Rock Fever

21 octobre 2019

Rocking In Nashville - Eddy Mitchell

 

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On va parler un peu d'un album d'Eddy Mitchell. Et pas n'importe lequel. Celui de la rédemption. Au moment où il enregistre et sort ce disque, Schmoll est un peu beaucoup dans la merde. Cela fait plusieurs années qu'il peine à se renouveler. Le succès le fuit. Et ses albums du début des années 70 (1970-1973) ne contiennent aucun titre fort, enfin du moins, pas de titre suffisamment fort susceptible d'intéresser le public. Même si on y trouve quelque bons trucs comme Pneumonie Rock Et Boogie Woogie Toux, Gwendolinda ou encore Le Village Abandonné. Mais, bon, ce n'est pas suffisant. Eddy rame complet. Il faut absolument relancer la machine. Il aurait pu alors choisir la facilité et en venir à la variétoche et on aurait pas pu lui en vouloir. Mais non, Schmoll a préféré revenir à ses premières amours : le rock n'roll. Il fout donc le camp aux States, dans le Tennessee, dans le berceau du rock pour accoucher de sa nouvelle galette studio. Et, bien lui en a pris : l'album sera super bien acceuilli et le succès ne le quittera plus. C'est reparti ! Bon, le succès commercial, la carrière qui reprend des couleurs, c'est bien mignon, surtout pour Schmoll, mais nous ici, ce qui nous intéresse, c'est le contenu du skeud. Et bien, j'aime mieux vous dire que ce Rocking In Nashville ne déçoit pas du tout ! 

L'album est un robinets à tubes. Il contient pas moins de 5 chansons incontournables du répertoire d'Eddy. Sur 11 titres (l'ouverture n'en n'est pas un), on peut parler d'un sacré bon ratio. Le disque s'ouvre sur Southern Comfort. Il ne s'agit pas d'une chanson, mais d'une présentation en musique des zikos qui vont officier. Lesquels sont décrits par Eddy comme étant les plus incroyables qui lui ait été donnés de rencontrer. Ses anciens zikos ont du apprécié, mais bon, fi des états d'âmes ! La première vraie chanson du disque c'est Bye-Bye Johnny B. Good. Adaptée d'une chanson de vous savez qui. Le titre est plus qu'éloquent. Il s'agit du premier des cinq titres à succès de l'album. Et, c'est franchement excellent. Ça donne envie découvrir la suite. Et la suite, ce n'est ni plus ni moins que A Crédit Et En Stéréo, adaptée d'une chanson de Chuck Be... oups merde, j'ai failli le dire. Que dire de plus si ce n'est que c'est encore une fois excellent et qu'il s'agit d'un des titres phares de Schmoll sur l'ensemble de sa carrière ? Rien de plus, ça suffit. Mais voilà, à peine un tube est-il achevé, qu'un autre prend le relais. Arrive Fume Cette Cigarette. Par contre, pour le coup, le rock n'roll est délaissé, on tape bien du côté de la country pour cette chanson. Et, c'est encore une fois une réussite incontestable. Pour l'instant, comme vous l'avez constaté, Rocking In Nashville enchaîne les bonnes chansons. Vient C'est Un Piège, et là, c'est une baisse de niveau réelle. Attention, pas de quoi foutre en l'air le disque, mais il faut bien reconnaître que cette chanson marque nettement moins les esprit que les trois qui l'ont précédée. Les choeurs masculins (assurés par les Jordanaires, oui oui, ceux qui ont aussi accompagné Elvis) sont ici un peu énervants. C'est pas mal, mais bien moins bon que ce que l'on a entendu avant. Après un petit coup de mou, le niveau remonte. Et de quelle manière ! Emmène-Moi Où Tu Veux est une sublime ballade, interprétée à la perfection. Je n'ai rien d'autre dire de plus si ce n'est que c'est superbe, j'insiste ! C'est une des perles complètement méconnues de l'oeuvre d'Eddy. Après une pure merveille, voilà qu'un autre tube ramène sa fraise. Et encore une fois, quel tube : C'est Un Rocker. Encore une fois adapté d'une chanson de ce célèbre rocker noir dont je me souviens plus du nom. Enfin si, je m'en souviens, mais j'ai juste envie de faire chier mon monde et de ne pas le dire. Taquin taquin. Que dire ? Cette chanson, on se l'est mangée une paire de fois à la radio, mais peu importe, c'est toujours aussi bon. A consommer sans modération. Quoi ? Encore un tube pour la suite ? C'est une plaisanterie ? Et bien non, c'est sérieux de chez sérieux. Encore un tube : C'Est La Vie Mon Chéri. Et cette chanson là, elle aussi adaptée d'un titre de ce rocker noir dont je ne veux pas prononcer le nom ? Oui, elle l'est. Et on l'a entendue. beaucoup à la radio aussi ? Oui, aussi. Et elle se consomme sans modération aussi ? Oui, aussi. C'en est terminé pour les tubes. Mais, ce qui reste n'est pas de la pisse de chat. Là Dans Mon Coeur se pointe. Et, si elle n'est pas le sommet de l'album, c'est un petit rock n'roll qui remue quand même bien du slibard et qui fait du bien par où il passe. Ça passe crème comme on dit aujourd'hui. On en vient à la deuxième et dernière nette baisse de niveau : Ruby, Tu Reviens Au Pays. Ce n'est pas une mauvaise chanson, l'album n'en contient aucune. C'est juste que, à l'instar de C'Est Un Piège, elle ne marque pas l'auditeur. Elle se retient même encore moins. Comme tout à l'heure, le niveau remonte en flèche. Et c'est à La Ballade De Bill Brillantine que l'on doit cette honneur. Une magnifique chanson parlant d'un voyou qui fait chier le monde mais qui n'est au fond, grossièrement parlant, qu'une petite bite. L'album se termine sur Je Ne Deviendrai Jamais Une Superstar. Une chanson désabusée sur un homme qui aurait rêvé d'être un nom ronflant de la musique, mais qui sait qu'il n'a pas de talent et qu'il restera à jamais un anonyme. Eddy a plusieurs fois des chansons de ce style. Et, le moins que l'on puisse dire, c'est que cette chanson achève parfaitement le disque. C'est encore une fois très beau. Du très bon boulot. 

