Rock Fever

28 août 2014

"Any Port In A Storm : The Lost Soundboard Show" - Led Zeppelin

a2167828635_10

Si le plus grand concert jamais donné par Led Zeppelin, selon moi, est celui (ou plutôt, ceux !) donné(s) à Earl's Court en mai 1975 - et j'aurai bientôt l'occasion, ici, de parler d'un de ces concerts, celui du 25 mai, par le biais du quadruple bootleg When We Were Kings), la plus grands tournée qu'ils aient jamais donnée est en revanche celle de 1972/73, ayant servi à promouvoir l'album (sorti en 1973) Houses Of The Holy. C'est au cours de cette tournée qui fut des plus éreintantes (à force de concerts et d'abus en tous genres, Robert Plant, chanteur du groupe, en perdra une partie de sa voix, ce qui explique que sa voix est éraillée, dès 1975) que le groupe livrera les concerts ayant donné les deux albums live The Song Remains The Same (1973 au Madison Square Garden de New York, derniers shows de la tournée, concerts filmés car l'album est aussi sorti en version film, en 1976) et How The West Was Won (triple live sorti en 2003, qui se base sur les concerts de 1972 au L.A. Forum et au Long Beach Arena, Los Angeles, et qui, auparavant, existaient déjà en bootlegs). Plus plein de bootlegs, comme Bonzo's Birthday Party (L.A. Forum, en 1973, concert donné le jour de l'anniversaire de John 'Bonzo' Bonham, batteur du groupe)...et celui que j'aborde maintenant, datant aussi de 1973, et qui, apparemment, fut un temps envisagé par Jimmy Page (guitariste du groupe) comme pouvant sortir de manière officielle. Ce bootleg, double (plus de 2h20 de concert en tout !), s'appelle Any Port In A Storm et propose un live donné à Southampton, Angleterre. Le sous-titre du bootleg (The Lost Soundboard Show) tendrait à prouver que les bandes furent un temps égarées, puis retrouvées, et bien nettoyées (le son est en effet excellent).

Led Zeppelin Any Port in a Storm lost soundboard back_1

Le son est excellent, oui, même s'il faut quand même dire que sur un ou deux titres, ce n'est pas extraordinaire : sur Rock And Roll et sur Misty Mountain Hop (sur Heartbreaker, aussi, mais à un degré moindre). Sur Rock And Roll, on n'entend pas beaucoup la voix de Robert Plant au début, il fallait apparemment encore régler un peu le bouzin avant d'avoir un son convaincant (le rôdage de la bande ?), mais au bout d'une trentaine de secondes, ça s'améliore. Sur Misty Mountain Hop, en revanche, entre le son un peu moyen (par rapport aux autres titres) et de petits soucis de bande qui s'emballe par moments (effet accéléré assez court, mais irritant), on peut clairement décerner à ce titre la Palme du morceau le moins bien enregistré pour le bootleg. Le reste est franchement d'un niveau sonore quasiment remarquable. Et, musicalement, le groupe, qui n'avait pas encore sorti l'album Houses Of The Holy (il sortira vers avril 1973, ce live date de la fin janvier de la même année), et qui en interprète ici quatre des huit titres, est en grande forme. Apparemment, Plant avait eu une petite grippe quelques jours plus tôt, mais ça ne se ressent pas, il s'était remis, depuis le temps. Le show est typique du Led Zep de l'époque, avec un Dazed And Confused de 28 minutes (incluant San Francisco de Scott McKenzie dans son medley central), un Whole Lotta Love de 25 minutes avec medley rock'n'roll dedans, un Rock And Roll puissant en ouverture et un Stairway To Heaven sublimissime et généreux. Les quatre morceaux du nouvel album sont, par ordre d'apparition à l'écran, Over The Hills And Far Away, Dancing Days, The Song Remains The Same et The Rain Song, tous sur le premier des deux disques. On regrettera l'absence de No Quarter, je ne sais pas si le groupe l'interprétait déjà en live avant la sortie de l'album, ou s'ils n'avaient pas attendu la sortie de l'album pour, enfin, en proposer une version live (après tout, le live How The West Was Won, sorti en 2003 mais proposant des titres de lives de 1972, ne le contient pas, et s'il est sur le live The Song Remains The Same sorti en 1976 - et proposant un show de 1973 -, le show concerné par le live date d'après la sortie de Houses Of The Holy).

LZ002JA-960x960

On notera, aussi, une conclusion assez rare, pour ce concert : Thank You (13 minutes avec un long solo de claviers en intro, très progressif !), How Many More Times et Communication Breakdown, un triplé de titres du premier album. Si le dernier morceau fut souvent joué live par le groupe durant leur carrière, ce ne sera plus trop le cas des deux autres, à partir de 1971 environ, donc leur présence sur Any Port In A Storm en rajoute au côté intéressant de ce bootleg généreux et vraiment, vraiment réussi. Comme je l'ai d'ailleurs dit en intro, le groupe a un temps envisagé (en tout cas, Jimmy Page l'a un temps envisagé !) de le sortir officiellement. Le son est vraiment excellent, la setlist est bien représentative de l'époque, le groupe était en forme, c'est généreux (plus de deux heures de musique)... Un fan de Led Zeppelin, et de hard-rock, sera aux anges !!

CD 1

Rock And Roll

Over The Hills And Far Away

Black Dog

Misty Mountain Hop

Since I've Been Loving You

Dancing Days

The Song Remains The Same

The Rain Song

Dazed And Confused

CD 2

Staiway To Heaven

Whole Lotta Love

Heartbreaker

Thank You

How Many More Times

Communication Breakdown


23 août 2014

"The Great Gig In Böblingen" - Pink Floyd

1972-0~1

Mythique. C'est le mot qui convient à The Dark Side Of The Moon, album que Pink Floyd a enregistré en 1972 et publié un an plus tard. L'album, on le sait, fut interprété sur scène, en intégralité (parfois sous le titre Eclipse), en 1972, dans une version embryonnaire, avant que le groupe ne l'enregistre en studio dans sa version définitive. Il existe plusieurs enregistrements bootlegs proposant ces versions live de l'album, comme les concerts du Rainbow 1972, les concerts japonais de la même année... Un bootleg fait l'unanimité parmi les fans de Pink Floyd : The Great Gig In Böblingen. Double (les quatre derniers titres du second CD sont issus d'un concert donné au Rainbow Theatre de Londres, en 1972), avec en visuel de pochette une photo des répétitions du concert donné avec le ballet de Roland Petit (lequel ballet n'apparait royalement pas au cours du concert allemand de Böblingen (pour les ceusses qui ne sont pas familiarisés avec la prononciation à l'allemande des mots avec umlaut, il faut prononcer 'Beublinegaine'), rien à voir, mais sans doute que le visuel a plu aux concepteurs du bootleg), ce live propose une des meilleures versions de The Dark Side Of The Moon qui soient, avant la sortie de l'album, et ce, malgré quelques imperfections sonores (un ou deux petits trous d'une ou deux secondes, un son remarquable dans l'ensemble, mais parfois un petit peu grésillant). Autre imperfection, les césures entre les titres ne sont pas forcément bien foutues (du style, on entend encore un peu de The Great Gig In The Sky dans les premières secondes de Money, juste avant le fameux bruit de tiroirs-caisses annonçant ledit morceau). Aussi, pourquoi avoir nommé Funky Dung un morceau qui, en réalité une improvisation, est le futur On The Run ? Rappelons que Funky Dung est le nom d'une des six parties d'Atom Heart Mother, et ce que l'on entend, ici, sous ce titre n'a rien à voir avec la section d'Atom Heart Mother concernée. Enfin...

