Rock Fever

25 octobre 2018

"Mon Pays C'Est L'Amour" - Johnny Hallyday

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Ce n'est jamais aisé de parler d'un album posthume. Il y à toujours cette espèce de pudeur qui empêche d'être (un peu trop) méchant vis-à-vis du disque si jamais on ne le trouve pas assez bon, et quand on en dit du bien, difficile de rester objectif et de dire que c'est un bon album uniquement parce que c'est un bon album, rien que pour des raisons strictement musicales. Difficile, impossible même, de mettre de côté le fait que c'est le dernier disque d'un artiste décédé qui, forcément, n'en fera plus, de disques. Difficile de le chroniquer, que l'on soit journaliste professionnel ou un simple amateur. A la rigueur, mieux vaut ne pas être un fanatique de l'artiste en question, on a un peu plus de recul. Moi, par exemple, j'ai beau avoir dit du bien de lui, ici (et avant sa mort), via quelques uns de ses albums - j'ai aussi défoncé cet artiste, avant sa mort là aussi, via d'autres de ses albums -, je n'ai jamais été fan de Johnny Hallyday. Ce qui ne m'a pas empêché de faire un article lui rendant hommage, le jour de sa mort en décembre dernier. Et c'était sincère. Dès qu'on a parlé (assez rapidement...) d'un futur album posthume, les chansons que Johnny enregistrait au moment de sa mort, je me suis dit que je l'achèterai probablement. Ce que j'ai fait, précommandant l'album une petite semaine avant sa très récente sortie (il est apparemment quasiment en rupture de stock à l'heure actuelle), pas assez tôt, cependant, pour me choper le désormais recherché vinyle blanc, mais bon, il y à plus grave dans la vie. Mon Pays C'Est L'Amour (titre que je trouve un peu bof, c'est aussi celui d'une des chansons, et je précise que Johnny n'avait pas finalisé de titre, l'album ne se serait très certainement pas appelé ainsi s'il était sorti du vivant de Johnny), comme le pastis, est 51. Dans la discographie studio de l'artiste. Si on y rajoute les lives et compilations, je ne m'en sors plus, alors restons dans la discographie studio.

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Un titre moyen qui est aussi une allusion à la ferveur et l'émotion populaire francaouise de décembre dernier, au moment de la mort de Johnny (selon sa Laeticia d'amûûûr dans sa récente interview TV), et une photo noir & blanc d'un Johnny en t-shirt, l'air plus que vaguement éreinté (on dirait un garagiste en fin d'une dure journée), avec le lettrage de L'Attente (un de ses précédents opus), voilà ce qu'est ce disque, court car il ne dure que 37 minutes et presque autant de secondes, pour 11 titres dont un Interlude de quasiment 2 minutes, instrumental, entièrement signé Yodélice et qui, on s'en doute, ne date pas des sessions de septembre/novembre 2017. Johnny n'a jamais mis de morceau de ce genre (sauf éventuellement sur Hamlet, et encore pas sûr, mais ce disque de 1976 a d'autres problèmes), et le côté hommage/minute de recueillement est, avec Interlude, un peu trop évident. Pourquoi ne pas l'avoir mis en sixième position plutôt qu'en cinquième ? Passons. Enregistré entre Los Angeles et Paris, par un Johnny entouré de ses musikos habituels (Yarol Poupaud, Yodélice notamment) et dont l'état de santé était, on le sait, catastrophique, l'album à la base aurait contenu 12 titres, mais seulement 10 (représentant 35 minutes de musique) sont sur le disque. Quid des 2 restants ? Soit ils n'ont pas été finalisés par Johnny et sont restés, par la force des choses à l'état de démo inachevée, soit ils ont été finis, mais on les estimera mauvais. Peu probable, il y avait relativement peu de matos, alors autant tout mettre sur le disque, peu importe que certains titres ne soient pas du niveau habituel car, comme je l'ai dit plus haut, quand il s'agit d'un album posthume, tout le monde, surtout les fans, mettent des oeillères pour éviter de voir les défauts. Il se peut qu'un jour ou l'autre, un coffret intégrale sorte (attendez-vous à pareille opération commerciale, les gars) et que, oh comme c'est étonnant, on trouve, dans le coffret (un coffret ausi onéreux qu'une maison à Marne-La-Coquette), un petit CD de deux titres inédits, introuvable séparément du coffret. Je n'en serais pas autrement surpris.  

