Rock Fever

24 mai 2016

"Renaud" - Renaud

news

10 ans qu'on attendait, qu'on espérait (sans trop l'espérer non plus, pas se faire trop de mal) ça : le retour de Renaud. Et voilà, c'est fait depuis quelques semaines, la chetron sauvage a enfin sorti un nouvel album, le chanteur énervant est enfin sorti de son silence, de son isolement, 7 ans après Molly Malone - Balade Irlandaise (disque de reprises, en français, de chansons traditionnelles irlandaises), 10 ans après Rouge Sang (son dernier opus constitué de chansons inédites), deux albums franchement ratés. Enfin, le disque de chansons irlandaises, de 2009, n'était pas franchement raté, si ce n'est la voix, qui était vraiment calamiteuse dessus. Mais les morceaux tenaient le coup. Renaud, qui avait déjà plongé, vers 1994/2000, dans l'alcool, était revenu de ça en 2002 avec un Boucan D'Enfer excellent (et au succès monumental), bien que vraiment trop consensuel. Remis sur les rails, il retrouvera l'amour avec Romane Serda (muse de Rouge Sang, dont une grosse partie des chansons, RS & RS, Danser A Rome, Ma Blonde... parlent d'elle), qui lui donnera un fils, Malone, mais avc qui il finira par divorcer. Vers 2009, replongeon dans la tise, il n'en ressortira que très récemment, pour l'enregistrement de ce disque sans titre (Renaud, donc), fraîchement sorti, enregistré en fin d'année 2015 à Bruxelles (studios ICP) précédé d'un single à succès dans lequel il le clame : Toujours Debout.

renaud-nouvel-album-2016-fauteuil

A l'écoute de cette chanson, située en troisième position ici, le doute n'était plus trop permis : oui, Renaud Séchan semble avoir retrouvé la forme. Malgré un Ta Batterie assez effrayant (la voix) sur un disque de Grand Corps Malade quelques mois plus tôt (la chanson se retrouve ici aussi, sur ce nouvel album), et qui laissait à penser que Renaud ne savait plus chanter, Toujours Debout redonnera de l'espoir. Las. L'écoute de cet album, long de quelques 45 minutes (pour 14 titres dont un slam caché, osé et hilarant, riche en allusions salaces, Pour Karim, Pour Fabien, Fabien étant Grand Corps Malade, morceau situé en final), refile méchamment le bourdon. Sur certains morceaux, comme le single ou Dylan (qui ne parle pas du chanteur Bob Dylan, mais d'un jeune homme mort dans un accident de la route), la voix fait illusion. Sur d'autres, tant d'autres (La Nuit En Taule, Les Mots), c'est affligeant. Renaud a perdu sa voix, il ne sait tout simplement plus chanter. OK, il n'a jamais été Caruso, on est d'accord ; mais quand même. Quand on voit (qu'on entend, plutôt) la différence, d'un morceau à un autre, on se dit que l'album a probablement été un peu retapé à l'autotune, ou bien que les morceaux sur lesquels Renaud chante le moins bien ont été enregistrés en premier, quand il n'avait pas encore pleinement recouvré sa forme (on parlera d'un enregistrement débutant difficilement pour ensuite aller de mieux en mieux). Et je ne parle même pas des hésitations, des rimes mal foutues (J'Ai Embrassé Un Flic, qui ouvre le bal, est à ce titre des plus pénibles : Alors je me suis approooo-chééééé/ Et j'ai embrasséééé un fliqueu, Renaud fait lourdement durer certaines syllabes pour parvenir tant bien que mal à avoir le même nombre de pieds dans des rimes bancales).

Renaud-revient-avec-un-album

Renaud est mal chanté, et les chansons sont, le plus souvent, d'un consensuel faisant limite peur. La chanson sur les tueries de Paris (celles de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher) était attendue, de sa part, comme le Messie. Hyper Cacher est une complainte pénible plus proche de Baltique que des Charognards. Héloïse, dédiée à sa petite fille, est touchante, mais convenue, Petit Bonhomme (sur Malone) aussi, Toujours Debout fait illusion (même si, quand il dit ne plus faire de télé, fuir les médias, et qu'on l'a vu sur plein de plateaux de TV différents le mois dernier, ça peut coincer), et effectivement, Renaud semble à l'heure actuelle en forme, il a lancé une tournée vers octobre (en tout cas, de concerts à Paris), même s'il vaut mieux ne pas l'entendre parler, on croirait entendre un clodo péniblement sevré de son cubi de Villageoise. Petite Fille Slave accumule les clichés sur les jeunes filles de l'Est faisant le tapin, Mulholland Drive est, elle, probablement la meilleure du lot, tandis que Mon Anniv' est horripilante dès la première écoute. Les Mots et La Nuit En Taule sont si horriblement chantées qu'elles donnent envie de chialer au fan absolu de Renaud que je suis depuis mon adolescence, soit depuis une petite vingtaine d'années. J'aurais aimé aimer ce disque, mais au final, je suis obligé de le reconnaître : cet album de la renaissance (sublime pochette, il faut le dire) est un coup d'épée dans l'eau, une déception, pire : une vraie douleur. Quelques jours après ma première écoute (le jour de la sortie), je n'en pouvais déjà plus.

J'Ai Embrassé Un Flic

Les Mots

Toujours Debout

Héloïse

La Nuit En Taule

Petit Bonhomme

Hyper Casher

Mulholland Drive

La Vie Est Moche Et C'Est Trop Court

Mon Anniv'

Dylan

Petite Fille Slave

Ta Batterie

Pour Karim, Pour Fabien (titre caché)


27 mars 2016

"Post Pop Depression" - Iggy Pop

PPD1

Il fut un temps, il y avait le trio infernal du rock : Lou Reed, Iggy Pop, David Bowie, immortalisés par une célèbre photo les montrant posant ensemble (l'un d'entre eux, Iggy je crois, avec un paquet de clopes entre les dents). Ne subsiste plus aujourd'hui qu'Iggy, depuis la mort de Lou en 2013 et celle, plus récente encore (janvier dernier), de Bowie. Nul doute que la mort de Bowie (qui a considérablement aidé Iggy Pop, lui produisant The Idiot et Lust For Life, ainsi que le Raw Power des Stooges, et avec lequel il a aussi fait le moins mémorable mais quand même pas honteux Blah Blah Blah) a fait beaucoup de peine et de mal à l'Iguane. N'empêche, il n'y à pas le moindre mot pour Bowie dans les (courts) crédits de pochette de cet album venant de sortir, ce nouvel album d'Iggy, Post Pop Depression. Soit l'album était déjà pressé, livret imprimé, et dans ce cas, OK, on ne peut pas revenir dessus ; soit le livret a été imprimé après la mort de Bowie, et dans ce cas, cette absence de petite pensée pour le Thin White Duke me gêne un peu, malgré un German Days qui, dans son titre, est une allusion plus qu'évidente à la période durant laquelle (1976/77) Iggy et Bowie vivaient à Berlin-Ouest, et y firent notamment Lust For Life pour Iggy, et "Heroes" pour Bowie. J'espère ne pas lui porter la poisse aussi, mais il faut dire un truc à propos d'Iggy Pop : il ne serait apparemment pas en bonne forme en ce moment, il paierait ses dérives passées (nombreuses et variées) et aurait notamment des soucis de dos ; il lui serait impossible, sans souffrir, de rester debout plus de 15 minutes d'affilée, ce qui, forcément, ruinerait à peu près l'idée d'une tournée promotionnelle, même si Iggy en fera bel et bien une (le 15 mai à Paris). Si on y rajoute l'âge de l'Iguane (qui a bien pris de la bouteille à voir les photos), à peu près le même que Bowie ou Lou Reed, on sse dit que, peut-être, Post Pop Depression, ce nouvel album, à la pochette très punk, a des chances d'être le maillon final de la discographie studio du bonhomme.