600full-pink-floyd

Concert donné le 20 mai 1972 à Böblingen en Allemagne, The Great Gig In Böblingen fait donc la part belle au futur The Dark Side Of The Moon. C'est bien simple, le premier des deux disques propose tout le futur album, bien reconnaissable (Breathe, Time, The Great Gig In The Sky sans les vocalises, Money, Us And Them, Any Colour You Like encore sans titre et en version plus longue, Brain Damage - avec Eclipse incluse dedans, non-créditée), bien complète, déjà. Il manque encore des choses - comme je l'ai dit, On The Run n'existe pas encore vraiment, ce n'est pas pareil que le futur On The Run, en fait : pas de bidouillages électro ici, mais une longue impro rock - , mais si vous connaissez bien votre TDSOTM, vous ne serez pas dépaysé. Et hormis quelques ratages soniques (un trou d'une ou deux secondes, une ou deux césures mal foutues, des grésillements à deux reprises), quel son ! Après cette interprétation live du futur mythique album au prisme, le groupe livre un Careful With That Axe, Eugene (autrefois, dans la première édition CD du bootleg, c'était le premier titre du second disque ; la première édition CD ne comprenait pas les morceaux finaux issus du Rainbow) monstrueux de quasiment un quart d'heure, avec improvisations vocales de Waters (qui, en fait, reprend les délires vocaux de Several Species Of Small Furry Animals Gathered Together In A Cave And Grooving With A Pict), et ce morceau dévastateur (comme toujours) achève le premier disque. Le second s'ouvre sur 27 minutes d'Echoes (autrefois renommé, pour ce bootleg, Looking Through The Knotholes In Grandma's Wooden Leg, véridique !), toujours aussi grandiose, suivi de One Of These Days (quasiment 10 minutes) et, histoire de finir la section Böblingen du bootleg, Set The Controls For The Heart Of The Sun, dans une version de 14 minutes divisée (curieusement) en deux plages audio successives. Une des meilleures versions live de ce morceau avec celle de Pompéi 1971 et celle issue du live officiel se trouvant dans le double album (1969) Ummagumma. La suite et fin du second CD du bootleg propose quasiment tout The Dark Side Of The Moon version Rainbow Theatre, en deux medleys et deux plages distinctes. Tout réuni, on a 7 des 10 titres du futur album ici. Je peux me tromper, mais ces concerts du Rainbow datent d'avant celui de Böblingen. Autrement dit, les extraits de TDSOTM, ici, sont encore plus embryonnaires que pour Böblingen !

xjvabfX

Ces quatre plages audio rajoutées ne peuvent être considérées que comme des bonus-tracks, le concert de Böblingen s'achevant avec Set The Controls For The Heart Of The Sun. En plus, ça fait redite avec le CD 1 (si encore ça avait été Atom Heart Mother, A Saucerful Of Secrets ou Interstellar Overdrive de joués, passe encore), même si ce ne sont pas les mêmes versions. Ca n'empire cependant en rien le niveau global du bootleg (je ne peux que vous conseiller l'écoute des shows du Rainbow, ils sont terribles dans l'ensemble), mais j'aurais cependant préféré que l'on y trouve, comme pour la première édition du disque, que les morceaux de Böblingen. D'ailleurs, je me suis gravé mon double CD de la sorte, sans les quatre rajouts du Rainbow ! Pour finir : son génial (sauf quelques petites conneries totalement pardonnables), interprétation idem, joie d'entendre The Dark Side Of The Moon dans une version terrible, The Great Gig In Böblingen assure totalement. Amen !

CD 1

Breathe

Funky Dung (On The Run)

Time/Breathe (Reprise)

The Great Gig In The Sky (The Mortality Sequence)

Money

Us And Them

Improvisation (Any Colour You Like)

Brain Damage/Eclipse

Careful With That Axe, Eugene

CD 2

Echoes

One Of These Days

Set The Controls For The Heart Of The Sun 1

Set The Controls For The Heart Of The Sun 2

Live At The Rainbow 1972

Medley : Speak To Me/Breathe/On The Run

Time/Breathe (Reprise)

The Great Gig In The Sky

Brain Damage/Eclipse

 

"Meddled" - Pink Floyd

a24373bf29f01e77ee399cab0fcc3de5

Oui, vous avez bien raison, cet album est (encore une fois) un bootleg. Pourtant, à voir sa pochette et lire son titre, on pourrait tout à fait croire (enfin, à condition de ne pas bien connaître Pink Floyd, ou d'être quelque peu distrait) qu'il s'agit d'un des albums studio officiels du groupe, le fameux Meddle sorti en 1971. Or, ce bootleg, live (une captation d'une qualité cristalline de cinq morceaux joués le 30 septembre 1971 au Paris Theatre de Londres, et enregistré par la BBC, on entend d'ailleurs la voix de l'animateur-vedette de l'époque, John Peel, entre certains morceaux), s'appelle Meddled. Et sa pochette reprend celle de Meddle, en la doublant, et en la retournant (rappelons que la pochette de Meddle représente, en format paysage, une oreille humaine dans de l'eau rougie et vibrante). Ce bootleg, long de 64 minutes, est un des meilleurs qui soient concernant le Floyd. Mais ce n'est pas le seul à proposer ces morceaux, car il existe une autre version de ce bootleg, un tout petit peu plus courte (62 minutes), avec une qualité sonore légèrement moins bonne (ce qui ne la rend pas moins remarquable), mais avec la même pochette et le même nombre de morceaux (et dans le même ordre), et quasiment le même titre : Meddler. Des deux versions, Meddled, que j'aborde maintenant, est probablement la meilleure, car elle a été quelque peu améliorée, niveau son.

