher loin : Let There Be Rock serait le sommet du groupe, du moins de la période Bon Scott, voire même de l'ensemble de leur carrière. Prenez le live que le groupe sortira l'année suivante : on y trouve 10 titres, et sur ces 10 titres, 4 (voire 5 en comptant Problem Child, présent sur certaines versions de l'album, et notamment la CD définitive) viennent de Let There Be Rock, notamment le morceau-titre, tuerie absolue dédiée au dieu électricité et au rock'n'roll. Ou bien Whole Lotta Rosie, pastiche gigantesque du fameux morceau de Led Zeppelin vu son titre, ode à une femme aux proportions himalayesques (sur scène, par la suite, une grosse femme gonflable survolera la scène durant le morceau) ; Bad Boy Boogie, blues incandescent et bourrin, efficace comme pas deux ; Hell Ain't A Bad Place To Be, et son intro ravageuse, son riff acéré...

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Le reste de l'album est au diapason : l'album s'ouvre en fanfare sur Go Down, avec un riff génial et simplissime. Après, certes, on a Dog Eat Dog, qui fait retomber un peu le soufflé, mais au moins, on sait que le morceau le moins bon est passé, rapidement en plus, le reste de l'album n'en sera que plus puissant. Overdose, un long blues-rock lent et mémorable comme AC/DC, de temps en temps (Ride On, les futurs Down Payment Blues et Night Crawler), sait si bien en faire, est un des meilleurs moments de l'album. Crabsody In Blue, au titre obscène ('crabs', en anglais : les morpions), absent du CD mais présent sur la majorité des pressages vinyles - il n'est pas rare de tomber sur un vinyle avec ce titre, croyez-moi : mon exemplaire vinyle de Let There Be Rock, qui le contient, a été acheté par mes soins dans une brocante de petite ville - est un blues-rock amusant et efficace sur lequel Bon Scott est, comme toujours, truculent et en forme. C'est vraiment ultra dommage que la version CD de l'album ne le contienne pas, mais on trouve désormais ce titre sur diverses compilations. A noter donc que le CD propose Problem Child en 5ème position (sans le final, le morceau est légèrement plus court que la version de Dirty Deeds Done Dirt Cheap), suivi d'Overdose, tandis que le vinyle offre Overdose en 5ème, suivi de Crabsody In Blue. Reste du tracklisting inchangé, pour un album majeur, mythique, un des meilleurs du groupe, du hard-rock, et de 1977 aussi, tant qu'à faire. L'album suivant (demain) sera un autre tour de force...

FACE A

Go Down

Dog Eat Dog

Let There Be Rock

Bad Boy Boogie

FACE B

Overdose

Crabsody In Blue

Hell Ain't A Bad Place To Be

Whole Lotta Rosie