PPD2

Si c'est le cas, ce n'est pas un mal, car autant le dire, ce disque assez court (41 minutes, 9 titres, on se croirait revenu à la période Lust For Life, qui possède la même configuration), est une authentique réussite. Le mérite en revient en grande partie à celui qui non seulement produit mais joue sur l'ensemble de l'album (basse, guitare, choeurs...), ayant accepté la proposition d'Iggy de faire un disque ensemble : Joshua Homme, leader rouquin et géant des Queens Of The Stone Age, membre d'appoint occasionnel des Eagles Of Death Metal, ancien membre fondateur de Kyuss, membre fondateur du supergroupe Them Crooked Vultures...n'en jetez plus. Un mec de grand talent, qui n'est pas venu seul : Dean Fertita, membre des Queens Of The Stone Age (guitare) et Matt Helders, batteur des Arctic Monkeys, sont aussi de la partie, et posent fièrement sur la pochette. Tout du long de cet album jaune et noir, 9 titres assez sombres dans l'ensemble, enregistrés en début d'année 2015, vont faire passer l'auditeur par plein d'émotions. Certains titres sont bien furieux (Break Into Your Heart, sur laquelle la patte QOTSA est des plus flagrantes), d'autres, comme les deux morceaux les plus étendus (respectivement 6,05 et 6,25 minutes), Sunday (pas une reprise de Bowie malgré le titre) et Paraguay, deux tueries, sont plus mélodiques, avec ces voix féminines (Sunday) notamment, et ces arrangements remarquables (cordes...). Certains titres peuvent paraître un peu anodins au premier abord, comme Chocolate Drops ou In The Lobby, mais Post Pop Depression (appelé ainsi car apparemment, une fois le disque achevé, Iggy et ses musiciens sont passés par une phase assez dépressive, tristes de savoir qu'ils avaient fini d'enregistrer l'album ; sans doute le titre est-il aussi une allusion aux attentats du 13 novembre, rappelons que Joshua Homme a un lien avec les Eagles Of Death Metal ; ou bien une allusion à la mort de Bowie, même si ça semble moins probable, vu que c'est plus récent) est un album incroyablement cohérent et solide. 

ppd3

Je n'ai rien à dire de négatif au sujet de cet album, donc ; c'est  un très grand opus de James Osterberg (vrai nom de l'Iguane, qui tire son nom de scène du premier groupe dans lequel il a joué, en tant que batteur : The Iguanas), très rock tout en étant franchement accessible. Sa voix un peu rauque, un peu vieillie par les abus mais tout de même franchement réjouissante et reconnaissable, fait des merveilles, et le climat un peu stoner (Joshua Homme oblige, qui joue de pas mal d'instruments sur tous les titres) est très bien venu. C'est indéniablement un des meilleurs albums de l'entière oeuvre (Stooges inclus) d'Iggy, et son meilleur depuis Lust For Life (1977 tout de même, soit presque 40 ans), ni plus ni moins. Et après deux albums aussi atypiques que Préliminaires et Après (sur lesquels il s'essayait à chanter en français, et reprenait notamment Les Feuilles Mortes et le Et Si Tu N'Existais Pas de Joe Dassin, dans la langue de Molière donc !), qui n'ont pas vraiment emballé le coeur des fans et des rock-critics et ne s'imposent franchement pas, ça fait du bien, surtout si en plus c'est le dernier album (pas encore sûr, mais c'est bien parti pour), de retrouver un Iggy Pop aussi rock et en forme. Post Pop Depression est un grand disque, un des albums de 2016 (pourtant loin d'être finie) aux côtés du Blackstar porthume de Bowie. Ultra recommandé !

Break Into Your Heart

Gardenia

American Valhalla

In The Lobby

Sunday

Vultures

German Days

Chocolate Drops

Paraguay

Posté par ClashDoherty à 10:20 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

07 mars 2016

"Skid Row" - Skid Row

skid row

1989, une année qui annonce l'imminente chute du Hard US (et aussi du mur de Berlin accessoirement) avant d'être littéralement balayé par la vague Grunge. 1989, l'année du "Bleach" de Nirvana déjà... Mais aussi l'année de perles du Hard comme le "Dr. Feelgood" de Mötley Crüe, le "Pump" d'Aerosmith pour les plus connus, mais d'autres groupes comme L.A. Guns, Guns N' Roses, Def Leppard, Van Halen ou encore Bon Jovi cartonnent également. Bon Jovi... C'est à lui qu'on doit la découverte de notre combo justement. Venant du même bled, Jon Bon Jovi et Dave Sabo (surnommé "The Snake" et qui est l'un des guitaristes de Skid Row) étaient amis d'école (enfin c'est la version officielle, mais en vrai, ce pauvre Dave était plutôt le bizu de ce cher Jon). Formé en 1986 dans le New Jersey, Skid Row est sur le papier l'exemple type du groupe de Hard US par excellence : cinq membres dont un frontman d'un charisme incroyable, extravagant et adepte de la provocation gratuite, un Hard survitaminé et tout ce qui va avec... On pourrait d'ailleurs reprocher à Skid Row d'enfoncer les portes ouvertes avec cet album éponyme (comme une bonne partie des groupes de l'époque), sauf que l'efficacité est telle que l'empreinte du groupe, sans pour autant révolutionner le genre, est directement perceptible. C'est donc Bon Jovi qui les aide à signer chez Atlantic Records. Ainsi parrainés, le groupe entre en studio dans le courant de l'année 1988 avec le producteur Michael Wagener.

"Skid Row" sort donc le 24 Janvier 1989 et est directement propulsé à la 6è place du Billboard US. La formule est simple : des titres courts et entraînants, riffs simples et efficaces, refrains bien foutus, le tout mis en relief par des soli de guitare par forcément très techniques mais dévastateurs, et porté par l'incroyable voix du chanteur Sebastian Bach (blaze plutôt prétentieux et mégalo, je vous l'accorde, à noter également que le bonhomme est venu faire quelque chœurs sur "Time For Change" de Mötley Crüe, et sur "Sorry" des Guns N' Roses... Hum, ou d'Axl Rose, peu importe). En un petit peu moins de 40 minutes, le groupe montre qu'il n'est pas si inoffensif que cela. Hair Metal, oui, mais avec une approche bien plus heavy, doté d'un groove imparable, et c'est ce qui fait la différence. La production de Wagener, typée Heavy Metal, contribue elle aussi à marquer une distance avec des groupes bien plus FM comme Bon Jovi, ou le Whitesnake bronzé de "Here I Go Again".

band

Sur les 11 titres de l'album, 3 sont des tubes incontournables que le groupe jouera systématiquement en live. Le premier étant "Youth Gone Wild" qui porte en lui toute la fougue de Skid Row, l'hymne du groupe. Doté d'un riff qui vous suivra jusque dans la tombe, il parle en gros des jeunes qui sont plongés dans la culture Metal et qui emmerdent les blaireaux à qui ça plaît pas. c'est un morceau taillé pour la scène où les chœurs occupent une importance centrale. Un refrain mortel et ultra fédérateur, où la hargne est presque palpable. Ensuite le tube "18 & Life", dont les paroles relatent un sombre fait divers réel, qui est une power ballade, exercice dans lequel le groupe excelle, et surtout où Bach se lache totalement, poussant sa voix comme personne.  Les mots me manquent pour décrire cette chanson bouleversante aux arpèges magiques et d'une émotion si rare. Je ne connais personne qui y soit insensible, à moins d'avoir besoin d'un coton-tige (et en coton-tige, je m'y connais)... Le troisième, "I Remember You" laisse transparaître une pointe de romantisme, faisant un peu de place à la guitare sèche. Un morceau un peu mielleux, mais sans non plus entrer dans le rose bonbon, et qui permettra au groupe de s'asseoir tranquillement dans les charts.