Vous l'aure compris : malgré deux chansons mineures, ce Rocking In Nashville est incontestablement un excellent cru de la part de Monsieur Eddy. Et, il s'impose comme étant l'un de ses albums essentiels et donc indispensables. Même un non fan de son auteur se doit de l'avoir écouté au moins une fois dans sa vie. Ah oui, au fait, juste comme ça, le rocker noir en question, c'était Chuck Berry. 

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Face A

Southern Comfort

Bye-Bye Johnny B. Good

A Crédit Et En Stéréo

Fume Cette Cigarette

C'Est Un Piège

Emmène-Moi Où Tu Veux

 

Face B

C'Est Un Rocker

C'Est La Vie Mon Chéri

Là Dans Mon Coeur

Ruby, Tu Reviens Au Pays

La Ballade De Bill Brillantine

Je Ne Deviendrai Jamais Une Superstar


"Foreigner" - Cat Stevens

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On continue dans le cycle consacré à Cat Stevens. On l'a vu hier, le Cat n'a pas hésité à mettre ses couilles velues en avant, avec Catch Bull At Four, son précédent opus, qui non seulement était son premier album vraiment qualifiable de folk-rock, mais aussi le premier de ses albums à oser aborder, même si ce n'était pas sur l'ensemble des chansons, le thème de la spiritualité et des religions. Le titre même de l'album était une allusion directe au bouddhisme. Et croyez-moi, le Cat, il ne va pas s'arrêter là, en si bon chemin. La preuve ? Son album suivant. Septième album studio de Cat Stevens, Foreigner date de 1973. Cat l'a enregistré en mars, en deux endroits bien différents : les studios Atlantic de New York, et les studios Dynamic de Kingston, en Jamaïque. L'album, produit non pas par Paul Samwell-Smith contrairement aux précédents, mais par Cat Stevens lui-même, est sorti en juillet, dure 36 minutes, et ne contient que...5 titres. Dont un qui occupe la face A dans son intégralité ! Cest un album que l'on ne peut, décemment, qualifier par le simple terme de folk-rock. Foreigner ("étranger"), que Cat Stevens a baptisé ainsi en raison de son statut d'exilé fiscal au Brésil à l'époque, est un disque de folk-rock progressif baroque influencé par Stevie Wonder et le rhythm'n'blues. Pour ce disque, Cat a temporairement cessé sa collaboration avec son guitariste Alun Davies (mais Jean Roussel et Gerry Conway sont, eux, toujours là), et a collaboré avec Herbie Flowers, Bernard Purdie, Phil Upchurch et Paul Martinez. 

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L'album marchera plutôt bien, sans casser la baraque à frites, il se classera N°3 aux USA et en Angleterre. En revanche, les critiques, qui avaient assez bien accueilli le précédent opus, ont été plutôt méchants avec ce disque qui, il faut bien l'avouer, est assez difficile à classer au premier abord, sous sa pochette blanche et sobre (mais au verso, une photo bien ensoleillée d'un parasol naturel et d'un hamac). L'album est sorti sous une pochette simple, avec un insert cartonné proposant les paroles et un dessin, relativement moche, et probablement signé Cat Stevens. L'album offre donc un morceau occupant une face entière, la première : Foreigner Suite, d'une longueur de 18 minutes. Il ne s'agit pas vraiment d'une suite de morceaux, mais de thèmes (d'ailleurs, sur l'insert, il est indiqué, scrupuleusement, par blocs, quand démarre et se termine telle ou telle partie, et qui joue de quoi sur ces segments, qui sont tellement bien imbriqués qu'on ne se rend limite pas compte qu'il s'agit d'un assemblage). Il paraît qu'un des segments, vers la fin (vers la 14ème minute), aurait été plagié par Coldplay pour leur Viva La Vida, il y à même eu un procès. Il est vrai qu'on note des ressemblances parfois flagrantes. Il semblerait qu'un morceau de Paul Anka, datant de 10 ans après l'album de Cat Stevens, ait aussi été concerné, dans le genre plagiat inconscient. Après, on sait bien qu'il est difficile, surtout maintenant, d'écrire quelque chose de totalement original...

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La Foreigner Suite qui occupe toute la face A est incontestablement le sommet de l'album, le contraire aurait été aussi étonnant que dramatique (quel gâchis de vinyle ça aurait été, sinon !), mais n'allez pas croire que la seconde face, qui offre donc (pour une durée similaire), 4 titres, n'est pas bonne. Oh, que non. Rien que pour The Hurt et Later, elle mérite autant de kudos que la Foreigner Suite (que Cat interprètera en live une fois, au cours d'une émission spéciale live de 90 minutes - au cours de laquelle il interprètera aussi d'autres morceaux, hein, c'est pas la Foreigner Suite qui faisait, ici, 90 minutes ! - pour la chaîne de TV ABC), elle n'offre que des merveilles douces-amères comme Stevens avait l'habitude de nous en offrir (How Many Times). On notera que le relatif insuccès de l'album, surtout critique, n'entraînera pas de tournée promotionnelle pour l'album, Cat Stevens ne refera une tournée que pour son album suivant, qui sortira en 1974 et que j'aborde demain. Un album qui, au passage, est un de mes préférés de lui (mon second préféré, précisément), à la différence de ce Foreigner que j'aime beaucoup, mais que je n'écoute, je dois l'avouer, pas aussi souvent que les autres. Sans doute parce qu'il est moins attrayant au premier abord, et que son long morceau-titre de la face A possède quelque chose d'un peu intimidant. Mais c'est un remarquable album (un de plus) de Cat Stevens. 

