Rock Fever

04 février 2016

Lost Opera...l'interview !

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Le trouver est difficile : il faut arpenter, pendant des heures (du moins, c'est ce qu'il paraît être des heures), des sentiers abrupts, mal entretenus, boueux et dangereux, à flanc de falaise, avant d'arriver, enfin, à proximité d'une grotte nécessairement glauque et mal éclairée. Là vit le claviériste de Lost Opera (groupe de death metal français), Stéphane Vignon. Non, rassurez-vous, je déconne ! Il vit tout simplement en région parisienne (c'est moins glamour, je sais), et comme c'est un collègue de bureau (disons plutôt : de formation professionnelle), ce qui est véridique, l'interview a eu lieu non pas dans une grotte, mais dans une salle tout ce qu'il y à de plus banal, avec du lino au sol, des tables en U, des chaises, des fenêtres et une porte (qui ferme mal), un tableau blanc, un paperboard et un porte-manteau ; une salle, quoi. Mais une salle parisienne, attention. Lost Opera, j'en ai parlé récemment ici (vu que je n'ai plus trop le temps d'écrire en ce moment, boulot éreintant oblige, récemment signifie ici fin novembre...), par le biais d'une chronique de leur premier album, Alchemy Of Quintessence, sorti en 2011. Dès le départ, j'avais prévu, avec Stéph', de faire une interview. D'où cet article, d'un genre tout nouveau pour Rock Fever. Allez, hop, action :

Rock Fever : D'abord salut, Stéphane, et merci de bien avoir voulu te prêter au jeu. Alors, dis-moi, Lost Opera...en quelle année ce groupe a-t-il été fondé, et parle-moi un peu de ses membres ?

Stéphane Vignon : Lost Opera a été crée fin 2007 par Loïc Conti (le chanteur) et Xavier Delalandre (batterie), suite au split de leur ancien groupe, Banshee. A la base, le nom du groupe était différent, Ghost Opera, mais pour des soucis de droits (un autre groupe existait déjà sous ce nom), le nom a été rapidement changé en Lost Opera. A l'heure actuelle, des membres de Lost Opera, Loïc est le seul d'origine. Les autres sont Sven Faucon  (guitare), Julien Gronnier (batterie), Raphaël Treuil (basse) et un certain Stéphane Vignon, alias bibi, aux claviers !

RF : Lost Opera...pourquoi ce nom en particulier ?

SV : Lost Opera est représentatif de l'ambiance et de la dualité que l'on souhaite retranscrire à travers notre musique. Lost, c'est pour le côté parfois torturé, extrême, et Opera, pour le côté épique, symphonique qui se dégage de la musique selon les morceaux.

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De gauche à droite : Raphaël Treuil, Julien Gronnier, Stéphane Vignon, Sven Faucon et Loïc Conti

RF : Quel est ton rôle au sein du groupe ?

SV : Vider les packs de bière (rires). Tout simplement à me tenir derrière mon clavier, pour créer les ambiances qu'il faut, parfois la puissance. Sur scène, je suis aussi l'amas de poils que l'on aperçoit de temps en temps. J'ai aussi un petit rôle de composition niveau claviers et sonorités, bien que le gros du travail de composition soit l'oeuvre de Loïc et Julien. Autrement, en dehors de l'aspect purement musical, je m'occupe de tout ce qui est visuels, promo et relation presse.

RF : On va parler un peu influences...

SV : Vaste question... C'est toujours difficile de répondre à ça, même après 8 ans d'existence ! On arrive tous dans le groupe avec nos propres influences : Black metal, death, symphonique pour ma part ; pour d'autres, ça sera du rock progressif, du néoprog, de l'indus... On essaie d'imbriquer nos influences personnelles dans tout ce bordel pour en faire ressortir quelque chose susceptible de nous plaire à tous. S'il faut citer des noms, disons qu'on peut se rapprocher de groupes comme Kamelot, Epica, avec des influences à la Dimmu Borgir.

RF : Votre premier album s'appelle Alchemy Of Quintessence ; parles-moi-en un peu.

SV : Il s'agit du premier et unique album de Lost Opera à être, du moins pour le moment, sorti. Le bébé a vu le jour en octobre 2011, autoproduit, et il est la récompense du travail effectué jusque là. S'en sont suivies deux tournées françaises et un accueil honorable de la presse spécialisée. Deux extraits de l'album, Alone et Xenocide, sont en téléchargement libre et gratuit sur notre site, www.lostopera.com. L'album représente parfaitement ce que je disais plus haut, à savoir la diversité des influences, tirer le meilleur de celles-ci en suivant une ligne identitaire, d'où le nom de l'album.

RF : Alchemy... était le premier album. Il va y en avoir un deuxième ? Quel sera son nom et ou en êtes-vous dans sa conception ?

SV : Alors effectivement, suite à tout ça, nous avons commencé à travailler sur de nouveaux morceaux, nous avons d'ailleurs sorti deux clips en live de morceaux inédits : en 2013 avec Rage et en 2014 avec So Wrong. On a d'ailleurs raflé, en 2013, les prix Métal Symphonique Awards du meilleur clip (pour Rage) et du meilleur groupe francophone de l'année (www.metalsymphonique.com) ! L'album a été ensuite enregistré durant l'été 2015 dans les studios de Wavelength Records, ça s'est super bien passé. Un clip a été tourné en décembre, il sortira dans trèèèès peu de temps. Quant à l'album en lui-même, qui va s'appeler Hidden Sides, il sortira au début du printemps ! On est excités comme c'est pas permis, d'autant que Jacob Hansen (qui a mixé le dernier album d'Epica) participe à la conception d'Hidden Sides.

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En avant-prem'ss...la pochette du nouvel album, prochainement sur vos écrans !

RF : Un mot pour définir Lost Opera ?

SV : Pas un, mais trois : Puissant. Orchestral. Et famille.

RF : Ton meilleur...et aussi ton pire...souvenir de concert de Lost Opera ?

SV : On va commencer par le pire, en ce qui me concerne, comme ça, ça sera fait... Le premier qui me vient à l'esprit, c'est une intro piano complètement...foirée. Pour le dernier morceau du show. Au moment où je joue tout seul. Devant une foule de gens. Alors que ça faisait deux mois que j'étais arrivé dans le groupe. Lors d'un festival de musique, ACDM, que nous organisons tous les ans. Hum, on passe ? En revanche, je dirais que notre meilleur souvenir,  à peu près à tous, c'est le concert de clôture de notre mini-tournée avec Zuul FX. C'était en février 2014, au Divan du Monde (dans le XVIIIe arrondissement de Paris), une ambiance de folie, de retombées fantastiques. Après, il y en à d'autres, des bons souvenirs, mais ce soir-là, tout, absolument TOUT, était par-fait !

RF : Ton album de chevet ? Ton groupe/artiste préféré ?