Mais il serait une erreur de réduire cet album à ses 3 hits, car le reste est quasiment un sans faute. Le morceau d'ouverture "Big Guns" plante le décor en nous explosant à la gueule, suivi d'un dynamique "Sweet Little Sister" qui enfonce le clou et surfe sur un tempo plus rapide. "Can't Stand The Heartache" et "Here I Am" (qu'on peut entendre dans un sketch des "Inconnus" se veulent dansants et groovy. La patte du bassiste Rachel Bolan est présente sur des morceaux un peu plus punkisants comme le très bon "Piece Of Me" (qui aurait du être le premier single issu de l'album, mais la maison de disque s'y opposera), ou "Rattlesnake Shake" qui est quant à lui un des moins bons morceaux de l'album, un peu bancal, mais rien de bien inquiétant toutefois. L'album se termine sur l'excellent "Midnight/Tornado" très Judas Priest dans l'âme, carrément Heavy Metal et préfigurant ce que fera le groupe par la suite. A l'écoute de l'album, on perçoit un sentiment d'urgence, pas si éloigné d'un certain "Appetite For Destruction" de qui-vous-savez. La qualité du disque le rend vraiment à la hauteur de la comparaison.

band

Certes, tout n'est pas parfait. L'album est solidement ancré dans son époque, pas franchement original, il y a aussi le son de la batterie de Rob Affuso qui traîne péniblement ses 40 kilos de reverb, on peut écarter les "Rattlesnake Shake" ou "Makin' A Mess" qui ne sont qu'un honnête remplisage, corrects mais loins d'être aussi percutants que le "Big Guns" d'ouverture. Mais à part ça, Skid Row se fend d'un premier album tout simplement remarquable. Si la section rythmique est en béton armé, on tient ici une paire de gratteux époustouflants : Snake et Scotti Hill envoient du pâté du début à la fin sans réelle interruption, formidable travail sur les harmoniques, sans oublier un chanteur hors catégorie, ni plus ni moins. Même si le groupe est encore jeune et tatônne un peu, il le fait avec un panache, presque de l'arrogance osée, qui mine de rien, séduit. La sauce prend également grâce à un talent certain de composition (dont l'essentiel est réalisé par la paire Sabo/Bolan), la preuve par a + b avec "18 & Life" ou la qualité de la mélodie se conjugue parfaitement avec l'aisance des musikos, et un Bach impérial. Hybride de Hard Rock et de Heavy Metal, ce premier album est une réussite artistique ET commerciale. Ces p'tits gars se font une entrée burnée ainsi qu'un sacré nom sur cette scène qui affichait "complet". En fin d'année '89, au Zenith de Paris notamment, Mötley Crüe fait l'erreur de les emmener pour faire leur première partie, ceux qui y étaient doivent encore s'en souvenir... 

On pourrait se dire que le groupe va se reposer sur ses lauriers et prendre un tournant bien plus FM, tuant dans l'œuf les espoirs des hardos qui se lassent des ballades mièvres qui sortent à tout va. Rappelons qu'en cette fin des années 80, ce qui cartonne le plus dans le joyeux monde du Metal, c'est le Def Leppard post-"Hysteria", le Van Halen sans Diamond Dave, le Kiss sans maquillage, sans oublier Europe ou encore ces gros nazes de Poison ou Warrant. Autrement dit, des groupes qui ont su dépasser les menaces de mort des hardos assoiffés de distorsion pour proposer un truc vaguement Metal, très barbapapa, rempli de claviers foireux et de batteries moins naturelles tu meurs. N'empêche que ça marche très bien. Les Guns N' Roses et Alice Cooper baissent leurs frocs pour passer sur MTV. Aux concerts de Bon Jovi, il y a les enfants ET leurs parents. Bon Jovi dans ses clips a l'air super sympa. 1989 : le Hard est parvenu à dépasser les frontières de son public habituel pour en trouver un autre, beaucoup plus vaste celui-là : les fans de Phil Collins. Mais au contraire, au beau milieu d'une période Glam qui ne va pas tarder à s'effondrer pour tomber dans l'anonymat le plus complet, Skid Row anticipe et va avoir les couilles de durcir le ton deux ans plus tard avec l'album "Slave To The Grind", totalement Heavy Metal celui-là, et aussi véritable chef d'œuvre !

 

- Liste des titres -

Big Guns

Sweet Little Sister

Can't Stand The Heartache

Piece Of Me

18 & Life

Rattlesnake Shake

Youth Gone Wild

Here I Am

Makin' A Mess

I Remember You

Midnight/Tornado

 

 

Posté par Super Coton-Tige à 19:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

11 février 2016

"Persona Non Grata" - Urban Dance Squad

uds

Prologue :

Tout commence dans la chambre de mon brother (mon premier mentor pour ainsi dire) en ce milieu des années 2000, je suis au collège et accessoirement, un débutant de la musique. Mes compagnons de route donnent d'avantage dans le Neo-Metal de tata (Linkin Park, Papa Roach, Breaking Benjamin etc...) que le Hard Rock burné, ou même le Heavy Metal. Chaque chose en son temps, ne mettons pas la charrue avant les bœufs me direz-vous.

Mon frère et moi, on se blaste la gueule sur Mortal Kombat sur fond de Rage Against The Machine (l'album éponyme de 1992). J'aime la rage de Rage (ben tiens) Against The Machine. Le son et l'énergie du groupe me font l'effet d'une bonne patate dans le museau. Le chanteur à l'air carrément barré et l'instru ne fait pas dans le chichi !

Coton : (admiratif) Waaaaaaaaa ! Ça tue ce groupe !

Bro : C'est Rage Against The Machine.

Coton : C'est un CD ? Tu me le prêtes ?

Bro : Hmm, seulement si tu gagnes.

(Coton fait ses yeux implorants , c'est l'âge bête, il a la puberté difficile : le bro craque)

Bro : Bon, ok, mais t'endors pas dessus.

Coton : Youpi !  Merci ! Mais y a déjà un CD dans le boîtier, c'est quoi ?

Bro : Urban Dance Squad, c'est un peu dans le même genre.

...

Il ne fait aucun doute que nos tarés de RATM se sont largement inspirés du combo hollandais d'Urban Dance Squad, car même si c'est en 1994 que sort cet album "Persona Non Grata(soit 2 ans après l'éponyme de RATM), il s'avère que leur première galette date de 1989. Les gaillards ont donc déjà fait du chemin et il ne s'agit en aucun cas de nouveaux venus cherchant à se faire une place, non non, ils ne font que la consolider. Car même s'ils ont connu un succès immédiat en '89 avec leur première offrande "Mental Floss For The Globe" en réinventant le terme "fusion", ce n'est pas eux qui ont gravé le mythique "Rage Against The Machine". Malgré leurs deux premiers albums de haute volée et  des prestations live explosives, les Urban Dance Squad n'étaient pas parvenus à retranscrire sur disque toute l'énergie libérée durant leurs shows. Et en 1994, ils comptent bien rappeler au public qui ils sont.

Doté d'une production "coup de poing", "Persona Non Grata" offre quasiment 58 minutes (en 12 titres) de Rap Metal de très bonne facture, avec un son bien plus métallique que sur les deux précédents albums du groupe, et qui se rapproche plus de ce que le groupe fait en live. Exit la production minimaliste (qui collait pourtant très bien aux anciennes compositions). Maintenant Urban revêt une chape de bitume, de celui des quartiers pauvres de Los Angeles, à l’image de la pochette qui plante le décor avec justesse. Ici, un Rock teinté de Funk se mêle à un flow Hip-Hop incandescent interprété par des musiciens talentueux : d'abord Rudeboy, un petit noir musculeux qui pose sa voix accompagné de la guitare de Tres Manos, le tout sur la section rythmique de Magic Stick (à la batterie, comme le laisse supposer le sobriquet) et Sil à basse. 

band

Alors que l'album s'ouvre sur "Demagogue", entraînant et groovy et qui est aussi le gros tube du disque, on ne peut se contenter de réduire cet album à ce seul titre lorsque "Good Grief" et "No Honestly" déboulent à la suite sans faire baisser la température. Tantôt heavy sur "Selfsufficient Snake", tantôt posé sur le très funky "Selfstyled", on note cependant quelques petites baisses de régime comme "Alienated" ou "(some) Chitchat" mais rien de bien grave car ils sont largement rattrapés par les titres cités précédemment, ainsi que par le reste dont le burné "Burnt Up Cigarette" ou "Mugshot" et son refrain taillé pour la scène. Les riffs sont aiguisés et tranchants et se conjuguent parfaitement avec la hargne de Rudeboy. Le dernier titre, "Downer", d'une durée de 10 min 39 peut faire penser à cette pratique consistant à inclure un hidden track. Il n'en est rien. Il s'agit d'un mid-tempo à la fois heavy et hypnotique, un peu oriental, une jam Doom-Rap-Metal en quelque sorte, qui dure bien 9 min 30 et suivi d'un blanc d'une minute. Il faut attendre les deux dernières secondes pour entendre Rudeboy glapir un truc du genre "I'm gonna have my eggs now".

