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Avec sa pochette déchirée par les ongles de l'artiste, Peter Gabriel II est généralement surnommé Scratch par les fans de l'ex-Genesis. Les quatre premiers albums de Gabriel ne portent, d'ailleurs, pas de titre, il fallait bien trouver une astuce (numéro, ou surnom) pour les distinguer autrement qu'en citant leurs chansons respectives ou leurs années de sortie. En parlant d'année de sortie, Peter Gabriel II (Scratch) date de 1978.

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Si Peter Gabriel I (Car) était relativement rock et même pop (Solsbury Hill, tube radio), II est, lui, totalement expérimental, froid, glacial même, et, surtout, d'une complexité à toute épreuve. C'est l'album le plus difficile d'accès de Pete Gab'. Probablement son meilleur avec le suivant (III, alias Melt). Sur ce disque, Gabriel continue sa collaboration avec Robert Fripp (guitare), Tony Levin (basse, Chapman Stick), et on y trouve aussi Roy Bittan (claviers), Jerry Marotta (batterie), Larry Fast (synthés), Bayette (claviers) et Sidney McGinnis (guitare). Chaque musikos est en photo dans l'insert de l'album, sauf Fripp, mystérieux comme toujours, représenté par un carré noir (en même temps, sa tête, on la connait). Voir Levin avec des cheveux, ça marque (Levin étant un géant moustachu et aussi chauve que Kojak).

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II est vraiment difficile. A la base, l'album devait faire partie d'une trilogie constituée de l'album Exposure de Robert Fripp et aussi du Sacred Songs de Daryl Hall. On trouve d'ailleurs, sur II, un titre portant le nom de Exposure, co-écrit par Gabriel et Fripp (et au fait, c'est Fripp qui produit II), une chanson étrange et hypnotique. D.I.Y. est une allusion au punk (le titre signifie Do It Yourself, slogan punk aussi connu que No Future).  On The Air est une bien étrange chanson qui parle de la radio...entre autres. Flotsam And Jetsam est tout aussi bizarre (rien que le titre).

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Et que dire de A Wonderful Day In A One-Way World ? De Animal Magic ? Indigo ? Mother Of Violence (extra, celle là) ? Tout Scratch est un festival de complexité progressive, aussi froide qu'une pierre trouvée dans le désert arctique, aussi désabusé (A Wonderful Day In A One-Way World)  que possible. Un disque qui semble vous écorcher la gueule à l'instar de la pochette, montrant Gabriel, de ses ongles, la déchirer de haut en bas. Au dos de la pochette, Gabriel, de dos, transi de froid dans un décor aussi glacial (amas de neige partout) que glauque (banlieue sordide). Non, vraiment, Peter Gabriel II n'est pas un disque festif. Avec ce second album qui n'obtiendra que peu de succès, et qui ne contient aucun tube, Peter Gabriel s'impose comme un artiste à part entière. Il s'aliène les fans de pop, mais devient vraiment intéressant. Il devient un artiste majeur. Mais un disque comme celui-là, ça se mérite : n'espérez pas le maîtriser en moins de 5 écoutes attentives, dans le meilleur des cas. Et si vous ne connaissez pas encore l'oeuvre solo de Gabriel, ne commencez pas pas Scratch, sous peine de vous refroidir l'ardeur. 

FACE A

On The Air

D.I.Y.

Mother Of Violence

A Wonderful Day In A One-Way World

White Shadow

FACE B

Indigo

Animal Magic

Exposure

Flotsam And Jetsam

Perspective

Home Sweet Home