FACE A

Foreigner Suite

FACE B

The Hurt

How Many Times

Later

100 I Dream

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"Back Into The Future" - Man

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Revoilà Man. Les Gallois seront encore à l'honneur une fois sur le blog après cet article avant de repartir dans leur coin. J'i eu l'occasion récemment de parler d'un de leurs albums, et d'expliquer en quelle occasion j'ai découvert ce groupe culte et ai poursuivi ma découverte de leur oeuvre. Mais je n'ai pas poursuivi jusqu'au bout, donc ne comptez pas sur moi pour tout aborder d'eux. Mais ce disque fait partie de ceux que je peux aborder parce que je le connais, et même assez bien. C'est le huitième album du groupe, il date de 1973, est sorti sous une belle pochette gatefold (l'intérieur, en noir & blanc, montre le même décor, mais sans personnages - qui sont les membres du groupe - et en version décrépit), et à sa sortie, il était double. Il était, je précise, car en CD (même si je ne l'ai pas sous ce format), tout tient sur un seul disque de 76 minutes. Pour seulement 9 morceaux, les mecs. Back Into The Future, c'est le titre de l'album, est un disque hybride, en plus. Je ne veux pas dire par là qu'il marche à l'électricité et au SP95, mais qu'il contient un disque enregistré en studio (le premier) et un disque totalement live (à la Roundhouse), le second. L'album dans son intégralité est produit par le groupe et Vic Maile (qui, par la suite, produira notamment Dr Feelgood). 

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Sauf erreur de ma part et de Wikipedia, Back Into The Future sera, en tout cas à sa sortie, le plus gros succès commercial de Man en Angleterre, en se classant 23ème, ce qui n'est pas génial, mais Man n'a jamais été un groupe aussi vendeur que Led Zeppelin, les Stones ou les Who, donc faut rester relatif. C'est un disque de rock progressif, donc, Man étant un groupe spécialisé dans ce genre de musique. C'est incontestablement un des meilleurs albums des Gallois, mais comme à chaque fois ou presque (pour ma part, la seule fois où j'ai accroché directement à un album de Man, ce fut leur live Maximum Darkness de 1975, en raison de son ambiance totalement électrique), ce n'est pas forcément à la première écoute que l'on appréciera pleinement l'ensemble des morceaux. Autant commencer par parler de la partie live, les trois derniers titres (et deux dernières faces. Après un Sospan Fach de 3,30 minutes interprété par un choeur gallois, très forcément en gaëlique (mais on a l'impression d'avoir affaire aux Choeurs de l'Armée Rouge !), on se retrouve avec 19 minutes de C'Mon (morceau originaire de l'album Be Good To Yourself At  Least Once A Day, de 1972, que j'ai abordé récemment, et sur lequel il durait 11 minutes), encore plus frénétique que la version studio, pour achever la face C. Et la D est entièrement occupée par Jam Up Jelly Tight/Oh No Not Again (Spunk Rock '73) de 21 minutes, totalement indescriptible (cette guitare...). Plus de la moitié de l'album est, donc, live, ce sont les deux plus longues faces de Back Into The Future. Le son est excellent. La prestation, inoubliable.

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Et les morceaux studio ? Présents sur deux faces bien plus courtes (17 et 15 minutes respectivement), ces six morceaux sont franchement remarquables, mention spéciale à A Night In Dad's Bag, virevoltant et chelou, qui ouvre parfaitement l'album. Si les titres de la face A, comme celui que je viens de citer et le morceau-titre, sont bien (mais un peu trop courts, 4 minutes chacun en gros), ce sont les deux de la face B, et surtout Never Say Nups To A Nepalese (Man choisissait souvent des titres à la con pour leurs morceaux, ils avaient un sens de l'humour assez particulier, qui se ressent jusque dans leur musique), qui font chacun 7,30 minutes, sont ahurissants. Le chant de Micky Jones est un peu usant, mais corrrespond bien, au final, au rythme insensé (parfois) de leur musique. Back Into The Future est probablement le meilleur album du groupe, tant il est convaincant, et ce malgré une durée qui pourra sembler fatigante pour certains. Mais quels morceaux retirer ? Les titres live ? Surtout pas. Deux titres sur la face A ? L'album serait toujours double, et de plus, bien déséquilibré. Tel quel, ce double album est absolument remarquable, je pense que peu d'autres mots conviennent. 

FACE A

A Night In Dad's Bag

Just For You

Back Into The Future

Don't Go Away

FACE B

Ain't Their Fight

Never Say Nups To Nepalese

FACE C

Sospan Fach

C'Mon

FACE D

Jam Up Jelly Tight/Oh No Not Again (Spunk Rock '73)

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20 octobre 2019

Brol - Angèle

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Je vais vous parler d'une jeune artiste belge, répondant au nom de Angèle Van Laeken et qui chante sous le simple sobriquet d'Angèle. Cette jeune femme, belle comme les amours, extrêmement énergique et qui, visiblement, a l'air très sympathique, a sorti son premier album en octobre de l'année dernière. Il s'appelle Brol. Brol étant un mot en brabançon, dialecte germanique et qui signifie le bordel. Mais un bordel léger quoi. Rien de bien vilain. Sorti sous une pochette amusante, montrant Angèle à l'âge enfantin avec des chicots en moins, cet album a fait un vrai carton. A ce jour, on en dénombre plus de 500 000 exemplaires physiques vendus. Ce qui est quand même une belle performance de nos jours, il faut l'avouer. Mais, il est temps de se poser la question suivante : comment est-ce possible que cet album se soit vendu autant ? Non, parce que là les mecs, en 41 minutes de musique gravée sur CD ou couchée sur vinyle, la seule chose que l'on peut faire, c'est trouver quelle chanson est la moins mauvaise du lot.