Les missiles s'enchaînent et les changements d'ambiances sont excellents, entre titres épileptiques et lancinants, et font de ce "Persona Non Grata" un album non seulement redoutablement efficace mais aussi, au final, assez varié. En fait, il s'agit d'un compromis entre l'album éponyme de Rage Against The Machine, groupe auquel notre quatuor est le plus souvent comparé, et le "Blood Sugar Sex Magik" des Red Hot Chili Peppers : plus agressif que ce dernier, moins virulent que l'autre, il se situe au milieu car il reprend les mêmes éléments que chez l'un et l'autre (la touche funky qu'on retrouve chez les Red Hot, le son bien plus métallique de RATM, et le flow Hip-Hop). De la Fusion explosive à qui veut bien se l'approprier. Un must en la matière...

Note : 8/10

Morceau qui a cartonné : Demagogue

Morceau préféré du coton-tige : Selfsufficient Snake

Morceau bof : (Some) Chitchat

 

Epilogue :

Printemps 2006. L'année du brevet des collèges. Je suis sur la quatrième rangée de la classe et j'écoute "Persona Non Grata"  discrètement d'un écouteur en dessinant des logos de marques sur mon cahier, le cours d'anglais est chiant comme la mort. Verbes irréguliers de mes couilles ouais, de toutes façons je les connais déjà. Mon pote à côté de moi chope l'autre écouteur.

Le pote : (hilare) C'est quoi ce groupe de merde que t'écoute ?

Coton : Je t'emmerde enculé.

Le pote : 'ttend laisse tomber le chanteur avec sa vieille voix, t'vas pas m'dire que t'aimes ? On dirait RATM en moins bien.

Coton : C'est Urban Dance Squad, et cet album est une tuerie. Le jour où tu décolleras ta tête de tes putains de Red Hot tu comprendras (je tripote mon lecteur mp3 pour retrouver "Demagogue"). Tiens, écoute, tu vas voir, ça enterre les Red Hot.

Le pote : J'écoute pas que les Red Hot, en ce moment j'écoute plutôt ça (il sort son téléphone, un modèle où tu peux foutre ta musique dessus comme sur un mp3, l'enfoiré) et j'ai le CD dans mon sac, tiens je te le passe (il me tend un CD).

Je vois une pochette verte, et un mec avec un capuchon qui tient une faucheuse. La prof d'anglais commence à nous zieuter. Je chope le CD et le fous dans mon sac, je ressens alors une chaleur intense : qu'est ce que c'est qu'ce groupe ? La prof reprend son cours, mon pote me tend une oreillette : "Ça s'appelle Children Of Bodom. Tu vas voir, ça enterre ton groupe de tapettes puissance 1000 !"

Je mets l'oreillette, j'entends un brouhaha infernal.

Les battements de mon cœur s'accélèrent, je me mets à transpirer.

Je vois la prof d'anglais prendre directement nos carnets de correspondance dans nos sacs. Mes oreilles sifflent.

Qu'est ce que c'est que ce groupe de malades ?

 

- Liste des titres -

Demagogue

Good Grief

No Honestly

Alienated

Candy Strip Experience

Selfsufficient Snake

(Some) Chitchat

Burnt Up Cigarette

Selfstyled

Mugshot

Hangout

Downer

Posté par Super Coton-Tige à 13:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

04 février 2016

Lost Opera...l'interview !

logo

Le trouver est difficile : il faut arpenter, pendant des heures (du moins, c'est ce qu'il paraît être des heures), des sentiers abrupts, mal entretenus, boueux et dangereux, à flanc de falaise, avant d'arriver, enfin, à proximité d'une grotte nécessairement glauque et mal éclairée. Là vit le claviériste de Lost Opera (groupe de death metal français), Stéphane Vignon. Non, rassurez-vous, je déconne ! Il vit tout simplement en région parisienne (c'est moins glamour, je sais), et comme c'est un collègue de bureau (disons plutôt : de formation professionnelle), ce qui est véridique, l'interview a eu lieu non pas dans une grotte, mais dans une salle tout ce qu'il y à de plus banal, avec du lino au sol, des tables en U, des chaises, des fenêtres et une porte (qui ferme mal), un tableau blanc, un paperboard et un porte-manteau ; une salle, quoi. Mais une salle parisienne, attention. Lost Opera, j'en ai parlé récemment ici (vu que je n'ai plus trop le temps d'écrire en ce moment, boulot éreintant oblige, récemment signifie ici fin novembre...), par le biais d'une chronique de leur premier album, Alchemy Of Quintessence, sorti en 2011. Dès le départ, j'avais prévu, avec Stéph', de faire une interview. D'où cet article, d'un genre tout nouveau pour Rock Fever. Allez, hop, action :

Rock Fever : D'abord salut, Stéphane, et merci de bien avoir voulu te prêter au jeu. Alors, dis-moi, Lost Opera...en quelle année ce groupe a-t-il été fondé, et parle-moi un peu de ses membres ?

Stéphane Vignon : Lost Opera a été crée fin 2007 par Loïc Conti (le chanteur) et Xavier Delalandre (batterie), suite au split de leur ancien groupe, Banshee. A la base, le nom du groupe était différent, Ghost Opera, mais pour des soucis de droits (un autre groupe existait déjà sous ce nom), le nom a été rapidement changé en Lost Opera. A l'heure actuelle, des membres de Lost Opera, Loïc est le seul d'origine. Les autres sont Sven Faucon  (guitare), Julien Gronnier (batterie), Raphaël Treuil (basse) et un certain Stéphane Vignon, alias bibi, aux claviers !

RF : Lost Opera...pourquoi ce nom en particulier ?

SV : Lost Opera est représentatif de l'ambiance et de la dualité que l'on souhaite retranscrire à travers notre musique. Lost, c'est pour le côté parfois torturé, extrême, et Opera, pour le côté épique, symphonique qui se dégage de la musique selon les morceaux.

107629737

De gauche à droite : Raphaël Treuil, Julien Gronnier, Stéphane Vignon, Sven Faucon et Loïc Conti

RF : Quel est ton rôle au sein du groupe ?

SV : Vider les packs de bière (rires). Tout simplement à me tenir derrière mon clavier, pour créer les ambiances qu'il faut, parfois la puissance. Sur scène, je suis aussi l'amas de poils que l'on aperçoit de temps en temps. J'ai aussi un petit rôle de composition niveau claviers et sonorités, bien que le gros du travail de composition soit l'oeuvre de Loïc et Julien. Autrement, en dehors de l'aspect purement musical, je m'occupe de tout ce qui est visuels, promo et relation presse.

RF : On va parler un peu influences...

SV : Vaste question... C'est toujours difficile de répondre à ça, même après 8 ans d'existence ! On arrive tous dans le groupe avec nos propres influences : Black metal, death, symphonique pour ma part ; pour d'autres, ça sera du rock progressif, du néoprog, de l'indus... On essaie d'imbriquer nos influences personnelles dans tout ce bordel pour en faire ressortir quelque chose susceptible de nous plaire à tous. S'il faut citer des noms, disons qu'on peut se rapprocher de groupes comme Kamelot, Epica, avec des influences à la Dimmu Borgir.

RF : Votre premier album s'appelle Alchemy Of Quintessence ; parles-moi-en un peu.

SV : Il s'agit du premier et unique album de Lost Opera à être, du moins pour le moment, sorti. Le bébé a vu le jour en octobre 2011, autoproduit, et il est la récompense du travail effectué jusque là. S'en sont suivies deux tournées françaises et un accueil honorable de la presse spécialisée. Deux extraits de l'album, Alone et Xenocide, sont en téléchargement libre et gratuit sur notre site, www.lostopera.com. L'album représente parfaitement ce que je disais plus haut, à savoir la diversité des influences, tirer le meilleur de celles-ci en suivant une ligne identitaire, d'où le nom de l'album.

