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Autrefois (en 2009 !), j'avais, en l'abordant pour la première fois, classé ce disque dans les ratages. C'est, vous pouvez le constater, toujours le cas (et la dernière fois pour un album d'AC/DC), mais j'ai bien failli ne déclasser et le mettre dans le 'hard-rock', tout simplement. Avant, je détestais ce disque, mais vraiment quelque chose de bien. Aujourd'hui, je ne l'aime pas, c'est tout. J'ai réussi à lui trouver quelques qualités, mais ses défauts, pour moi nombreux, continuent de me péter à la gueule à chaque fois que je le pose sur la platine, me donnant envie, bien souvent (et je ne l'écoute, de plus, pas souvent, ce disque), de ne pas retourner le disque à la fin de la face A (oui, je l'ai en vinyle ; acheté à 9,99 € en soldes, j'aurais pas acheté ce disque au prix de 20 balles sous ce format). Ballbreaker, sorti en 1995, 12ème album international du groupe, possède d'ailleurs une réputation assez contrastée. C'est clairement l'album polémique du groupe, rapport à sa production signée Rick Rubin (Beastie Boys, Red Hot Chili Peppers, Adele, Jay-Z, System Of A Down, Shakira, Justin Timberlake, Eminem, Slayer, Slipknot... je continue, ou vous avez deviné dans quels courants musicaux le barbu - faut voir son look - a fait sa spécialité ?) qui va droit à l'essentiel, au point de faire ressortir un indéniable point faible du groupe à l'époque : Brian Johnson, leur chanteur, commence à perdre sa voix, qui, à force d'abus divers (alcool, clopes...), n'est plus que l'ombre d'elle-même. Eraillée, cassée, elle est, le plus souvent, insupportable ici.

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La première fois que j'ai écouté ce disque, le jour de l'achat (en CD) alors que j'en avais lu du bien un peu partout, ça m'a sauté à la gorge. Le premier morceau, Hard As A Rock (un des meilleurs de l'album, si ce n'est le meilleur, et une des meilleures chansons du groupe ; voyez bien que j'arrive à en dire du bien, de Ballbreaker !), avec son riff entêtant et sa batterie discrète (au départ), m'avait fait directement tendre le slibard par la force du son. Je me suis dit oh, ça va être génial. Et puis la voix de Jonna-le-béret déboule. Encore plus désenchanté que la génération de Mylène Farmer, je crois avoir débandé en une seconde. Par la force du son. La faiblesse de la voix de Johnson, son timbre de cancéreux en phase terminale, un filet de voix d'une minceur de biafrais. C'est à cause de la production no shit de Rick Rubin, mais si ça fonctionne pour l'accompagnement musical (les guitares sonnent remarquablement bien), ça ne fonctionne pas du tout pour la voix. Quelques années plus tard (précisément au cours d'une interview dans Rock'n'Folk à l'occasion, en 2008, de la sortie de Black Ice), Angus Young, quand on lui demandera son avis sur Ballbreaker, dira Je me demande si cette parodie d'AC/DC, c'est bien nous. En lisant ça, je me suis senti moins seul. Parce que quand je disais à d'autres fans, sur le Net ou parmi mes relations, que je trouvais ce disque raté, on me répondait, silencieusement, par des regards étonnés, outrés, choqués, méprisants, enfin limite. 

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Ceci dit, en 2000, Malcolm Young dira, dans une interview dans Le Monde que bosser avec Rubin fut une erreur (l'enregistrement a été, en effet, tendu). L'album, qui dure 49 minutes (le plus long du groupe à l'époque, il il le restera jusqu'à 2008 et Black Ice) et est sorti avec un beau livret illustré par des dessinateurs de Marvel (la photo ci-dessus est l'illustration de la chanson-titre), offre cependant d'excellentes chansons : Hard As A Rock, The Furor, Ballbreaker (ce riff !), Burnin' Alive, Hail Caesar, Boogie Man sont des morceaux qui, en dépit de la voix niquée (ou mal produite ; ou les deux, car force est de constater que sur les albums suivants, ça ne sonnera pas beaucoup mieux) de Johnson, assurent. Le reste, en revanche, et notamment Love Bomb, Whiskey On The Rocks et Caught With Your Pants Down (triplette située vers la fin, un final d'album assurément faiblard, comme pour The Razors Edge), est d'un niveau assez moyen, pour ne pas dire pire. Et puis, de toute façon, même les meilleures chansons del 'album sont flinguées par la production. Vous l'avez donc compris, si je trouve quelques qualités à ce disque (et en live, les morceaux les plus réussis sonneront mieux que sur l'album), c'est plus comme un 'coup de gueule' que comme un 'ratage musical' que je le classe, et ai donc décidé de le laisser dans cette infâme catégorie. Mais l'album a ses fans. Et puis Phil Rudd (batterie) est revenu, et puis l'artwork est juste sublime...

FACE A

Hard As A Rock

Cover You In Oil

The Furor

Boogie Man

The Honey Roll

Burnin' Alive

FACE B

Hail Caesar

Love Bomb

Caught With Your Pants Down

Whiskey On The Rocks

Ballbreaker