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La pochette de cet album me fait irrémédiablement penser à l'intro parlée d'un des morceaux que l'on y trouve, Ain't No Fun (Waiting Round To Be A Millionaire) : Ce qui suit est une histoire vraie, mais les noms ont été changés pour protéger les coupables. Rapport aux bandeaux anonymisants sur les visages, évidemment. Cette pochette est encore une fois, après High Voltage sorti peu avant cet album en cette même année 1976,, bien différente de l'originale australienne. Ce n'est d'ailleurs pas la seule différence entre la version australienne et la version internationale (qui, aux USA, ne sortira qu'en... 1981 !) de Dirty Deeds Done Dirt Cheap, deuxième album international (et troisième australien) d'AC/DC. La pochette originale australienne (dernière illustration de l'article) est un dessin représentant le groupe, bien caricaturé, dans une salle de billard, un bistrot, autour d'un billard. Le tracklisting est lui aussi différent : si, dans l'ensemble, on retrouve les mêmes morceaux (le tracklisting plus bas est celui de la version internationale), on a quand même des différences. Par exemple, on y trouve Jailbreak, morceau légendaire qui ne se trouve sur aucun album studio international du groupe, juste sur l'EP '74 Jailbreak sorti en 1984, qui contient aussi des titres de la version australienne de High Voltage. On y trouve aussi un titre du nom de R.I.P. (Rock In Peace) qui se trouve désormais, depuis 2009, sur la compilation Backtracks. En revanche, deux titres de la version internationale, Rocker et Love At First Feel, y sont royalement absents. Rocker se trouvait sur l'album australien T.N.T., et Love At First Feel ne se trouve sur aucun album australien, il était inédit à la sortie de l'album international en 1976. 

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Enfin, pour les sept titres qui se trouvent sur les deux versions, l'ordre est différent. Les seules similitudes : le même morceau ouvre le bal, Ride On est en avant-dernière position, et Problem Child achève la face A des deux versions. Bref, encore une fois, c'est le bordel. Mais on commence à s'y habituer, et puis dès l'album suivant, ça deviendra nettement moins le bordel, même s'il faudra attendre 1979 pour ne plus avoir de différences de tracklistings. Dirty Deeds Done Dirt Cheap est, sinon, un excellentissime opus des Australiens, il faut le dire. Court (40 minutes dans sa version internationale, qui contient 9 titres ; la version down under dure 42 minutes environ, pour autant de morceaux) mais quasiment parfait. Je n'ai jamais, mais vraiment jamais aimé There's Gonna Be Some Rockin', que je trouve facile et basique. Dire ça d'AC/DC, alors que les détracteurs du groupe qualifient souvent leur musique de trop facile et basique, chaque album ressemble au précédent et au suivant, gna gna gna, et que je suis fan du groupe, ça fait mal. Mais ce morceau, vraiment, bof. Rocker est du même genre, mais plus bourrin et me plaît mieux. Le reste déchire son papier-bulle avec une cuillère en plastique. C'est du grand art, truculent, expéditif, gigantissimement jubilatoire. Avec un des plus grands morceaux du groupe dessus, Ride On, 6 minutes de bonheur bluesy, une chanson lente et triste, sur laquelle Bon Scott n'a jamais aussi bien chanté. Le groupe la chantera au Stade de France en 2001, la seule et unique fois qu'elle fut interprétée en concert. Eric Burdon, leader des Animals et par la suite de War, la reprendra en 1980, année de la mort de Scott (mais pas un hommage au décédé : bien que sorti en 1980, l'album de Burdon fut enregistré en 1978).

A6

Le morceau-titre, dans lequel le narrateur se propose pour aider les gens à régler définitivement leurs contentieux avec ceux qui leur cherche des noises (patron, proviseur, etc), est juste géant. Call me anytime, just ring 362436, I lead a life of crime. Love At First Feel, l'inédit australien, est une sympathique chanson, mais pas gigantesque, elle se laisse écouter cependant avec beaucoup de plaisir. Big Balls, dont les paroles en double-entendre sont hilarantes (Bon Scott parle aussi bien des grandes réceptions qu'il organise que de sa paire de couilles), My balls are always full, everybody comes and comes again... My balls are always bouncing to the left and to the right... et ce ballsucker, ballsucker des choeurs dans le final... du pur AC/DC ! Le morceau se termine brutalement sur un biiiiiig baaaaa- qui laisse la place, sans pause, à Rocker. Problem Child, gigantesque, achève à perfection la face A. Après le morceau que j'ai cité plus haut et que je n'aime pas, on a Ain't No Fun (Waiting Round To Be A Millionaire), morceau le plus long, presque 7 minutes (la version australienne en a une version de 7,30 minutes), sans doute un peu trop long au final car ça se répête pas mal dans la fin, mais le riff introductif est un des meilleurs du groupe. Ride On, déjà parlé, sublimissime. Et en final, le méconnu et franchement excellentissime Squealer, qui achève idéalement l'album (il ouvre la face B de la version australienne). Toujours avec Mark Evans à la basse (le bassiste définitif, Cliff Williams, déboule en 1978), AC/DC livre un album franchement excellent, à la pochette très réussie, incontestablement un de mes préférés du groupe, un de ceux que j'ai le plus écoutés. Peut-être pas un des meilleurs, au final, car on a quand même deux-trois titres assez anecdotiques, mais j'y peux rien, c'est vraiment un préféré personnel ! Etonnant, mis à part ça, que l'album ne soit pas sorti aux USA avant 1981...année où, dans le pays de l'Oncle Sam, AC/DC s'est donc retrouvé en concurrence avec lui-même, For Those About To Rock (We Salute You) étant sorti en 1981 !

FACE A
Dirty Deeds Done Dirt Cheap
Love At First Feel
Big Balls
Rocker
Problem Child
FACE B
There's Gonna Be Some Rockin'
Ain't No Fun (Waiting Round To Be A Millionaire)
Ride On
Squealer