C1

Coldplay a, on l'a vu hier, sorti son premier album, Parachutes, en 2000. Plusieurs tubes au compteur de ce Parachutes, qui squatteront pas mal les radios du monde entier, des chansons comme Trouble ou Yellow. Le style du groupe ? De la pop assez plan-plan, du Radiohead sous Prozac, heureusement que le disque ne dure que 40 minutes (un petit peu plus, disons 42), parce qu'avec une durée de plus d'une heure, ça serait chiant comme la pluie un soir de bal des sapeurs-pompiers en Haute-Garonne. La bande à Chris Martin, contente de ce succès, va dès lors commencer la préparation de son second album. Lequel sort en 2002 sous une pochette étrange et anatomique, et un titre qui, je ne sais pas pourquoi, voudrait laisser penser qu'ils ont décidé de durcir, d'accélerer un peu leur musique, leurs rythmes : A Rush Of Blood To The Head ("une montée de sang dans la tête"). Offrant 11 titres sous sa pochette blanche, l'album est nettement plus long que le précédent, et autant le dire, sans être le plus long du groupe, c'est un des plus longs, le second plus long si je ne m'abuse (après le suivant) : il dure, en effet, 54 minutes. Aucun changement de personnel au sein du groupe, et en 2020, c'est toujours le cas, donc si je continue de faire ce genre de précisions d'article en article, tout le long du cycle, vous avez l'autorisation de me taper sur le haut du crâne (mais pas trop fort, sinon je vais me mettre à aborder positivement du Ed Sheeran) afin de me rappeler que c'est une précision inutile tout juste bonne à combler un paragraphe qui peinerait, sinon, à se constituer. Tiens, un peu comme ce paragraphe-là, d'ailleurs.

C2

A Rush Of Blood To The Head, à sa sortie, sera super bien accueilli par une presse presque dithyrambique (il me semble que Rock'n'Folk, à l'époque, le bombardera disque du mois ; faut voir ce qu'il y avait aussi en sortie d'albums ce mois-ci), et se vendra aussi bien que des pains au chocolat dans une boulangerie. Il faut dire qu'encore une fois, les singles, sortis avant et après l'album, ont tout fait pour que  Coldplay ne se fasse pas oublier des masses populaires. Quiconque allumait la radio et n'écoutait pas Nostalgie, FIP ou Oui FM avait de fortes chances de tomber sur Clocks, In My Place ou God Put A Smile Upon Your Face, l'heureux veinard. Ayant vécu cette sinistre époque en adulte (j'avais 20 ans l'année de sortie de l'album), en jeune adulte en fait, je le certifie : au bout de deux semaines de Clocks, on avait envie de faire bouffer à Chris Martin autant de pendules, de montres, d'horloges, de cadrans solaires qu'il est humainement possible d'en faire bouffer à un Anglais. C'est pas que cette chanson est mauvaise, elle ne l'est pas (pour être honnête, A Rush Of Blood To The Head est cent fois meilleur que Parachutes, et est même sans doute le sommet du groupe), mais il y à des chansons qui, malgré le nombre d'écoutes, restent fraîches (et chez Coldplay, je pense qu'on peut dire ça de Speed Of Sound et Paradise), et d'autres qui deviennent rapidement chiantes comme un discours de BHL sur le thème faut-il arrêter de fabriquer des tartes à la crème ? (et si vous n'avez pas compris cette blague, c'est que vous êtes trop jeune).

C3

L'album offre, toujours avec ce style radioheadien mollasson il faut le préciser (ça va un petit peu évoluer, chez eux, à partir du quatrième opus), et toujours avec ce graphisme minimaliste et un livret en foutage de gueule (une constante chez Coldplay, de faire des livrets CD minimalistes et/ou totalement abscons, sans paroles, sans vrai sens, je trouve que ça fait très con ; tu achètes un album, tu feuillette le livret, et au lieu des paroles, tu as une dizaine de pages de dessins, graphismes ou photos mal cadrées, sans rien d'autre...enfin bref), une série de, je dois le dire, plutôt belles chansons : Politik, le morceau-titre, In My Place, Daylight, Amsterdam (rien à voir avec Brel, évidemment), The Scientist, God Put A Smile Upon Your Face...Clocks, aussi, qui est pas mal, quand même. Bien que nettement plus long que le précédent opus, c'est un disque qui passe assez bien l'écoute, à condition de ne pas l'écouter trop souvent. C'est, avec le suivant du cycle, un des rares albums du groupe qui avaient déjà été abordés ici, et de mémoire, mon ancienne chronique n'était pas plus gentille, ni moins gentille, que celle-ci, et elle remontait à 2009. Bref, c'est un honnête album de pop-rock, un des rares albums de Coldplay que je peux, vraiment, proposer d'écouter, à moins d'être totalement réfractaire à ce genre de musique, que l'on ne peut décemment qualifier de rock. Est-ce mauvais ? Clairement pas. Un des disques de 2002 ? Peut-être bien, qui sait, j'ai pas étudié la question. Un chef d'oeuvre ? Non, n'exagérons rien. Enfin, sauf, peut-être, comparé à l'album suivant, et à plusieurs de ceux qui vont ensuite suivre...

Politik

In My Place

God Put A Smile Upon Your Face

The Scientist

Clocks

Daylight

Green Eyes

Warning Sign

A Whisper

A Rush Of Blood To The Head

Amsterdam