Le disque s'ouvre sur une horreur absolue : La Thune. Un reggae désespérant. Une chanson infecte qui apporte une nouvelle preuve, s'il en fallait une, que le reggae, si on est pas Bob Marley, Peter Tosh ou encore Jimmy Cliff, il ne faut pas y toucher. Si on est pas jamaïcain, c'est propriété interdite. A moins d'être l'égal d'un Gainsbourg ou d'un Lavilliers. Mais, à l'écoute de cette chanson, la conclusion est sans appel. Mais, et c'est ça qui fait peur, ce n'est pas la pire chanson de ce disque. La suite fait encore plus mal au cul. Je vous le garantis. Je passe sur Balance Ton Quoi ou Jalousie (non non, ce n'est pas une reprise de la chanson des Rita) tout bonnement insupportables. J'aimerais m'attarder un peu sur Tout Oublier. Pas pour parler de la chanson, ça n'en vaut pas la peine, mais pour parler du clip. Un grand moment de ridicule. On y voit la jeune Angèle et son collègue artiste Roméo Elvis (oui, c'est chanté en duo) à la plage en combinaison de sports d'hiver. Faire du ski sur la plage... Certains diront : ouais, mais c'est décalé, c'est trop drôle. Euh... non, c'est juste ridicule. Les clips de Bicycle Race ou Speed Demon étaient décalés et fendards et en plus, l'un était chanté par Freddie et l'autre par Bambi, il y avait donc une qualité d'interprétation incontestable. Dans le cas d'Angèle, on a même pas ça à se carrer sous les dents. Ce qui suit, que ce soit Nombreux, Les Matins ou Ta Reine n'est rien d'autre qu'une lente noyade dans un seau à merde. Dans ce marasme musical, une seule chanson passe à peu près l'écoute : Flou, dont le clip est d'ailleurs matraqué sur les chaînes prévues à cet effet. Bon, y a pas de quoi se relever la nuit. C'est juste moins mauvais que le reste.

Voilà pour cet album. Ou devrais-je dire pour cette catastrophe musicale et francophone. Ça s'est bien vendu, tant mieux pour Angèle. Mais bon, elle a beau avoir du succès, être très prisée et donner de sa personne en concert, il n'empêche que du fond de son petit trou moelleux aux Marquises, Jacques Brel peut dormir tranquille. Et je pense pas qu'Arno voit en cette jeune femme une concurrente. Excepté sur le plan commercial.

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La Thune

Balance Ton Quoi

Jalousie

Tout Oublier

La Loi De Murphy

Nombreux

Victime Des Réseaux

Les Matins

Je Veux Tes Yeux

Ta Reine

Flemme

Flou

The Sign - Ace Of Base

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Mais... nom de dieu de merde, qu'est-ce qu'Ace Of Base vient foutre ici ? Se demanderont automatiquement certains après avoir vu la pochette de l'album. On ne pourra pas leur reprocher de se poser la question. Je vais vous dire pourquoi je parle de ce groupe. Dans la catégorie infamante Rock n'roll of Shame, une chanson de l'album que je vais aborder apparaît, alors, pour « bien » faire les choses, je parle de l'album. Bon, on ne va pas se mentir, Ace Of Base n'a réellement existé que le temps d'un album qui a tout niqué dans les charts des pays où il est sorti. Et quand je dis qu'il a tout niqué, je n'exagère pas. Et, des blaireaux, à l'époque, ont quand même trouvé le moyen de comparer AoB à ABBA. Sérieusement... ? Comme ultérieurement, des blaireaux avaient comparé les Beatles et les Stones, Prince et Bambi ou, dans nos frontières, Téléphone et Indochine. On va être clair, la seule chose que Ace Of Base et ABBA aient eu en commun, c'est que leur musique était faite pour les boîtes de nuit. Et d'être suédois, mais ça, on s'en branle complet. Mais le truc, c'est que si la musique d'ABBA passe encore bien la rampe, celle d'Ace Of Base, plus du tout. Cet album, dans sa distribution, c'est un vrai bordel, car il existe sous plusieurs éditions. Moi, je vais causer de la version que l'on trouve aujourd'hui 9 fois sur 10.

Que dire ? Que si cette musique qualifiée de dance-pop, d'eurodance et d'europop passait crème au début des années 90, en boîte, entre deux pétards et une pipe aujourd'hui, ça fait quand même sacrément mal aux oreilles. On a ici au moins 3 chansons qui ont explosé les hit-parades de l'époque : A commencer par All That She Wants, celle qui est présente dans la catégorie infamante. Et, franchement, je ne vois pas quelle autre place lui donner. On va pas tortiller du cul : de nos jours, cette chanson est tout simplement inécoutable ! Mieux vaut s'infuser du Mireille Matthieu. Don't Turn Around ? Si la chanson précédente passe encore beaucoup à la radio, celle-ci, plus du tout, malgré son succès à l'époque. Alors, pour ma part, je l'ai oubliée rapidos. Du coup, je n'ai pas grand chose à vous dire dessus. Et, le troisième gros succès revient à Happy Nation. Celle-là aussi on en a bouffé hein ? Mais, j'ai envie de vous dire qu'elle est la seule chanson d'Ace Of Base à rester écoutable à notre époque. Si les deux autres me sortent par tous les trous, pas celle-là. J'arrive à l'encaisser. Mais pour combien de temps ? Zat iz ze question comme disait l'autre.

Et les autres chansons alors ? La chanson titre est une véritable scie. Si on écoute ce truc à la quarantaine, on aurait vite fait de découvrir en nous un tueur psychopathe qui sommeille. Bon, peut-être que j'exagère un poil, mais un truc est sûr : écouter ce truc est aussi agréable que de se manger en pleine narine un pet de vautour qui aurait bouffé une carcasse vieille d'un mois et qui ne serait pas arrivé à chier depuis le jour où il l'a bouffée. Et sinon, Young And Proud, Wheel Of Fortune, Living In Danger ou encore Dancer In A daydream, on en fait quoi ? Et ben que dalle parce que c'est à chier de la mousse rose à pois verts par le cul d'une girafe diarrhéique en captivité au zoo de la Palmyre.

Pour vous donner un ordre d'idée, Ace Of Base a pondu trois albums supplémentaires après celui-ci, et oui... et plus ça ira, plus ils seront pourris, ça vous laisse bien entrevoir la catastrophe. Et sinon, vous avez remarqué que j'ai réussi à faire trois bons paragraphes pour parler de ce disque. Putain, si avec ça on me téléphone pas dans la semaine à venir pour me convier à une cérémonie afin de me remettre la médaille de l'ordre national du mérite, et ben je n'y comprends plus rien, je brûle mes papiers français et je me casse au Paraguay.