SV : Je fonctionne par cycle (EDIT : moi aussi). Mais j'avoue qu'en ce moment, je suis beaucoup sur le War Eternal d'Arch Enemy. Sinon, je vous un culte à Vader et Motörhead. Et à ce sujet, RIP tonton Lemmy (EDIT : bassiste/chanteur de Motörhead et avant ça, d'Hawkwind, mais bon, vous le saviez, hein...), tu manques...

RF : Enfin pour finir, ton morceau préféré sur Alchemy Of Quintessence ?

SV : Razielle, pour son epicness, et c'est aussi celle que je préfère jouer. Mais pour découvrir le groupe, le conseillerais plutôt Xenocide ou Sombres Peines, qui sont plus représentatifs des différentes influences abordées dans l'univers de Lost Opera.

RF : Merci beaucoup, Stéphane, d'avoir partagé ce petit moment avec Rock Fever !

SV : Merci à toi, Damien, et à vous tous ; beaucoup de choses arrivent à échéance, tenez-vous informés sur les pages Facebook et YouTube de Lost Opera, ainsi que sur www.lostopera.com !

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12 janvier 2016

Bowie...

Rock'n'Roll Suicide...

Wild Is The Wind...

"Heroes"...

Red Sails...

Sunday...

Life On Mars ?...

Changes...

Fame...

You Belong To Rock'n'Roll...

Starman...

You Feel So Lonely You Could Die...

Heathen (The Rays)...

Thursday's Child...

Fantastic Voyage...

Lazarus...

Space Oddity...

Station To Station...

Ashes To Ashes...

Loving The Alien...

Buddha Of Suburbia...

Little Wonder...

Seven Years In Tibet...

Strangers When We Meet...

Miracle Goodnight...

Baby Can Dance...

Wild-Eyed Boy From Freecloud...

The Bewlay Brothers...

Word On A Wing...

Sound And Vision...

China Girl...

Sweet Thing...

Aladdin Sane (1913-1938-197?)...

Moonage Daydream...

Citer toutes les plus belles chansons de David Bowie s'avère réellement laborieux, tant il faudrait, en gros, tout citer...

Tu vas nous manquer, tu nous manque déjà...

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11 janvier 2016

"Blackstar" - David Bowie

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Boulot oblige, je n'ai plus le temps d'écrire sur le blog. Oui, mais franchement, je ne pouvais pas rester assis sur mon cul à ne rien faire d'autre que pleurer comme un bébé à qui on retire sa tétine, là. Aujourd'hui. Lundi 11 janvier 2016 : on apprend la mort de David Bowie. Trois jours plus tôt (le vendredi), sortait son dernier album,en date, désormais dernier album tout court (putain, ça fait mal d'écrire ça) : Blackstar. Précédé il y à quelques semaines d'un clip (la chanson-titre, 10 minutes trip-hoppesques, avant-gardistes et définitives), cet album s'annonçait assez bizarre. 7 titres seulement (pour 41 minutes), parmi lesquels la chanson la plus longue de Bowie depuis Station To Station (10 minutes) datant de 40 ans plus tôt, et parmi lesquels, aussi, des chansons déjà connues depuis deux-trois ans et leur sortie en singles hors-albums (sortis en 45-tours). Je me suis dit, en regardant le tracklisting, que Bowie semblait en petite perte de vitesse, pourquoi refourguer deux chansons déjà connues ? Quelques jours seulement après l'écoute (le jeudi 7 janvier, un jour avant la sortie officielle : l'ayant précommandé bien à l'avance, je l'ai eu un jour avant la sortie), je me demande si, en fait, se sachant quasiment condamné (il est mort d'un cancer, contre lequel il se battait depuis un an et demi, dans le secret le plus total quant à la presse), il n'a pas voulu solder ses comptes.

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En tout cas, ce nouvel et ultime (non, ça fait vraiment TROP de mal d'écrire et de penser ça !) album, sorti sous une pochette blanche avec étoile noire (vu le titre, c'est logique), ce Blackstar, est atypique. Est-ce le meilleur album de Bowie ? Sincèrement, il m'est impossible de l'affirmer, comme d'affirmer le contraire. Sans doute ni l'un ni l'autre, Blackstar est en tout cas son album le plus à part, et pas seulement parce que, maintenant, c'est le dernier, et qu'il sort dans un contexte désormais funèbre, quasiment posthume. Il m'est impossible de dire quel est le niveau (qualitativement parlant) de l'album par rapport aux autres de Bowie, parce qu'il est son dernier, et que pour moi, il restera pour toujours l'album sorti au moment de la mort de son auteur. En plus, c'est un disque expérimental, sévère, exigeant, avant-gardiste, quasiment jazzy parfois, enregistré avec des musiciens qui, sauf erreur de ma part, ne sont pas des habitués de Bowie (ne cherchez pas Gail Ann Dorsey, Mike Garson, Gerry Leonard, Earl Slick ou Sterling Campbell ici...), et peuplé de chansons hantées (Sue (Or In A Season Of Crime), 'Tis A Pity She Was A Whore, deux chansons déjà connues des fans, celles dont je parlais plus haut sans les citer), quasiment aucune n'est rock au sens propre du terme (sauf éventuellement I Can't Give Everything Away, et encore... ou Lazarus, l'immense Lazarus, et là aussi, et encore).

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Je ne peux pas parler de l'album, désolé, sauf pour dire que lorsque je l'ai écouté jeudi, je l'ai adoré, et lorsque je l'ai réécouté ce soir, dans le RER, en repansant à Bowie et à tout ce qu'il représentait pour moi (je le place tout en haut de mon podium personnel), j'ai quasiment chialé. En j'avais des frissons en l'entendant chanter I'm a black star, sur le long (et enivrant, puissant, incroyable et désormais éternel morceau-titre). Cet album, cet ultime album, n'est pas à conseiller pour découvrir l'oeuvre de Bowie, mais les fans l'apprécieront. Il mérite, en tout cas, l'écoute, plusieurs écoutes (il en faut plusieurs pour l'apprécier pleinement, Blackstar n'est pas facile d'accès). Bowie aura terminé sa carrière sur un disque vraiment particulier, encore plus maintenant qu'on sait qu'il n'y en aura pas d'autres. La question de savoir comment l'album aurait été accueilli, sur le long terme, par les fans et la presse si Bowie n'était pas décédé ne se pose pas ; ce disque est. Bowie n'est plus. Voilà tout. Et nom de Dieu de putain de merde, ce que cette nouvelle m'a retourné le coeur, ce matin... RIP, Ziggy. So long, Halloween Jack. Repose en paix, Thin White Duke. On ne t'oubliera jamais.