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Bon, l'album, sinon ? Autant le dire tout de suite, Jauni n'a pas été repissé à l'Autotune (mais si, vous connaissez ce logiciel qui permet d'embellir la voix, de la faire sonner plus juste, et que tous les rappeurs, Black M, Maître Gims, Booba et son camarade de baston Kaaris, etc, usent et abusent ; ce logiciel qui donne un timbre de voix métallique et tout sauf naturel...), c'est sa voix, rien que sa voix (mixée upfront pour la rendre plus efficace) que l'on entend ici. Avec ses musiciens derrière évidemment. Et le non-fan de Johnny (j'aime cependant beaucoup certains de ses albums, je le dis sans honte) que je suis le reconnaît : le bestiau, bien qu'affaibli par un crabe qui finira par gagner le combat qu'il lui avait lancé, chante super bien. Sa voix est parfaite, aussi bien dans les morceaux les plus enlevés (le morceau-titre n'est pas, malgré son titre, une chanson sirupeuse, loin de là) que dans les morceaux calmes. Mon Pays C'Est L'Amour offre du rock'n'roll qui remue du slibard (Made In Rock'n'Roll, qui devait à la base être le titre de l'album, mais Johnny trouvait apparemment que ça faisait cheap), du blues tenace (4m2, sur la vie en prison, remarquable), de la country (le sympa mais mineur L'Amérique De William, sur le photographe William Eggleston, auteur notamment de la photo de pochette du Radio City de Big Star et du Like Flies On Sherbert d'Alex Chilton), et cette sublime complainte qu'est Pardonne-Moi, ce remarquable Je Ne Suis Qu'Un Homme final qui sonne vraiment comme un point d'orgue, et surtout, surtout, une chanson mémorable, la meilleure de l'album et la meilleure de Johnny depuis belle lurette à mes oreilles, Un Enfant Du Siècle, chanson dont le titre aurait fait un chouette titre pour l'album, au passage, je trouve. Il y à aussi, évidemment, difficile de passer à côté, J'En Parlerai Au Diable, sur laquelle la voix de Johnny filerait des frissons à un sorbet cassis-menthe (la rage dans la voix, dans le refrain !). Il y à aussi le sympathique, pas immense mais vraiment agréable Back In L.A. à moitié signé Miossec (Hallyday n'a strictement aucun crédit, nulle part, sur aucun des titres, ce qui n'est pas une rareté), et Tomber Encore, que je trouve éminemment springsteenienne (le piano martelé à la Roy Bittan), et signée, en partie, des mains d'un fan, d'après ce que j'ai pu entendre à la TV. Dans l'ensemble, cet album posthume (les pointilleux diront qu'en fait, comme Johnny a approuvé les morceaux et aurait sorti le disque à peu près tel quel, ce n'est pas vraiment un disque posthume, mais 'posthume' signifie 'fait après la mort', non ? Alors ? Hein ? Alors ?) est une belle réussite, et pourtant, Dieu sait que les albums posthumes sont parfois décevants (un des rares albums posthumes que je trouve réussi de bout en bout est le Brainwashed de George Harrison ; Blackstar de Bowie a failli être posthume, Bowie étant mort deux jours après sa sortie ; c'est aussi une incontestable et totale réussite mais je m'égare Montparnasse). Celui-ci n'est pas un album gigantesque, deux-trois titres étant un peu en-dessous du reste. Mais ça reste un des meilleurs albums d'Hallyday, clairement, et là, vraiment, je n'ai pas l'impression d'exagérer en écrivant ça. RIP, mec. 

J'En Parlerai Au Diable

Mon Pays C'Est L'Amour

Made In Rock'n'Roll

Pardonne-Moi

Interlude

4m2

Back In L.A.

L'Amérique De William

Un Enfant Du Siècle

Tomber Encore

Je Ne Suis Qu'Un Homme


02 octobre 2018

"A Bord Du Blossom" - Gérard Manset

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Sacré Manset. On pensait qu'après son Opération Aphrodite de 2016 (qui fut son premier album en 8 ans), album étonnant s'il en est - en partie récité, notamment par d'autres que Manset, basé sur un texte érotico-mythique de Pierre Louÿs, baigné d'orchestrations à la Mort D'Orion -, le Gégé avait tout dit. J'étais personnellement persuadé, avant la sortie de l'album, que le dernier Manset serait, à jamais, Manitoba Ne Répond Plus en 2008 (avec la version originelle de Comme Un Lego, qu'il offrit à Bashung la même année), et en 2016, Manset parvint à me surprendre. A la fois parce qu'il revenait, et parce que l'album, long, était vraiment à part. Du genre qu'on n'apprécie pas au premier abord, il faut plusieurs écoutes. Et même, Opération Aphrodite, loin d'être un mauvais album (Manset en a-t-il fait, d'ailleurs ?), ne sera jamais un de mes préférés de lui, trop complexe, trop alambiqué, un peu trop long, aussi (plus d'une heure). Mais quel album tout de même, avec ses illustrations directement issues de la collection 'Anticipation' des éditions Fleuve Noir (ces romans de Stefan Wul, Jimmy Guieu, Richard Bessière...) et ses textes à rallonge. C'était en 2016. Y'à deux ans. Depuis, plus rien, mais Manset, c'est Manset, c'est pas un vulgaire chanteur de variétoche qui nous offre un disque tous les ans, parfois contre notre gré (souvent). Manset, c'est comme Voulzy, Souchon, Cabrel, autrefois Goldman (reviens, mec !...on peut toujours espérer...) : il prend son temps.

