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 Après le joli carton de leur premier album Definitely Maybe en 1994 (Supersonic, Shakermaker...), Oasis sort le single Whatever, une de leurs plus belles réussites, une chanson sortie selon le procédé à l'ancienne (single hors-album). Puis entrent en studio pour, sous la houlette d'Owen Morris (ingénieur du son sur le précédent opus, promu producteur ici), accoucher du toujours difficile à faire deuxième album. Là, pour le coup, on les attendait au coin du bois, les frangins Gallagher (qui ont encore une fois fait parler d'eux, rubrique potins et faits divers, pendant les sessions : au cours d'une soirée privée où quelques unes des chansons pressenties pour l'album seront révélées à certains amis du milieu, la tension montera entre les frangins, qui finiront par tout casser et se flanquer des coups un peu partout, notamment à coup de batte ; Liam le bras cassé, Noel se barre quelques jours avant de revenir à la fois penaud et en rogne). Quand un groupe ou artiste ne réussit pas son premier album, on se dit qu'il lui faudra faire mieux pour le suivant, ce qui n'est pas insurmontable. Quand un groupe ou artiste, et ce fut le cas d'Oasis, cartonne avec son premier album, ça devient déjà plus difficile de faire, du moins, aussi bien, mais, de préférence, mieux. A sa sortie en 1995, (What's The Story) Morning Glory ?, le deuxième album du groupe, ne décevra personne, au contraire ; les rock-critics étaient là, scuds à moitié sortis, prêts à faire feu, mais on rapidement rangé l'arsenal (qui n'a pas eu le temps de trop prendre la poussière, car deux ans plus tard, Be Here Now, le troisième album du groupe...mais ne parlons pas ici des chose qui fâchent...). 50 minutes ahurissantes, voilà ce qu'est ce disque. La pochette montre un homme, flou, marcher d'un pas apparemment alerte, en plein milieu de la rue, dans une rue commerciale de Londres, en train de se faire croiser par un autre homme lui aussi flou. L'un des deux est Brian Cannon (concepteur de la pochette), l'autre, un DJ de l'époque, Sean Rowley. Dans le livret, les paroles (youpi ! Elles manquaient, en effet, cruellement à Definitely Maybe) et des photos des membres du groupe (inchangé depuis le premier opus, sauf le batteur, qui est Alan White, aucun rapport avec le batteur du Plastic Ono Band, puis de Yes), plus un texte étrange semblant notamment faire allusion à un autre groupe originaire de Liverpool (Paul, John sont cités, que les prénoms), inutile de dire de quel groupe il s'agit.

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L'album semble être sous influence beatlesque par moments, on trouvera notamment que l'intro pianistique de Don't Look Back In Anger (chanté par Noel, la première fois que Noel pousse la chansonnette dans le groupe) ressemble fortement à celle du Imagine de Lennon. On trouvera des allusions à Lennon dans les paroles de cette chanson (So I start a revolution from my bed). Wonderwall, autre chanson (et autre single à succès monumental), semble aussi avoir droit à ses allusions aux Beatles, mais ça reste vague. Autre référence, les Jam, plus subtile celle-là, mais il faut quand même préciser que le Modfather, Paul Weller (chanteur et guitariste des Jam, un des meilleurs groupes punk de l'histoire), chantonne sur le final Champagne Supernova. Clairement, les Oasis se sont fait plaisir sur ce coup. Ils ont eu raison, d'autant plus que la concurrence directe, cette année-là (Blur), ne suivra pas la cadence : un album raté (The Great Escape), des singles sympas mais sans commune mesure avec ceux d'Oasis (The Universal, Country House)... 1995 est l'année Oasis. Enfin, il y à aussi le Different Class de Pulp, The Bends de Radiohead, One Hot Minute des Red Hot, l'éponyme d'Alice In Chains, mais l'album d'Oasis fera partie des grands gagnants. Moi qui ne suis pas fan d'Oasis, je dois dire que ce deuxième album a tout du chef d'oeuvre. Avec ses deux courts instrumentaux sans titres (situés respectivement en 6ème et 11ème position) et sa moisson de hits, l'album est de ceux que l'on réécoute sans cesse, inlassablement, toujours avec un gros sourire faisant se réunir les deux extrémités des lèvres au-dessus du crâne.

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- Devine qui c'est ?

- Bah, sûrement un gros connard...

Faut dire que ce disque tape dure dès Hello. Le gros riff, genre. Puis Roll With It (single à succès), Wonderwall (single à succès, Liam n'en voulait pas au début, prétextant que ça sonnait hip-hop dans la démo faite par son frangin), Don't Look Back In Anger (single à succès), Hey Now ! (une tuerie très rock), Some Might Say (très bonne chanson), Cast No Shadow (magnifique chanson à la The Verve, dédiée au chanteur du groupe, Richard Ashcroft, qui en sera très content), She's Electric (sympa, mais la chanson que j'aime le moins quand même), Morning Glory (single à succès, et tuerie, ma préférée ici), Champagne Supernova (7 immenses minutes en conclusion). Et les deux intermèdes sans titres et sans textes (je ne vais pas dire qu'ils sont bien, vu qu'ils ne durent même pas 1 minute chacun et servent de transition à des endroits charnière du disque, mais ce n'est pas atroce, juste des bouche-trous). A noter que pour la version vinyle, un treizième morceau, Bonehead's Bank Holiday, fut rajouté. Au final, l'album est une putain de grande réussite, indéniablement le sommet d'Oasis. Ils n'arriveront plus jamais à atteindre un tel niveau. D'ailleurs, l'abum suivant, Be Here Now, sera une vraie catastrophe accumulant les poncifs (arrangements pompeux, durée trop longue - 70 minutes...), et la suite ne sera pas en reste, Standing On The Shoulders Of Giants, Heathen Chemistry, Dont Believe The Truth, autant de disques au mieux moyens, au pire abominables. Le dernier en date, Dig Out Your Soul, sera meilleur, mais pas de quoi se relever la nuit non plus... Pour moi, Oasis, qui n'existe de toute façon plus, a cessé d'être intéressant en 1995. Mais quel album, en l'occurrence !

Hello
Roll With It
Wonderwall
Don't Look Back In Anger
Hey Now !
(Instrumental Interlude N°1)
Some Might Say
Cast No Shadow
She's Electric
Morning Glory
(Instrumental Interlude N°2)
Champagne Supernova