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Moins de temps pour écrire des chroniques ces temps-ci, pardon si le rythme ralentit, ce qui est à prévoir dans les prochains jours. S'il y à aussi des jours sans articles, ne vous inquiétez pas, je n'abandonne pas le blog, c'est juste une histoire de temps libre qui manque (arbeit, arbeit, arbeit). Allez, on y retourne.

Le grand fan de cinéma que je suis porte un culte tout particulier à certains réalisateurs : Alejandro Jodorowsky, Quentin Tarantino, Christopher Nolan, Steven Spielberg, Jean-Pierre Melville (pas des manches, vous l'aurez remarqué) et, en premier mais que je cite en dernier histoire de ménager un suspense de pacotille (vu que l'album que j'aborde aujourd'hui, ou plutôt, que je réaborde), Stanley Kubrick. Ce mec était un vrai génie un touche-à-tout (films de guerre, comédie, péplum, film historique, SF, épouvante, drame, satire sociale, film noir...il a touché à quasiment tous les rôles sauf le western), un fou d'échecs (le jeu, pas le bide), de musique classique, un photographe professionnel, un curieux professionnel aussi, et un sacré putain de perfectionniste (du genre à retarder la sortie de Full Metal Jacket pendant plusieurs semaines car il trouvait cheap le son des mitraillettes du film, avant de regarder Platoon qui venait de sortir et de se rendre compte que dans le film d'Oliver Stone, les mitraillettes sonnaient pareil et de, donc, lâcher l'affaire). Les films de Kubrick sont tellement géniaux qu'on les voit et les revoit sans cesse. Les bandes originales de ses films, tout sauf anodines, participent pleinement au spectacle, surtout à partir de 1968 et de la bande originale de son chef d'oeuvre de SF spéculative 2001 : L'Odyssée De L'Espace (sur un scénario d'Arthur C. Clarke et Kubrick d'après une nouvelle de C. Clarke qui l'adaptera lui-même en roman la même année).

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2001 : L'Odyssée De L'Espace, l'album de la bande-son, est un album prodigieux, constitué de morceaux de musique classique et contemporaine. Quand je dis 'contemporaine', je ne parle pas de chansons pop, mais de musique classique enregistrée au XXème siècle par des compositeurs contemporains du film. On trouve, ici, plusieurs morceaux du compositeur hongrois (né roumain) György Ligeti (mort en 2006), plus exactement, sur les 8 titres (pour 37 minutes en ce qui concerne l'album sorti en 1968, et 58 minutes pour la version CD, pour laquelle on trouve des versions longues de plusieurs morceaux) de la bande-son d'époque, on trouve trois titres signés Ligeti (en réalité, dans le film, il y en à quatre, mais l'un d'entre eux, Aventures, n'est pas crédité) : Atmosphères, Lux Aeterna et Requiem For Soprano, Mezzo Soprano, Two Mixed Choirs & Orchestra. Ces morceaux n'ont pas été écrits pour le film, mais datent des années 60 notamment 1961 pour Atmosphères. Ces morceaux, étranges, prenants, souvent oppressants, semblent avoir été composés par des extra-terrestres ou des divinités, tant ils sont à part. On se souvient surtout d'Atmosphères, utilisé durant la longue séquence de la Porte des Etoiles (dans la dernière partie) et du Requiem... pour toutes les séquences mettant en scène le Monolithe (durant le prologue, lors de la séquence de la Lune, etc), ce morceau constitué de voix des deux sexes faisant des vocalises tremblotantes et lyriques est indissociable du film et procure d'immenses frissons. Ce film, enfant, me foutait les jetons à cause de cette musique, entendue assez rapidement (durant le premier quart d'heure), et qui est du genre à ne pas quitter la mémoire de qui l'entend pour la première fois. Ce n'est pas le thème le plus connu de la bande-son, mais c'est le plus représentatif selon moi, celui auquel je pense toujours. Ligeti, dont la musique fut utilisée sans son accord (mais qui admirait beaucoup Kubrick malgré celà, et deux autres films de Kubrick utiliseront son oeuvre, Shining et Eyes Wide Shut), est indissociable du film, de Kubrick, et bien entendu, même si ça reste un compositeur d'avant-garde, les films de Kubrick ont considérablement aidé à le rendre plus connu.

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Autre compositeur contemporain (mort en 1978) dont la musique est utilisée dans le film: Aram Khatchaturian via un extrait de son magnifique et apaisant (surtout comparé à Ligeti) Gayane Ballet (utilisé dans le film dans des séquences apaisantes de scènes de la vie dans le vaisseau : pratiques sportives, relaxation, échecs, conversations téléphoniques, etc). Mais la bande-son du film contient aussi des oeuvres de compositeurs plus anciens : les deux Strauss (Richard et Johann). Pour Johann (Johann Strauss fils, il faut préciser), c'est Le Beau Danube Bleu (18 minutes dans sa version longue sur le CD), utilisé bien comme il faut dans les premières séquences de l'espace. L'effet voulu est celui d'une valse dans les étoiles, et c'est totalement réussi. On a l'impression que cette musique a été composée pour le film, alors qu'elle avait 102 ans au moment de la sortie du film ! Et pour Richard, c'est Ainsi Parlait Zarathoustra, datant de 1896, extraitd'un poème symphonique du même nom, et qui est évidemment totalement indissociable, là aussi, du film (utilisé pour le générique de début, pour le final aussi, ce snippet très court du poème symphonique, démarrant lentement avant de se finir en apothéose, a depuis été réutilisé à maintes reprises, souvent pour des parodies ou allusions au film de Kubrick). Préciisons, et ça n'a rien à voir avec la musique du film ni le film, qu'il n'y à aucun lien de parenté entre les deux Strauss, Richard est Allemand, Johann est Autrichien. Voilà-voilà. Pour finir, cette bande-son est absolument quintessentielle à tout amateur de musiques de film, de musique classique et contemporaine aussi. Un vrai régal qui vous emportera loin, très loin...dans les étoiles, précisément. 

FACE A
Also Sprach Zarathustra
Requiem For Soprano, Mezzo Soprano, Two Mixed Choirs & Orchestra
Lux Aeterna
The Blue Danube
FACE B
Gayane Ballet Suite
Atmospheres
The Blue Danube
Also Sprach Zarathustra