RF : Alchemy... était le premier album. Il va y en avoir un deuxième ? Quel sera son nom et ou en êtes-vous dans sa conception ?

SV : Alors effectivement, suite à tout ça, nous avons commencé à travailler sur de nouveaux morceaux, nous avons d'ailleurs sorti deux clips en live de morceaux inédits : en 2013 avec Rage et en 2014 avec So Wrong. On a d'ailleurs raflé, en 2013, les prix Métal Symphonique Awards du meilleur clip (pour Rage) et du meilleur groupe francophone de l'année (www.metalsymphonique.com) ! L'album a été ensuite enregistré durant l'été 2015 dans les studios de Wavelength Records, ça s'est super bien passé. Un clip a été tourné en décembre, il sortira dans trèèèès peu de temps. Quant à l'album en lui-même, qui va s'appeler Hidden Sides, il sortira au début du printemps ! On est excités comme c'est pas permis, d'autant que Jacob Hansen (qui a mixé le dernier album d'Epica) participe à la conception d'Hidden Sides.

10295973_10153754877094351_1813979286208197435_o

En avant-prem'ss...la pochette du nouvel album, prochainement sur vos écrans !

RF : Un mot pour définir Lost Opera ?

SV : Pas un, mais trois : Puissant. Orchestral. Et famille.

RF : Ton meilleur...et aussi ton pire...souvenir de concert de Lost Opera ?

SV : On va commencer par le pire, en ce qui me concerne, comme ça, ça sera fait... Le premier qui me vient à l'esprit, c'est une intro piano complètement...foirée. Pour le dernier morceau du show. Au moment où je joue tout seul. Devant une foule de gens. Alors que ça faisait deux mois que j'étais arrivé dans le groupe. Lors d'un festival de musique, ACDM, que nous organisons tous les ans. Hum, on passe ? En revanche, je dirais que notre meilleur souvenir,  à peu près à tous, c'est le concert de clôture de notre mini-tournée avec Zuul FX. C'était en février 2014, au Divan du Monde (dans le XVIIIe arrondissement de Paris), une ambiance de folie, de retombées fantastiques. Après, il y en à d'autres, des bons souvenirs, mais ce soir-là, tout, absolument TOUT, était par-fait !

RF : Ton album de chevet ? Ton groupe/artiste préféré ?

SV : Je fonctionne par cycle (EDIT : moi aussi). Mais j'avoue qu'en ce moment, je suis beaucoup sur le War Eternal d'Arch Enemy. Sinon, je vous un culte à Vader et Motörhead. Et à ce sujet, RIP tonton Lemmy (EDIT : bassiste/chanteur de Motörhead et avant ça, d'Hawkwind, mais bon, vous le saviez, hein...), tu manques...

RF : Enfin pour finir, ton morceau préféré sur Alchemy Of Quintessence ?

SV : Razielle, pour son epicness, et c'est aussi celle que je préfère jouer. Mais pour découvrir le groupe, le conseillerais plutôt Xenocide ou Sombres Peines, qui sont plus représentatifs des différentes influences abordées dans l'univers de Lost Opera.

RF : Merci beaucoup, Stéphane, d'avoir partagé ce petit moment avec Rock Fever !

SV : Merci à toi, Damien, et à vous tous ; beaucoup de choses arrivent à échéance, tenez-vous informés sur les pages Facebook et YouTube de Lost Opera, ainsi que sur www.lostopera.com !

Posté par ClashDoherty à 19:23 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,


12 janvier 2016

Bowie...

Rock'n'Roll Suicide...

Wild Is The Wind...

"Heroes"...

Red Sails...

Sunday...

Life On Mars ?...

Changes...

Fame...

You Belong To Rock'n'Roll...

Starman...

You Feel So Lonely You Could Die...

Heathen (The Rays)...

Thursday's Child...

Fantastic Voyage...

Lazarus...

Space Oddity...

Station To Station...

Ashes To Ashes...

Loving The Alien...

Buddha Of Suburbia...

Little Wonder...

Seven Years In Tibet...

Strangers When We Meet...

Miracle Goodnight...

Baby Can Dance...

Wild-Eyed Boy From Freecloud...

The Bewlay Brothers...

Word On A Wing...

Sound And Vision...

China Girl...

Sweet Thing...

Aladdin Sane (1913-1938-197?)...

Moonage Daydream...

Citer toutes les plus belles chansons de David Bowie s'avère réellement laborieux, tant il faudrait, en gros, tout citer...

Tu vas nous manquer, tu nous manque déjà...

Posté par ClashDoherty à 19:02 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,

11 janvier 2016

"Blackstar" - David Bowie

David-Bowie-Blackstar-640x640

Boulot oblige, je n'ai plus le temps d'écrire sur le blog. Oui, mais franchement, je ne pouvais pas rester assis sur mon cul à ne rien faire d'autre que pleurer comme un bébé à qui on retire sa tétine, là. Aujourd'hui. Lundi 11 janvier 2016 : on apprend la mort de David Bowie. Trois jours plus tôt (le vendredi), sortait son dernier album,en date, désormais dernier album tout court (putain, ça fait mal d'écrire ça) : Blackstar. Précédé il y à quelques semaines d'un clip (la chanson-titre, 10 minutes trip-hoppesques, avant-gardistes et définitives), cet album s'annonçait assez bizarre. 7 titres seulement (pour 41 minutes), parmi lesquels la chanson la plus longue de Bowie depuis Station To Station (10 minutes) datant de 40 ans plus tôt, et parmi lesquels, aussi, des chansons déjà connues depuis deux-trois ans et leur sortie en singles hors-albums (sortis en 45-tours). Je me suis dit, en regardant le tracklisting, que Bowie semblait en petite perte de vitesse, pourquoi refourguer deux chansons déjà connues ? Quelques jours seulement après l'écoute (le jeudi 7 janvier, un jour avant la sortie officielle : l'ayant précommandé bien à l'avance, je l'ai eu un jour avant la sortie), je me demande si, en fait, se sachant quasiment condamné (il est mort d'un cancer, contre lequel il se battait depuis un an et demi, dans le secret le plus total quant à la presse), il n'a pas voulu solder ses comptes.

BN-KX990_BOWIE_G_20151026095841

En tout cas, ce nouvel et ultime (non, ça fait vraiment TROP de mal d'écrire et de penser ça !) album, sorti sous une pochette blanche avec étoile noire (vu le titre, c'est logique), ce Blackstar, est atypique. Est-ce le meilleur album de Bowie ? Sincèrement, il m'est impossible de l'affirmer, comme d'affirmer le contraire. Sans doute ni l'un ni l'autre, Blackstar est en tout cas son album le plus à part, et pas seulement parce que, maintenant, c'est le dernier, et qu'il sort dans un contexte désormais funèbre, quasiment posthume. Il m'est impossible de dire quel est le niveau (qualitativement parlant) de l'album par rapport aux autres de Bowie, parce qu'il est son dernier, et que pour moi, il restera pour toujours l'album sorti au moment de la mort de son auteur. En plus, c'est un disque expérimental, sévère, exigeant, avant-gardiste, quasiment jazzy parfois, enregistré avec des musiciens qui, sauf erreur de ma part, ne sont pas des habitués de Bowie (ne cherchez pas Gail Ann Dorsey, Mike Garson, Gerry Leonard, Earl Slick ou Sterling Campbell ici...), et peuplé de chansons hantées (Sue (Or In A Season Of Crime), 'Tis A Pity She Was A Whore, deux chansons déjà connues des fans, celles dont je parlais plus haut sans les citer), quasiment aucune n'est rock au sens propre du terme (sauf éventuellement I Can't Give Everything Away, et encore... ou Lazarus, l'immense Lazarus, et là aussi, et encore).

a-quoi-ressemble-blackstar-le-nouvel-album-de-david-bowie,M284463

Je ne peux pas parler de l'album, désolé, sauf pour dire que lorsque je l'ai écouté jeudi, je l'ai adoré, et lorsque je l'ai réécouté ce soir, dans le RER, en repansant à Bowie et à tout ce qu'il représentait pour moi (je le place tout en haut de mon podium personnel), j'ai quasiment chialé. En j'avais des frissons en l'entendant chanter I'm a black star, sur le long (et enivrant, puissant, incroyable et désormais éternel morceau-titre). Cet album, cet ultime album, n'est pas à conseiller pour découvrir l'oeuvre de Bowie, mais les fans l'apprécieront. Il mérite, en tout cas, l'écoute, plusieurs écoutes (il en faut plusieurs pour l'apprécier pleinement, Blackstar n'est pas facile d'accès). Bowie aura terminé sa carrière sur un disque vraiment particulier, encore plus maintenant qu'on sait qu'il n'y en aura pas d'autres. La question de savoir comment l'album aurait été accueilli, sur le long terme, par les fans et la presse si Bowie n'était pas décédé ne se pose pas ; ce disque est. Bowie n'est plus. Voilà tout. Et nom de Dieu de putain de merde, ce que cette nouvelle m'a retourné le coeur, ce matin... RIP, Ziggy. So long, Halloween Jack. Repose en paix, Thin White Duke. On ne t'oubliera jamais.

