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Quicksilver Messenger Service fait partie des groupes cultes de la scène rock (acid-rock, en fait) des années 60, et de la Baie de San Francisco en particulier. Le plus drôle là-dedans est que si le groupe a délivré quelques albums, il n'y en à qu'un, en fin de compte, qui tient la route du point A au point B, un seul album réussi et remarquable du début à la fin. Vous l'aurez compris, c'est de cet album qu'il s'agit. Datant de 1969, cet album est le deuxième du groupe, et il s'appelle Happy Trails. Le premier album, éponyme (Quicksilver Messenger Service, donc), sorti en 1968, est du genre correct, mais il n'y à bien que la guitare de John Cipollina (qui, par la suite, à son départ du groupe, fondera le génial Copperhead, groupe à vie courte qui ne fera qu'un album, immense, Copperhead en 1973 avant de splitter) pour interpeller de temps à autre (The Fool). Le deuxième album est cependant attendu par les fans du premier, normal, et pour ne pas faire comme tout le monde, le groupe (qui s'appelle ainsi parce que pas mal des membres du groupe sont tous d'un signe zodiacal régi par la planète Mercure, et en anglais, le mercure, ou vif-argent, se dit quicksilver. Messenger Service, c'est parce que le dieu Mercure est, dans la mythologie romaine, le messager des dieux), le groupe, donc, décide qu'il sera live.

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Enfin, en partie live : la face A l'est en totalité, mais la moitié des titres (pour le nombre de titres de la face, pas par rapport à leur durée) de la face B ont été faits en studio : Calvary (qui a été préféré à une prise live) qui dure presque 14 minutes et la courte reprise de Happy Trails, chanson du générique de l'émission de TV western de Roy Rogers, une star des années 50/60 (Yeeeeeepeeeee-kaïïï-eeee !), qui donne son nom à l'album (et la pochette aussi possède une allusion au western, avec ce cavalier s'éloignant de la maison familiale en agitant bien haut son chapeau, et sa femme lui disant adieu). Ainsi que le verso de pochette, montrant quatre reproductions dessinées de photos individuelles des membres du groupe (le guitariste et chanteur John Cipollina, le batteur Greg Elmore, le guitariste et chanteur Gary Duncan, le bassiste, chanteur et pianiste - mais représenté avec un violon... - David Freiberg). Happy Trails possède un son absolument génial, la production donne toute son ampleur au son des guitares, et surtout sur les morceaux live. Prenons par exemple la face A. Elle dure 25 minutes (l'album dans sa globalité en dure une bonne cinquantaine) et ne contient, en réalité, qu'un seul morceau, une reprise démentielle du Who Do You Love de Bo Diddley qui a été très certainement rabotée de plusieurs minutes pour pouvoir tenir sur une face noire de vinyle. Ce long morceau a été, pour le vinyle, scindé en six parties (qui, hélas, n'ont pas été regroupées sur une seule plage audio sur le CD, tout du moins, sur la majeure partie des éditions CD, ce qui occasionne des blanks fréquents entre chaque partie). Si la première et la dernière sont appelées Who Do You Love Part 1 et Part 2, les quatre autres sont des variations (proposant à chaque fois une sorte d'improvisation, guitare, basse, jam, etc) sur le titre, assez burlesque : When Do You Love, puis Where, puis How, puis Which. En ce qui me concerne, je ne cherche jamais à identifier telle ou telle partie, c'est un bloc de 25 minutes quasiment indépassable dans le genre, mais chaque sous-partie ne fonctionne que difficilement, séparée de l'ensemble.

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Cette face A est dantesque. Et la B ? Outre un Calvary de 13 minutes totalement renversant, sur lequel la guitare de Cipollina semble chialer ses notes, on a du vraiment bon ici, comme la reprise de Mona (de Bo Diddley, crédité sous son vrai nom de Elias McDaniels), qui est sublime, ou le court (3 minutes) mais parfait Maiden Of The Cancer Moon, toutes deux captées live au Fillmore East de New York. Ou au West de Frisco ? Rhââ, je ne sais plus, attendez je vérifie... Bon, c'est le Fillmore West, en fait. Comme c'est un groupe californien, mais alors BIEN californien, c'est dans l'ensemble pas étonnant. Ces morceaux live, tous captés en 1968 au passage (l'album est sorti au premier trimestre 1969), sont immenses, Calvary est immense, le seul point un petit peu noir (disons gris foncé) est Happy Trails, en final, mais ça ne dure que 1,30 minute, c'est tellement rikiki que ç'en est ridicule de parler de point faible de l'album, le concernant. Je me demande juste pourquoi le QMS a voulu reprendre ce morceau western (avec en fond sonore un clapaticlap de sabots de chevaux avancant au pas !! En écoutant ce morceau, difficile de ne pas penser à Lucky Luke s'éloignant dans le couchant, même si la musique accompagnant ce passage, dans les dessins animés, n'est pas la même) certes amusant, mais totalement en-dehors de l'ambiance globale de Happy Trails, la seule chose étant qu'il lui donne son nom, en réalité, à cet album. Mais ça ne dure qu'une minute, c'est infime, et l'album, dans sa globalité, est de ceux qu'on écoutera encore et encore dans 150 ans, malgré que Raphaël nous ait un jour dit qu'au bout de ce laps de temps, on ne s'en souviendra pas.

FACE A

Who Do You Love, Part 1

When Do You Love

Where Do You Love

How Do You Love

Which Do You Love

Who Do You Love, Part 2

FACE B

Mona

Maiden Of The Cancer Moon

Calvary

Happy Trails