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Mais je pensais qu'avec ce disque de 2016, ite, missa est. Bah non. Manset a encore une fois surpris : le 21 septembre dernier est sorti son dernier opus, je n'en ai appris la sortie qu'il y à trois jours, avec du retard donc, et je l'ai acheté direct en découvrant son existence, sans même chercher à savoir ce que c'était au juste (bah, un album, mon con). A Bord Du Blossom, tel est ce nom, sorti sous fourreau cartonné, est sous-titré Mansetlandia - album N°22. Il y à un an environ, ou un an et demi, est soti un coffret proposant quasiment l'intégrale mansetienne, Mansetlandia, ledit coffret a aussi été dispatché en albums vendus séparément (parmi eux, un collector : Long Long Chemin, son disque de 1972 quasiment introuvable, qui fut pour la première fois proposé en CD, en tirage limité). Opération Aphrodite fut pour l'occasion réédité en digipack sobrissime, à l'image des autres volumes de Mansetlandia qui, pour certains, reprennent un album entier, mais qui, dans l'ensemble, sont encore des assemblages à la Manset (voir mes autres chroniques de ses albums sur le blog). A Bord Du Blossom, son dernier opus à ce jour, et son 21ème opus, entre directement dans le coffret via ce sous-titre un peu ridicule. Et si vous vous demandez pourquoi il est crédité N°22 alors que c'est son 21ème album, sachez que la double compilation Un Oiseau S'Est Posé est officiellement dans le décompte. Vala vala.

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A Bord Du Blossom est encore une fois un disque long (69 minutes pour 15 titres, c'est d'ailleurs fièrement indiqué sur le sticker commercial du disque), et il est construit sur le même principe qu'Opération Aphrodite : des chansons, parfois longues (quatre d'entre elles font entre 8 et 9,40 minutes), entrecoupées de morceaux récités, narrés, courts (6 morceaux ne durent pas 2 minutes), parfois avec une autre voix que celle, à peine altérée par les ans (sauf quand il parle ; mais quand il chante, rien à dire), de Manset. Celle de la chanteuse Lycinaïs Jean, d'origine antillaise, une très belle voix que l'on entend sur trois titres, et qui est d'ailleurs la première voix que l'on entend sur l'album. L'album, comme d'autres de Manset, a été enregistré avec ses musiciens fidèles (Didier Batard, Serge Perathoner, Vic Emerson, Pierre Chéreze, Patrice Marzin, Paul Breslin...), et Manset a tout écrit, composé, mixé et produit tout seul avec ses p'tites mains. Comme d'autres albums du bonhomme (Prisonnier De L'Inutile, Royaume De Siam, Jadis Et Naguère, Revivre), A Bord Du Blossom s'inspire de voyages. Manset a bourlingué, mitraillant de photos tout ce qui bougeait ou ne bougeait pas, publiant des albums de photos de temps en temps. Ici, il nous offre un disque en hommage aux navigateurs du XIXème siècle. Précisément le 'Blossom', bateau qui, en 1825, partit vers les îles de Pomotu, de Crescent, Gambier, Hood, Clermont-Tonnerre... Au fil des chansons, on voyage avec Manset. Décrire le disque en totalité serait une épouvantable erreur. Tout comme Opération Aphrodite, mais en moins abscons, A Bord Du Blossom, plus réussi que le dernier opus en date, est un petit régal de chansons certes longues, mais richement orchestrées et sublimement interprétées. Sur le précédent opus, la voix de Manset marquait le temps qui passe, elle avait pris un coup dans le pare-brise. Ici, on a l'impression d'écouter du Manset de l'époque de Royaume De Siam (1979) ou de Matrice (1989). Il vous faudra sans doute quelques écoutes, l'album étant long et pas forcément super accessible, mais au final, A Bord Du Blossom est une belle réussite, et si, pour le coup, c'est le dernier, l'ultime album de Manset, alors il aura fini en beauté. Bon, j'espère quand même qu'il y aura un successeur, faut pas croire...

Ce Pays

On Nous Ment

La Falaise (Amaïti Amaïta)

Mon Karma

L'Equipage (Amaïti Amaïta)

Manila Bay

Le Hamac

Une Chambre A La Havane

La Flûte De L'Archipel Des Perles

La Vierge Pleure

Sa Tribu Primitive

Le Fils Du Roi

Dame Nature (Amaïti Amaïta)

Pourquoi Les Femmes

Le Paradisier

09 septembre 2018

"Egypt Station" - Paul McCartney

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Dès que j'ai su (comme tout le monde, via Internet et la TV) que Paul McCartney allait sortir un nouvel album (de chansons inédites, de plus) en septembre, j'ai immédiatement scruté le Web pour voir quand le disque serait disponible à la précommande. Le lendemain du jour de l'annonce (ou même le jour de l'annonce directement, je ne sais plus, ça remonte à trois mois), j'ai précommandé ce disque en vinyle (double disque) et CD, carrément. Et j'ai scrupuleusement évité d'écouter le moindre extrait (deux chansons furent rapidement proposées en teasers) de cet album, baptisé Egypt Station, comprenant au final 16 titres (dont deux instrumentaux) pour 57 minutes, et que j'aborde donc, deux jours après sa sortie officielle et le jour où je l'ai réceptionné chez moi en rentrant du boulot (soit le 7 septembre). L'album s'appelle donc Egypt Station, titre qui vient de deux tableaux peints par Paulo lui-même, et l'artwork, très chamarré, s'en inspire aussi, selon les crédits de la pochette. Enregistré avec la plupart de ses musiciens habituels (Abraham Laboriel Jr à la batterie, Brian Ray à la guitare, Paul 'Wix' Wickens aux claviers...) mais avec un Macca crédité à tous les instruments par ailleurs (on comprend évidemment qu'il tient la basse sur tous les titres, et que sur d'autres, il doit aussi tenir soit la guitare, soit la batterie, etc, mais il n'y à pas de précision morceau par morceau), l'album est coproduit par Macca et Greg Kurstin, à l'exception d'un titre, Fuh You, produit par Ryan Tedder (par ailleurs co-auteur du morceau, le seul de l'album à ne pas être signé Paul seul) et Zach Skelton. Au passage, le titre de ce morceau ne signifie pas 'fuck you' en version censurée, mais 'for you', bande de mauvaises langues.