Chronique de Buckley92:

Le Retour de buckley92 sur le blog! Et le retour de david bowie aussi! Mais hélas, ça sera à priori la dernière fois qu'on parlera d'un nouvel album studio de bowie sur rock fever. En effet, l'artiste s'est éteint hier à l'âge de 69 ans des suites d'un cancer.  Dire que son dernier album, Black Star, était sorti vendredi dernier, le jour de son anniversaire! On savait que le chanteur avait depuis longtemps prit sa retraite scénique et médiatique, et on savait aussi qu'il avait eu (ou qu'il avait) des problèmes de santé mais de là à penser qu'il mourrait! Je vous jure que ça m'a fait un choc quand je l'ai appris ce matin! Merde! Ce mec faisait partie des immortels, comme Paul Mccartney, Keith Richards, Neil Young, Robert Plant, Iggy Pop ou Lou Reed (ce dernier étant mort en 2013)! Et ce qui me rend encore plus triste, c'est de me dire qu'il avait encore tellement à nous offrir, tant son dernier album est une tuerie absolue. Je vais d'ailleurs être, dès le départ, aussi clair que chazal (oui les jeux de mots pourris sont de rigueur chez moi en 2016): il s'agit pour moi de son meilleur album depuis "Heroes" de... 1977! Vpoir même depuis Low ! Et n'allez pas croire que je dit ça sur le coup de l'émotion suite à la mort de david bowie, je le pensais déjà samedi quand je l'ai acheté. Néanmoins il est vrai que maintenant je ne perçois plus excatement Black Star de la même façon. Mais avant deparler de l'album, je tenais à vous convier à un rapide retour en arrière, jusqu'en 2004, via le paragraphe suivant.

David-Bowie-Blackstar-225x225

 

Pochette de l'édition vinyle

Nous sommes en 2004: David Bowie est en pleine tournée promotionelle de son derneir album de l'époque, Reality, sorti l'année d'avant. Un album très correct, mais qui n'égale en rien ses anciens classiques, ni même son prédecesseur, Heathen. Malheureusement, plusieurs dates sont annulés, et Bowie ne finira pas la tournée suite à une angioplastie. Un dvd live sortira en 2004, intitulé A Reality Tour, puis David Bowie "disparait" de la scène musicale. Mise à part une collaboration avec Arcade Fire sur quelques morceaux, ainsi que la sorti d'un Live, Santa Monica '72, en 2008, ainsique la version cd de A Reality Tour en 2010, rien de neuf de la part de David Bowie. Les rumeurs coulent: on dit qu'il veut se consacrer désormais exclusivement à ses enfants, qu'il est malade, pire, qu'il serait mort... Mais le 6 janvier 2013, le jour de son 66e anniversaire, David Bowie annonce à la surprise générale, la sorti prochaine de son nouvel album, et dévoile le jour même un premier extrait, Where Are We Now?. L'album, intitulé The Next Day, sort en france en mars 2013 et sera très bien reçu par la critique et le public. L'album est très rock dans son ensemble, et sur le blog nous, le considérions à sa sortie comme son meilleur depuis Earthling au moins. Trois ans plus tard, le 6 janvier 2016, Bowie sort son dernier album, ★. Ou simplement Black Star si vous préférez.

th-1

L'album est sorti sous une pochette très sobre: Sur fond blanc, une grosse étoile noire à cinq branche et en dessous, des symboles qui sont en fait des "déclinaisons" de cettte étoile. La pochette du vinyle est légèrement diffèrente et est encore plus prémonitoire: noire, avec un trou en forme d'étoile laissant voir le vinyle glissé dans une pochette plastique. J'ai d'ailleurs un léger reproche à faire à cette version vinyle, concernant le livret: les photos sont sublimes, et c'est super d'avoir les paroles des chansons, mais écrit en noir sur fond noir c'est "stylé" mais c'est pas très pratique. Ensuite concernant la musique l'album fait une quarantaine de minutes pour sept titres, dont certains étaient déjà sorti ultérieurement en 45 tours. Cela peut donc sembler vraiment court et limite bâclé mais après coup on comprend mieux... BlackStar ne peut être perçu autrement que comme le testament de Bowie. Quand au style musicale, je tient à vous mettre en garde: vous aimez le glam- rock, Ziggy StardustHunky Dory? passez votre chemin. Vous ésperez un The Next Day bis? passez votre chemin. Vous adorez Tonight et Never Let Me Down? Allez vous faire *** euh je veux dire vous aussi passez votre chemin. Vous adorez (comme moi) sa trilogie berlinoise, ainsi que son album Outside.1? Vous devriez déjà être plus à même d'apprécier l'album. Et encore... Car comme Clash l'a justement dit, BlackStar est vraiment l'album le plus à part de Bowie.

th

Pour faire simple, l'album est un savant mélange de rock, free- jazz, jazz-rock et musique éxpérimentale. Pas le genre de musique à mettre entre toutes les oreilles. Et surtout l'album est ÊXTREMEMENT sombre, c'est même sans doute le plus sombre de l'artiste en fin de compte. Dans plusieurs morceaux bowie parle ouvertement de la mort, impossible encore une fois de ne pas y voir quelquechose de prémonitoire. La nouvelle de la mort de Bowie est boulversante et l'album ne va pas nous aidez à aller mieux. Mais nom d'un ziggy qu'est ce que c'est bon! Entre le pharaonique morceau titre, le mélancolique Girl Loves Me ou l'excellent single Lazarus, sans oublier le final I Can't Give Everything Away, tout sur cet album est selon moi digne du meilleur de David Bowie. En fait, seul Dollar Days m'a un peu déçu, je la trouve plus anecdotique que le reste, mais elle n'est pas mauvaise non plus. Le sommet est pour moi évidemment Blackstar, une chanson de 10 minutes, sa plus longue depuis Station To Station de 1976! Un morceau qui commence par une mélodie assez oriental mais façon jazz- expérimental, et aux nombreuses images métaphoriques bien sombre: on y parle d'un jour d'éxecution, ainsi que d'un villlage d'Omen, omen voulant dire présage en latin. Puis ensuite la chanson reprend une tonalité plus "classique", et Bowie se met à déclamer " I'm a Blackstar/ Not a Gangstar", et le morceau reprend son thème initial. Un Morceau purement grandiose, au clip très étrange que je vous propose de découvrir en bas de l'article.

david-bowie-300x253

Pour finir cette chronique, je dirai juste que Blackstar est le genre d'album qui doit être écouté pour être compris, et qu'il n'est pas forcément évident d'en parler. C'est pourquoi je préfère m'arrêter là et vous conseiller simplement vivement cet album! Et surtout je tenais à dire merci pour des albums comme Hunky Dory, Ziggy Stardust, Low, Scary Monsters (and Super Creeps), Heathen et The Next Day. Merci Pour toutes tes chansons intemporelles. Merci pour Blackstar. Au Revoir Ziggy, Halloween Jack, Thin White Duke, Aladin Sane. Au revoir Bowie. Grand control to major tom...

