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Il me vient des envies de hard-rock, en ce moment : cycles AC/DC et Black Sabbath (en réécritures, mais, concernant Sabbath, pas que), réécoutes impulsives, ces derners jours, d'albums des Scorpions, Kiss et Blue Öyster Cult (un de leurs albums, je ne dirai pas lequel, va être réabordé dans une poignée de jours), sans oublier les récents Royal Blood (va falloir que je les aborde, ceux-là !) et les sempiternels Pistolets & Roses, évidemment. Je me suis refait l'intégralité de leurs albums récemment, les Use Your Illusion, malgré des défauts inhérents à leur format (trop longs, trop chargés, des morceaux moyens), restent de grosses claques hard bien géniales, j'adore toujours autant Chinese Democracy qui, je n'en démordrai jamais, est un chef d'oeuvre absolu, et "The Spaghetti Incident ?" me plaît décidément beaucoup malgré son côté frustrant. Lies est également remarquable, le double Live Era 1987/1993 est excellent...et il y à leur premier album. Putain, leur premier album, Appetite For Destruction... Ce disque est majeur, voilà, tout simplement, c'est une des plus grosses tueries de hard-rock de l'histoire de l'humanité, un album salvateur pour quiconque en avait marre de Phil Collins à l'époque (1987), et pour quiconque en a marre d'Ed Sheeran à l'heure où je vous parle. Ce disque, sorti sous deux pochettes différentes (la plus connue, la plus fréquente, est celle du haut d'article, c'est celle du CD, mais ce n'est pas l'originale, qui est tout en bas), en 1987, reste vraiment génial malgré son âge, il a fêté ses 30 ans l'an dernier tout de même. La fameuse pochtte originale représente une jeune femme venant de se faire violer, contre une palissade, par une sorte de robot, et sera censurée (on la trouve dans le livret CD). Un pressage vinyle 1987 avec cette pochette est hors de prix... La pochette de substitution, une croix avec les crânes stylisés et chevelus des cinq membres à toutes les extrémités et au centre, n'est pas d'un meilleur goût, mais tiendra bon. Le contenu est d'un bien meilleur goût. L'album cartonnera. Le groupe n'y croyait pas, à ce succès : ils avaient sorti, en 1986, un EP autoproduit sorti sur un petit label (UZI Suicide), Live ?!*@Like A Suicide, 13 minutes de hard-rock assez glam/hair-metal, avec une reprise d'Aerosmith (Mama Kin), une de Rose Tattoo (Nice Boys) et deux originaux (Move To The City, Reckless Life), quatre morceaux qui finiront tous repris sur la face A de Lies en 1988. Malgré son nom, cet EP n'était pas enregistré en live. 

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Le groupe tourne dans des clubs, livrant des prestations incendiaires, au point d'être signés sur une major, directement, pour le premier album. C'est Geffen Records qui les engage, ce label, par la suite, signera Nirvana, Back, Aerosmith, Weezer, Garbage, Sonic Youth, et à l'époque de la sortie du premier Guns'n'Roses, avait notamment dans son écurie un Neil Young qui leur foutait la misère avec des albums peu commerciaux. Les Guns'n'Roses, avec leur look directement inspiré des Hanoï Rocks (groupe de hair-metal finlandais qui, eux-mêmes, s'inspiraient des New York Dolls, mythique groupe américain des 70's), était un groupe de vraies crapules, des délinquants en puissance, certains d'entre eux étaient recherchés dans certains Etats des USA pour des délits divers, ce qui a sûrement dû entraîner des complications pour la première tournée. Le groupe était alors constitué du chanteur W. Axl Rose (anagramme d'oral sex, on voit le programme), du guitariste Slash, du guitariste rythmique Izzy Stradlin', du bassiste Duff McKagan et du batteur Steven Adler. Les claviers sont tenus par le chanteur. La production est assurée par un certain Mike Clink, qui produira également les albums suivants. Le mec a sûrement du avoir fort à faire avec cette bande de tarés absolument ingouvernable. Qui vont cependant, sous ses ordres, accoucher d'une grosse cinquantaine de minutes totalement indépassable dans le genre, 12 morceaux géniaux. Parmi les morceaux qui furent écrits durant les sessions, et qui ne finiront pas sur l'album, on peut noter Back Off Bitch, November Rain, Don't Cry et You Could Be Mine, qui, toutes, finiront sur les Use Your Illusion en 1991. Une ligne de You Could Be Mine (With your bitch slap rappin' and your cocaine tongue, you get nothin' done) se trouve écrite dans les crédits de pochette de l'album, sns doute que le groupe la trouvait trop bonne pour ne pas la partager ! De la même manière, dans les crédits des Use Your Illusion, on a une citation de la chanson Ain't It Fun des Dead Boys, que le groupe reprendra sur "The Spaghetti Incident ?" en 1993.

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Du pur hair-metal (il faut voir le look des musiciens, sur les photos et dans les clips) bien dans le ton de l'époque, façon Mötley Crüe, mais à un degré supérieur, voilà ce qu'est ce disque. Aucun répit, malgré une power-ballad ou deux (Paradise City en fin de la face A, Sweet Child O' Mine au milieu de la face B ; deux classiques), le reste envoie le bois encore plus efficacement qu'une scierie de l'Oregon. Welcome To The Jungle, en ouverture, met tout le monde d'accord : tuerie totale qui résume parfaitement la vie dans les bas-fonds camés et dangereux de Los Angeles by night, elle permet à l'ensemble du groupe de briller de mille feux, Axl est irrésistible (If you got the money, honey, we've got your disease), Slash livre un solo d'enfer (et que dire de l'intro, aussi ?). Le reste de l'album varie les thèmes, souvent rock'n'roll : Out Ta Get Me semble parler d'un mec recherché par les flics, se disant innocent (so you can suck me ! Take this one to heart) ; Mr. Brownstone parle à mots moyennement couverts de la drogue ; Rocket Queen, qui achève le disque, permet d'entendre une jeune femme en pleine action horizontale, enregistrée, selon la légende, à son insu pendant qu'un membre du groupe ou de son équipe technique la niquait, et la chanson parle, même sans ce passage central épique, de cul (I might be a little young, but honey I ain't naive), on s'en doute ; My Michelle parle d'une jeune femme en pleine déperdition, famille éclatée (Your daddy works in porno now your mother's not around/She used to love her heroin, and now she's underground)...Si You're Crazy est moins percutante que le reste (en live, elle assurera mieux), elle n'en est pas moins très bonne, et l'album s'écoute d'une traite, 53 minutes de bonheur rock absolu, du velours hardos agrémenté de quelques (rares) douceurs : un Think About You plus mélodique, les deux power-ballads citées plus haut, et la seconde partie de Rocket Queen (après le passage olé olé), apaisante, qui achève le disque en beauté. Peu importe par quel bout on le prend, Appetite For Destruction reste aussi monumental en 2018 qu'il l'était en 1987 et durant toutes les années qui ont suivi.

FACE A

Welcome To The Jungle

It's So Easy

Nightrain

Out Ta Get Me

Mr. Brownstone

Paradise City

FACE B

My Michelle

Think About You

Sweet Child O'Mine

You're Crazy

Anything Goes

Rocket Queen