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All That She Wants

Don't Turn Around

Young And Proud

The Sign

Living In Danger

Dancer In A Daydream

Wheel Of Fortune

Waiting For Magic

Happy Nation

Voulez-Vous Danser

My Mind

All That She Wants (Banghra Version)

 

 

 


"Catch Bull At Four" - Cat Stevens

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Et on arrive donc à mon album préféré de Cat Stevens pour cette quatrième chronique du cycle...qui aborde, le cycle ayant démarré avec le troisième album, son sixième album studio (et sixième tout court, d'ailleurs). Un disque plus long que les précédents, sans être toutefois d'une longueur monumentale : il dure, en effet, un petit peu moins de 40 minutes. Mais Catch Bull At Four a beau durer plus longtemps que la demi-heure bien tassée de Teaser And The Firecat (il dure 7 minutes de plus), son écoute passe tout aussi rapidement que celle de l'album de 1971, tant la musique y est sublime. Enregistré en mai 1972 (pour une fois, Cat n'a pas enchaîné les albums, voir, dans les précédentes chroniques, les dates de sortie et d'enregistrement des albums, quasiment du à la suite) entre Londres (Morgan Studios), l'Oxfordshire (The Manor Studio) et la France (Château d'Hérouville, à une douzaine de bornes de chez moi), Catch Bull At Four a été enregistré avec les mêmes musikos que le précédent opus (Alun Davies, Gerry Conway, Jean Roussel), plus le bassiste Alan James, qui, tous quatre, ont l'honneur d'être en photos individuelles dans la pochette intérieure (avec les paroles des chansons, dans le désordre, sur l'autre pan de pochette). Cat, lui est sur une grande photo prenant toute la pochette verso, tandis que le recto est  une illustration en médaillon central sur un mur bicolore (blanc et gris), un jeune moine tibétain, enfant, tenant un taureau par la tête. Illustration parfaite du titre de l'album, lequel est une variation sur un des "Dix Taureaux du Zen", une série de dix poèmes illustrés et racontant les étapes de l'ascension du fidèle bouddhiste vers la libération et son retour vers la société. Le quatrième Taureau est "le Taureau attrapé". Soit taureau attrapé au quatre, pour traduire le titre de l'album.

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Verso de pochette

Sur les précédents opus, Cat chantait, jouait de la guitare sèche et un peu de claviers. Ici, c'est clairement précisé qu'il joue de la guitare sèche et électrique, des percussions, du piano, Wurlitzer, synthétiseur, orgue, mandoline et même de la batterie ! Avec cet album, Stevens ose enfin vraiment l'électrique, et on peut parler, ici, de folk-rock plutôt que de folk pure et dure. Rien de vraiment rock cependant, rien à voir avec du Bob Dylan de l'époque Blonde On Blonde. Catch Bull At Four, bien accueilli par la presse et le public, marchera bien dans les charts malgré (et ça sera reproché, dans un sens, à Cat dans les critiques de l'époque) l'absence de single fédérateur du genre Wild World ou Morning Has Broken. Une seule chanson sortira en single, en 1973 (l'album sort en septembre 1972, au fait, c'est pour vous dire à quel point Cat a attendu avant de sortir un single tout sauf promotionnel), Sitting, chanson qui ouvre l'album et qui parle de méditation. Je pense qu'au moment où cette chanson est sortie en single, Cat était déjà en train d'enregistrer (ou en tout cas, d'écrire) ce qui allait devenir son album suivant, Foreigner, dont je parlerai demain. C'est à partir de Catch Bull At Four que Cat Stevens va vraiment commencer à faire entrer ses intérêts pour les religions dans ses chansons. On le sait, en 1977 il se convertira à l'Islam, il est depuis, toujours, musulman (contrairement à Dylan qui, en 1979, de juif, se convertit au catholicisme, born-again, puis redevient juif en 1983), et a choisi comme nom musulman Yusuf Islam. Mais Cat, avant ça, s'intéressait à toutes les religions. Clairement, ici, le bouddhisme zen a eu, pour lui, de l'attrait, entre le titre, la pochette, et Sitting. Mais le superbe O' Caritas est en partie interprété en latin, langue assimilée à la religion chrétienne. Et Cat est en partie grec, et a peut-être été élevé dans la religion orthodoxe. Mais il est britannique, et, donc, peut-être protestant, en fait, à la base. Les religions, c'est compliqué. 

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Je n'ai pas vraiment suivi les paroles des 10 chansons à fond, me contentant d'écouter et de savourer chaque seconde de ce disque sublime, donc je ne pense pas que tout  Catch Bull At Four parle de spiritualité, mais ce qui est sûr, c'est que c'est un des thèmes de l'album. Lequel album, de Sitting à Ruins en passant par le très grec dans l'âme The Boy With A Moon & Star On His Head, le latinisant et solennel O' Caritas, et les magnifiques Angelsea et Sweet Scarlet,  est parfait de bout en bout. Notons cependant que l'album est sans doute moins immédiatement accrocheur que les trois précédents opus, qui étaient très directs, de la folk traditionnelle. Cat fera encore moins facile d'accès avec Foreigner (1973), j'en reparle demain, mais Catch Bull At Four mérite plusieurs écoutes pour être pleinement apprécié. Il est de loin mon grand préféré de Cat, celui que j'écoute le plus, mais je me souviens que ma première écoute était enthousiasmée, mais pas non plus délirante. Si j'avais du, après chaque première écoute des album de Cat, établir une liste par préférence, sur 10 albums, il aurait sans doute été quatrième. Après trois/quatre écoutes, il est clairement devenu premier, sans se forcer. Il y à une magie discrète dans les chansons de cet album, une atmosphère quasi impalpable. C'est vraiment un joyau méconnu qui mérite toute votre attention !