Blackstar

'Tis A Pity She Was A Whore

Lazarus

Sue (Or In A Season Of Crime)

Girl Loves Me

Dollar Days

I Can't Give Everything Away

Posté par ClashDoherty à 18:50 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

06 janvier 2016

"Rio Grande Mud" - ZZ Top

RGM

Le Texas : grands espaces, buffles, cowboys, buissons, tequila... Et surtout une certaine idée du Blues. Car pour ceux qui ne connaissent pas les débuts du trio Gibbons/Hill/Beard (trio qui d'ailleurs, apparaît sur la pochette en train de barboter dans une mare de boue, comme des fugitifs cherchant à franchir la frontière mexicaine), et bien la vérité est que ces gars là faisaient du Blues Rock, du vrai, râpeux et chaleureux. Et on peut dire qu'ils le faisaient bien lorsqu'on écoute ce disque : cet album sent le goudron et l'agave bleue. "Rio Grande Mud", sorti en Avril 1972, est donc le second albums des Tres Hombres, et il est produit (comme tout les autres album de ZZ Top) par Bill Ham, qui signe d'ailleurs ici un travail remarquable. Un peu plus long que le premier, ce deuxième opus nous régale de 39 minutes de Southern Rock (ou Rock Sudiste) de qualité. C'est bien simple : 10 titres, y a rien, absolument rien à jeter.

On commence avec "Francine" qui fut le seul single extrait de l'album, et qui est l'un des classiques du Top. Ce morceau a contribué à faire entrer le groupe au panthéon Rock, marquant au fer rouge ce style inimitable qui influencera pourtant des générations entières de groupes qui suivront la vague texane. "Just Got Paid" qui arrive juste après nous confirme que ZZ Top maîtrise pleinement son sujet. "Chevrolet", autre classique du groupe, et je dirais même un standard, tant il porte le sceau du Top, juste exceptionnel. Mais les autres titres sont plutôt variés. Des titres de rock très boogie comme "Whiskey'n Mama", le très bon "Ko Ko Blue" ou encore ce "Bar B Q" à la sauce texane qui est assaisonné avec des solis qui ne laissent pas indifférent. Ambiance très western sur "Mushmouth Shoutin' " avec son harmonica, tandis que "Apologies to Pearly" est un instrumental de haute volée (et accessoirement, dédié à la Gibson LesPaul de Gibbons, sa favorite). Le groupe fait aussi dans l'émotion avec "Sure Got Cold After the Rain Fell", qui est l'archétype de la ballade de Southern Rock qu'on pourrait par exemple comparer avec "Tuesday's Gone" de Lynyrd Skynyrd (qui sortira l'année d'après, en 1973). Ce morceau qui sent bon la bouse est aussi le plus long de l'album avec une durée de 7min20. "Down Brownie" en guise de déssert, s'écouterait très bien en bagnole au crépuscule, sur la route 66, vous voyez le genre. Il va sans dire que Billy Gibbons est un excellent songwriter, mais ses deux comparses ne sont pas en reste, car quelque soit l'instrument, c'est un sans faute de bout en bout.

zz top

Par contre, ayant pu écouter cet album sous deux versions (originale et remasterisée), j'en profite pour attirer votre attention sur l'édition remasterisée. C'est la maison de disque Warner qui s'en est chargée, celle là même qui a sorti "Eliminator". Vous voyez le lien ? Au lieu de rester fidèle à l'enregistrement originel, les peigne-zizis de la WB ont tout simplement réédité l'album avec des sonorités bien actuelles qui dénaturent complètement l'ensemble (batterie triggée, reverb exagérée sur le pauvre Billy et tout ce qui va avec). Comparez un même morceau avec les deux versions et vous verrez qu'il ne faut pas se faire de soucis en ce qui concerne la réintégration des handicapés : même les personnes souffrant du syndrome de Down peuvent jouer de la batterie. Je me demandais même s'ils n'avaient pas réenregistré tout l'album, le saccage sauvagement perpétré sur la batterie (avec une brutalité inouïe telle qu'il m'est encore difficile d'en parler sans fondre immédiatement en larmes) ne pouvant venir que d'un overdub bien foiré comme il faut. "Francine" est amputée de son final... J'avais d'abord écouté la version originale, et un peu plus tard j'ai écouté la version remasterisée pour voir l'étendue des dégâts, peut être n'aurais-je pas dû. Si je veux un son de batterie puissant, je vais chercher chez Aerosmith sur l'album "Permanent Vacation", mais en 1972 c'est tout bonnement un anachronisme.

Outre ce ratage de la part de Warner, reste que ce "Rio Grande Mud" est un très grand album de ZZ Top, sûrement mon préféré de la période 70's avec "Tejas". On constate que l'album est un collier : les perles, il les enchaîne, avec un compromis parfait entre son gras, rugueux, et un son plus light qui dans le fond, affiche de nettes racines blues, mais présente sous la forme un véritable Hard Rock. Avec ce deuxième effort, ZZ Top confirme tout son potentiel, même s'il faudra attendre le "Tres Hombres" suivant pour que le trio connaisse enfin le succès. Nul doute que les texans auront inspiré bien des groupes comme Little Caesar, Pride & Glory, Cinderella... J’invite donc tous ceux qui n’ont jamais aimé les barbes d’un mètre de long (même si en 1972, ce n'est pas encore le cas) à reconsidérer le cas ZZ Top, moi je leur tire mon Stetson. En attendant, cet album est idéal à mettre en fond sonore lors d'une partie de poker (Texas Hold 'em évidemment) entre amis, tout en sirotant une Corona coupée à la tequila (avec un peu de citron re-évidemment), fumant une cigarette, caché derrière une paire de Ray-Ban (aviator re-re-évidemment).

 

- Liste des titres -

Francine

Just Got Paid

Mushmouth Shoutin'

Ko Ko Blue

Chevrolet

Apologies To Pearly

Bar B Q

Sure Got Cold After The Rain Fell

Whiskey'n Mama

Down Brownie

Posté par Super Coton-Tige à 17:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

06 décembre 2015

"Veuillez Rendre L'Âme (A Qui Elle Appartient)" - Noir Désir

ND2

Il y à peu de temps (mais quand même un bon mois), j'ai enfin abordé le premier opus de Noir Désir ici, leur EP de 1987, et je précisais que le reste de leur discographie allait être abordé ici, car tout n'avait pas été abordé, loin s'en faut. Je rattrape mon retard, au compte-gouttes ceci dit, car à l'heure actuelle, comme je l'ai déjà dit, je n'ai plus trop le temps d'écrire sur Rock Fever (je remercie ici, d'ailleurs, le nouveau chroniqueur, Super Coton Tige, d'écrire et de publier). Voici donc le retour de Noir Désir. En 1987, ils ont livré, sous la houlette du producteur Théo Hakola (un musicien et écrivain américain d'expression francophone, leader du groupe de cold-wave français Orchestre Rouge), qu'ils remercient ici dans les crédits de cet album, un EP du nom de Où Veux-Tu Qu'Je R'Garde, 26 minutes (tout rond) pour 6 morceaux dans l'ensemble remarquables (Lola, Pyromane, La Rage), mais une production assez faiblarde, datée (surtout pour maintenant). Deux ans plus tard, les Bordelais, qu'il serait bon de renommer ici (Bertrand Cantat : chant, guitare, harmonica, textes ; Frédéric Vidalenc : basse ; Srge Teyssot-Gay : guitare, piano ; Denis Barthe : batterie), entrent en studio, à Bruxelles (Studio ICP), sous la houlette de Ian Broudie (et de Phil Délire), afin d'enregistrer leur premier album long-format, un disque qui, bien que nettement plus long que leur EP précédent, ne dure quand même pas très longtemps : 36 minutes, pour 11 titres (dont trois dans la langue de Shakespeare ; sur l'EP, seul Lola était en anglais).

