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Les Mothers reconvertis en un big band phénoménal de 21 musiciens (dont le talentueux batteur Aynsley Dunbar, qui jouera avec Bowie et Lou Reed - entre autres) enregistrent, en 1972, ce disque splendide, une des plus grandes oeuvres de Frank Zappa. The Grand Wazoo est fortement inspiré par l'Antiquité et articulé autour d'une histoire assez rocambolesque narrée dans le livret du disque, dans un long texte explicatif tellement tarabiscoté que je n'ai rien pigé au film. Je suis pourtant bilingue et assez intelligent. Sans vouloir me vanter.

Contenant 5 titres pour un total de 37 minutes (on aimerait que ce disque soit plus long), The Grand Wazoo est un sommet de free-jazz. Le morceau-titre qui ouvre le disque fait la bagatelle de 13 minutes. Et, littéralement, fait démarrer le disque en fanfare. Car le big band est très axé sur les cuivres, on s'en serait douté. Très vite, le ton est donné, on repère dès les premières minutes le thème qui sera celui du morceau, et dans un sens, du disque. Pas de paroles, exception faite d'un Where did they go ? When did they come from ? au début du titre suivant, For Calvin. Jamais, durant les 37 minutes de ce disque de rêve, la tension, et l'attention (notez le jeu de mots) ne baisse. Tout y est fantastique.

ZAPPA

Bon, OK, par moments, j'ai plus envie de sourire qu'autre chose : l'intro du troisième titre, Cleetus Awreetus Awrightus (qui ouvre la face B, morceau très court) me fait penser à la musique du film de Jean Yanne, Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, sorti la même année que le disque...je dois être fatigué, je pense. Oubliez, je vous prie. Plus sérieusement (enfin...), le côté péplum pour rire de ce disque me fait penser au film de Mel Brooks, La folle histoire du monde, en particulier le premier sketch, se passant à l'Antiquité.

Mais refermons cette parenthèse débile. Revenons au disque. Après plus de 154 347 écoutes attentives, je ne lui vois pas un seul petit défaut. Mis à part celui d'être trop court. Les morceaux suivants, Eat That Question et Blessed Relief, moyennement longs (par rapport au morceau-titre, je veux dire) achèvent l'album de manière fantastique. J'adore surtout Eat That Question, cette mélodie entêtante... Mais aucun morceau de ce disque ne va aussi loin que The Grand Wazoo, merveille de 13 minutes, avec, dans son milieu, un passage délirant et incontrôlé.
La pochette, très fournie, très belle, plaide en faveur du disque ; je pense sincèrement (et les fans de Zappa, pourtant peu présents ici tant l'artiste est sous-représenté, ne me contrediront pas) que ceci est le meilleur disque de Zappa, toutes époques confondues.
Absolument incontournable.

FACE A
The Grand Wazoo
For Calvin (And His Next Two Hitch-Hikers)
FACE B
Cleetus Awreetus-Awrightus
Eat That Question
Blessed Relief