Chronique de Buckley92:

Le Retour de buckley92 sur le blog! Et le retour de david bowie aussi! Mais hélas, ça sera à priori la dernière fois qu'on parlera d'un nouvel album studio de bowie sur rock fever. En effet, l'artiste s'est éteint hier à l'âge de 69 ans des suites d'un cancer.  Dire que son dernier album, Black Star, était sorti vendredi dernier, le jour de son anniversaire! On savait que le chanteur avait depuis longtemps prit sa retraite scénique et médiatique, et on savait aussi qu'il avait eu (ou qu'il avait) des problèmes de santé mais de là à penser qu'il mourrait! Je vous jure que ça m'a fait un choc quand je l'ai appris ce matin! Merde! Ce mec faisait partie des immortels, comme Paul Mccartney, Keith Richards, Neil Young, Robert Plant, Iggy Pop ou Lou Reed (ce dernier étant mort en 2013)! Et ce qui me rend encore plus triste, c'est de me dire qu'il avait encore tellement à nous offrir, tant son dernier album est une tuerie absolue. Je vais d'ailleurs être, dès le départ, aussi clair que chazal (oui les jeux de mots pourris sont de rigueur chez moi en 2016): il s'agit pour moi de son meilleur album depuis "Heroes" de... 1977! Vpoir même depuis Low ! Et n'allez pas croire que je dit ça sur le coup de l'émotion suite à la mort de david bowie, je le pensais déjà samedi quand je l'ai acheté. Néanmoins il est vrai que maintenant je ne perçois plus excatement Black Star de la même façon. Mais avant deparler de l'album, je tenais à vous convier à un rapide retour en arrière, jusqu'en 2004, via le paragraphe suivant.

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Pochette de l'édition vinyle

Nous sommes en 2004: David Bowie est en pleine tournée promotionelle de son derneir album de l'époque, Reality, sorti l'année d'avant. Un album très correct, mais qui n'égale en rien ses anciens classiques, ni même son prédecesseur, Heathen. Malheureusement, plusieurs dates sont annulés, et Bowie ne finira pas la tournée suite à une angioplastie. Un dvd live sortira en 2004, intitulé A Reality Tour, puis David Bowie "disparait" de la scène musicale. Mise à part une collaboration avec Arcade Fire sur quelques morceaux, ainsi que la sorti d'un Live, Santa Monica '72, en 2008, ainsique la version cd de A Reality Tour en 2010, rien de neuf de la part de David Bowie. Les rumeurs coulent: on dit qu'il veut se consacrer désormais exclusivement à ses enfants, qu'il est malade, pire, qu'il serait mort... Mais le 6 janvier 2013, le jour de son 66e anniversaire, David Bowie annonce à la surprise générale, la sorti prochaine de son nouvel album, et dévoile le jour même un premier extrait, Where Are We Now?. L'album, intitulé The Next Day, sort en france en mars 2013 et sera très bien reçu par la critique et le public. L'album est très rock dans son ensemble, et sur le blog nous, le considérions à sa sortie comme son meilleur depuis Earthling au moins. Trois ans plus tard, le 6 janvier 2016, Bowie sort son dernier album, ★. Ou simplement Black Star si vous préférez.

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L'album est sorti sous une pochette très sobre: Sur fond blanc, une grosse étoile noire à cinq branche et en dessous, des symboles qui sont en fait des "déclinaisons" de cettte étoile. La pochette du vinyle est légèrement diffèrente et est encore plus prémonitoire: noire, avec un trou en forme d'étoile laissant voir le vinyle glissé dans une pochette plastique. J'ai d'ailleurs un léger reproche à faire à cette version vinyle, concernant le livret: les photos sont sublimes, et c'est super d'avoir les paroles des chansons, mais écrit en noir sur fond noir c'est "stylé" mais c'est pas très pratique. Ensuite concernant la musique l'album fait une quarantaine de minutes pour sept titres, dont certains étaient déjà sorti ultérieurement en 45 tours. Cela peut donc sembler vraiment court et limite bâclé mais après coup on comprend mieux... BlackStar ne peut être perçu autrement que comme le testament de Bowie. Quand au style musicale, je tient à vous mettre en garde: vous aimez le glam- rock, Ziggy StardustHunky Dory? passez votre chemin. Vous ésperez un The Next Day bis? passez votre chemin. Vous adorez Tonight et Never Let Me Down? Allez vous faire *** euh je veux dire vous aussi passez votre chemin. Vous adorez (comme moi) sa trilogie berlinoise, ainsi que son album Outside.1? Vous devriez déjà être plus à même d'apprécier l'album. Et encore... Car comme Clash l'a justement dit, BlackStar est vraiment l'album le plus à part de Bowie.

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Pour faire simple, l'album est un savant mélange de rock, free- jazz, jazz-rock et musique éxpérimentale. Pas le genre de musique à mettre entre toutes les oreilles. Et surtout l'album est ÊXTREMEMENT sombre, c'est même sans doute le plus sombre de l'artiste en fin de compte. Dans plusieurs morceaux bowie parle ouvertement de la mort, impossible encore une fois de ne pas y voir quelquechose de prémonitoire. La nouvelle de la mort de Bowie est boulversante et l'album ne va pas nous aidez à aller mieux. Mais nom d'un ziggy qu'est ce que c'est bon! Entre le pharaonique morceau titre, le mélancolique Girl Loves Me ou l'excellent single Lazarus, sans oublier le final I Can't Give Everything Away, tout sur cet album est selon moi digne du meilleur de David Bowie. En fait, seul Dollar Days m'a un peu déçu, je la trouve plus anecdotique que le reste, mais elle n'est pas mauvaise non plus. Le sommet est pour moi évidemment Blackstar, une chanson de 10 minutes, sa plus longue depuis Station To Station de 1976! Un morceau qui commence par une mélodie assez oriental mais façon jazz- expérimental, et aux nombreuses images métaphoriques bien sombre: on y parle d'un jour d'éxecution, ainsi que d'un villlage d'Omen, omen voulant dire présage en latin. Puis ensuite la chanson reprend une tonalité plus "classique", et Bowie se met à déclamer " I'm a Blackstar/ Not a Gangstar", et le morceau reprend son thème initial. Un Morceau purement grandiose, au clip très étrange que je vous propose de découvrir en bas de l'article.

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Pour finir cette chronique, je dirai juste que Blackstar est le genre d'album qui doit être écouté pour être compris, et qu'il n'est pas forcément évident d'en parler. C'est pourquoi je préfère m'arrêter là et vous conseiller simplement vivement cet album! Et surtout je tenais à dire merci pour des albums comme Hunky Dory, Ziggy Stardust, Low, Scary Monsters (and Super Creeps), Heathen et The Next Day. Merci Pour toutes tes chansons intemporelles. Merci pour Blackstar. Au Revoir Ziggy, Halloween Jack, Thin White Duke, Aladin Sane. Au revoir Bowie. Grand control to major tom...