dark%20side%20nov%201972

Seulement cinq titres sur ce Meddled au son divin, mais pardon, quels titres ! Vous les trouverez d'ailleurs tous (du moins, tant que le clip TonTube fonctionne...) sur le clip regroupant tout le bootleg, en bas d'article. Le bootleg démarre par un Fat Old Sun sublime (toutes les versions live, toujours longues de 13/15 minutes par rapport aux 5,30 minutes de la version studio, sont sublimes, de toute façon) de quasiment un quart d'heure (le quart d'heure inclus la très courte présentation de John Peel et un peu de réglage après le morceau et avant le suivant, mais, en gros, cette version fait plus de 13 minutes), qui laisse rêveur et nous fait vraiment regretter que le Floyd n'ait jamais sorti d'album live officiel de la période où ils interprétaient ce morceau en live (soit 1970/71, plus après). Après, 7,30 minutes de One Of These Days, instrumental saisissant qui ouvrait Meddle. Excellentissime. Mais le meilleur arrive ensuite : Echoes. Le morceau-phare de Meddle, qui occupait toute sa face B (la version studio dure 23,30 minutes). Cette version live dure, elle, 3 minutes de plus que la version studio. 26 minutes d'Echoes !! Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le groupe a bien eu l'occasion, depuis l'enregistrement de Meddle plus tôt dans l'année (en revanche, l'album n'était pas encore sorti, au moment de ce concert : l'album sortira en octobre/novembre 1971), de peaufiner les interprétations scéniques de son cheval de bataille, car c'est juste à tomber par terre, pardon de tant de banalités, mais je ne peux rien dire d'autre. Ensuite, pour 10 minutes, on a droit à une excellente version live d'Embryo, morceau mythique jamais mis sur un album officiel (la compilation Works de 1983, qui le contient, n'est pas officiellement reconnue par le groupe), ce qui est toujours un grand moment. En final, 5 minutes de ce Blues (parfois appelé Pink Blues, mais pas ici) que le groupe jouait souvent en final de concert, et ce, jusqu'à la tournée 1977. Un Blues sans vrai titre, jamais mis sur album, instrumental et efficace, pas très floydien, mais histoire de rappeler qu'à la base, le Floyd vient de là, et que le rock aussi vient de là. Ca termine bien le bootleg.

Echoes%20of%20japanese%20meddle%20(front2)

Meddled est une réussite majeure dans le genre. Le son est juste parfait (on croirait un live officiel !), la setlist est certes courte, mais très intéressante (à défaut, aussi, d'être originale : Fat Old Sun, Embryo, le Blues étaient très très souvent joués live à l'époque, et les deux extraits de Meddle seront les seuls de l'album à être joués sur scène), et l'interprétation assure, les versions de Fat Old Sun, One Of These Days, Echoes et Embryo sont à tomber, vraiment à tomber. Je ne peux, donc, que conseiller ardemment aux amateurs, aux fans, aux curieux aussi, de se ruer, s'ils le peuvent (en fouillant bien la Toile, on peut facilement trouver ce live...), sur Meddled, et s'ils n'arrivent pas à le choper, n'oubliez pas le clip ci-dessous (du moins, tant qu'il est en état de fonctionner) !

Fat Old Sun

One Of These Days

Echoes

Embryo

Blues

21 août 2014

"Wonderful, Glorious" - Eels

eels-Wonderful-Glorious-628

 

L'air de rien, Wonderful, Glorious est déjà le dixième album de Eels. On ne présente plus le "groupe" américain. D'ailleurs, peut-on réellement parler de groupe puisque Mark Oliver Everett, alias Mister E, chante, écrit et compose la quasi totalité de ses disques ?
En ce sens, Wonderful, Glorious est l'exception qui confirme la règle. En effet, pour cette dixième livraison, sortie en 2013, Mark Oliver Everett a fait appel à son groupe scénique pour composer les 13 morceaux de cette nouvelle "galette". Après la trilogie du loup solitaire, marquée par la sortie de Hombre Lobo: 12 songs of desire, End Times et Tomorrow Morning, Mister E continue sur sa lancée.

En effet, depuis quelques années, le chanteur et compositeur a montré un visage plus joyeux, à l'exception de End Times. Avec Hombre Lobo et Tomorrow Morning, Mark Oliver Everett a aussi exploré de nouvelles sonorités. Néanmoins, le songwritter semble avoir perdu (en partie) la flamme du passé. Certes, la trilogie du loup solitaire est loin d'être honteuse.
Elle est même de qualité, à défaut d'être exceptionnelle. En gros, on est loin de la qualité des tous premiers disques. C'est sans doute pour cette raison que Mister E a fait appel à ses musiciens pour composer Wonderful, Glorious.

C'est un concept à réitérer. Viblement, la participation de The Chet (guitare), Knuckles (batterie), Kool G Murder (basse) et P-Boo (guitare lui aussi) ont apporté une nouvelle source d'inspiration au groupe. Premier constat, la pochette du disque est marqué par une couleur orange assez vive. Elle a le mérite d'annoncer la tonalité de cet album, assez joyeux en l'occurrence.
Sur cette pochette, on voit aussi un avion larguer plusieurs bombes. Second constat: le disque est plus long qu'à l'accoutumée. Généralement, chez Eels, à quelques exceptions près, les albums n'excèdent pas les 40 minutes. Wonderful, Glorious s'étale sur une durée de presque 50 minutes.

Troisième et dernier constat: Wonderful, Glorious marque un retour à l'ambiance électrique de Souljacker. Ce n'est pas forcément une très bonne nouvelle. Personnellement, j'ai toujours eu un peu de mal avec Souljacker. Je le considère comme l'album le plus faible de la discographie de Eels, même si ça reste un disque plus qu'honorable.
Qu'à cela ne tienne, Wonderful, Glorious se montre supérieur à son modèle. On tient ici un vrai bon disque, en tout cas, un album solide et plus abouti que le fameux Souljacker. Wonderful, Glorious est à l'image de son concept.

C'est un album assez hétérogène et réalisé dans la bonne humeur. Dès le premier morceau, à savoir Bombs Aways, le disque a le mérite de présenter les hostilités. L'ambiance est donc assez rock mais avec de nombreuses variations sonores. La suite confirme cette tendance avec des riffs assez appuyés, à l'image des deux singles finalement que sont Peach Blossom et New Alphabet.
Parfois, Eels calme le jeu en plaçant un morceau plus calme, parfaitement intercalé entre des titres beaucoup plus rock. Bref, Wonderful, Glorious possède de solides arguments. A défaut de devenir une référence incontournable dans la discographie de Eels, Wonderful, Glorious reste un bon, voire même un très bon disque. C'est déjà pas mal.

Liste des titres:

 

  1. Bombs Away
  2. Kinda Fuzzy
  3. Accident Prone
  4. Peach Blossom
  5. On the Ropes
  6. The Turnaround
  7. New Alphabet
  8. Stick Together
  9. True Original
  10. Open My Present
  11. You’re My Friend
  12. I Am Building a Shine
  13. Wonderful, Glorious

 

Posté par Alice In Oliver à 13:59 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