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Pochette du single promotionnel

Au passage (le retour), Kurstin, Tedder et Skelton sont crédités, sans précision de qui joue quoi, en musiciens sur l'album. Album qui a été enregistré en partie à Abbey Road, mais aussi dans divers autres studios situés en Angleterre (Londres, Sussex) mais aussi à Los Angeles. L'album est sorti sur le label Capitol Records, une première pour Macca depuis 2005 (à partir de 2007, ses albums sortiront sur le label Ear Music, appartenant à la firme de coffee-shops Starbucks). Je n'ai pas encore parlé du contenu musical de l'album, je vais donc m'y mettre maintenant, et je ne surprendrai personne en clamant que cet album est une splendeur. Egypt Station est un album généreux (presque une heure, 16 titres, enfin 14 en réalité, car les deux instrumentaux, un en ouverture et un en avant-dernière position, sont extrêmement courts) et varié, on passe d'une ballade acoustique à de la pure pop-rock (Come On To Me, Happy With You), voire même à du rock bien calibré (Caesar Rock). Le talent (le génie ?) musical de Paul McCartney est toujours là, inchangé, intangible, et sa voix accuse certes un peu son âge (rappelons que le bonhomme a 76 ans) mais c'est le cas depuis une treizaine d'années, depuis Chaos And Creation In The Backyard en 2005 premier album sur lequel Macca sonnait comme l'homme qu'il était alors (la production nickelée et sobre de Nigel Godrich y était pour beaucoup), et pas comme un éternel jeune homme essayant de tromper sur son âge.

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Egypt Station, magnifiquement interprété et produit, est rempli de chansons sublimes qui, au fil des écoutes, s'apprécieront de plus en plus ; en fait, cet album est exactement comme New (2013), le précédent album de Paulo. On l'écoute avec énormément de plaisir, on trouvera peut-être deux-trois chansons un peu secondaires au premier abord, mais elles finiront bien par être autant appréciées que le reste par la suite. Un petit régal pop-rock bien calibré, pas un disque aussi immense que Band On The Run, Ram ou Chaos And Creation In The Backyard quand même mais vraiment une remarquable livraison qui prouve encore, si c'était utile de le faire, que Paulo est toujours là, bien présent, en forme, capable de merveilles. On notera, pour finir, la pochette, dépliante en CD comme en vinyle, en accordéon. Amusant, mais le seul reproche à faire, notamment pour le vinyle : à force de manipulations, des risques d'usure sont à prévoir. Mais l'objet est joli comme l'est son contenu, contrairement à New, qui était un excellentissime album, mais dont l'artwork était des plus minimalistes et moches. Ici, on a probablement la plus belle pochette d'album de Macca depuis 2005, enfin, à mes yeux !

FACE A

Opening Station

I Don't Know

Come On To Me

Happy With You

FACE B

Who Cares

Fuh You

Confidante

People Want Peace

Hand In Hand

FACE C

Dominoes

Back In Brazil

Do It Now

Caesar Rock

FACE D

Despite Repeated Warnings

Station II

Hunt You Down/Naked/C-Link

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01 septembre 2018

"OK Computer" - Radiohead

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On ne va pas se mentir, on se connaît trop pour ça. Si vous vous y connaissez un petit peu en rock, et notamment en rock récent (genre 20 ans d'existence environ, et l'album qui nous intéresse ici datant de 1997, il a donc 21 ans), vous savez déjà, pas besoin que je vous le dise, que cet album est important. C'est le meilleur album de Radiohead (qui ont pourtant sorti d'autres excellents albums) et un des meilleurs albums de tous les temps. C'est aussi un des meilleurs albums de ces 20 dernières années, un des meilleurs albums des années 90 si ce n'est le meilleur, et le meilleur album de 1997 (pas une année exemplaire, mais Be Here Now, En Passant, Blur, Urban Hymns quand même). C'est le troisième album de Radiohead, et il s'appelle OK Computer. L'album fait suite à deux albums qui marcheront très bien et sont du pur rock alternatif : Pablo Honey (1993, avec le hit Creep, mais incontestablement un des plus faibles albums du groupe) et The Bends (1995, avec My Iron Lung, Street Spirit (Fade Out), The Bends, Planet Telex, High And Dry, Fake Plastic Trees, Black Star, la liste des grands morceaux sur ce deuxième album est tellement longue qu'il faudrait en fait tout citer). Après ces deux best-sellers (surtout The Bends), le groupe enregistre, dans un manoir situé à Bath essentiellement, ce  troisième album, toujours sous la houlette de leur producteur Nigel Godrich, lequel est quasiment un membre à part entière du groupe. Ce troisième opus dure 53 minutes (12 titres) et est absolument et totalement parfait, à tous niveaux.