Blackstar

'Tis A Pity She Was A Whore

Lazarus

Sue (Or In A Season Of Crime)

Girl Loves Me

Dollar Days

I Can't Give Everything Away

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06 janvier 2016

"Rio Grande Mud" - ZZ Top

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Le Texas : grands espaces, buffles, cowboys, buissons, tequila... Et surtout une certaine idée du Blues. Car pour ceux qui ne connaissent pas les débuts du trio Gibbons/Hill/Beard (trio qui d'ailleurs, apparaît sur la pochette en train de barboter dans une mare de boue, comme des fugitifs cherchant à franchir la frontière mexicaine), et bien la vérité est que ces gars là faisaient du Blues Rock, du vrai, râpeux et chaleureux. Et on peut dire qu'ils le faisaient bien lorsqu'on écoute ce disque : cet album sent le goudron et l'agave bleue. "Rio Grande Mud", sorti en Avril 1972, est donc le second albums des Tres Hombres, et il est produit (comme tout les autres album de ZZ Top) par Bill Ham, qui signe d'ailleurs ici un travail remarquable. Un peu plus long que le premier, ce deuxième opus nous régale de 39 minutes de Southern Rock (ou Rock Sudiste) de qualité. C'est bien simple : 10 titres, y a rien, absolument rien à jeter.

On commence avec "Francine" qui fut le seul single extrait de l'album, et qui est l'un des classiques du Top. Ce morceau a contribué à faire entrer le groupe au panthéon Rock, marquant au fer rouge ce style inimitable qui influencera pourtant des générations entières de groupes qui suivront la vague texane. "Just Got Paid" qui arrive juste après nous confirme que ZZ Top maîtrise pleinement son sujet. "Chevrolet", autre classique du groupe, et je dirais même un standard, tant il porte le sceau du Top, juste exceptionnel. Mais les autres titres sont plutôt variés. Des titres de rock très boogie comme "Whiskey'n Mama", le très bon "Ko Ko Blue" ou encore ce "Bar B Q" à la sauce texane qui est assaisonné avec des solis qui ne laissent pas indifférent. Ambiance très western sur "Mushmouth Shoutin' " avec son harmonica, tandis que "Apologies to Pearly" est un instrumental de haute volée (et accessoirement, dédié à la Gibson LesPaul de Gibbons, sa favorite). Le groupe fait aussi dans l'émotion avec "Sure Got Cold After the Rain Fell", qui est l'archétype de la ballade de Southern Rock qu'on pourrait par exemple comparer avec "Tuesday's Gone" de Lynyrd Skynyrd (qui sortira l'année d'après, en 1973). Ce morceau qui sent bon la bouse est aussi le plus long de l'album avec une durée de 7min20. "Down Brownie" en guise de déssert, s'écouterait très bien en bagnole au crépuscule, sur la route 66, vous voyez le genre. Il va sans dire que Billy Gibbons est un excellent songwriter, mais ses deux comparses ne sont pas en reste, car quelque soit l'instrument, c'est un sans faute de bout en bout.

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Par contre, ayant pu écouter cet album sous deux versions (originale et remasterisée), j'en profite pour attirer votre attention sur l'édition remasterisée. C'est la maison de disque Warner qui s'en est chargée, celle là même qui a sorti "Eliminator". Vous voyez le lien ? Au lieu de rester fidèle à l'enregistrement originel, les peigne-zizis de la WB ont tout simplement réédité l'album avec des sonorités bien actuelles qui dénaturent complètement l'ensemble (batterie triggée, reverb exagérée sur le pauvre Billy et tout ce qui va avec). Comparez un même morceau avec les deux versions et vous verrez qu'il ne faut pas se faire de soucis en ce qui concerne la réintégration des handicapés : même les personnes souffrant du syndrome de Down peuvent jouer de la batterie. Je me demandais même s'ils n'avaient pas réenregistré tout l'album, le saccage sauvagement perpétré sur la batterie (avec une brutalité inouïe telle qu'il m'est encore difficile d'en parler sans fondre immédiatement en larmes) ne pouvant venir que d'un overdub bien foiré comme il faut. "Francine" est amputée de son final... J'avais d'abord écouté la version originale, et un peu plus tard j'ai écouté la version remasterisée pour voir l'étendue des dégâts, peut être n'aurais-je pas dû. Si je veux un son de batterie puissant, je vais chercher chez Aerosmith sur l'album "Permanent Vacation", mais en 1972 c'est tout bonnement un anachronisme.

Outre ce ratage de la part de Warner, reste que ce "Rio Grande Mud" est un très grand album de ZZ Top, sûrement mon préféré de la période 70's avec "Tejas". On constate que l'album est un collier : les perles, il les enchaîne, avec un compromis parfait entre son gras, rugueux, et un son plus light qui dans le fond, affiche de nettes racines blues, mais présente sous la forme un véritable Hard Rock. Avec ce deuxième effort, ZZ Top confirme tout son potentiel, même s'il faudra attendre le "Tres Hombres" suivant pour que le trio connaisse enfin le succès. Nul doute que les texans auront inspiré bien des groupes comme Little Caesar, Pride & Glory, Cinderella... J’invite donc tous ceux qui n’ont jamais aimé les barbes d’un mètre de long (même si en 1972, ce n'est pas encore le cas) à reconsidérer le cas ZZ Top, moi je leur tire mon Stetson. En attendant, cet album est idéal à mettre en fond sonore lors d'une partie de poker (Texas Hold 'em évidemment) entre amis, tout en sirotant une Corona coupée à la tequila (avec un peu de citron re-évidemment), fumant une cigarette, caché derrière une paire de Ray-Ban (aviator re-re-évidemment).

 

- Liste des titres -

Francine

Just Got Paid

Mushmouth Shoutin'

Ko Ko Blue

Chevrolet

Apologies To Pearly

Bar B Q

Sure Got Cold After The Rain Fell

Whiskey'n Mama

Down Brownie

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06 décembre 2015

"Veuillez Rendre L'Âme (A Qui Elle Appartient)" - Noir Désir

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Il y à peu de temps (mais quand même un bon mois), j'ai enfin abordé le premier opus de Noir Désir ici, leur EP de 1987, et je précisais que le reste de leur discographie allait être abordé ici, car tout n'avait pas été abordé, loin s'en faut. Je rattrape mon retard, au compte-gouttes ceci dit, car à l'heure actuelle, comme je l'ai déjà dit, je n'ai plus trop le temps d'écrire sur Rock Fever (je remercie ici, d'ailleurs, le nouveau chroniqueur, Super Coton Tige, d'écrire et de publier). Voici donc le retour de Noir Désir. En 1987, ils ont livré, sous la houlette du producteur Théo Hakola (un musicien et écrivain américain d'expression francophone, leader du groupe de cold-wave français Orchestre Rouge), qu'ils remercient ici dans les crédits de cet album, un EP du nom de Où Veux-Tu Qu'Je R'Garde, 26 minutes (tout rond) pour 6 morceaux dans l'ensemble remarquables (Lola, Pyromane, La Rage), mais une production assez faiblarde, datée (surtout pour maintenant). Deux ans plus tard, les Bordelais, qu'il serait bon de renommer ici (Bertrand Cantat : chant, guitare, harmonica, textes ; Frédéric Vidalenc : basse ; Srge Teyssot-Gay : guitare, piano ; Denis Barthe : batterie), entrent en studio, à Bruxelles (Studio ICP), sous la houlette de Ian Broudie (et de Phil Délire), afin d'enregistrer leur premier album long-format, un disque qui, bien que nettement plus long que leur EP précédent, ne dure quand même pas très longtemps : 36 minutes, pour 11 titres (dont trois dans la langue de Shakespeare ; sur l'EP, seul Lola était en anglais).