ND1

Verso du CD

Sous une pochette étrange et un peu glauque, l'album porte un titre à rallonge : Veuillez Rendre L'Âme (A Qui Elle Appartient), et il renferme un nombre effarant de classiques du groupe : quatre, voire même cinq. Et le reste est au minimum vraiment réussi, et au maximum absolument dantesque. Malgré, là encore, une production qui a pris un coup dans l'aile gauche et même un peu la droite (ce n'est qu'à partir de 1992 et du grungy Tostaky que les albums de Noir Désir bénéficieront d'un son puissant et l'étant toujours autant en 2015). Pour bien apprécier ce disque, il faut mettre le son assez fort, l'album n'a pas été remastérisé depuis sa sortie en 1989... hélas. Bon, musicalement parlant, ce premier vrai opus de Noir Déz' est une authentique tuerie, il faut bien utiliser les mots qui frappent et dire ce qui est. N'importe quel album s'ouvrant sur la doublette A L'Arrière Des Taxis/Aux Sombres Héros De L'Amer (le premier hit du groupe) et se finissant sur The Wound (et sa guitare très cold-wave à la The Cure) mérite d'être écouté, encore et encore, plus de 25 ans après sa sortie. Et en plus, on trouve aussi Le Fleuve, Les Ecorchés, What I Need... Les textes de Cantat (qui chante super bien, même si sa voix prendra encore un peu plus d'assurance par la suite) sont remarquables. En 1989, Aux Sombres Héros De L'Amer, avec son harmonica, son ambiance maritime et ses Aaaalwayyyys lost in the sea repris en choeur par le groupe, sera pris à tort pour une chanson de marins, justement, à la Soldat Louis, alors que ce n'est vraiment pas le cas, la chanson parlant des écrivains, maudits le plus souvent. Rien que le titre est un indice, avec ce jeu de mots, mais les paroles sont sans équivoque (qui ont jeté l'encre ici et arrêté d'écrire), et cette méprise du public et de la presse pour cette chanson énervera pas mal le groupe au final. N'empêche, c'est leur premier tube, et ils n'en auront pas tant que ça au final (L'Homme Pressé, Un Jour En France, Le Vent Nous Portera).

ND0

Verso du vinyl

Mais le coeur de l'album est dans Les Ecorchés, qui cite Lautréamont et le Velvet (White Light/White Heat !!!!), dans A L'Arrière Des Taxis qui cite le mythique couple Vladimir Maïakovski/Lili Brick et se paie le luxe d'un solo de guitare survolté et remarquable (et Cantat est vocalement au top, Tant que les heures passent...TANT QUE LES HEURES PASSENT), dans The Wound, morceau anglophone d'une puissance rare, vrai crescendo qui achève l'album en beauté, et dans Le Fleuve, morceau hypnotique (encore plus en live) et indescriptible. Les morceaux restants sont tuants aussi : le virulent La Chaleur, le doux et torturé (oui, il est possible d'être à la fois doux et torturé !) Sweet Mary, les étranges Joey I et Joey II qui parlent d'un condamné à mort (ou d'un bourreau ?), et le génial Apprends A Dormir... Rien à jeter sur Veuillez Rendre L'Âme (A Qui Elle Appartient), ce qui en fait un des meilleurs albums du groupe avec Tostaky et 666.667.CLUB, rien que ça, un de leurs trois meilleurs opus, et même le deuxième meilleur du groupe selon moi après Tostaky. Un des meilleurs albums de rock français depuis les années 70, voire 60, bref, depuis l'existence du rock français, rien que ça, et c'est déjà immense. Album absolument essentiel à tout fan de rock. Peu importe les années, et peu importe les villes, c'est Paris-Ouest ou Berlin, Berlin l'enchanteresse...

FACE A

A L'Arrière Des Taxis

Aux Sombres Héros De L'Amer

Le Fleuve

What I Need

Apprends A Dormir

Sweet Mary

FACE B

La Chaleur

Les Ecorchés

Joey I

Joey II

The Wound

04 décembre 2015

"Chain Reaction" - Fahrenheit

fahrenheit

Voilà un de ces groupes exotiques qui, bien que méconnus, sont capables de surgir et de nous balancer à la tronche des bombes à faire pâlir de jalousie les grands groupes des années 70 et 80. Formé en 2001 au Chili par deux potes fans de Bon Jovi, Europe et autres consorts, ce groupe Fahrenheit peine d'abord à se faire une réputation au sein de la scène underground de Santiago avant de sortir un EP qui passa plus ou moins inaperçu. Et finalement, en 2004, Fahrenheit sort ce premier album " Chain Reaction " (avec une pochette un peu spéciale qui représente vraissemblablement un tableau de bord de je ne sais quelle antiquité) qui est très bien accueilli par la critique. Et c'est normal, car cet album, même s'il n'est pas un chef d'œuvre, est tout de même une sacrée baffe musicale, qui ravira tout les amateurs de Hard US de la période fin 80's. Et oui, même si ce quintette est chilien à 100%, le style joué ici est du pur Hard Rock, parfois teinté de glam mais pas trop, et sans véritable connotation FM qui caractérise les groupes comme Bon Jovi, White Lion ou encore Def Leppard. Chaz Thompson, le chanteur, chante en anglais (contrairement à l'album suivant, " Nuevos Tiempos " qui est sorti en 2006 et dans lequel le chant est en espagnol, et produit par David Prater qui a lui même travaillé avec Dream Theater notamment), et les musiciens assurent un max. Au niveau du son, on se rapproche grandement de cette époque 80's également, mais avec une production évidemment plus moderne. En fait, Fahrenheit fait partie de ces groupes qui auraient très bien pu côtoyer les Guns N' Roses, Mötley Crüe ou Skid Row s'ils avaient existé une quinzaine d'années plus tôt. 

Autant de groupes qui font l'influence de notre quintette  et dans lesquels il puise son inspiration, tout en faisant preuve d'une belle maîtrise pour ce qui est de la composition et de l'interprétation. Les titres les plus agressifs comme l'excellent "Prom Nite" d'ouverture, ou le génial "Roadkill", dans lequel le bassiste s'offre un slap sur les couplets, n'auront aucun mal à convaincre. Les mid-tempos ultra efficaces que sont "Hot Leather" et "No News Good News" achèveront les résistants. La rythmique est impeccable, et le guitariste soliste Javier Bassino (qui n'avait que 19 ans à l'époque) place des interventions qui font mouche à tout les coups, et il se réserve même un instrumental, le "JB Solo" où il nous montre toute l'étendue de son talent. Le bonhomme ne s'arrête pas là car c'est également lui qui s'occupe du mixage des pistes. Mêmes les titre plus moyens comme "Chains 'n' Cellars" ou "King Of the Night" s'en tirent avec les honneurs, ainsi que les deux ballades : "Be Mine", tubesque et assez réussie, et destinée comme d'hab' à séduire un public un peu plus large et "Two Souls One Heart" en fermeture, avec son ambiance 'feu de camp' acoustique. On notera que les quelques notes de violons sur ces deux titres rendent l'ensemble assez pompeux, malheureusement. Mais y a pas péril en la demeure, car si on évalue la qualité globale de l'album, on ne peut être qu'impressionné.

fahrenheit

Le combo chilien place la barre très haut pour un premier effort discographique. En 10 titres et un peu moins de 37 minutes, Fahrenheit relance la machine Hard Rock à une époque où les groupes anglais et américains sont un peu à la peine. Bien sûr, ce disque n'est pas spécialement innovant en soi, mais il est tout de même doté d'une fraîcheur et d'un niveau qui suffira aux inconditionnels de Hard Mélodique qui commencent à se lasser des clones des grands groupes des 80's. En cela, " Chain Reaction " est un album à connaître. A noter que du line-up original, il ne reste que le guitariste rythmique Carlos Otto (qui est l'un des fondateurs du groupe), et le bassiste Carlos Cid. N'ayant pas crevé l'écran à l'international, peu d'informations sont disponibles concernant ce groupe, et même les sites musicaux sud-américains ne sont pas forcément d'accord quant à la situation de Fahrenheit. Aux dernières nouvelles, le groupe plancherait encore sur son quatrième album "Kelvinator ".

 

- Liste des titres -

Prom Nite

Unleash the Love

Hot Leather

King Of the Night

Be Mine

No News, Good News

JB Solo

Roadkill

Chains 'n' Cellars

Two Souls One Heart

 

 

Posté par Super Coton-Tige à 14:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,