SMASHING_PUMPKINS___Mellon_Collie_and_the_infinite_sadness___Front

120 minutes de bonheur, voilà ce qu'est cet album. Qui est, donc, vu sa longueur, double. Et offre 28 titres, 14 par CD. Non, je ne parle pas du Stadium Arcadium des Red Hot Chili Peppers, qui fait la même durée et le même nombre de morceaux (n'ayez crainte, ou au contraire frémissez de terreur, vu que je pense bien l'aborder un jour, cet album...), mais du troisième album des Smashing Pumpkins de Billy j'avais encore des ch'veux à l'époque Corgan, à savoir Mellon Collie And The Infinite Sadness. Un album sorti en 1995. Produit par Flood, Alan Moulder et Billy Corgan, sorti sous une magnifique pochette et décliné en deux disques baptisés Dawn To Dusk et Twilight To Starlight, ce disque est un best-seller et un album culte. Déjà que le disque précédent ces Citrouilles, Siamese Dream (1993) est un album tueur, une date, un chef d'oeuvre de grunge mélodique sous production dévastatrice de Butch Nevermind Vig... Mais avec ce double album sorti la même année que The Bends, One Hot Minute, (What's The Story) Morning Glory ? et Different Class (sans oublier l'éponyme d'Alice In Chains et I Should Coco), soit une grande année, avec ce double album, donc, Billy Corgan et sa joyeuse bande ont réussi un coup d'éclat, une sorte de Double Blanc moderne, une auberge espagnole riche en tout ce que vous voulez : grunge, hard-rock, ballades, chansons pop/rock, rock pur et dur... Oui, ce disque, c'est vraiment 120 minutes de bonheur (j'ai vraiment l'impression deparler d'une ancienne émission de TV d'Arthur-le-con en disant ça, mais j'y peux rien).

The Smashing Pumpkins - Mellon Collie And The Infinite Sadness - Inside

On sent que Billy Corgan (auteur de la grosse majorité des chansons, clairement le leader absolu des Smashing Pumpkins) s'est sorti les doigts, pour le coup. La mission (faire mieux que Siamese Dream, album majeur et enregistré dans la douleur par un groupe alors quasi-uniquement constitué de Corgan, les autres étant en pleines crises droguées et/ou existentielles) est accomplie. Je continuerai cependant toujours à préférer Siamese Dream, cependant : plus concis (deux fois moins de temps en durée, deux fois moins de titres), l'album possède une force brute, relayée par des chansons comme Cherub Rock, Mayonaise, Soma, Disarm ou Hummer. Mellon Collie And The Infinite Sadness, lui, se répand, on trouve de tout, et il est difficile, voire impossible, de s'attacher à l'album dès la première écoute, et, surtout, impossible de le digérer totalement à moins de quatre ou cinq écoutes. L'album recèle de purs trésors, comme 1979, Porcelina Of The Vast Oceans (le morceau le plus long, 9,20 minutes), Bullet With Butterfly Wings, Here Is No Why (ce titre est apparemment inspiré, mais uniquement pour le titre, d'une citation du livre Si C'Est Un Homme de Primo Levi : quand le narrateur du livre, Levi, interné à Auschwitz, demande à un de ses geôliers mais pourquoi tout ça ?, on lui répond ici, il n'y à pas de pourquoi), Muzzle, Bodies, Tales Of A Scorched Earth, Lily (My One And Only), Zero, Tonight, Tonight, l'instrumental-titre à base de piano que je vous défie d'écouter sans ressentir de pincement au coeur tellement c'est beau, By Starlight, Fuck You (An Ode To No One) ou bien encore Cupid De Locke... Je viens de citer la moitié des 28 titres de l'album, mais sachez qu'au final, même si ce n'est pas forcément flagrant à la première ou la deuxième écoute, tout Mellon Collie And The Infinite Sadness (chouette titre, d'ailleurs) est d'un niveau tellement écrasant (d'un point de vue mélodique), que ça soit rock ou apaisant, que pas mal de groupes aimeraient avoir au moins UNE chanson du niveau de n'importe laquelle des 28 présentes ici, au moins un jour, sur au moins un de leurs albums.

Smashing-Pumpkins-1995

Un réservoir à classiques, voilà ce qu'est ce disque tour à tour calme (Stumbleine, Take Me Down, le morceau-titre, Tonight, Tonight) et férocement heavy (Bodies, Zero, Bullet With Butterfly Wings, X.Y.U.). Une production qui vieillit super bien (on parle de Flood, notamment...), une interprétation bluffante de la part du groupe (James Iha, D'Arcy Wretszky, Jimmy Chamberlain, et, évidemment, Corgan, dont la voix si particulière correspond parfaitement aux chansons), des chansons mémorables... Un disque tel que Mellon Collie And The Infinite Sadness met sur le cul, et on comprend parfaitement qu'après un tel coup d'éclat, le groupe a quasiment implosé (les déclarations assassines de Corgan sur ses sbires du groupe, dans la presse, n'ont rien arrangé). La suite de la discographie du groupe est pas mal (Adore, MACHINA/The Machines Of God), mais dans  l'ensemble, rien d'aussi monstrueusement immortel que Siamese Dream et que ce définitif double opus de 1995, un album absolument indispensable. Dommage qu'il soit vendu aussi cher (à chaque fois que je le croise en magasins, je le vois vendu à 28 €, ce qui est excessif, même pour un double album), ce qui peut être un gros frein à l'achat. Mais putain, quelle claque que ce disque, et je ne regrette pas d'avoir dépensé aussi cher (il y à quelques années, on était déjà aux euros) pour me le payer, même si, sur le coup, je me demandais si je ne faisait pas une connerie de claquer autant d'argent pour un seul album. La réponse me fut livrée par ma conscience quelques heures plus tard : non, clairement non. On parle ici de chef d'oeuvre, n'ayons pas peur des mots.

CD 1 (Dawn To Dusk)

Mellon Collie And The Infinite Sadness

Tonight, Tonight

Jellybelly

Zero

Here Is No Why

Bullet With Butterfly Wings

To Forgive

(Fuck You) An Ode To No One

Love

Cupid De Locke

Galapogos

Muzzle

Porcelina Of The Vast Oceans

Take Me Down

CD 2 (Twilight To Starlight)

Where The Boys Fear To Tread

Bodies

Thirty-Three

In The Arms Of Sleep

1979

Tales Of A Scorched Earth

Thru The Eyes Of Ruby

Stumbleine

X.Y.U.

We Only Come Out At Night

Beautiful

Lily (My One And Only)

By Starlight

Farewell And Goodnight