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Ca y est, je me suis réveillé. Faut dire que j'avais une bonne excuse pour avoir pionçé : ce matin, je me suis fadé Kensington Square, le second album de Vincent Delerm (sorti en 2004), histoire de mieux en parler. Et manque de bol, je me suis rendu compte que, décidément, à part parler dans le vide, je ne vois pas quoi dire au sujet de cet album et de ce chanteur. Fils de l'écrivain Philippe Delerm (un écrivain dont je n'ai rien lu, et s'il a le même talent que son rejeton, c'est pas demain la veille que ça risquera de m'arriver de bouquiner du Delerm Father), Vincent Delerm fait partie, avec des artistes tels que Bénabar, Benjamin Biolay, Jeanne Cherhal, Thomas Fersen et Pauline Croze, de la Nouvelle Vague de la Chanson Française à Texte. Pas vraiment de la variété à la Cabrel/Souchon/Voulzy/Goldman, quoi. Bref, la chanson française chiante.

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Attention...je vais hurler...

Kensington Square est à l'image de cette Nouvelle Vague : ennuyeux, redondant. Encore plus efficace qu'une tisane pour aller se coucher et bien dormir, l'album a ses fans (on les cherche encore, ils se seraient perdus dans la nature), mais surtout ses détracteurs. Faut dire que le style Delerm a de quoi énerver, pour rester poli : lent, ce chanteur s'écoute chanter (ce qui signifie qu'il prend trop son temps), et use et abuse du name-dropping, technique de rédaction de chanson qui consiste à citer des noms propres (de ville, de film, de personnes, de marques, etc) pour finir ses rimes ou ses paroles. Rien que les titres de ses chansons montrent que Delerm abuse de cette méthode aussi limitée que vraiment irritante, et preuve d'une fainéantise que n'avaient pas les anciens chanteurs (Moustaki, Reggiani, Trenet, Brel, Brassens, Ferré, Ferrat, need I say more ?).

delerm

Ecouter ce disque, c'est se préparer à plonger dans les bras de Morphée au bout de deux chansons. Les Filles De 1973 Ont Trente Ans (rien que ce titre à rallonge anticipe d'un emmerdement total) ouvre le bal, et la suite n'en sera que plus pourrie encore. Evreux, Veruca Salt Et Frank Black (rien que pour avoir osé citer Frank Black, Delerm mérite une sodomie au chalumeau allumé), Le Baiser Modiano, Natation Synchronisée (coule ! mais coule ! putain !)...Rien à sauver de cet amas de miasmes puants.

Les Filles De 1973 Ont Trente Ans

Quatrième De Couverture

Le Baiser Modiano

Veruca Salt Et Frank Black

Kensington Square

Natation Synchronisée

Evreux

Anita Pettersen

Deutsche Grammophon

Gare De Milan

Celles qui ont vu trois fois Rain Man
Celles qui ont pleuré Balavoine
Celles qui faisaient des exposés
Sur l'Apartheid et sur le Che
Celles qui ont envoyé du riz
En Ethiopie, en Somalie
Celles qui disaient "tu comprends pas"

Les filles de 1973 ont trente ans lalalala
Les filles de 1973 ont trente ans lalalala

Celles qui mettaient des Bandanas
Et des t-shirts Best Montana
Celles qui ont porté les baskets
Reebok de Rosanna Arquette
Celles qui fabriquaient des bracelets
Brésiliens pendant l'heure d'anglais
Celles qui disaient "Eric Serra"

Les filles de 1973 ont trente ans lalalala
Les filles de 1973 ont trente ans lalalala

Celles qui pratiquaient des suçons
Dans le cou de Thierry Caron
Celles qui fusillaient au Blanco
Les tables du Lycée Carnot
Celles qui disaient "Madame, c'est vrai
On n'a rien compris au sujet"
Celles qui s'appelaient
Estelle Gallois, Katia Boucage,
Sandrine Leprince, Fabienne Lesage,
Marianne Artance, Elise Dufard, Myriam Blanchevin

Les filles de 1973 ont trente ans lalalala
Les filles de 1973 ont trente ans lalalala
Celles qui ont vu trois fois Rain Man
Celles qui ont pleuré Balavoine

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Regard apeuré de celui qui écoute Delerm...Barry Godber avait tout pigé en avance !

PLUS JAMAIS CA !!!!!!!!!