18 août 2014

"Animals Aux Abattoirs" - Pink Floyd

pink-floyd-animals-aux-abattoirs

La tournée promotionnelle que Pink Floyd a fait en 1977 pour l'album Animals s'appelait "In The Flesh", nom qui sera, deux ans plus tard, celui de deux titres du futur album The Wall (album dont l'idée vint très vraisemblablement à Roger Waters, bassiste et leader du groupe, alors qu'il pensera à ce geste malheureux, cracher à la face d'un spectateur, qu'il a eu au cours du dernier show de la tournée, à Montréal, mais il faut dire que le spectateur l'avait bien cherché : il tirait des petits feux d'artifice dans le public et irritait tout le monde !). Au cours de cette tournée, le groupe organisera un plan de show bien précis, qui ne souffrira quasiment d'aucune variation : tout l'album Animals, dans un ordre différent de celui de l'album studio (mais toujours dans le même ordre à chaque concert), en première partie, et tout l'album Wish You Were Here (1975), dans l'ordre, en seconde partie. Avec un ou deux morceaux en rappel, généralement Money, Us And Them ou un blues sans nom, mais que le groupe avait autrefois l'habitude de jouer live de temps à autre. Aucun live officiel ne sera fait, mais cette tournée compte parmi les plus référencées en ce qui concerne les bootlegs. Je ne vais pas aller jusqu'à dire que chacun des concerts de la tournée mondiale y passe, mais on a bien une bonne trentaine de bootlegs différents, de qualité sonore variable, pour la tournée 1977, preuve s'il en est qu'elle fait partie des plus appréciées des fans. Une tournée riche en émotions fortes, en tensions internes, David Gilmour (guitare, chant) ira même jusqu'à dire qu'elle a failli, littéralement, mettre fin au groupe : après la tournée, Waters s'isolera du reste du groupe pendant un an environ, peaufinant The Wall et un autre projet, qu'il proposera au groupe en même temps que The Wall (le groupe choisira, donc, ce dernier), et finira, en 1984, par faire en solo : The Pro And Cons Of Hitch-Hiking.

1977-02-25%20-%20ANIMALS%20AUX%20ABATTOIRS%20-%20back

Parmi les meilleurs bootlegs de la tournée "In The Flesh", on peut noter Who Was Trained Not To Spit On The Fan, qui propose le show de Montréal (le dernier show de la tournée), celui du glaviot-dans-la-gueule-du-spectateur-inconvenant ; on a aussi Animal Instincts (un show allemand, si je ne m'abuse) ; et on a, aussi, deux bootlegs issus de concerts parisiens donnés au Pavillon de Paris, à la Villette, aux anciens abattoirs. Le premier de ces bootlegs s'appelle Pavillion de Pigs, et le second, que j'aborde, s'appelle Animals Aux Abattoirs. Il ne s'agit pas du même concert, le groupe ayant joué, je crois, quatre dates au Pavillon, en février. Animals Aux Abattoirs (le titre est chouette) propose le show du 25 février. Apparemment, le groupe a choisi ce lieu pour les concerts parisiens de la tournée, estimant amusant de jouer un album du nom d'Animals dans un ancien abattoir ! Cette salle de concerts, où se sont notamment, à la même époque, produits les Stones, n'existe plus , c'est, je crois, le Zénith qui le remplace à peu près, géographiquement. Le live, un bootleg donc, possède une qualité sonore des plus réjouissantes : si on excepte un son un peu rugueux sur Sheep (premier morceau) et le tout début de Have A Cigar, c'est tout simplement grandiose. Tel quel (en le nettoyant quand même un peu, et encore), ce live pourrait sortir officiellement. Le groupe y interprète donc tout Animals, et tout Wish You Were Here (et Money en rappel), et l'ensemble est d'une facture monumentale. Pink Floyd est très en forme ce soir-là, je dois bien le reconnaître, et rien que le premier disque (presque une heure de musique ; l'autre dure presque 70 minutes, ce qui fait un peu plus de deux heures de live), qui offre tout Animals, est infernal : un Sheep de folie, un Pigs (Three Different Ones) qui prend tout son sens en live (le solo...) et dure aussi longtemps - soit 18 minutes, enfin, presque - que Dogs, lequel Dogs est grandiose...

69651550

L'autre disque propose donc Wish You Were Here en totalité, et que dire, là aussi ? Entendre Shine On, You Crazy Diamond (dans une version de plus d'une demi-heure, les deux parties cumulées), interprété par Waters, c'est toujours aussi bon. Wright est très en forme, notamment dans le final de la seconde partie, au cours duquel l'hommage à Syd Barrett (quelques mesures de See Emily Play) fait toujours effet (on notera aussi des mesures de The Great Gig In The Sky dans ce même final). Welcome To The Machine, avec un chant moins inhumain que sur la version studio (le bidouillage sur la voix en moins, ça change pas mal de choses), est génial, Have A Cigar (chanté par Waters) assure, même s'il est vrai, et on n'y peut rien, qu'entendre la chanson interprétée par un autre que Roy Harper - qui, invité de luxe, chantait sur la version studio -, ben, c'est pas pareil. Wish You Were Here ? Sublime. Enfin, Money, dans une version de quasiment 10 minutes, achève super efficacement le live. Rien à dire, donc, sur Animals Aux Abattoirs, c'est un bootleg des plus réussis, sans doute un des meilleurs de la tournée 1977 (avec celui cité plus haut sur le live de Montréal, devenu mythique pour l'incident que l'on sait, et qui a été le déclencheur de The Wall, enfin, un des éléments déclencheurs...). Si vous avez la possibilité de vous procurer ce bootleg, vous ne le regretterez pas une seule seconde. En plus, c'est un concert français, alors, cocorico !

CD 1

Sheep

Pigs On The Wing 1

Dogs

Pigs On The Wing 2

Pigs (Three Different Ones)

CD 2

Shine On, You Crazy Diamond 1

Welcome To The Machine

Have A Cigar

Wish You Were Here

Shine On, You Crazy Diamond 2

Money



17 août 2014

"Rise And Shine !" - Pink Floyd

Copy of Rise and Shine Cover

Vous allez me dire : je ne parle que d'albums live bootlegs de Pink Floyd, en ce moment. Oui. Mais c'est aussi parce que ça fait longtemps que je voulais aborder certains de ces albums live officieux du groupe sur le blog, et n'avais pas encore trouvé le temps de le faire. Maintenant, le temps, je le trouve de ci de là, ce qui explique que Rock Fever n'est pas très souvent réalimenté en nouveaux articles (un par semaine si possible, mais pas systématiquement). Bon. Cet album est un live, donc, et un double, et il est très généreux (seulement 8 titres, 4 par disque, mais il dépasse allègrement les deux heures, en fait presque 2h30 en fait). Je ne sais pas en quelle année ce bootleg a été publié, mais le concert, lui, provient du City Hall de Sheffield, Angleterre, le 22 décembre 1970, alors que le groupe est en pleine tournée de promotion de l'album à la vache, le fameux Atom Heart Mother. D'ailleurs, le titre de ce bootleg est directement issu de l'album, c'est aussi (sans le point d'exclamation) celui de la première des trois parties du morceau instrumental Alan's Psychedelic Breakfast qui achève l'album à la vache. Ce bootleg s'appelle donc Rise And Shine !, et si vous vous y connaissez un peut en bootlegs floydiens, vous serez d'accord avec moi pour dire qu'il est à la fois unique dans la discographie underground du groupe, et, en même temps, une redite. Pourquoi est-ce une redite ? Parce que, avant la publication de ce bootleg, il y en à eu un autre, triple (en CD), du nom d'Alan's Psychedelic Mastertape, et qui regroupait exactement les mêmes titres, du même show. Mais avec une qualité sonore inférieure. Celui-ci possède une qualité sonore bien souvent exemplaire (bon, OK, parfois on entend moins bien le chant que la musique : Embryo, Fat Old Sun, mais rien de grave). C'est en quelque sorte la version définitive du concert de Sheffield.

