G1

Aaah, Genesis... Je me doute bien que ce groupe n'a pas que des fans sur Rock Fever, mais bon, moi, j'assume (putain, en fait, y'à rien à assumer !), j'aime énormément ce groupe. Et je sais que, chez les fans du groupe, il y à deux camps (période Peter Gabriel/période Phil Collins), et même deux putains de camps dans le second camp (pemière période Collins, progressive/seconde période Collins, pop, dès 1980), et même trois pauvres types qui, seuls dans leur coin poussiéreux, clament préférer la période 1998 avec Ray Wilson au chant (un seul album, ...Calling All Stations..., qui est très correct, mais se vendra aussi bien que des Bibles dans un QG de Daesh). Mais moi, ma période préférée du groupe, c'est l'ensemble de leur discographie, je ne fais pas vraiment de séparation (bon, OK, dans l'absolu, 1976/1977 est ma préférée absolue de toutes les périodes du groupe). J'ai même vu le groupe en concert, au Parc des Princes, en 2007, au cours de ce qui, à l'heure actuelle, reste leur dernière tournée. Et vu l'état de Phil Collins (il fait désormais un peu peine à voir, avec sa canne, mais il a eu de gros soucis de santé), je ne pense pas qu'il faille attendre une nouvelle tournée un jour. Quant à Gabriel, il est définitivement passé à autre chose, et avant de le voir jouer à nouveau avec Genesis, il pleuvra de la pisse de bichon frisé sur la Mongolie Extérieure, moi, je vous le dis. 

G2

Bon, Genesis. Voici le temps pour moi de parler d'un de leurs meilleurs albums.

Certains iront jusqu'à dire qu'il s'agit du meilleur album de la première période du groupe, et donc, ipso facto, sine qua non et in extenso (d'autres locutions latines appropriées ? Faites-le savoir sur http://www.jairiendautreàfoutredemesjournées.com), le meilleur du groupe. 

C'est un peu vite oublier l'album suivant, The Lamb Lies Down On Broadway de 1974 (dernier avec Gabriel), mais je peux comprendre, parce que certains jours, je pense pareil. Pas forcément aujourd'hui, mais qui sait, demain peut-être, ou bien mercredi en 15. Cet album, sorti en fin d'année 1973 (il est parfois crédité à 1974, mais il est bel et bien sorti en 1973, en octobre), le cinquième album studio du groupe et leur sixième en tout (le précédent, sorti aussi en 1973, c'est Genesis Live), s'appelle Selling England By The Pound. Il est très généreux : il dure, en effet, la bagatelle de 53 minutes, presque 54 en fait, et il n'offre que 8 morceaux. dont la moitié dépassent (ou atteint, pour l'un d'entre eux) les 8 minutes. Et deux, même, en font 11. Premier album du groupe sur lequel on entend un synthétiseur, Selling England By The Pound, produit par John Burns et le groupe, est sorti sous une pochette représentant un homme allongé, endormi, sur un banc public à côté duquel se trouve une tondeuse à gazon. Derrière lui, une allée de parc, avec divers promeneurs des deux sexes, habillés comme à l'époque victorienne. Un dessin aux teintes un peu naïves qui s'inspire d'une chanson de l'album, qui sortira en single et sera le premier vrai succès commercial du groupe (classé 17ème) : I Know What I Like (In Your Wardrobe)

G3

Une chanson sympa (mais un peu irritante parfois) qui fait un peu de l'ombre à un album rempli de sublimes moments. Impossible de ne pas citer Firth Of Fifth, long de 9, 35 minutes, dont le passage instrumental central sera régulièrement interprété live par le groupe (jusque pendant la tournée 2007), ce solo de guitare de Steve Hackett, ce solo de flûte de Gabriel, ces synthés et autres claviers de Tony Banks... The Cinema Show (11 minutes, prolongées par les 1,35 minutes du final Aisle Of Plenty) est un autre indépassable joyau qui laisse pantois. Ma préférence, cependant, sur l'album, va à Dancing With The Moonlit Knight, 8 minutes, qui ouvre le disque (le titre de l'album est issu des paroles du morceau) et qui, en live, verra Gabriel se fringuer en soldat arborant un gigantesque bouclier-écu aux couleurs de l'Union Jack. Une chanson sublime, délicate et effrenée en même temps. L'album offre aussi More Fool Me, deuxième chanson (après For Absent Friends sur Nursery Cryme, mais pour le coup, il n'était pas crédité au chant) chantée par Phil Collins. Chanson souvent négligée, mais très belle. After The Ordeal, instrumental, est excellent, je l'aime beaucoup, mais là aussi, on en parle rarement. Il reste un morceau dont je n'ai pas parlé. Long de 11,45 minutes, le plus long de l'album, il s'agit de The Battle Of Epping Forest, qui raconte une histoire tragicomique de batailles de gangs dans une forêt de la banlieue londonienne. Très sympa, le morceau aurait clairement gagné à être plus tassé, et il n'est pas rare de lire à son sujet que c'est le maillon faible de l'album. A cause de sa durée éreintante, un peu gâchis, c'est effectivement le cas, mais ça reste plutôt bon. Les picnic, picnic de Gabriel sont cependant un peu usants à la longue ! En résumé, un album majeur pour le groupe et le rock progresif, alors en plein état de grâce. 

FACE A

Dancing With The Moonlit Knight

I Know What I Like (In Your Wardrobe)

Firth Of Fifth

More Fool Me

FACE B

The Battle Of Epping Forest

After The Ordeal

The Cinema Show

Aisle Of Plenty