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Verso du CD

Sous une pochette étrange et un peu glauque, l'album porte un titre à rallonge : Veuillez Rendre L'Âme (A Qui Elle Appartient), et il renferme un nombre effarant de classiques du groupe : quatre, voire même cinq. Et le reste est au minimum vraiment réussi, et au maximum absolument dantesque. Malgré, là encore, une production qui a pris un coup dans l'aile gauche et même un peu la droite (ce n'est qu'à partir de 1992 et du grungy Tostaky que les albums de Noir Désir bénéficieront d'un son puissant et l'étant toujours autant en 2015). Pour bien apprécier ce disque, il faut mettre le son assez fort, l'album n'a pas été remastérisé depuis sa sortie en 1989... hélas. Bon, musicalement parlant, ce premier vrai opus de Noir Déz' est une authentique tuerie, il faut bien utiliser les mots qui frappent et dire ce qui est. N'importe quel album s'ouvrant sur la doublette A L'Arrière Des Taxis/Aux Sombres Héros De L'Amer (le premier hit du groupe) et se finissant sur The Wound (et sa guitare très cold-wave à la The Cure) mérite d'être écouté, encore et encore, plus de 25 ans après sa sortie. Et en plus, on trouve aussi Le Fleuve, Les Ecorchés, What I Need... Les textes de Cantat (qui chante super bien, même si sa voix prendra encore un peu plus d'assurance par la suite) sont remarquables. En 1989, Aux Sombres Héros De L'Amer, avec son harmonica, son ambiance maritime et ses Aaaalwayyyys lost in the sea repris en choeur par le groupe, sera pris à tort pour une chanson de marins, justement, à la Soldat Louis, alors que ce n'est vraiment pas le cas, la chanson parlant des écrivains, maudits le plus souvent. Rien que le titre est un indice, avec ce jeu de mots, mais les paroles sont sans équivoque (qui ont jeté l'encre ici et arrêté d'écrire), et cette méprise du public et de la presse pour cette chanson énervera pas mal le groupe au final. N'empêche, c'est leur premier tube, et ils n'en auront pas tant que ça au final (L'Homme Pressé, Un Jour En France, Le Vent Nous Portera).

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Verso du vinyl

Mais le coeur de l'album est dans Les Ecorchés, qui cite Lautréamont et le Velvet (White Light/White Heat !!!!), dans A L'Arrière Des Taxis qui cite le mythique couple Vladimir Maïakovski/Lili Brick et se paie le luxe d'un solo de guitare survolté et remarquable (et Cantat est vocalement au top, Tant que les heures passent...TANT QUE LES HEURES PASSENT), dans The Wound, morceau anglophone d'une puissance rare, vrai crescendo qui achève l'album en beauté, et dans Le Fleuve, morceau hypnotique (encore plus en live) et indescriptible. Les morceaux restants sont tuants aussi : le virulent La Chaleur, le doux et torturé (oui, il est possible d'être à la fois doux et torturé !) Sweet Mary, les étranges Joey I et Joey II qui parlent d'un condamné à mort (ou d'un bourreau ?), et le génial Apprends A Dormir... Rien à jeter sur Veuillez Rendre L'Âme (A Qui Elle Appartient), ce qui en fait un des meilleurs albums du groupe avec Tostaky et 666.667.CLUB, rien que ça, un de leurs trois meilleurs opus, et même le deuxième meilleur du groupe selon moi après Tostaky. Un des meilleurs albums de rock français depuis les années 70, voire 60, bref, depuis l'existence du rock français, rien que ça, et c'est déjà immense. Album absolument essentiel à tout fan de rock. Peu importe les années, et peu importe les villes, c'est Paris-Ouest ou Berlin, Berlin l'enchanteresse...

FACE A

A L'Arrière Des Taxis

Aux Sombres Héros De L'Amer

Le Fleuve

What I Need

Apprends A Dormir

Sweet Mary

FACE B

La Chaleur

Les Ecorchés

Joey I

Joey II

The Wound



04 décembre 2015

"Chain Reaction" - Fahrenheit

fahrenheit

Voilà un de ces groupes exotiques qui, bien que méconnus, sont capables de surgir et de nous balancer à la tronche des bombes à faire pâlir de jalousie les grands groupes des années 70 et 80. Formé en 2001 au Chili par deux potes fans de Bon Jovi, Europe et autres consorts, ce groupe Fahrenheit peine d'abord à se faire une réputation au sein de la scène underground de Santiago avant de sortir un EP qui passa plus ou moins inaperçu. Et finalement, en 2004, Fahrenheit sort ce premier album " Chain Reaction " (avec une pochette un peu spéciale qui représente vraissemblablement un tableau de bord de je ne sais quelle antiquité) qui est très bien accueilli par la critique. Et c'est normal, car cet album, même s'il n'est pas un chef d'œuvre, est tout de même une sacrée baffe musicale, qui ravira tout les amateurs de Hard US de la période fin 80's. Et oui, même si ce quintette est chilien à 100%, le style joué ici est du pur Hard Rock, parfois teinté de glam mais pas trop, et sans véritable connotation FM qui caractérise les groupes comme Bon Jovi, White Lion ou encore Def Leppard. Chaz Thompson, le chanteur, chante en anglais (contrairement à l'album suivant, " Nuevos Tiempos " qui est sorti en 2006 et dans lequel le chant est en espagnol, et produit par David Prater qui a lui même travaillé avec Dream Theater notamment), et les musiciens assurent un max. Au niveau du son, on se rapproche grandement de cette époque 80's également, mais avec une production évidemment plus moderne. En fait, Fahrenheit fait partie de ces groupes qui auraient très bien pu côtoyer les Guns N' Roses, Mötley Crüe ou Skid Row s'ils avaient existé une quinzaine d'années plus tôt. 