FACE A

Sitting

The Boy With A Moon  & Star On His Head

Angelsea

Silent Sunlight

Can't Keep It In

FACE B

18th Avenue (Kansas City Nightmare)

Freezing Steel

O' Caritas

Sweet Scarlet

Ruins

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"Message From A Drum" - Redbone

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Encore un p'tit peu de Redbone ? Le groupe des frangins Lolly et Pat Vegas, deux native americans d'origine Shoshone et Yaqui, a sorti ses deux premiers albums en 1970 : le double Redbone (un des meilleurs doubles albums et premiers albums de tous les temps) et le simple (tous les autres aussi le seront) Potlatch. Lequel, abordé récemment ici, est une belle réussite de rock bluesy et swampy, avec un beau classique au menu, Maggie. L'année suivante, le groupe, exclusivement constitué d'Indiens, dont le nom est un terme argotique et peu appréciable pour désigner un native, et dont l'imagerie des pochettes surfe à fond sur leurs origines, sort son troisième album, cet album-ci. La pochette représente un camp indien, avec des Indiens à cheval, tipis, et il s'appelle Message From A Drum. Il dure 34 minutes pour 11 titres dont deux de 18 secondes chacun, si si, Maxsplivitz et Perico. Deux instrumentaux (vu leur durée, on ne s'attendait pas à ce qu'il y ait du texte, hein ?) qui, sincèrement, sont identiques (des mini-jams) et ne servent à rien, si ce n'est à rajouter une trentaine de secondes (insignifiant, donc) et deux plages audio sur un disque qui, sinon, durerait autant de minutes, mais pour seulement 9 titres. Le groupe ne change pas : Lolly Vegas (chant, guitare) ; Pat Vegas (chant, basse) ; Tony Bellamy (chant, guitare) ; Pete DePoe (batterie, percussions, choeurs). Ce sont les frangins Vegas qui produisent le disque.

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Message From A Drum, avec cette pochette, n'est sorti, tel quel, qu'aux USA. En Europe, sans que le tracklisting ne soit modifié, l'album sortira sous un autre titre et avec une autre pochette (visuel ci-dessus) : The Witch Queen Of New Orleans. On y voit un objet d'artisanat indien. C'est cette version, plus facile à trouver que l'autre, que je possède. Comme je viens de le dire, mis à part cette différence de packaging, aucune différence pour ce qui est de l'album, musicalement parlant. On y trouve les mêmes morceaux, dans le même ordre, dans les mêmes versions. Et quels morceaux ! Message From A Drum est une sublime ballade qui ouvre idéalement l'album, The Witch Queen Of New Orleans, qui ouvre la seconde face, est, elle, une tuerie bluesy à la Maggie (du précédent opus) et marchera plutôt bien à l'époque, on trouve cette chanson (et l'autre morceau-titre de l'album !) sur chaque best-of du groupe, je pense. De même que One Monkey et Jerico, efficaces au possible, il me semble difficile de ne pas citer Niji Trance dans la plutôt longue liste des morceaux réussis de ce troisième opus. 

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Verso de la version U.S. ; un peu différent pour la version européenne

Le reste de l'album est d'un niveau hautement recommandable, meilleur encore, je pense, que Potlatch, le précédent (et nettement meilleur que les suivants, j'aborderai d'ailleurs le suivant, Already Here, avant de lâcher l'affaire, du moins pour le moment), et si on met de côté le fantasbuleux premier opus, Message From A Drum est peut-être mon préféré du groupe, et en tout cas, leur second meilleur après le premier. Un disque génial, qui passe cependant trop vite (on n'a vraiment pas le temps de trouver le temps long, seulement 34 petites minutes sans temps morts) et qui prouve que Redbone était un groupe génial, aussi génial que fondamentalement méconnu des masses. Je ne peux que conseiller, donc, ardemment l'écoute de leurs albums. Si vous aimez le bon vieux rock, difficile de ne pas apprécier leur musique !

FACE A

Message From A Drum

Niji Trance

The Sun Never Shines On The Lonely

Maxsplivitz

Emotions

Jerico

FACE B

The Witch Queen Of New Orleans

When You Got Trouble

Perico

Fate

One Monkey

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19 octobre 2019

La Génération Perdue - Johnny Hallyday

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Quoi ?! Encore Johnny Hallayday ?! Mais... ça fait deux fois en huit jours diront les mauvaises langues ! Oui, encore Djauni sur le blog. Mais, cette fois-ci, c'est pour aborder un bon album. Et là, les mauvaises langues diront : Hein ? Ça existe un bon album d'Hallyday ? J'en conviens, il n'y en a pas pléthore dans la discographie du bonhomme, mais il y en a quand même. Faut pas être trop vache non plus. Rivière... ouvre ton lit ou Flagrant délit, c'était vraiment pas de la merde. Le premier cité est d'ailleurs son sommet studio. Même si il l'a renié quelque peu. Quel abruti ! Oups, ça m'a échappé ! Mais, je pigerai jamais comment on peut renier, ne serait-ce qu'un peu un disque pareil. La génération perdue marque le début d'une bonne période de la carrière de Johnny Guitar. La meilleure et j'ai envie de dire la seule bonne période de sa carrière. Les spécialistes la balisent de 1966 à 1973. Moi, j'ai plutôt envie de la situer entre 1966 et 1971. Même si, après cette année, d'autres bons albums verront le jour. Bref, à l'époque, Johnny est dans une mauvaise phase, c'est une période d'errances musicales, ses disques ne se vendent pratiquement plus et il tente de se foutre en l'air après la naissance de son môme. Heureusement pour lui, l'album que je vais aborder aujourd'hui marchera bien et le relancera. 

Alors, qu'en est-il de cette Génération perdue ? Tout d'abord, ce n'est qu'un détail, mais c'est tout même bon de le préciser. Aujourd'hui, que vous l'achetiez en CD ou en vinyle, 4 des 12 chansons proposées sont rééditées en prise complète. Mais, ne vous affolez pas, ça va de 8 à 16 secondes maximum. C'est pas la mer à boire hein. Je disais que cet album est bon. En fait, il est même très bon. Et, je ne dis pas ça pour rétablir un peu l'équilibre après avoir défoncé un album de Johnny la semaine dernière. Je le pense vraiment. Mais, je vais d'abord parler des deux chansons franchement dispensables, sans lesquelles l'album aurait été encore meilleur : il y a d'abord Quand Un Homme Perd Ses Rêves, adaptation de When A Man Loves A Woman de Percy Sledge. Le problème ne vient pas de la musique, mais bel et bien du chant du Johnny qui n'est absolument pas raccord. C'est parfois limite pénible à entendre. Et, il y a aussi : Je Veux Te Graver Dans Ma Vie, adaptation de la monstrueuse (dans le bon sens du terme évidemment) de Got To Get You Into My Life des Beatles. Ce n'est pas immonde, faut pas déconner, ça s'écoute, mais c'est tellement en-dessous de la version originale que ça ne peut être que très dispensable. 

