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Rock Fever, toujours à la pointe de l'actu ! Puisque nous avons appris la séparation "définitive" (????!!!!!! looool !) du groupe hier soir après une bonne grosse peignée dans les coulisses du festival Rock en Seine (une Gretsch explosée... quel gâchis...), autant rédiger l'épitaphe de ce groupe ô combien inégal, mais aussi attachant et risible dans leurs excès. (François et Laura, je vous plains sincèrement... n'oubliez pas de vous faire rembourser, lol)

Perso, je n'ai jamais été un aficionado du groupe. J'aime les deux premiers comme beaucoup de  rockers nineties aux burnes convenablement placées, mais le reste... "Be Here Now" aussi lourd qu'un 30 tonnes qui vous piétine les cervicales, "Standing On The Shoulder Of Giants" aussi vide qu'un plat de Bolino, et cerise sur le gâteau moisi, ce "Heathen Chemistry" qui signait la mort clinique d'un groupe qui flirtait dangereusement avec la nullité absolue et le vide intersidéral.

C'était sans compter sur le relatif coup de mieux des Gallagher Bros en 2005 avec un "Don't Believe The Truth" qui laissait entrevoir des raisons d'espérer, malgré une bonne moitié d'album à jeter par la fenêtre. C'était donc avec une curiosité certaine, mais sans toutefois attendre la lune, que j'attendais la sortie de ce "Dig Out Your Soul" à l'automne dernier. En attendant, il a fallu se fader le toujours très drôle cirque médiatique des frangins qui rivalisaient dans les phrases chocs débiles ("cet album sera notre "Revolver", mec !", "nous avons su nous renouveler pour cet album...", "j'ai enfin arrêté la came et la picole, mes enfants et ma femme, c'est tout ce qui compte !", et autres conneries...)

Lorsque le leak de l'album est apparu fin septembre, première écoute dans le MP3... Mouais, c'est pas ce qu'ils ont fait de pire, mais bon par rapport aux forces du rock actuel genre TV On The Radio et tutti quanti, ça sent la naphtaline !

Quelques écoutes plus tard pour se donner bonne conscience et ne pas enterrer tant d'"efforts" gratuitement, mon point de vue avait quelque peu évolué. Et si finalement cet album n'était pas leur meilleur depuis 1995 ? Après avoir acheté l'album, je fus surpris de constater que plusieurs mois plus tard, je continuais de le passer de temps à autre. Eh bien ! Ce n'était pas le cas du Metallica, de l'ACDC (quoique... j'y reviens aussi dans des proportions moindres, mais non négligéables), et encore moins du Queen + Paul Rodgers (hahahahahaha !!!)... Une sorte de miracle...

Force est de constater qu'ici les Gallagher ont REELLEMENT tenté quelque chose d'un peu moins faisandé et boursouflé. L'ouverture du disque est scotchante : ce "Bag It Up" déboule sans prévenir avec un riff classe et frimeur. La voix du gorille humain est moins usée que sur les albums précédents, et coup de grâce, le refrain est chromé sur tranche avec un peu de "revenez-y" made in Pretty Things circa "SF Sorrow". Bordel à cul de brin !

Pas le temps de sortir de ma stupéfaction que le morceau se fond immédiatement dans "The Turning". Intro calme sur fond de batterie, basse, piano, un premier couplet posé avec un Liam décidemment en bonne forme... Puis l'explosion, encore un refrain digne des grandes heures du groupe ("So come on, shake your reptile baby ! Before you change your mind. Hey come on ! When the rapture takes me..."), et Liam qui retrouve ses intonations morveuses. Une sensation agréable de se retrouver à la maison après une fugue de 13 ans ! Et derrière ça tourne ! Andy Bell et Zak Starkey (le fils de Ringo l'English, pas le notre...) forment une section rythmique solide, et Noel délivre des licks vicieux avec Gem Archer.