Autant de groupes qui font l'influence de notre quintette  et dans lesquels il puise son inspiration, tout en faisant preuve d'une belle maîtrise pour ce qui est de la composition et de l'interprétation. Les titres les plus agressifs comme l'excellent "Prom Nite" d'ouverture, ou le génial "Roadkill", dans lequel le bassiste s'offre un slap sur les couplets, n'auront aucun mal à convaincre. Les mid-tempos ultra efficaces que sont "Hot Leather" et "No News Good News" achèveront les résistants. La rythmique est impeccable, et le guitariste soliste Javier Bassino (qui n'avait que 19 ans à l'époque) place des interventions qui font mouche à tout les coups, et il se réserve même un instrumental, le "JB Solo" où il nous montre toute l'étendue de son talent. Le bonhomme ne s'arrête pas là car c'est également lui qui s'occupe du mixage des pistes. Mêmes les titre plus moyens comme "Chains 'n' Cellars" ou "King Of the Night" s'en tirent avec les honneurs, ainsi que les deux ballades : "Be Mine", tubesque et assez réussie, et destinée comme d'hab' à séduire un public un peu plus large et "Two Souls One Heart" en fermeture, avec son ambiance 'feu de camp' acoustique. On notera que les quelques notes de violons sur ces deux titres rendent l'ensemble assez pompeux, malheureusement. Mais y a pas péril en la demeure, car si on évalue la qualité globale de l'album, on ne peut être qu'impressionné.

fahrenheit

Le combo chilien place la barre très haut pour un premier effort discographique. En 10 titres et un peu moins de 37 minutes, Fahrenheit relance la machine Hard Rock à une époque où les groupes anglais et américains sont un peu à la peine. Bien sûr, ce disque n'est pas spécialement innovant en soi, mais il est tout de même doté d'une fraîcheur et d'un niveau qui suffira aux inconditionnels de Hard Mélodique qui commencent à se lasser des clones des grands groupes des 80's. En cela, " Chain Reaction " est un album à connaître. A noter que du line-up original, il ne reste que le guitariste rythmique Carlos Otto (qui est l'un des fondateurs du groupe), et le bassiste Carlos Cid. N'ayant pas crevé l'écran à l'international, peu d'informations sont disponibles concernant ce groupe, et même les sites musicaux sud-américains ne sont pas forcément d'accord quant à la situation de Fahrenheit. Aux dernières nouvelles, le groupe plancherait encore sur son quatrième album "Kelvinator ".

 

- Liste des titres -

Prom Nite

Unleash the Love

Hot Leather

King Of the Night

Be Mine

No News, Good News

JB Solo

Roadkill

Chains 'n' Cellars

Two Souls One Heart

 

 

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25 novembre 2015

"Portrait Of An American Family" - Marilyn Manson

front cover

Vous connaissez Nine Inch Nails non ? Mais si, ce groupe formé à la fin des années 80. Vous avez tout de même vu "Seven" de David Fincher ? Et bien la musique glauque qu'on entend dans le générique au début, c'est du Nine Inch Nails. Et ça, ça nous donne une idée de ce qui peut résulter d'un genre comme le Metal Industriel (genre dans lequel la musique de Marilyn Manson est le plus souvent classée) et plus particulièrement, nous dévoile l'influence majeure du groupe (le groupe et le chanteur, Marilyn Manson étant aussi le pseudonyme du chanteur Brian Warner). Car il est important de préciser que ces deux groupes sont étroitement liés. Pourquoi ? Parce que, en dehors du style commun aux deux formations, et bien c'est Trent Reznor, fondateur de Nine Inch Nails, qui va prendre Marilyn Manson sous son aile. Il travaillera sur la production des albums du groupe jusqu'à "Antichrist Superstar " inclus. Mais qu'en est-il exactement de la bande à Warner ? Ce groupe qui a tant choqué l'amérique puritaine, les communautés de l'amérique profonde constituées d'américains moyens ?

Marilyn Manson, c'est un concept : Prenez le prénom d'une top model, associez-y le nom de famille d'un tueur célèbre, et vous obtenez une série de blazes tous aussi infâmes les uns que les autres. C'est ainsi que le groupe gagne en notoriété au début des années 90 en remportant notamment le titre du "meilleur nouveau groupe" au South Florida Rock Awards. Des paquets de fans surnommés les "Spooky Kids", par rapport à l'ancien nom du groupe, commencent à se former.  Le quintette entre en studio en 1993 avec Roli Mossiman, mais Manson, mécontent de son travail le renvoie et confie les bandes à Trent Reznor. Certaines parties doivent être ré-enregistrées car gâchées par le travail de Mossiman. C'est finalement en juillet 1994 que sort ce premier album " Portrait Of An American Family ", en pleine tournée durant laquelle le groupe assure la première partie de Nine Inch Nails. Et déjà, on voit que Marilyn Manson est doué pour choquer : une élégante pochette représentant cette 'american family' de base bien évidemment critiquée sur l'album (et en représailles, les américains critiqueront l'album) et qui donne tout de suite envie d'acheter... Au programme : violences, pédophilie, meurtres... Des paroles assez virulentes et comme je le disait, destinées à choquer le plus grand nombre.

band

Sauf que là, c'est loupé. Certes, l'esprit déjanté de Manson est bien là, mais la technique n'y est pas du tout. L'ambiance est loin d'égaler le glauquissime "Antichrist Superstar ", et on nous sert plutôt un ramassis de titres Metal aux relents Indus-Rock, sans grande inventivité. Le problème, c'est qu'à l'écoute de cet album, on a l'impression de n'écouter que des variations d'un seul thème, ce qui est très gênant. Impossible de ne pas associer tous les faux jumeaux de l'album que sont "Organ Grinder", "Cyclops", "Dogma"... Et en plus on s'emmerde ferme dessus. La redondance est encore de mise avec "Wrapped In Plastic", "Sweet Tooth", ou encore le single "Dope Hat", même si celui-ci reste correct à l'écoute. Idem pour "Get Your Gunn" qui, malgré l'intérêt que lui porte les fans, peine à se sortir du lot. Au final, l'intérêt principal se situe dans les deux premiers titres (ou plutôt le deuxième et le troisième, car le premier n'est en fait qu'une intro, pas bien méchante d'ailleurs). L'efficace "Cake & Sodomy" où Manson s'autoproclame "Dieu de la baise" dès le début (mais le reste des paroles est bien fendard aussi), couplé avec "Lunchbox" qui, bien que supérieur dans sa version live, sauve les meubles. Mais ces deux titres forment un feu de paille, qui se ravive un peu à la fin avec "Misery Machine" mais le reste est vraiment dispensable. Dans le meilleur des cas, le sentiment sera mitigé entre correct et moyen. Dans les autres on frise le ridicule, qui porte ses lettres de noblesses avec le titre "My Monkey" qui en plus de ça a différé la sortie de l'album car reprenant une partie d'une chanson de Charles Manson (le tueur en série qui a donné son nom au groupe, et aussi qui a posé des problèmes aux Guns N' Roses l'année précédente avec " The Spaghetti Incident? " pour les mêmes raisons : à cause d'un titre caché qui s'avère une reprise du sieur Manson (le tueur en série).  Au final, "My Monkey" se retrouve bel et bien sur l'album, et fait pencher un peu plus la balance de l'album dans la médiocrité.