Mais, on trouve aussi d'excellentes chansons ici. A commencer par la chanson titre, composée par Johnny, efficace comme un coup de boule et faisant partie des classiques de Johnny. L'a-t-il souvent chantée lors des ses concerts ? A vrai dire, je n'en sais rien, je le suppose, mais je ne peux pas l'affirmer. Je laisse les connaisseurs d'Hallyday répondre à ma place. Je Me Suis Lavé Les Mains Dans Une Eau Sale est elle, une excellente chanson. Emmenée par un très bon riff de guitare et un orgue qui fait des ravages. Pour moi, c'est la meilleure chanson de l'album. Mais, ça n'engage que moi. Don't Need Nobody, comme son titre l'indique, est chantée intégralement en anglais et en trio avec Mick Jones et Tommy Brown. Et, très franchement, c'est un rock bien vif, bien efficace et qui fait du bien par où il passe. Noir C'est Noir...faut-il encore la présenter ? Classique incontournable de son interprète. Excellente elle aussi et qui ne lasse jamais. La dernière chanson du disque, composée par Johnny himself, c'est Cheveux Longs Et Idées Courtes. Un gros classique encore une fois. Ecrite pour deux raisons : tout d'abord pour répondre à Antoine qui s'était payé la tronche d'Hallyday dans Les Elucubrations en disant qu'il faudrait l'enfermer dans une cage du cirque Médrano ainsi que pour se payer la tronche des hippies. Même si, quelques 2 ou 3 ans après, Johnny virera hippie. Voir sa bobine sur la pochette de Rivière... ouvre ton lit. Et, au milieu de tout ça, se trouve De Loin En Loin, aussi composée par Johnny et qui est une petite douceur vraiment sublime. Les chansons restantes, sans faire sauter des braguettes, sont franchement d'un bon niveau. A titre personnel, sans prendre un pied d'enfer, j'aime beaucoup On S'Est Trompé

Voilà pour cet album, faisant partie des réussites de son auteur et qui est chaudement recommandé. Bien plus que Rock N'Roll Attitude ou Gang qui eux, ne feraient même pas bander le pape pendant la messe. Surtout le dernier cité. Même moi, qui suis tout, sauf fan de Johnny, je vous dis que cette Génération perdue fait partie des disques de Johnny Guitar à posséder. Si vous ne le connaissez pas, à l'exception des 4 gros classiques présents dessus, allez le découvrir et, normalement, vous ne serez pas déçus. Et maintenant, y aura-t-il d'autres chroniques sur des albums d'Hallyday se demandent certains ? Oui, j'en ferai encore minimum 3. 

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Face A

La Génération Perdue

On S'Est Trompé

Je Me Suis Lavé Les Mains Dans Une Eau Sale

Quand Un Homme Perd Ses Rêves

Don't Need Nobody

De Loin En Loin

 

Face B

Noir C'Est Noir

La Fille A Qui Je Pense

Je Veux Te Graver Dans Ma Vie

Le Jeu Que Tu Joues

Elle Reviendra

Cheveux Longs Et Idées Courtes

 

 

 

 

 

 

 

"Teaser And The Firecat" - Cat Stevens

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Pour ce troisième opus du cycle Cat Stevens, on va parler d'un chef d'oeuvre total, intersidéral, tellement parfait qu'il renvoie le pourtant gigantesque précédent album dans les pâquerettes. Et ce n'est même pas mon préféré de lui (si vous voulez savoir lequel est-ce, mon préféré, c'est le suivant, sorti en 1972, que j'aborde demain, mais patience), même si c'est tout de même un de mes préférés derrière le suivant. Il date d'octobre 1971, a été enregistré entre juillet 1970 (soit dès la fin des sessions de l'album précédent, Tea For The Tillerman) et mars 1971, est sorti sous une belle pochette entièrement dessinée par Cat, et il s'appelle Teaser And The Firecat. Court (32 minutes, 10 titres), cet album partage son titre avec un livre illustré pour enfants fait, à la même époque, par Cat Stevens, racontant une histoire avec les deux personnages de la pochette : un garçon du nom de Teaser, arborant un haut-de-forme, et un chat roux, le Firecat. Sur la pochette, le dessin, on le voit, représente Teaser en train d'aguicher le chat avec une arète de poisson, assis sur le rebord du trottoir devant une palissade, de nuit (le verso représente le détail très agrandi des jambes de Teaser, et à l'intérieur de la pochette ouvrante, on a les paroles des chansons et une grande photo de Cat Stevens). A noter que le carton de pochette est, du moins pour certains pressages, assez doux et pelucheux au toucher, et que, là aussi sur certains pressages (dont le mien), la pochette n'est pas sur fond blanc, pour le recto, mais d'un vert clair. 

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Trois singles seront issus de ce disque : Peace Train, Moonshadow et surtout Morning Has Broken, une des plus belles chansons du Cat, une pure merveille lancée par un piano (joué par Rick Wakeman, non crédité) cristallin. Ces trois chansons suffisent à faire de Teaser And The Firecat un objet de choix dans la discographie de l'artiste. Mais comme je l'ai dit, cet album est d'une perfection parfaitement parfaite, il est sublime de A à Z, de The Wind à Peace Train, et entraînantes ou mélancoliques, les 10 chansons de l'album sont autant d'étapes pour un voyage auditif inoubliable (Rubylove et son bouzouki, et ses paroles en partie en grec, rappelons que Cat est à moitié grec chypriote). Niveau musiciens, Cat (guitare sèche, claviers) est accompagné de son fidèle Alun Davies (guitare sèche, choeurs), de Harvey Burns (batterie), et on note deux musiciens qui reviendront fréquemment, par la suite, chez lui : le claviériste Jean Roussel et le batteur Gerry Conway. Lary Steele à la basse et aux congas, Linda Lewis aux choeurs sur How Can I Tell You, et encore une fois, une production signée Paul Samwell-Smith. 