normal_Rise_and_Shine_Tray

En quoi ce concert, ce bootleg, est unique, en revanche ? Des versions à tomber de certains des morceaux les plus cultes du groupe (Atom Heart Mother dure ici 32 minutes, avec orchestre, plus 3 minutes de rappel de la partie Remergence, ce qui, donc, fait 35 minutes en tout ; A Saucerful Of Secrets, avec un plantage vers la fin, et le groupe qui rejoue cette fin une fois le plantage technique réparé, l'ensemble dure 26 minutes ; Embryo ; Fat Old Sun ; Set The Controls For The Heart Of The Sun, malheureusement coupé après un peu plus de 12 minutes, mais cette coupe parvient, quelque part, à sembler naturelle, tant le morceau se fond dans le suivant ; Careful With That Axe, Eugene...), et surtout, en ouverture, la seule et unique interprétation, en live, d'Alan's Psychedelic Breakfast. De 13 minutes dans sa version studio, le morceau, instrumental et entrecoupé de plages de silence ou de quasi-silence (discussions, bruits, etc), dure, ici, quasiment la demi-heure (29 minutes), truc de folie ! Là, les avis divergent autour de ce morceau : clairement, Alan's Psychedelic Breakfast, malgré la beauté de certains de ses passages (Morning Glory, Rise And Shine), est le maillon faible de l'album Atom Heart Mother, et un morceau trop long, un beau remplissage/gâchis de surface vinyle. Difficile à jouer sur scène en raison de sa structure (trois plages musicales entrecoupées de bruitages de petit-déjeuner solitaire, celui d'Alan Stiles, un des roadies du groupe), le morceau ne le sera donc qu'une fois, et l'écouter ici, malgré que cela dure 29 minutes, est une expérience. Curieusement, les 29 minutes passent plutôt bien, on a de bons moments (cependant, des passages un peu chiants, aussi, comme ce larsen sans doute involontaire qui sonne pendant une bonne minute, ou ce riff de guitare bluesy un peu bof), mais ce qui, en studio, est déjà une sorte de passage obligé ne peut pas vraiment, en live, et ce, dans une version plus de deux fois plus longue, devenir immense. Mais sans ce morceau, ce bootleg ne serait pas aussi culte (enfin, si, parce que les 35 minutes d'Atom Heart Mother, pardon !).

pink%20floyd

Sous sa pochette rigolote représentant un coq braillant dans un mégaphone, juché sur son piquet, Rise And Shine ! est donc un bootleg essentiel pour tout fan de Pink Floyd qui se respecte (et les fans du Floyd se respectent énormément, on le sait, et je parle en connaissance de cause). Certes, on a 29 minutes, et en ouverture de plus, d'Alan's Psychedelic Breakfast, et certes, Set The Controls For The Heart Of The Sun est tronqué de deux minutes environ, après 12,40 minutes (ce qui, soit dit en passant, n'est pas trop grave : c'est déjà pas mal, non, 12,40 minutes ?), et certes aussi, A Saucerful Of Secrets contient un plantage suivi d'une reprise de la partie finale, mais dans l'ensemble, c'est du lourd. A noter que l'autre bootleg, Alan's Psychedelic Mastertape, contenait deux versions d'A Saucerful Of Secrets : celle avec le plantage, et une autre, de 22 minutes, sans le plantage, qui est la même, mais avec une édition dessus. Idem, on y trouvait aussi deux versions de Set The Controls For The Heart Of The Sun : celle coupée, et une d'un quart d'heure, sur laquelle le concepteur du bootleg rajoutera un peu d'une autre version live du morceau, issue d'un concert très proche de celui de Sheffield, pour faire la farce. Je ne sais pas pour vous, mais moi, je préfère laisser le morceau tel quel, légèrement amputé, plutôt que ce vulgaire edit qui ne sert pas à grand chose. Enfin, dans l'ensemble, avec sa remarquable qualité sonore, ses morceaux légendaires (Embryo, Careful With That Axe, Eugene...), avec sa durée généreuse et avec son unique inclusion d'Alan's Psychedelic Breakfast en live, Rise And Shine ! est tout simplement mythique dans la galaxie des enregistrements pirates du groupe.

CD 1

Alan's Psychedelic Breakfast

Embryo

Fat Old Sun

Careful With That Axe, Eugene

CD 2

Set The Controls For The Heart Of The Sun

A Saucerful Of Secrets

Atom Heart Mother

Atom Heart Mother : Reprise (Remergence)

16 août 2014

"Works" - Pink Floyd

pink-floyd_works

On le sait, il faudra attendre le début des années 2000 pour que Pink Floyd sorte enfin une vraie compilation officielle digne de ce nom, et ça sera Echoes : The Best Of Pink Floyd, qui se vendra par semi-remorques. Mais avant cette compilation, il y en à eu d'autres. Deux d'entre elles, au moins, sont officielles : Relics en 1971 (petit best-of amusant et étrange, un peu beaucoup décousu) et A Nice Pair en 1973 (encore plus étrange, et jamais édité en CD à cause de son contenu, cette double compilation vinyle que je possède regroupait littéralement les deux premiers albums du groupe, un par disque, et rien d'autre). On a eu aussi deux compilation officielles, mais généralement non reconnues par le groupe : A Collection Of Great Dance Songs en 1981 (le titre est chelou, car difficile de danser sur du Floyd, surtout quand il s'agit de Sheep ou de One Of These Days, deux des morceaux présents sur cette compilation à la pochette remarquable), et, en 1983, Works. Si la première, celle de 1981, est à la rigueur reconnue par le groupe, l'autre ne l'est pas, le groupe ne l'a pas voulue. 1983 est l'année de sortie de The Final Cut, album mal-aimé et dernier du groupe avec Roger Waters, bassiste/chanteur/auteur-compositeur ayant par ailleurs pris le pouvoir sur le groupe dès 1973 environ, et dont The Final Cut, dédié à son père mort pendant la Seconde Guerre Mondiale, est une sorte d'album solo virtuel. La maison de disques du groupe avait sans doute envie de faire rappeler aux fans que Pink Floyd, avant, c'était ça, et c'est ainsi que Works, constitué de 10 titres dont un inédit studio (mais pas live, le groupe l'ayant souvent joué en 1970/71) et d'un autre morceau qui se trouvait déjà sur A Collection Of Great Dance Songs, sera publié, sous une infâme pochette.

a89d4cebf912014d83ba8d8cb469498e

La réaction du groupe quand on lui montra Works...?