Marilyn Manson joue avec nos nerfs, quitte à passer pour le dindon de la farce en se retrouvant "groupe le plus détesté des USA" en l'espace de quelques mois. Ce qui fait que cet album, replacé dans son contexte, a au moins eu le mérite de réveiller une société cachant sa nature subversive et violente derrière un voile de morale simpliste. Par contre, musicalement, même si effectivement quelques titres honnêtes relèvent l'ensemble ("Dope Hat", "Cake & Sodomy"...), que notre cher Brian Warner à la chance de posséder une voix hyper accrocheuse et charismatique, et que le concept visuel du groupe ont fait le plus grand bien à le scène Metal à l'époque, il vaut mieux passer votre chemin et investir dans du Manson plus récent. Ici c'est encore un brouillon, même pour les fans (je n'en suis pas spécialement un, mais il s'agit d'un groupe à connaître), d'ailleurs, l'immense majorité des titres sont absents des sets actuels du groupe. Un fichu signe, vous ne croyez pas ?

 

- Liste des titres -

Prelude (the Family Trip)

Cake & Sodomy

Lunchbox

Organ Grinder

Cyclops

Dope Hat

Get Your Gunn

Wrapped In Plastic

Dogma

Sweet Tooth

Snake Eyes And Sissies

My Monkey

Misery Machine

 

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21 novembre 2015

"Alchemy Of Quintessence" - Lost Opera

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Oui, je sais, ça fait un bail (trois semaines ; ça a été pire, mais quand même) que je n'ai rien écrit sur le blog. Que voulez-vous, entre un boulot (et une formation interne, surtout) qu m'accapare pas mal et les récents et tragiques évênements qui ont traumatisé tout le monde (je y compris), c'était pas la fête à neuneu dans ma tête en ce qui concerne Rock Fever, j'avais pas la motivation, l'énergie cérébrale nécessaire, pour y écrire à nouveau. Je vous promets que je vais essayer, même si ça ne sera que le week-end (comme je l'ai dit, je suis en formation interne, à Paris, plus de deux heures (une aller, et une retour) de transport par jour pour m'y rendre, et cette formation dure 9 mois, une paille). L'album avec lequel j'ai décidé de relancer la machinerie un peu grippée de Rock Fever est un disque que, à mon avis, beaucoup de personnes, sauf les gros calés en matière de death metal et de dark heavy metal français (et concernant les groupes récents, surtout), ne connaissent pas. Le groupe en question, français donc, et même originaire de Normandie, s'appelle Lost Opera, et cet album, leur premier long-format (il n'est pas si long que ça, 46 minutes, ce qui est une durée des plus honorables cependant) après deux EP, s'appelle Alchemy Of Quintessence.

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J'ai découvert ce groupe et cet album, sorti en 2011, d'une manière des plus directes et originales : en discutant avec un de ses membres, leur claviériste (Stéphane Vignon), lequel se trouve faire la même formation interne que moi, oui, c'est un collègue, tout simplement ! Adulant tous deux la musique, le rock, le hard-rock, on en est très rapidement et naturellement venu à parler de Lost Opera, dont je n'avais jamais entendu parler avant. Le soir-même, de retour chez moi, je me branche sur le web, je trouve les morceaux de l'album Alchemy Of Quintessence, je les écoute. 45 minutes plus tard, je dois dire que j'ai vraiment énormément aimé, bien que n'étant pas un amoureux acharné du death metal et du heavy très dark  ; sur la bonne majorité des morceaux, comme Appearances ou Lost Opera, le chant (le chanteur s'appelle Loïc Conti) est constitué de growling, autrement dit un chant guttural, grogné, typique des différents styles de metal extrême comme notamment le black metal, genre dans lequel je ne fais pas rentrer Lost Opera, car le black metal, c'est encore autre chose. Conti chante aussi (selon les morceaux, en français ou en anglais) de manière classique sur d'autres morceaux (la ballade de 6 minutes Is Happiness Just A Word ? qui est sublime, et des parties de Sombres Peines, Alone notamment). Citons les autres membres du groupe, tous super compétents dans leurs parties : le guitariste Sven Faucon, le bassiste Raphaël Treuil et le batteur Julien Gronnier.

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De gauche à droite : Raphaël Treuil, Julien Gronnier, Stéphane Vignon, Sven Faucon et Loïc Conti

Variant entre metal extrême et plus calme et mélodique, très proche du metal symphonique de Nightwish (pour ne citer que ce groupe finlandais très connu) par moments comme sur les deux morceaux estampillés Banshee (Razielle et Luzibel), Lost Opera est à conseiller surtout à celles et ceux qui n'ont pas peur du metal brutal ; si vous n'aimez, dans le hard-rock, que les bases classiques type Deep Purple, Led Zeppelin, AC/DC et Black Sabbath, mais que ça ne va pas plus loin qu'eux pour ce qui est de la puissance et de la 'violence' (terme vraiment exagéré et caricatural en même temps), si vous n'avez jamais rien écouté de plus brutal que Black Sabbath ou Iron Maiden, alors l'écoute de l'album devrait être parfois un choc. C'est parfois très extrême. Personnellement, j'ai vraiment aimé l'album, tout en n'étant pas un fanatique de ce genre de musique à la base et tout en n'étant pas non plus un amateur de chant growling, j'ai du mal avec ça (Conti l'utilise cependant à bon escient, tout l'album n'est pas chanté de cette manière, ce n'est parfois qu'un passage ou deux sur une chanson), mais sans doute est-ce pour ça que mes morceaux préférés, sur Alchemy Of Quintessence (chouette titre), sont Is Happiness Just A Word ?, Alone (avec une partie de guitare excellente, signée Sven Faucon) et Xenocide. Ces morceaux sont plus faciles d'accès que Psykose ou Appearances. Luzibel (Banshee Part 2), qui fait très Nightwish (les claviers y sont pour pas mal), est remarquable aussi. Dans l'ensemble, cet album, autoproduit et à la qualité sonore remarquable, est un très bon album dans son genre. Chapeau bas à ces Normands (enfin, le claviériste est Francilien, lui) qui délivrent ici une musique de qualité, bien écrite, bien jouée, bien produite, bien calibrée, et à condition d'aimer le dark metal (assez mélodique ici, cependant), à priori, ça devrait vous plaire !

Sombres Peines

Lost Opera

Alone

Chimère

Psykose

Razielle (Banshee Part 1)

Luzibel (Banshee Part 2)

Appearances

Is Happiness Just A Word ?