Incorrigibles comme des Gallagher, le groupe colle les arpèges de "Dear Prudence" pour achever le morceau... A croire qu'ils cherchent la merde... Encore pire, "Waiting For The Rapture" s'avére un plagiat avéré du "Five To One" du gros poète bourré ! Ici, Noel se colle au chant avec des progrès visibles. Mais ce n'est pas suffisant pour faire décoller ce pastiche heureusement assez court...

Le premier single suit, et c'est une heureuse surprise ! Ce "The Shock Of The Lightning" est tout bonnement le meilleur single du groupe depuis "D'you Know What I Mean". Tendu comme un string, rockant sans génie mais avec une sincérité sans faille, le morceau confirme le très net regain de forme des lads. Un pont sur fond d'orgue et deux-trois ruades de batterie du Zak, retour au refrain... C'est de la belle ouvrage !

"I'm Outta Time"... Jolie ballade un peu neuneu au premier abord, mais qui s'immisce dans vos hémisphères cérébraux au fil des écoutes. Refrain encore réussi et touchant, Liam a fait bien des progrès en composition depuis son fendard (involontairement...) "Little James" de 2000 ! A la fin du morceau, on perçoit une voix familière dans le fond du spectre sonore... Et oui ! C'est celle de Lennon ! Un vrai tribute band !

Noel intrigue avec la chanson suivante, "(Get off your) High Horse Lady", sorte de chanson folk à l'américaine qui déroute mais qui ne laisse plus planer de doutes quant à la sincérité du groupe. Oui, ils se sont (relativement, ça reste Oasis, hein !) mis en danger pour changer leur son...  Une vraie réussite dans ce cas ! Des bruits de pas sur des cailloux, et...

Le deuxième single, "Falling Down",  manque de peu sa cible. Construction interessante en forme d'escalier, effets sonores assez psychés utilisés à bon escient, mais une sensation assez désagréable de face B. Le chant assez neutre du père Noel n'y est peut-être pas étranger. On finit par s'ennuyer sec... Dire qu'ils en ont fait une des chansons du rappel lors des concerts... Un vrai "piss break time" !

Heureusement, "To Be Where There's Life" remet les pendules à la leur place (big up, Johnny H. !!!). Basse lourde d'un Andy Bell en grande forme, effets psychés superbes, ambiance envapée au possible... La compo en elle-même n'est pas inoubliable, mais l'habillement et le jeu des musiciens en font une pièce envoutante qui laisse regretter qu'Oasis n'ait pas misé sur le psyché avant... Liam lâche le titre de l'album avec un abandon superbe, "Dig out your Souuuuul !!!".

Mais tout aussi malheureusement les deux boulets de l'album suivent dans une indifference totale, deux rocks simplistes et complètement hors de propos dans cette deuxième moitié d'album plus psyché et contemplative que la première... Leurs noms, "Ain't got Nothin'" et "The Nature Of reality"... Allez il est dèja temps de passer au final de l'album qui laisse un goût amer à son écoute...

Alors que les lads viennent de se chicorner la gueule et de plier les gaules, il est ironique de constater que le dernier titre de l'album s'appelle "Soldier On". On a plutôt l'impression qu'ils l'ont abandonné le combat... Et pourtant encore une fois, Liam était convaincant. Titre lancinant à la coda crepusculaire, comme une sorte d'adieu ironique ("Come the day, I'll be gone...")

Une fin superbe pour un album certes pas parfait, mais qui se glisse sans peine sur le podium du groupe derrière les 2 Intouchables... Avant la tournée de reformation de 2013, reste ce disque facile à dézinguer mais à la sincérité inattaquable, et aux éclairs de talent insoupçonnés.

 

 

Titres : Bag It Up - The Turning - Waiting For The Rapture - The Shock Of The Lightning - I'm Outta Time - (Get Off Your) High Horse Lady" - Falling Down - To Be Where There's Life - Ain't Got Nothin' - The Nature Of Reality - Soldier On