fe4b7a74e66416f58c044a73cda69a5f_full

En 1977, Santana sort l'album Festivàl. A l'époque, le groupe est constitué de Devadip Carlos Santana (guitares), de Tom Coster (claviers), Pablo Tellez (basse), Chepito Areas (percussions), Raul Rekow (congas), Gaylord Birch (batterie), Leon Patillo (piano) et Paul Jackson (basse sur certains titres). Leon Patillo et Pablo Tellez alternent au chant (Tellez, en fait, ne chante que sur Maria Caracoles). Festivàl, avec sa pochette en trompe-l'oeil (avez-vous remarqué la tête de lion, allusion à la pochette du premier album, dans le graphisme ?), est généralement considéré comme le premier album négligeable de la carrière de Santana.

5699572_cid_part1

L'album s'ouvre sur une triplette remarquable, Carnaval/Let The Children Play/Jugando. Si les deux premiers sont chantés de manière collective, le dernier est un instrumental, qui fait indéniablement partie des meilleurs de Santana, et est, en tout cas, le sommet de Festivàl (cruel détail : le sommet de l'album ne dure que 2,15 minutes...). Cette triplette sera jouée live assez souvent, et se trouve, telle quelle, en live, sur l'album suivant de Santana, le double Moonflower (qui est grandiose).

Carlos_Santana__Toronto_1977

L'album comporte 11 titres, et pas mal de titres sont vraiment en trop. L'album, de plus, est assez long (vers les 46 minutes), ce qui n'arrange rien. Si l'album précédent de Santana, Amigos (avec le tube instrumental Europa) était une sorte de croisement entre rock latino et sonorités plus pop, Festivàl, lui, mise à fond sur les sonorités latino (Maria Caracoles, Verào Vermelho, Jugando), ce qui montre bien entendu que le groupe de Carlos n'avait pas oublié les bases de leur musique (Carlos est mexicain, pas mal des membres du groupe sont hispaniques). Mais le bât blesse, avec Festivàl, la sauce ne prend quasiment jamais (Revelations vaut quand même l'écoute). Ca se traîne en longueur.

OCS770702_01_FP

Let The Music Set You Free, Reach Up, The River ou Give Me Love sont autant de titres, chantés ou non, qui s'écoutent avec un ennui poli. Festivàl est typiquement le genre d'albums à mettre en fond sonore au cours d'une soirée entre amis ; le genre de musique mise à un volume faible, afin de mettre une petite ambiance. Le genre de musique sur laquelle on parle, sans trop s'attarder, sans se risquer à l'écouter. Quelque part entre un best-of de Richard Cocciante et une compil de musiques de films reproduites au synthétizeur. Anodin, quoi. Pas nul, mais fondamentalement dénué d'âme. 

  FACE A

Carnaval

Let The Children Play

Jugando

Give Me Love

Verào Vermelho

Let The Music Set You Free

FACE B

Revelations

Reach Up

The River

Try A Little Harder

Maria Caracoles