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Je ne vais pas essayer de décrire sa pochette, cheloue (mais pas autant que celles des albums suivants du groupe : Kid A, par exemple, dont le livret rend fou, rien qu'à cause de ses pliures dans des pliures), et contenant quelques termes en espéranto, mais sachez que la liste de chiffres - 18576397 - au verso signifie tout simplement la date et l'heure de la fin d'enregistrement : 18h57 le 6 mars 1997. Marrant que la date soit indiquée à la française, le jour avant le mois, et pas à l'anglaise (le mois avant le jour), mais l'album étant sorti le 16 juin, la date de fin d'enregistrement ne peut être que le 6 mars, pas le 3 juin ! OK Computer est un disque conceptuel (je n'ai jamais vraiment réussi à choper le concept, qui est certainement plus musical qu'autre chose) qui, musicalement, continue sur la lancée des chefs d'oeuvres publiés par Pink Floyd au cours de leur grande époque (Meddle, The Dark Side Of The Moon, Wish You Were Here). C'est totalement progressif, tout en étant aussi du rock alternatif, c'est parfois expérimental, plus que les deux précédents opus, mais nettement moins que les deux suivants, la paire Kid A/Amnesiac sortie en 2001/2002, indissociables et totalement déconstruits, déstructurés. Et qui, jusque dans le lettrage utilisé pour leurs pochettes, poursuivent l'aventure musicale de OK Computer

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Je ne vais pas essayer de décortiquer cet album ; ça aurait un peu trop l'air d'une autopsie, et j'aurais l'air de faire un crime de lèse-majesté infâme. OK Computer est un chef d'oeuvre de tous les instants, même l'intermède burroughsien Fitter Happier (moins de 2 minutes de monologue par une voix robotisée et atone déclamant un texte chelou sur comment bien vivre sans rien contrôler de sa vie, juste encaisser, dire oui, comme un mouton, orwellien en diable) est génial, car il s'accroche parfaitement au reste de l'album tout en assurant une petite respiration en son milieu. Les morceaux se suivent sans trop se ressembler, rock pur et dur (Electioneering), complainte lacrymale (Exit Music (For A Film), Lucky dont les envolées de guitare du refrain sont autant d'envols d'oiseaux sur la lande, même remarque pour Subterranean Homesick Alien dont le titre est une allusion évidente à un certain Bob Dylan), envolées psychédéliques (le sombre, dépressif, sensationnel, et au final assez expérimental Climbing Up The Walls qui me fera toujours frissonner), et tubes en puissance (Karma Police, Paranoid Android malgré son aspect assez recherché et sa durée, No Surprises). Pinkfloydien en diable, totalement envoûtant, parfait de bout en bout, OK Computer poursuit la route tracée avec The Bends tout en offrant au groupe le chemin de traverse des futurs Kid A et Amnesiac. C'est un des chefs d'oeuvres du siècle, un album imparable, intouchable, essentiel à mort, une plongée sombre, dépressive (mais avec quelques passages plus 'lumineux' ; pas Let Down, malgré son refrain enlevé, ceci dit), dans la tête du sans doute névrosé Thom Yorke (chanteur du groupe), le tout, serti par une production tout simplement géniale. MONUMENTAL, tout simplement !

FACE A

Airbag
Paranoid Android
Subterranean Homesick Alien

FACE B
Exit Music (For A Film)
Let Down
Karma Police

FACE C
Fitter Happier
Electioneering
Climbing Up The Walls
No Surprises

FACE D
Lucky
The Tourist

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26 août 2018

"Rainier Fog" - Alice In Chains

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Encore un retour que l'on n'attendait vraiment plus, tant il se faisait attendre. Celui d'Alice In Chains, un des meilleurs (le meilleur ?) groupes de l'ère grunge. Petit rappel : le groupe a été formé à la fin des années 80, et connaîtra un gros succès à partir de 1992 et de l'album Dirt (Would ?, Down In A Hole, Rain When I Die, Rooster, ce genre de trucs qui vous traumatisent à jamais). Le chanteur, Layne Staley, camé au possible, avec son éternel gant noir, sa chevelure blonde et courte et sa voix robotique à la Iggy Pop, et le guitariste Jerry Cantrell (qui chante aussi de temps en temps, assurant les vocaux d'une partie des chansons du mémorable album éponyme de 1995, parce que Staley commençait à ne plus pouvoir tout assurer à cause de la came) formaient une paire parfaite dans le grunge. En 2002, alors que le groupe n'a plus rien sorti depuis 1996, Staley meurt, d'overdose. Il ne ressemblait plus qu'à une coquille de noix (Nutshell), une pomme pourrie (Rotten Apple) tombée de l'arbre. On a souvent dit que le grunge était mort avec Kurt Cobain en 1994, mais non, il est mort en 2002 avec Layne Staley. Le groupe, on s'en doute, déjà qu'ils n'avaient rien sorti depuis des années, ne s'en remettra que difficilement. Car, en 2009, le groupe publie un nouvel album, avec un nouveau chanteur, William DuVall, originaire d'Haïti et de la scène hardcore, et au timbre de voix assez proche de celui de Cantrell, qui chante aussi sur plusieurs chansons de l'album : Black Gives Way To Blue. Un retour, dédié à Layne, aussi inespéré que réussi. Suivi quatre ans plus tard de The Devil Put Dinosaurs Here, moins abouti mais renfermant tout de même du lourd (Choke). Et depuis 2013, et jusqu'au 24 août dernier, c'était le dernier album d'Alice In Chains.

