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 Décidément, je n'ai pas le bol, en ce moment, je n'aborde ou ne réaborde quasiment que des albums avec des pochettes foirées ou douteuses (Club Ninja, 2870 - ce dernier, de Manset, sera réabordé demain, patience -, Cultösaurus Erectus, Heroes Are Hard To Find). Mais dans 99% des cas, les albums sont, eux, parfaits (Club Ninja excepté). C'est aussi le cas de ce disque sorti en 1982, publié sous une pochettes les plus sauvagement atroces que je connaisse (le côté 'mystique/religieux' n'entre pas en ligne de compte, il n'est d'ailleurs pas présent dans la musique jouée sur l'album ; je parle du graphisme). Sous des teintes rose/mauve pâle, une gigantesque croix latine avec un coeur en son centre, entouré de rayons, symbole chrétien évident. Dans le coeur, un livre ouvert sur un chevalet. La croix est à l'extrémité droite de la pochette, et le reste est occupé par de gigantesques lettres mauves ou dorées, pour le titre de l'album (et Simple Minds, en mauve, en plus petit, en haut). Au dos, des photos individuelles des membres du groupe, avec les crédits (qui sont écrits en doré sur fond mauve foncé, difficile à lire, surtout pour le CD). A l'intérieur, une sous-pochette dorée avec les paroles écrites en rose, encore plus illisible (paroles non reproduites dans le livret CD). Quand on voit une telle pochette, on se dit années 80 et new-wave. En effet. On se demande aussi si l'album est aussi minable que cet artwork. On hésite à acheter l'album, d'autant plus qu'on sait que c'est un disque des Simple Minds, le groupe de la chanson Don't You (Forget About Me), tube pop de 1984 issue de la bande-son du film Breakfast Club, une chanson bien représentative de son époque. J'ai personnellement acheté cet album sur la foi d'un article dans un livre du style Discothèque Idéale (celle de l'émission du regretté Gilles Verlant, L'Odyssée Du Rock), qui en parlait comme un des meilleurs albums de son époque et probablement comme le meilleur du groupe. Ca me faisait quand même chier d'acheter un disque avc une pochette aussi rebutante, gerbante, mais je l'ai fait. J'ai par la suite découvert d'autres albums des Minds, qui me plaisent encore plus (Empires And Dance, Street Fighting Years, le double live Live - In The City Of Light), mais New Gold Dream ('81/'82/'83/'84) reste depuis longtemps un de mes albums préférés du groupe et de la décennie.  

Simple Minds 1982

Entendons-nous bien, ce disque est probablement le joyau de l'entière new-wave pop (je ne parle pas de la première vague de la new-wave, du style Devo, XTC, Elvis Costello, Talking Heads ou Gang Of Four, fin des années 70 ; dans cette première époque, le Fear Of Music des Talkings Heads est probablement le meilleur exemple). Non, là, je parle de la new-wave type Duran Duran, Soft Cell, A-Ha, Depeche Mode (qui allaient bien s'émanciper du genre par la suite : Music For The Masses est aussi un chef d'oeuvre absolu du genre, mais en plus 'mature' quand même, assez différent de l'album des Minds) ou INXS. Cet album des Minds, leur sixième depuis 1977 et Life In A Day, est un de leurs meilleurs, et un de leurs plus parfaits : 46 minutes, 9 titres (dont un instrumental), rien à retirer, rien de rien. Comme Empires And Dance (1980, encore très arty, et selon moi, leur meilleur absolu, de toute leur carrière), mais avec des tubes en plus. Car New Gold Dream ('81/'82/'83/'84) (qu'il est chiant, ce sous-titre entre parenthèses, (dis-je entre parenthèses (la preuve))) est un robinet à hits : le morceau-titre, Glittering Prize, Promised You A Miracle et Someone, Somewhere, In Summertime (on peut aussi citer Big Sleep) sont des tubes, sortis en singles, ayant squatté les charts, les platines, les enceintes des boîtes de nuit, les premiers clips TV, les radios, en leur temps, entre 1982 et 1984 (année de sortie de l'album Sparkle In The Rain, qui offrira lui aussi une série de tubes, comme Waterfront et Up On The Catwalk, et est un très bon opus du groupe). Et les autres titres, comme Hunter And The Hunted (avec l'amicale et remarquable participation du claviériste de jazz Herbie Hancock), Somebody Up There Like You (l'instrumental, à la basse virevoltante), King Is White And In The Crowd (le final, assez arty, proche du son des premiers albums du groupe, il n'aurait pas dépareillé sur Empires And Dance), Colours Fly And Catherine Wheel (pareil que l'instrumental : une basse grandiose), sont terribles aussi. Ma préférence ici ira toujours à Big Sleep et son ambiance inoubliable, et à Someone, Somewhere, In Summertime, tube absolu ouvrant magnifiquement l'album (et sorti en maxi-45-tours dans une version rallongée par rapport à la version LP).

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Verso de pochette

Si vous aimez la pop, la new-wave (mais la bonne, hein !), ne cherchez plus, New Gold Dream ('81/'82/'83/'84) (à noter que sur le vinyle, sur la tranche, le titre crédité fait curieusement omission du New) est là, pour vous, il vous attend (à moins que vous ne le connaissiez déjà). Un des albums les plus parfaits (comme je l'ai dit, rien à jeter dessus ; le morceau le moins époustouflant, Colours Fly And Catherine Wheel, est une très bonne petite chanson pop comme il faut, bien agréable, moins éternelle que le reste, mais tout de même un gros cran au-dessus de la majorité des chansons de new-wave de la même époque et qui, aujourd'hui, vieillissent souvent mal - Hello, Tainted Love ! Goodbye, Big In Japan !). Ce fut le premier album vraiment à hits, vraiment commercial, du groupe (leurs précédents albums ne furent pas des succès monstres, et niveau tubes...quasiment rien au portillon), il sera une référence pour U2 (alors clairement des 'rivaux' du groupe, avant de s'émanciper d'eux en 1987) pour leur The Unforgettable Fire de 1984. La suite de leur carrière sera très bonne au début (Sparkle In The Rain en 1984 : plus que correct ; Once Upon A Time en 1985 : rempli de hits remarquables comme Alive And Kicking ou Ghostdancing ; le double live de 1987 : tuant ; Street Fighting Years, en 1989, avec Mandela Day et Belfast Child : immense), mais les années 90 seront difficiles, entre un Real Life médiocre, un Good News From The Next World très bon mais totalement oublié, un Néapolis correct, mais pas transcendant... Jamais les Minds ne reviendront totalement au niveau de Street Fighting Years (leur dernier album date de 2014, Big Music), leur dernier chef d'oeuvre. Et quant à cet album de 1982, donc, il restera à vie un de leurs jalons, qu'ils ne se lasseront jamais de jouer live, les meilleurs morceaux de cet album ayant toujours fait partie de leur répertoire scénique (déjà, le double live de 1987, enregistré en 1986, en contient 4).

FACE A
Someone, Somewhere, In Summertime
Colours Fly And Catherine Wheel
Promised You A Miracle
Big Sleep
Somebody Up There Like You
FACE B
New Gold Dream ('81/'82/'83/'84)
Glittering Prize
Hunter And The Hunted
King Is White And In The Crowd

A noter que le premier morceau est proposé ici dans sa version maxi-single, plus longue que la version album (sur laquelle la longue intro de guitare est absente)