Vous avez remarqué, sans doute, que j'ai classé cette compilation dans la catégorie des coups de gueules et ratages. Pas à cause de la musique qui est dessus, mais à cause du principe même d'avoir publié Works. Et aussi pour le choix de certains des titres, il est vrai. Bref, un vrai coup de gueule de ma part, concernant cette compilation heureusement difficile à trouver dans le commerce à l'heure actuelle, car non rééditée officiellement par le groupe et son management. En une quarantaine de minutes, Works propose un peu de tout, sauf de la période 1975/1979 (et, évidemment, rien de The Final Cut). On a quelques morceaux essentiels, le genre de morceaux que l'on s'attendrait à retrouver sur n'importe quelle compilation digne de ce nom (d'ailleurs, deux de ces morceaux étaient déjà sur Relics, et quatre d'entre eux seront sur Echoes : The Best Of Pink Floyd, la compilation officielle de 2001). One Of These Days (qui ouvrait déjà A Collection Of Great Dance Songs) ouvre le bal. Ce morceau issu de Meddle, instrumental, est saisissant, inutile de revenir là-dessus. Inutile aussi de revenir sur le morceau suivant, Arnold Layne, un des deux titres, ici, de la période Syd Barrett, chanson géniale sur un travesti. On passe à Fearless, chanson issue de Meddle, une chanson sublime, essentiellement acoustique, et qui constitue une des rares bonnes surprises de cette compilation bâtarde de 1983, donc. La face A se terminait par les deux derniers titres de The Dark Side Of The Moon : Brain Damage et Eclipse, qui sont indissociables, en même temps. Set The Controls For The Heart Of The Sun ouvrait la seconde, suivi par See Emily Play, dernier titre de Works chanté par Syd. Et c'est là que la compilation devient étrange, car voilà-t-y pas qu'on trouve, ensuite, Several Species Of Small Furry Animals Gathered Together In A Cave And Grooving With A Pict, morceau issu d'Ummagumma, pièce solo de Waters constituée de bruitages bestiaux et bizarres et d'un Waters allumé braillant, dans un écho retentissant, quelque chose d'incompréhensible avec un horrible accent écossait à couper à la débroussailleuse. Un morceau au titre interminable, morceau amusant, certes, mais, euh, comment dire...? Le trouver sur une compilation est vraiment incongru. Vous imaginez une compilation floydienne avec ce titre ? Ceux qui ont eu l'idée de Works l'ont fait, et ils n'auraient pas du ! Il y à tellement de grandes chansons méconnues à mettre à la place, comme Fat Old Sun, Cymbaline, Remember A Day ou, je ne sais pas, moi, Point Me At The Sky, chanson jamais mise en album et rarement jouée live. On passe ensuite à Free Four, chanson issue d'Obscured By Clouds (album de la bande-son du film La Vallée de Barbet Schroeder), chanson qu'avant je n'aimais pas, et maintenant, c'est tout le contraire (cette guitare...). Sortie en single, elle fera un bide, l'album et le film lui-même ne seront pas de francs succès, mais je suis un fan inconditionnel de l'album, mon préféré (si, si !) du groupe. Bref, je ne conteste pas la présence de Free Four ici, même si je peux comprendre qu'on le fasse. Personne, en revanche, ne conteste la présence du dernier titre de la compilation : Embryo. Ce morceau datant de 1968 (le groupe le jouera à la BBC cette année-là) a souvent été joué live (dans des versions allant entre 10 et 20 minutes, si ce n'est, des fois, plus !) entre 1970 et 1971, et n'aura jamais, jamais, été placé sur un album studio officiel (ni sur aucun album officiel, d'ailleurs : aucune version live n'existe officiellement, toutes sont sur des bootlegs). Un morceau, pourtant, grandiose sur un foetus en attente de naissance, et espérant bientôt sortir du ventre de sa mère. En live, Gilmour expérimentera souvent, ce qui occasionnera le fameux son de sirène, ou de baleine, qui sera, dès 1971, utilisé pour Echoes, et qui fut trouvé accidentellement au cours d'une interprétation live d'Embryo.

BC

Pour finir, Works est donc une compilation inutile, malgré la présence d'Embryo et de quelques chansons tout simplement tuantes (Fearless, Set The Controls For The Heart Of The Sun, One Of These Days, les deux chansons de Syd, Brain Damage, Free Four, bref, de quasiment tout le programme !). Si vous aimez le Floyd, je veux dire, si vous aimez vraiment ce groupe, vous devez déjà avoir chez vous, en CD ou vinyle (ou dans les deux formats), les albums sur lesquels se trouvent 90% de ces titres, et je ne vais pas vous conseiller d'acheter cette compilation uniquement pour Embryo, malgré que ce morceau soit immense. Si vous ne connaissez pas vraiment le groupe et hésitez à prendre de leurs albums, prenez la compilation de 2001, citée plus haut. Dans tous les cas, Works est à oublier, et le fait que cette compilation n'a pas été reconnue par le groupe et n'a pas été rééditée depuis 1990 (à cette époque, les albums du groupe n'avaient pas encore tous été édités officiellement en CD, d'ailleurs !) en dit, d'ailleurs, long sur la question. La présence d'un inédit majeur n'excuse pas tout. Works ne sert à rien.

FACE A

One Of These Days

Arnold Layne

Fearless

Brain Damage

Eclipse

FACE B

Set The Controls For The Heart Of The Sun

See Emily Play

Several Species Of Small Furry Animals Gathered Together In A Cave And Grooving With A Pict

Free Four

Embryo

10 août 2014

"Vierundzwanzig Teile Von Nichts" - Pink Floyd

hrv029-2

Attention, encore un bootleg de Pink Floyd sur Rock Fever ! Sous sa pochette très, euh, comment dire... troublante, et même un peu angoissante (et moche aussi ; non, si, quand même, elle est moche), et sous son titre en allemand qui signifie, du moins il me semble, "The return of the son of nothing" (par ailleurs le titre d'un des morceaux du live, et je reviendrai sur ce morceau plus bas, n'ayez crainte), ce bootleg est double (chacun des deux CD dure 60 minutes environ, soit deux heures de show, soit probablement le concert entier), et c'est un concert donné le 5 juin 1971 au Berliner Sportspalast de Berlin (Berlin Ouest, évidemment). Le live s'appelle Vierundzwanzig Teile Von Nichts, et il est généralement qualifié, par les fans du Floyd qui s'y connaissent un tant soit peu en enregistrements pirates du groupe, comme étant un des meilleurs bootlegs existants. Il faut dire que, nivau son, on est servis : mis à part quelques petits reproches de ci de là (sur les deux derniers titres du second disque, le son est moins bon, et on entend parfois limite difficilement le chant, sur certains morceaux), ce double live officieux possède une qualité sonore exemplaire, digne de celle du disque live du double Ummagumma (1969) et même de meilleure qualité, en fait, par moments. En nettoyant un peu plus les bandes, ce live pourrait très bien sortir officiellement, c'est dire !