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Non, Laurent Voulzy et Steven Seagall ne font pas partie du groupe ! Premier sur la gauche, William DuVall, et Jerry Cantrell en Gandalf semblant regretter d'avoir confié l'Anneau à un abruti, à voir son expression contrariée

Mais voici donc que le groupe publie son sixième album studio (en presque 30 ans !), Rainier Fog (un titre à la con et difficilement traduisible sans que ça fasse très lourd : 'brouillard encore plus pluvieux'), sorti sous une pochette qui n'est pas sans me faire penser à celle du Train Of Thoughts de Dream Theater mélangée à celle du Psychedelic Sounds des 13th Floor Elevators en version noir & blanc, et à celle du premier Foxygen. Un disque d'une durée parfaite, une grosse cinquantaine de minutes (en vinyle, trois faces sur quatre sont utilisées, la dernière est laissée blank, et illustrée d'yeux dans des pyramides, les Illuminati sont parmi nous, les mecs), et seulement 10 titres qui, on s'en doute, ne durent pas 2,30 minutes pièce. Rainier Fog est un disque sombre, comme Alice In Chains en a toujours fait (leur album éponyme de 1995, celui avec le chien à trois pattes en couverture, et que je VEUX avoir en vinyle mais il vaut plus cher qu'une maison à Neuilly vu sa rareté, est un des albums les plus authentiquement glauques, sinistres, dépressifs et putrides des années 80 à maintenant, l'épitomé du grunge), mais autant les deux précédents opus étaient assez accessibles (Black Gives Way To Blue est un rentre-dedans total, dès la première écoute), autant celui-ci méritera quelques écoutes attentives. La première écoute, ceci dit, est globalement passionnante. Par exemple, la première chanson de l'album, The One You Know, s'ouvre sur un riff totalement doom, répétitif à mort, qui semble se prolonger aussi longtemps qu'un temps de trajet entre Paris et Grenoble à la première écoute, mais qui n'en est pas moins efficace. Alternance et entremêlement de voix entre celle de DuVall et celle, plus grave, de Cantrell. A voir le hype sticker sur la pochette, cette chanson est sortie en single promotionnel (Red Giant aussi). Je dis ça, car je sais bien que le groupe a publié une paire de chansons de l'album en apéro, quelques mois plus tôt, mais j'ai catégoriquement refusé de les écouter, voulant écouter le disque dans sa globalité, d'un coup. J''ai dans le passé trop été déçu d'albums que j'attendais, et dont j'avais surkiffé la chanson lancée en teaser au préalable. 

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Cantrell : Il fait chier, ce soleil ! Notre album s'appelle "Brouillard encore plus pluvieux", ou je me trompe ? Alors pourquoi cette photo promo au soleil, merde ? Quand est-ce que ça a merdé dans le cerveau de notre attaché de presse ?

Cette première chanson est courte et sert bien l'album en ouverture, elle est efficace, tuante au possible, et donne directement envie d'écouter la suite. Le morceau-titre est tout aussi tuant, avec son riff cyclique qui entre en tête et ne vous quitte plus. Red Giant, Drone (qui ouvre la face B ; toutes les faces ont trois titres, sauf la première qui en a quatre), le All I Am final de 7 minutes (morceau le plus long), So Far Under sont autant de chansons qui, musclées, sombres comme un tunnel non éclairé en pleine nuit hivernale, remplies de guitares chewy et doom et de vocaux à la limite du dépressif narquois, rythmées par une batterie (Sean Kinney) et une basse (Mike Inez) toujours aussi imparables, assurent à Rainier Fog une belle place dans le répertoire du groupe. Seulement 6 albums studio, et si le meilleur est l'éponyme de 1995 forever, ce dernier opus en date, qui n'offre strictement rien de mauvais ou tout simplement de moyen, n'est pas en dernière place, ni en avant-dernière. Probablement, à l'heure où je vais rendre l'antenne, en troisième position derrière l'éponyme et Black Gives Way To Blue, enfin, en ce qui me concerne. Morceaux de choix : Rainier Fog, All I Am, Maybe, Never Fade et Fly. En espérant que le groupe de Cantrell et DuVall (qui a bien réussi la très difficile mission de remplacer l'irremplaçable et incroyablement mort Layne Staley ; il ne l'a peut-être pas totalement remplacé dans le coeur des fans, mais les a en tout cas bien convaincus) ne mette pas encore 5 ans avant de publier un nouvel album. En tout cas, si jamais ça devait être leur dernier, Rainier Fog leur ferait cesser leur activité la tête haute, plus haute qu'à l'époque du très très bon, mais pas totalement passionnant, The Devil Put Dinosaurs Here.

