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Van Morrison, alors âgé de 23 ans, décide, en 1968, de se lancer en solo. Ancien leader, entre autres, du groupe Them (le tube Gloria, que Patti Smith reprendra), Van Morrison est un songwriter de génie, et son premier album solo, Astral Weeks, bien que ne s'étant que peu vendu à sa sortie, a tout de suite été considéré par la presse comme un classique absolu. Van Morrison fera par la suite d'autres très bons albums (Moondance, Tupelo Honey, le live It's Too Late To Stop Now), mais Astral Weeks est vraiment son meilleur.

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Astral Weeks est divisé en deux faces, comme tout vinyle de l'époque. Mais chaque face possède son propre titre. La première face est ainsi nommée In The Beginning, tandis que la seconde s'appelle Afterwards. 4 titres sur chaque face, et la plupart d'entre eux sont très longs (un peu moins de 10 minutes pour Madame George, chanson qui, semble-t-il, parle d'un travesti, mais que Va, Morrison a décrite en fait comme une chanson abordant au moins 5 ou 6 personnes qui ne pourraient même pas se reconnaître dans le résultat final).  Cette chanson, Madame George, ainsi que le superbe Cyprus Avenue, ont un peu choqué de par leur caractère licencieux, osé (on a pensé que Cyprus Avenue parlait d'un pédophile, ce n'est pas le cas). Heureusement, Sweet Thing et The Way Young Lovers Do, elles, sont nettement moins sujettes à polémique (mais il n'y à pas vraiment de polémique à lancer, Van Morrison ayant clairement dit que tout le monde perçoit ses chansons différemment).

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Astral Weeks est étonnant. La première écoute, généralement, est ardue : arrangements sobres, musiciens qui, souvent, semblent en décalage avec la voix aigüe, hurlante parfois, de Van. De fait, Van ne communique quasiment pas avec les musiciens, il leur laisse le soin et la responsabilité de s'approprier les 8 chansons à leur manière, se contentant de chanter dans son coin. Pour lui, sortir un disque sans musique d'accompagnement ou avec un orchestre l'accompagnant, ça reviendrait du pareil au même : il est dans son monde, il chante, point barre. La voix de Van Morrison est étrange, et c'est vraiment difficile d'aimer Astral Weeks à la première écoute. Malgré la beauté totale de Cyprus Avenue ou de Ballerina, ou du très court Slim Slow Slider (3 minutes et 20 secondes).

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J'ai oublié de citer les musikos qui l'accompagnent : Jay Berliner à la guitare (Van Morrison aussi tient la guitare), Richard Davis à la basse, Connie Kay à la batterie, John Payne à la flûte et au saxophone, et Warren Smith Jr aux percussions et vibraphone. Comme vous le constatez, peu de monde, on n'a pas affaire ici à une oeuvre symphonique. Les musiciens, talentueux, ne sont là que pour donner un peu plus d'effet à la voix aigue de l'Irlandais, qui pousse très haut sa voix. La plupart du temps, on ne s'en préoccupe même pas, des musiciens, tellement la voix de Van Morrison est le moteur principal de l'album.

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Astral Weeks, monument unique, inclassable, tenant à la fois de la folk et du songwriting le plus pur. Un joyau fragile et puissant à la fois. Inoubliable.

FACE A (In The Beginning)

Astral Weeks

Beside You

Sweet Thing

Cyprus Avenue

FACE B (Afterwards)

The Way Young Lovers Do

Madame George

Ballerina

Slim Slow Slider