hrv029_label2

9 titres sur ce double live, inutile de dire donc que la durée des morceaux est éléphantesque : de 5 minutes dans sa version studio, Fat Old Sun, ici, passe à quasiment un quart d'heure (ce n'est pas une durée ahurissante concernant ce morceau en live, qui a toujours été considérablement rallongé quand le groupe le jouait, en 1970/71). Idem pour Cymbaline, qui dure ici 11 minutes de folie... Le live vaut vraiment le coup, notamment pour proposer Astronomy Domine (presque 8 minutes) pour une des toutes dernières fois avant que le groupe ne le rejoue en live en 1994 pendant la tournée The Division Bell ; on a aussi 19 minutes de folie pour A Saucerful Of Secrets dans une version démentoïde, Set The Controls For The Heart Of The Sun dure 14 minutes et aura rarement été aussi bien jouée, Embryo (10 minutes), très souvent jouée à l'époque mais jamais mise sur album (sauf sur la compilation Works de 1983, reniée par le groupe) est terrible, et on a aussi un Careful With That Axe, Eugene terrifiant en ouverture. Quant à The Return Of The Son Of Nothing, qui dure 24 minutes, c'est tout simplement Echoes, sous son premier titre (quelques mois avant la sortie de Meddle, l'album sur lequel on retrouve la version studio), avec des parols un peu différentes (on y parle d'espace) pour le premier couplet. C'est une des premières versions live de ce morceau, pas encore finalisé, mais quasiment tout y est déjà. Rien que pour ce long morceau, ce bootleg mérite l'écoute, mais tout est fantastique ici, même les quasiment 7 minutes du Blues final, morceau incongru mais sympathique, jamais mis en album (ce n'est pas More Blues).

Vier%20und%20zwanzig%20Teile%20von%20nichts%20(back)

Bref, vous l'aurez compris, Vierundzwanzig Teile Von Nichts (à vos souhaits...) est un live dantesque, anthologique, un de ceux qui, tout en étant officieux, mériteraient vraiment de sortir officiellement sur le catalogue floydien (on peut toujours rêver...). Le son est dans l'ensemble absolument d'enfer (OK, les voix sont parfois, voir sur Fat Old Sun et The Return Of The Son Of Nothing, un peu distantes, mais le reste, mon Dieu !), surtout pour un bootleg, et la setlist est incroyable, avec des versions grandioses de chansons géniales. Les spécialistes préciseront que ces morceaux étaient tous des classiques du groupe en concert à l'époque, ils les jouaient souvent sur scène en 1970/72, certes. Le nombre de bootlegs avec ces titres est assez impressionnant. Mais entre la qualité exemplaire du son, et l'interprétation bluffante de ces morceaux, on a affaire ici à un must parmi les musts, tout simplement. Le meilleur bootleg floydien de son époque (1971, j'ignore en quelle année il a été 'proposé' aux fans) ? Très probable !

CD 1

Careful With That Axe, Eugene

Fat Old Sun

Embryo

The Return Of The Son Of Nothing

CD 2

Set The Controls For The Heart Of The Sun

Cymbaline

A Saucerful Of Secrets

Astronomy Domine

Blues

03 août 2014

"Live At Pompeii" - Pink Floyd

pink floyd - live in pompeii

Voilà un disque bien particulier : c'est à la fois un live bootleg...et ce n'en est pas un ! Je m'explique : en 1971, Pink Floyd accepte de tourner un film-concert, réalisé par Adrian Maben (réalisateur écossais naturalisé français, qui, désormais, travaille pas mal pour le journal du soir de France 3, si si si !), film-concert se passant dans les ruines de la ville antique italienne de Pompéi. Un concert sans public, afin de laisser la musique parler. Tout n'a pas été enregistré/filmé sur place pour des raisons de temps et de contraintes techniques (en gros, sur les 7 titres - en comptant celui en deux parties comme, évidemment, un seul morceau, ce qu'il est - , 3 ont été effectivement tournés là-bas, et le reste a été fait dans un studio français, avec une technique de projection d'images de Pompéi en arrière-plan pour faire croire que ça a été fait là-bas aussi, mais personne ne fut dupe). Le film sortira en 1972, il sera commercialisé en VHS, puis, désormais, en DVD, avec des séquences d'interviews et d'enregistrement de l'album The Dark Side Of The Moon, pour rajouter du métrage (le film original dure une heure, et la version complète, 90 minutes). Ce film de concert est tout ce qu'il y à de plus officiel. Mais, en revanche, jamais le groupe n'a commercialisé l'album du live, aussi bien en vinyle, K7 ou CD. Il existe moult éditions différentes de ce live, et celle dont j'utilise le visuel plus haut en est une (le visuel plus bas en est une autre), mais ces différentes versions, sous différents supports, sont, toutes, des bootlegs. Même si la musique dessus ne l'est pas, piratée, car le groupe l'a officiellement reconnue et commercialisée en version filmée !

Pink_Floyd_-_Pink_Floyd-_Live_at_Pompeii

Quelque part, donc, Live At Pompeii, ou Pompeii, ou Pink Floyd At Pompeii (c'est selon), est un semi-bootleg. Il est probable que l'album ne sortira jamais officiellement en CD, car ça ferait double emploi avec le DVD, mais, en même temps, l'album live et le film-concert The Song Remains The Same, de Led Zeppelin, sont tous deux sortis, officiellement, en même temps, en 1976, alors qu'ils proposent les mêmes titres ; donc, pourquoi ne pas le faire pour ce live mythique (car c'est bien le mot qui convient) du Floyd ? Précisons, et ce n'est pas le cas pour tous les bootlegs, que le son est, ici, à tomber. Normal, vu que les sources sont officielles, mais tout de même. En une petite heure (59 minutes, en fait), ce live propose 8 titres en comptant l'Introduction instrumentale et bruitiste et les deux parties, une en entrée de jeu (de 11,30 minutes) et une en final (de 12 minutes) d'Echoes. Si l'on excepte la minute 45 de Mademoiselle Nobs (une relecture de Seamus, sans les paroles, et avec un autre chien que Seamus pour les aboiements beuglants, d'où le changement de titre), qui n'apporte strictement rien et n'est pas terrible (déjà que Seamus est, en tant que tel, un bel incident de parcours...), Live At Pompeii est parfait. Le groupe se livre à des interprétations tout simplement quintessentielles d'Echoes, Set The Controls For The Heart Of The Sun (la plus belle version live existante de la chanson, selon moi) et Careful With That Axe, Eugene (très oppressante), sans oublier un A Saucerful Of Secrets à tomber (la partie rats dans le piano, alias Syncopated Pandemonium, alias la seconde partie, avec la batterie et le piano free, est immense), et une très très efficace version de One Of These Days. Le seul regret, c'est l'absence des images (les ruines et fresques de Pompéi, le groupe écrasé par la chaleur), mais on parle ici de la version audio, je le rappelle.