FACE A

The One You Know

Rainier Fog

Red Giant

Fly

FACE B

Drone

Deaf Ears Blind Eyes

Maybe

FACE C

So Far Under

Never Fade

All I Am

FACE D

RIEN


25 août 2018

"(I'm) Stranded" - The Saints

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Attention, claque. Non, mais vraiment. Il y à des albums de punk qui dépotent plus que d'autres, et celui-ci fait incontestablement partie du haut du panier, tout en haut de l'anse du panier, même. C'est le premier album des Saints, un groupe qui, par la suite, connaîtra une carrière des plus respectables (obliquant leur musique vers quelque chose de moins brutal, comme le firent aussi les Damned et les Clash), mais qui, cependant, pour l'éternité, restera essentiellement le groupe d'un hit : (I'm) Stranded, chanson mémorable sortie en début 1977, un des premiers hits du punk. C'est aussi le titre de leur premier album, sorti sous une pochette montrant le groupe posant dans un décor de maison en ruine. Le look peut surprendre : pas de crête multicolore, pas de fringues déchirées et cradoques, pas d'épingles à nourrice, même pas une canette de bière. Mais un des musiciens, le bassiste si je ne m'abuse, est en chemise blanche et cravate noire, costume d'employé de banque (la veste en moins et les lunettes noires en plus), et en plus, il arbore des cheveux longs. Mais un autre membre, le chanteur Chris Bailey, deuxième à partir de la gauche, arbore une chevelure longue bouclée et une veste. On sent que ce sont des punks à voir la pochette, mais c'est surtout le décor et le tag rouge sur le mur qui aident pour ça.

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Originaires d'Australie (Brisbane), les Saints furent un des premiers groupes de punk à vraiment cartonner en Angleterre, à peu près en même temps que les Damned et les Sex Pistols. Deux groupes britanniques (les Clash et Wire, qui démarreront leur carrière en 1977 également, sont aussi de cette nationalité), alors que les Saints, comme je l'ai dit, come from down under (can't you hear, can't you hear the thunder), et ça s'entend dans l'accent de Bailey, un peu nonchalant, un peu redneck sauvage, assez exotique. Les paroles, heureusement gracieusement offertes sur la sous-pochette de l'album vinyle, sont en revanche aussi universelles que celles des chansons des Clash, et à peu près aussi engagées, pour certaines. On y parle de la dèche, de la loose, de mecs qui ne savent pas quoi faire pour tuer le temps et sentent qu'ils ne servent à rien, d'histoires d'amour compliquées. On a même une reprise totalement ravagée du Kissin' Cousins autrefois popularisé par Elvis Presley, et que cette reprise, cet album, date de l'année de la mort d'Elvis n'est très certainement pas une coïncidence. Long de quelques 34 minutes (pour 10 chansons), (I'm) Stranded est une tuerie d'une violence rare, un disque qui vous nettoie les oreilles mieux que du coton-tige. Certains albums de punk de l'époque peuvent aujourd'hui sembler un peu rustiques, légèrement datés. Celui-ci envoie toujours le bois mieux qu'un bûcheron des Vosges.

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Les classiques abondent, No Time, Messin' With The Kid (longue chanson de plus de 5 minutes, presque du progressif comparé à la durée classique d'une chanson punk), Erotic Neurotic aux paroles très très minimalistes (I wanna be your man répété inlassablement), Nights In Venice qui dure elle aussi assez longtemps et permet à l'album de s'achever sur une note de total auto-anéantissement, Wild About You... et surtout, (I'm) Stranded, donc, qui ouvre le bal sur un riff mortel et une charge rythmique totalement dingue. Chris Bailey, avec sa voix de jeune con désoeuvré mais quelque peu ironique, est en méga-super forme, et la chanson, avec son sujet punk classique (l'histoire d'un jeune homme qui ne sait pas quoi faire de sa vie), rejoint avec joie les classiques du genre, ces Career Opportunities (Clash), Pretty Vacant (Sex Pistols) et autres I Wanna Be Sedated (Ramones) et Born To Lose (Heartbreakers de Johnny Thunders). C'est une des meilleures chansons de l'album, lequel est, parfait de bout en bout, un des meilleurs, des tous meilleurs, du genre. Absolument essentiel. Et vive le rock australien, parce qu'entre les Saints, Midnigt Oil, AC/DC et  Wolfmother, putain, on a vraiment de quoi faire !