Xenocide

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03 novembre 2015

"Midnight Oil" - Midnight Oil

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C'est dur, pour un groupe, de débuter. C'est dur, aussi, pour un groupe, de faire son premier album. Pour Midnight Oil (anciennement Farm), le premier album, ce fut très dur. Ils se sont ramassés une belle pelle avec ce disque, on leur reprochera (et concernant cet album assez difficile à trouver - autrefois publié sous une pochette bleutée qui, pour le CD, est passée au noir -, c'est toujours le cas) de ne pas sonner comme dans leurs concerts. Il est vrai que ce premier album, sobrement intitulé Midnight Oil et ne proposant que 7 titres (mais ce n'est pas un EP ; les morceaux sont pour la plupart plus longs que de coutume avec le groupe, et l'album dure 34 minutes), est moyen. Pire, il est un peu médiocrement enregistré, la qualité sonore est, sans pour autant dire calamiteuse, franchement mince. Le groupe est alors constitué de Peter Garrett (chant), Jim Moginie (guitare, claviers), Martin Rotsey (guitare), Andrew James (basse) et Rob Hirst (batterie). L'album est produit par Keith Walker et a été enregistré aux Albert Studios de Sydney, en Australie, rappelons que le groupe est originaire de down under.

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Seulement 7 titres pour ce premier album de Midnight Oil, donc, et parmi ces titres, quasiment aucun qui, par la suite, deviendra un classique. Tout au plus peut-on citer le premier morceau, Powderworks, qui est assurément un des meilleurs du lot (avec le long - plus de 8 minutes - Nothing Lost - Nothing Gained final), et sur lequel transpire une énergie quasiment punk. Mené par le charismatique géant chauve (et futur ministre !) Peter Garrett, sorte de clone de Pluton (c'est bien le nom de ce personnage, hin ? j'ai un doute ?) dans La Colline A Des Yeux mais en plus gentil, Midnight Oil vient probablement de la scène punk, laquelle, en Australie, n'était pas inexistante (The Saints, Radio Birdman). Ca se ressent sur les deux premiers albums (celui-ci et Head Injuries, nettement meilleur, de 1979), ainsi que sur leur premier EP Bird Noises (1980).Tout du long de Midnight Oil, alias le blue album (j'ai la chance de l'avoir en vinyle, pochette et sous-pochette bleues), on ressent cette urgence keupon, cette énergie, ce survoltage, et c'est accentué par la voix totalement dingue, aiguë, de Garrett (qui, sur scène, est un vrai diable surgissant d'une boîte, il va partout, gesticule comme un épileptique). Malgré la qualité sonore faiblarde et certains titres un peu moyens (Head Over Heels, Used And Abused, Run By Night).

MO5

Par la suite, le groupe parviendra à s'améliorer d'album en album, atteignant une première apothéose en 1982 avec 10,9,8,7,6,5,4,3,2,1 (pour moi, leur sommet absolu) et une seconde en 1987 avec Diesel And Dust. Ce premier album, quant à lui, moyen et moyennement produit, ne reproduisant effectivement pas en studio l'énergie que le groupe produisait sur scène, et ne proposant en fait qu'un classique (Powderworks), est à conseiller aux fans acharnés de Midnight Oil, et uniquement à eux. Les autres trouveront en effet que cet album bleu ne paie pas vraiment de mine et que si le groupe avait continué à en usiner de la sorte, ils n'auraient pas été très loin dans leur carrière. Allez, c'est pas mauvais non plus, juste un peu...moyen, quoi !

FACE A

Powderworks

Head Over Heels

Dust

Used And Abused

FACE B

Surfing With A Spoon

Run By Night

Nothing Lost - Nothing Gained

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02 novembre 2015

"Où Veux-Tu Qu'Je R'garde" - Noir Désir

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Les Noirs Désirs... Tel était le nom initial de ce groupe bordelais avant que ne sorte leur premier album. On leur proposera de virer les 's' de leur nom entre temps. En revanche, le line-up était bien posé, déjà : Bertrand Cantat (chant, guitare, harmonica), Serge Tayssot-Gay (guitare), Frédéric Vidalenc (basse) et Denis Barthe (batterie). Noir Désir, donc, on va reparler de ce groupe mythique (le plus grand groupe de rock français, tout simplement) à plusieurs reprises sur le blog dans les prochains jours. D'ailleurs, j'ai réabordé Tostaky récemment en amuse-gueule, pour tout dire... Mais là, je vais aborder un disque qui, au même titre que trois autres du groupe, ne l'avait encore jamais été ici, si ce n'est dans un articl résumant rapidement leur discographie. Leur premier album. Qui n'en est pas vraiment un, car, avec 26 minutes (tout rond !!) et seulement 6 titres au compteur, cet album est en réalité un EP, produit par Théo Hakola (musicien et écrivain américain, vivant en France depuis belle lurette, ancien membre fondateur d'un des plus mythiques groupes de rock français, Orchestre Rouge, de la cold-wave bien sombre comme il faut) et sorti en 1987 sous une pochette un peu criarde. Bien que très court, ce disque a été édité en CD, on le trouve tout aussi facilement que les autres opus du groupe. Il s'appelle Où Veux-Tu Qu'Je R'garde, et est, il faut le dire, remarquable.

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Enfin, il y à quand même un défaut majeur à ce disque, et ce défaut n'est pas sa courte durée, mais sa production (le même reproche est à faire aux deux albums suivants, les deux premiers albums longue durée du groupe), qui est datée, un peu moyenne aujourd'hui : il faut mettre le CD avec un volume assez élevé pour vraiment apprécier l'écoute comme on le ferait, à un volume normal, pour un album plus récent (ou mieux produit) ! C'est vraiment le seul truc négatif à dire, car mis à part ça, en 26 petites minutes et en 6 titres, Noir Désir offre ici un régal de rock (à tendance un peu cold-wave sous influence The Cure, parfois, influence qui se ressentira encore sur le disque suivant), interprété en français à l'exception de Lola, le dernier morceau, chanté en anglais. Des classiques que le groupe pulvérisera en live, il y en à : Pyromane (en 2002, le groupe le chantait encore), La Rage, le morceau-titre... Les textes, de Cantat (qui chante déjà très bien, sans encore avoir atteint sa plénitude vocale), sont remarquables, déjà ; poétiques et forts, engagés et réalistes, selon les morceaux. Dans l'ensemble, ce premier opus de Noir Désir, sans être un chef d'oeuvre absolu et leur meilleur album, est un EP de grand niveau, sans mauvaise chanson, toujours agréable à écouter, et ce, malgré la production qui, je le redis, a pris un bon gros coup dans l'aile. Désolé pour la brièveté de cette chronique, mais c'est, aussi, raccord avec la brièveté de l'album ; et puis, je me rattraperai avec l'article suivant du cycle, sur le premier vrai album du groupe, sur lequel il y à franchement beaucoup de choss à dire : Veuillez Rendre L'Âme (A Qui Elle Appartient)... Mais pour ça, patience !! Patience...

FACE A

Où Veux-Tu Qu'Je R'garde

Toujours Être Ailleurs

La Rage

FACE B

Pyromane

Danse Sur Le Feu Maria

Lola