CS9

A sa sortie, l'album sera un gros succès commercial, plus encore que les précédents albums du chanteur (en Australie, il sera la meilleure vente de l'année 1972, pour l'anecdote), et même les rock-critics seront plus gentils que d'ordinaire avec Cat, estimant qu'il devient vraiment un artiste sur qui il faut compter dans la catégorie folk, mais que, cependant, il n'offre que peu de surprises. Autrement dit, il assure la marchandise, mais ne cherche pas à surprendre son public. Des remarques que Cat a très certainement retenues, quand on voit ce qu'il fera dès l'album suivant ! En attendant cet album suivant, on a donc ici affaire, pour conclure, à un chef d'oeuvre de folk pure et mélancolique, 10 chansons sublimes (Changes IV, The Wind, Tuesday's Dead, et les trois singles, notamment), une production parfaite, car sobre et élégante, et pour ne rien gâcher, un contenant (la pochette) magnifique... Un album rigoureusement essentiel ! Désolé pour la brièveté de la chronique, mais devant tant de beauté, des fois, on reste un peu sec !

FACE A

The Wind

Rubylove

If I Laugh

Changes IV

How I Tell You

FACE B

Tuesday's Dead

Morning Has Broken

Bitterblue

Moonshadow

Peace Train

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"Axe Victim" - Be-Bop Deluxe

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Encore un album abordé dans le bouquin de Manoeuvre, Collector, et que je n'aurais sans doute jamais découvert sans ça. Encore que...j'avais déjà entendu parler de ce groupe. Mais cet album, le premier dudit groupe (Be-Bop Deluxe), est radicalement différent de ce que le groupe fera par la suite, donc même si j'avais écouté un autre de leurs albums, rien n'aurait pu me préparer à ça. Mais parlons un peu de Be-Bop Deluxe. C'est un groupe britannique fondé par le guitariste et chanteur William (ou Bill) Nelson en 1972. Un groupe qui, jusqu'au premier album (inclus), sera également constitué de Ian Parkin (guitare), Robert Bryan (basse, chant) et de Nicholaas Chatterton-Dew (batterie), sans oublier, même s'il quittera le groupe avant le premier album, le claviériste Richard Brown. Contrairement à ce que son nom ne pourrait le laisser supposer, Be-Bop Deluxe n'a jamais joué de be-bop (un style de jazz conçu dans les années 40), mais se spécialisera, après leur premier album, dans une sorte de rock progressif arty précurseur de la new-wave. Et dès le deuxième album, Futurama (1975), l'ensemble des musiciens du groupe, mis à part le pilier Bill Nelson, seront remerciés et remplacés. On peut dire qu'il y à eu deux moutures de Be-Bop Deluxe : la première et les suivantes ! Le groupe a existé jusqu'en 1978 et a fait cinq albums. Voici donc leur premier, il s'appelle Axe Victim.

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Ce disque est sorti en 1974 sous une pochette représentant une guitare en forme de crâne humain au sourire quelque peu contrit, et au verso, une photo du groupe, avec Nelson brandissant une guitare et, selon les éditions de l'album, une citation de Cocteau, en français dans le texte. Mon édition, britannique mais peut-être pas l'originale, ne contient pas cette citation, mais une autre, issue des paroles du morceau-titre (mon édition est en pochette simple, mais il me semble qu'il existe aussi une édition avec pochette ouvrante, ceci explique cela). L'album est sorti sur Harvest, comme les autres du groupe, ce qui est un détail, mais c'est aussi le label de Pink Floyd et Roy Harper, des futurs Wire, aussi, un label un peu exigeant quant à la qualité de la musique. Rien qu'à regarder la photo des membres du groupe, un nom saute aux yeux : glam-rock. Proto-punk, aussi. C'est clair, si le groupe évoluera en rock arty, ce n'est pas le cas ici, pas trop en tout cas. Avec ses 43 minutes bien tassées (sur les 10 titres, 3 dépassent les 5 minutes), Axe Victim, titre en double sens qui veut aussi bien dire 'victime d'une hache' que 'victime d'une guitare', est un régal de rock guitaristique, Nelson, en plus de bien chanter (et il possède une voix idéale pour le glam, croisement entre Bowie et Bolan), est un putain de bon Dieu de vraiment guitariste de génie, et quasiment tous les titres sont des housses à cathédrales sonores : Darkness (L'Immoraliste), Axe Victim, Jet Silver And The Dolls Of Venus (un titre qui respire bien son T-Rex de la même époque, voir l'album Zinc Alloy & The Hidden Riders Of Tomorrow de la bande à Bolan), Rocket Cathedrals... 

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A noter que le sublime Jets At Dawn démarre par les mêmes chants d'oiseaux que le Cirrus Minor de Pink Floyd, pour l'anecdote inutile. A l'époque, on critiquera fortement le groupe (dont le nom est, de plus, assez con) de vouloir copier les légendes du glam, Bowie, T-Rex, et c'est peut-être en partie pour ça que Bill Neson orientera Be-Bop Deluxe vers tout autre chose, profitant aussi de l'occasion pour virer les musiciens et les remplacer par d'autres. Les autres albums du groupe sont, dans l'ensemble, loin d'être négligeables, mais Axe Victim, assez chiant à dénicher (mais il existe, comme les autres, en CD), est probablement leur meilleur. Compte tenu qu'il diffère totalement du reste, c'est vraiment paradoxal ! On notera pour finir que deux futurs membres des Sex Pistols, Paul Cook et Steve Jones, écoutaient ce disque en boucle à l'époque. On notera aussi qu'après la fin du groupe, en 1978, Bill Nelson en fondera un autre du nom de Bill Nelson's Red Noise (rien à voir avec un autre groupe, du même nom, Red Noise, fondé à Paris en 1968 par le fils de Boris Vian, et qui faisait du free-jazz engagé...). Voilà !

FACE A

Axe Victim

Love Is Swift Arrow

Jet Silver And The Dolls Of Venus

Third Floor Heaven

Night Creatures

FACE B

Rocket Cathedrals

Adventures In A Yorkshire Landscape

Jets At Dawn

No Train To Heaven

Darkness (L'Immoraliste)

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