010-pompeii_tray

Mais il est vrai que ce live fonctionne encore mieux en images qu'en audio pur, sans doute, au final, est-ce pour ça que le groupe ne l'a jamais officiellement commercialisé en disque : après la vision du film, comment réussir à se passer de ces images, de se contenter uniquement du son ? Après tout, pour reparler du live et du film-live de Led Zeppelin que j'ai cité plus haut, le film est plus appréciable, because les images (bien barrées, parfois) qui accompagnent le son. D'ailleurs, tant que le clip fonctionnera, vous trouverez le film, en entier (version 1972) en bas d'article. Pour finir, Pompeii est un immense live, un des meilleurs moments de l'histoire du groupe. Performance inégalée, son parfait, ambiance géniale, concept brillant (mêler la musique du Floyd avec les ruines de cette antique cité ravagée par le Vésuve, choc culturel !), morceaux cultes et indémodables... Impossible de s'en lasser, et surtout, de passer à côté !

Introduction

Echoes (Part 1)

Careful With That Axe, Eugene

A Saucerful Of Secrets

One Of These Days

Set The Controls For The Heart Of The Sun

Mademoiselle Nobs

Echoes (Part 2)

"Sunbathing In Somerset" - Pink Floyd

114657737

Les 27 et 28 juin 1970 eut lieu, à Bath, dans le Somerset, en Angleterre, un festival de musique rock. Au programme passèrent, durant les deux jours, Fairport Convention, Hot Tuna, Johnny Winter (le regretté Johnny, parti dernièrement), Canned Heat, John Mayall, Jefferson Airplane, les Moody Blues, les Byrds, Dr John, Santana, Country Joe, Steppenwolf, Frank Zappa et ses Mothers Of Invention et le Keef Hartley Band. Il y en à eu d'autres à passer, moins connus. Led Zeppelin fut une des plus grosses têtes d'affiche de cette édition du festival, et on nota aussi, le 27 juin, la présence de Pink Floyd. Le groupe, alors en période Atom Heart Mother (qui sortira en octobre de la même année), est l'objet, justement, de l'album que j'aborde aujourd'hui. Il s'appelle Sunbathing In Somerset, fut enregistré durant le show floydien du festival, et est sorti en CD en 2009. Ne le cherchez pas à la FNAC et consorts : ce live est en effet un bootleg de la plus belle eau, édité par le label indépendant et même quasiment artisanal (mais compétent, professionnel) Godfatherecords. En 71 minutes, ce live propose 5 titres, seulement 5 (mais allez voir leurs durées : 3,30, 10, 18, 13,30 et 25 minutes respectivement, dans l'ordre !), mais l'offre est quand même généreuse. Moi qui possède une fuckitude de bootlegs du Floyd (en fichiers MP3, tous, sauf celui-ci, en CD digne de ce nom), je peux vous dire deux choses : ce n'est pas le meilleur live bootleg du floyd (Concertgebouw 1969, Pompeii 1971, pour ne citer qu'eux, sont meilleurs), mais il est tout de même foutralement bon. On peut cependant se douter d'une chose, et je vais d'ailleurs en parler maintenant (pour ne plus y revenir ensuite) : la qualité sonore, ici, n'est pas à proprement parler extraordinaire. Attention : il y à pire, bien pire, pour un bootleg, mais ce n'est pas d'une netteté à toute épreuve (les deux bootlegs que j'ai cité avant ont une meilleure qualité sonore, ainsi que le seul live audio officiel du groupe de l'époque 1967/1970 : le disque live du double album Ummagumma de 1969). En même temps, on a affaire à un bootleg, autrement dit, à un live soit enregistré officieusement, illégalement, soit enregistré au vu et au su du groupe, mais dans les deux cas, commercialisé sans leur accord.

cover6

Autrement dit, à cheval donné, on ne regarde pas les dents, comme on dit. Donc on cesse de parler du son parfois un peu rugueux, cafouilleux (mais pas honteux dans l'ensemble, même si, sur les deux premiers titres et les cinq dernières minutes du dernier, c'est franchement dur), pour parler du live en lui-même. Sunbathing In Somerset vaut le coup (mais ce n'est pas, je le précise, le seul live bootleg floydien sur lequel on trouve ce morceau, bien au contraire !) pour proposer une version de 25 minutes, avec orchestre (bref, une version très proche de la version studio), d'Atom Heart Mother, nommée ici d'un de ses premiers titres, The Amazing Pudding (un autre ancien titre était, je crois, Epic). D'autres versions live existent, toutes n'étaient pas avec l'orchestre, et certaines étaient plus courtes (d'autres, au contraire, atteignaient ou dépassaient la demi-heure de musique). Dans le livret accompagnant le CD (on y trouve aussi un petit poster reproduisant le visuel de la pochette, lequel est aussi craignos qu'on peut l'imaginer, compte tenu que c'est un bootleg), il est dit qu'apparemment, le groupe était arrivé à l'heure pour le show, mais ce n'était pas le cas des musiciens de l'orchestre classique ! Cette version live est franchement une des meilleures que je connaisse, et elle est aussi incroyable que la version studio, qui fut, selon les aveux du membre du groupe David Gilmour (guitare, chant), un vrai bordel à enregistrer. Le reste du live propose des morceaux que l'on retrouve TRES souvent dans les setlists floydiennes de l'époque : Set The Controls For The Heart Of The Sun, A Saucerful Of Secrets, Careful With That Axe, Eugene, trois morceaux ici dans des versions pour le moins éblouissantes. Le concert s'ouvre sur le bucolique Green Is The Colour, qui apparaissait souvent (mais à un degré moindre quand même) aussi en concert à l'époque. Initialement composé comme partie intégrante de la suite The Man And The Journey (qui ne fut jamais enregistrée telle quelle officiellement), elle a été refaite très rapidement après pour la bande-son du film More de Barbet Schroeder (1969). Malgré le son un peu cafouilleux (aaahhhh, et moi qui m'étais juré, plus haut, de ne plus parler du son, sur cette chronique !), c'est sublime.

cover1

Pour tout dire, Sunbathing In Somerset (chouette titre, en jeu de mots, vu la localisation, la ville de Bath) est un excellent live pirate de Pink Floyd, à réserver aux fans, et surtout aux fans de la période 1968/1970 (ma préférée). Le groupe est en forme, la présence d'Atom Heart Mother est un atout non négligeable, et malgré qu'il ne contienne qu'un seul disque, ce bootleg est dans l'ensemble assez généreux et vraiment sympa. Après, est-ce le meilleur bootleg floydien, sans doute pas. J'en connais vraiment des fameux, comme The Band Who Ate Asteroids For Breakfast (double live de 1971), ou bien Who Was Trained Not To Spit In The Fan (le concert de 1977 à Montréal au cours duquel Waters crachera à la face d'un spectateur hystérique, incident ayant directement entraîné The Wall), ou bien le concert du Concertgebouw d'Amsterdam de 1969... Mais celui-ci est vraiment un bon cru. Amateurs ayant la possibilité de se le procurer, ne pas trop hésiter (comme pour tout bootleg commercialisé, généralement, le prix est une source de frein ; je l'ai eu à 17 euros, et c'était déjà cher pour un simple CD, mais quand on sait que ce n'est pas un CD 'classique', ça passe) !!

Green Is The Colour

Careful With That Axe, Eugene

A Saucerful Of Secrets

Set The Controls For The Heart Of The Sun

The Amazing Pudding (Atom Heart Mother)



Fin »