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AC/DC blessé, AC/DC martyrisé, AC/DC endeuillé...mais AC/DC libéré, libéré par lui-même, comme aurait très bien pu l'avoir dit un certain Charles à son sujet. Il faut dire que Back In Black, en 1980, a tout eu du miracle après la tragédie de février 1980, la mort de Bon Scott. Le nouvel album, avec le nouveau chanteur Brian Johnson, est un triomphe de la volonté, les classiques abondent (Hells Bells et ses cloches que le groupe ne tardera pas à inviter sur scène, Back In Black, You Shook Me All Night Long, Shoot To Thrill...), la production est immense, c'est un disque-phare dont on ne se lasse pas. Inutile de dire, donc, à quel point les fans et la presse spécialisée attendaient la suite. Cette suite, le groupe l'a enregistrée assez rapidement (Back In Black est sorti en juillet 1980 - après avoir été enregistré entre avril et mai - et le groupe, après une série de concerts, entrera en studio en mai 1981 pour une livraison en novembre), en France, à Paris, pour l'anecdote. Toujours avec le producteur Robert John 'Mutt' Lange, pour la troisième fois. Et aussi la dernière, au passage, jamais plus le groupe ne refera appel à celui qui les a vraiment aidé à accoucher de chefs d'oeuvres. Ce nouvel album, sorti sous une pochette marron clair ornée d'un gros canon sur roues, offre 10 titres pour 40 minutes (et, je crois, 1 seconde !), et il s'appelle For Those About To Rock (We Salute You). J'avais, autrefois, classé ce disque dans la catégorie des ratages, et vous pouvez constater, en un rapide coup d'oeil en bas d'article (mais ensuite, revenez lire la suite, hein ?) que c'est toujours le cas. 

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C'est un des premiers albums du groupe que j'ai achetés (après Highway To Hell et Back In Black, que je me suis acheté peu de temps après qu'un pote m'ait offert le live If You Want Blood...You've Got It, je vous renvoie à ma chronique du live pour plus d'infos là-dessus), et inutile de dire que j'ai été sévèrement déçu sur ce coup. Ca ne m'a pas empêché de continuer d'acheter les albums au compte-gouttes, mais j'ai été quand même bien douché avec cet opus de 1981. Cet album, qui sera un succès retentissant à sa sortie (mais les critiques commençeront à pointer du doigt le fait que le groupe semble tourner en rond), offre en introduction une des meilleures chansons des Australiens : For Those About To Rock (We Salute You), 5,45 minutes mémorables qui se terminent par une jubilatoire cannonnade (écoutez ça au casque, à volume relativement élevé, et si vous avez des bouchons dans les oreilles, ils sauteront tout seuls), et en live, comme pour les cloches de Hells Bells, le groupe ne mettra pas beaucoup de temps avant de faire installer de vrais canons qui tireront (à blanc, évidemment) au moment opportun. Un vrai barnum en perspective. La chanson est géniale, et le drame absolu de l'album tient dans le fait qu'il s'agisse, et de loin, de son sommet absolu. Si on met de côté deux chansons franchement excellentes (Let's Get It Up, au riff efficace, et le final Spellbound, méconnu et génial), c'est la seule chanson mémorable, vraiment cultissime de l'album.

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Le reste ? Sincèrement, l'album s'écoute d'une oreille mais ça ressort directement par l'autre. Cet album, le premier du groupe avec une pochette ouvrante (la photo du dessus est l'intérieur de pochette), est d'un banal cosmique. Ce n'est certainement pas un ratage au sens où le seront les futurs Fly On The Wall et Blow Up Your Video, mais comparé à l'ensemble des albums précédents, For Those About To Rock (We Salute You) est la première vraie déception que le groupe nous offre. Snowballed, C.O.D. (pour care of the devil, pas pour complément d'objet direct), Night Of The Long Knives, Inject The Venom, Evil Walks, pour ne citer qu'elles, mais on pourrait citer le reste (Spellbound exceptée, car au final, Let's Get It Up ne vaut en fait que pour son riff), c'est pareil. On a affaire à du hard-rock bourrin, sans aucune originalité. Certes, AC/DC, c'est pas du prog, on est d'accord. Mais non seulement c'est sans originalité, mais c'est sans souffle, sans intérêt, on sent que le groupe, probablement fatigué par une tournée exténuante, n'a pas mis longtemps à accoucher de ces chansons. Spellbound et la chanson-titre exceptées (qui représenten 10 minutes sur les 40 de l'album), on s'emmerde plutôt qu'autre chose durant l'écoute de ce disque passe-partout et paresseux. Après, certains diront que c'est quand même meilleur que les suivants (décennie 80 maudite). Oui...et non ! Car je pense vraiment (mais j'y reviens plus longuement demain) que l'album suivant est supérieur à ce cru 81. A noter qu'en 1981, aux USA, sortira enfin Dirty Deeds Done Dirt Cheap (1976). AC/DC en concurrence avec lui-même... Cruel mais vrai, le disque de 1976 est tellement bon qu'il renvoie aux oubliettes celui de la nouvelle formation !

FACE A

For Those About To Rock (We Salute You)

Put The Finger On You

Let's Get It Up

Inject The Venom

Snowballed

FACE B

Evil Walks

C.O.D.

Breaking The Rules

Night Of The Long Knives

Spellbound