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C'est pas la première fois que je démarre une chronique sur une phrase de ce genre (et sans aucun doute pas la dernière non plus), mais cet album fait partie de ceux qui sont extrêmement importants pour moi, et rien que pour ça, je ne serai jamais, jamais, au grand jamais méchant ou critique envers lui. On The Night est le deuxième live de Dire Straits, certains diront que c'est aussi leur dernier (mais non : deux ans plus tard, le groupe, alors officiellement séparé, sortira un Live At The BBC archival que j'aborde demain même heure), et c'est mon préféré d'eux. Pourtant, Alchemy, de 1984, est meilleur (parce que plus long, plus 'aventureux' aussi). Mais rien n'y fait, cet album est un de mes lives de chevet, un de mes albums de chevet, malgré qu'il documente la tournée d'un album frustrant (On Every Street, album de 1991 que je ne qualifierais pas de moyen, mais il n'en est pas loin : la moitié de l'album est vraiment pas terrible) et malgré sa pochette (des antennes satellite terrestres) qui ne donne pas vraiment envie de s'attarder sur le disque. Malgré aussi, il faut le dire, que Mark Knopfler semble parfois s'emmerdailler un peu, sa voix semble morne (OK, il n'a jamais eu une voix guillerette, hein ; mais parfois, ici, et notamment sur le premier titre, il semble peu motivé, pensait-il déjà à splitter définitivement le groupe, je ne sais pas). Mais pas sa guitare, je le précise et vous rassure (si vous ne connaissez pas encore ce live). Sorti en 1993, On The Night documente donc la tournée de On Every Street, et a été enregistré en mai 1992 en deux endroits différents : Rotterdam (Pays-Bas) et Nîmes (France), plus précisément dans les fameuses Arènes antiques. S'étant retrouvé sans batteur pour l'album précédent (Manu Katché et surtout Jeff Porcaro ont tenu le rôle en invités), le groupe a, ici, comme batteur, Chris Whitten. 

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Pourquoi ce live compte-il autant pour moi ? Je l'ai découvert alors que je commençais ma découverte des albums du groupe, ce fut mon premier live d'eux, la première fois que je les entendait en live, et j'ai immédiatement accroché avec ce live généreux (75 minutes, pour seulement 10 titres, dont deux dépassent les 10 minutes et un troisième n'est pas loin de les atteindre). Le son est extraordinaire. Vraiment. Existant aussi en version filmée (que je n'ai pas vue) et qui offre 13 titres, cet album sera suivi, peu de temps après, d'un EP live, Encores, proposant quatre bonus-tracks (une autre version - du moins il me semble, mais si ça se trouve, c'est la même que sur On The Night... - de Your Latest Trick, The Bug, Solid Rock et Wild Theme (From Local Hero), ce fameux instrumental issu d'une bande-son de film signée Knopfler, datant des années 80. Les premières éditions CD de On The Night étaient vendues dans un boîtier simple, mais avec un support dépliant pour deux disques (comme un double album à boîtier fin, donc) et un petit papier indiquant ''l'emplacement libre est pour Encores qui sort bientôt et offre des morceaux supplémentaires". Cet Encores (le titre, tiré du français, signifie 'rappels') n'est pas forcément indispensable (surtout me concernant, vu que je n'ai jamais aimé Solid Rock et que je n'aime pas trop The Bug ; pour le reste, pas de problème), mais il est cependant un ajout essentiel, je sais c'est paradoxal, à toute collection de Dire Straits. En effet, il n'a jamais été réédité depuis 1993. Il dure une vingtaine de minutes. Sa qualité audio est aussi exceptionnelle que sur On The Night.

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Et On The Night, on y trouve quoi ? Des tubes en puissance (notons que Sultans Of Swing manque à l'appel). L'album s'ouvre sur une version dantesque, longue de 10 minutes, de Calling Elvis, propice à plusieurs mini-solos (claviers, batterie, percussions, guitares), à de multiples breaks, le morceau inaugural parfait. Si les deux titres suivants feront grincer des dents (Walk Of Life, Heavy Fuel, la putasserie à son paroxysme), avec les 10 minutes, baignées d'un saxophone sublime, de Romeo And Juliet et les presque 10 minutes de Private Investigations mettront tout le monde d'accord. Your Latest Trick, un peu courte (moins de 6 minutes) mais superbe, On Every Street, magnifié, amplifient le plaisir de l'auditeur (j'ai de gros souvenirs d'écoutes, au casque, en Walkman sur une copie K7 du CD qui me fut prêté par un ami, avant que, un an plus tard, je me décide à acheter le CD, enfin, de cet album, sur le trajet en bus pour le lycée, matin et soir, je l'écoutais en entier tous les deux-trois jours, en deux temps). You And Your Friend fait un peu baisser la tension (j'ai envie de dire que c'est ce qu'il faut : un peu de temps morts entre deux grands moments, ce n'est pas trop cher payé), mais Money For Nothing et ce bouleversant Brothers In Arms final font magistralement achever cet exemplaire live. Oui, clairement, rien que pour les souvenirs qui remontent en mémoire à chaque écoute (et ce disque fait partie de ceux que j'embarque régulièrement avec moi en vacances, pour la route, en alternance avec Alchemy pour ne pas avoir des doublons - même s'il n'y en à en fait que deux ; quatre en comptant les morceaux sur Encores), On The Night est un de mes lives de chevet, un de mes albums préférés tous genres confondus, à jamais. 

Calling Elvis
Walk Of Life
Heavy Fuel
Romeo And Juliet
Private Investigations
Your Latest Trick
On Every Street
You And Your Friend
Money For Nothing
Brothers In Arms

 

EP Encores

Your Latest Trick

The Bug

Solid Rock

Wild Theme (From Local Hero)