FACE A

(I'm) Stranded

One Way Street

Wild About You

Messin' With The Kid

Erotic Neurotic

FACE B

No Time

Kissin' Cousins

Story Of Love

Demolition Girl

Nights In Venice

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23 août 2018

"Boogie With Canned Heat" - Canned Heat

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Il y à des groupes et artistes dont je suis un raide dingue (Beatles, Led Zeppelin, Pink Floyd, Rolling Stones, Bob Dylan (même si je n'ai pas acheté ses deux derniers opus, n'aimant pas ce qu'il fait depuis 2015), David Bowie, Steely Dan, Arcade Fire, Simple Minds) et d'autres que j'aime bien écouter de temps en temps, mais dont je ne suis pas spécialement fan, qui ne vont pas me faire grimper aux rideaux quand on me parle d'eux (ce qui, de plus, arrive relativement peu souvent. Le Grateful Dead en fait partie, Canned Heat aussi. Ce groupe américain de blues-rock (enfin, de rock très bluesy) fondé en 1967 est cependant très mythique. C'est aussi un groupe qui, tout comme Big Star et les Ramones, n'a vraiment pas eu de bol : seuls deux des cinq membres d'origine sont encore vivants à l'heure actuelle. Il s'agit du bassiste Larry 'The Mole' Taylor et du batteur 'Fito' De La Parra, d'origine mexicaine. Les trois autres membres d'origine de la Chaleur en Boîte, morts donc, sont, par ordre de décès, le chanteur/harmoniciste/bottleneckiste/guitariste rythmique Alan 'Blind Owl' Wilson (mort à 27 ans en 1970), le chanteur Bob 'The Bear' Hite (mort dans les années 80) et le guitariste Henry 'Sunflower' Vestine (mort je ne sais plus quand, dans les années 90 je crois). Le groupe a aussi accueilli en son sein, parfois le temps d'un album seulement, des pointures telles que Joel Scott Hill ou Harvey Mandel. Le groupe a aussi joué avec des pointures telles que Little Richard (invité sur un morceau de l'album Historical Figures And Ancient Heads, sur lequel joue Joel Scott Hill) et a même fait un disque entier, et double de plus, avec John Lee Hooker. Excusez du peu. Tous les membres du groupe (et ça inclus aussi pas mal des membres suivants : pour Mandel, c'est 'The Snake', qui sera le titre d'un de ses albums solo, qui est remarquable) avaient un surnom, parfois difficilement explicable, mais dans l'ensemble logique : Hite, avec son allure très imposante, hérite du nom de 'l'ours' ; Wilson, myope comme pas deux, de 'hibou aveugle' ; Taylor, à l'allure assez tassée et velue, de 'la taupe'.

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Le premier album du groupe, éponyme, sort en 1967. Pas mal, mais sans plus. C'est avec le deuxième album, celui-ci, Boogie With Canned Heat, sorti en début d'année 1968, que le groupe va exploser. Plus tard dans l'année, le groupe sortira son troisième album, Living The Blues, double, constitué d'un disque studio (avec notamment un morceau de 20 minutes) et d'un disque live (constitué d'un seul morceau de 41 minutes découpé en deux parties, Refried Boogie), et ce troisième album sera tellement hénaurme qu'il en 'tuera' quasiment le groupe, qui, malgré une prestation ahurissante à Woodstock, ne parviendra quasiment plus à retrouver un tel niveau que celui qu'il avait en 1968. Incontestablement, Boogie With Canned Heat, ce deuxième album, à la pochette bien dans le ton de l'époque (couleurs, formes bizarres, ambiance psychédélique/LSD à donf - Vestine en prenait plus que sa part, au passage), est le chef d'oeuvre incontestable de Canned Heat, 47 minutes (et 10 titres) à tomber par terre. Dont un titre de 11 minutes, Fried Hockey Boogie (dont le Refried Boogie du disque live de Living The Blues n'est autre qu'une version considérablement rallongée et jammesque comme le groupe avait l'habitude d'en faire en live) constitué de divers petits solo des différents membres du groupe, tous annoncés par The Bear entre chaque partie collective. Are you really experienced ?, demande The Bear alors que Vestine fait son très hendrixien et lysergique solo. Don't forget to boogie, nous dit-il en final du morceau (et de l'album). Malgré une durée assez imposante, ce morceau est juste gigantesque et s'écoute avec un plaisir intact. Dire que l'album fête ses 50 ans en 2018...

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L'album offre une ribambelle de grandes chansons, et notamment un sacré putain de hit : On The Road Again, chanté par Wilson et sa voix chevrotante et aigüe (l'album suivant offrira un autre hit chanté par Wilson : Going Up The Country). Ce morceau est si légendaire qu'il en symbolise totalement le groupe, comme Born To Be Wild symbolise Steppenwolf. Wilson chante très bien, mais n'est pas, vocalement, très présent ici : on l'entend aussi sur le bien nommé An Owl Song, laquelle chanson n'est au final pas la meilleure de l'album, et même la moins bonne pour tout dire, mais ce n'est pas nul quand même. Bob Hite chante sur le reste (Marie Laveau est instrumental, et Fried Hockey Boogie, en dehors des interventions vocales de Hite, est globalement instrumental aussi), et sa voix, qu'il est impossible de confondre avec celle de Wilson (Hite est surnommé The Bear rapport à son physique à côté duquel Carlos, le chanteur pas le terroriste, passerait pour un anémique, mais sa voix fait très Baloo en manque de miel et qu'on vient faire chier au mauvais moment de la journée), est présente sur le reste de l'album, notamment un Evil Woman inaugural monumental, un World In A Jug baigné par des giclées de guitare sensationnelles, un Amphetamine Annie qui, vous vous en doutez, parle de drogue, et un Whiskey Headed Woman N°2 qui, comme Hite le dit dans l'intro parlée du morceau, est une allusion au Whiskey Headed Woman de Robert Johnson. Sans oublier le gigantesque My Crime qui parle d'une descente de police contre le groupe, il me semble. Difficile de dire quelle est la meilleure chanson (My Crime, On The Road Again ?). Si on met de côté un An Owl Song un peu ennuyant, le reste est une tuerie totale de boogie/blues-rock, produit à la perfection (l'album a 50 ans, on ne s'en rend quasiment pas compte). Le seul problème est que, comme pour les autres albums du groupe, les versions CD, souvent sur le label cheap BGO Records (à la base, le groupe était sur Liberty, un label qui n'existe plus, je crois), sont minables. Boogie With Canned Heat a même été pendant des années victime d'un transfert CD honteux (morceaux rabotés, son moyen, etc). Bref, privilégiez le bon vieux vinyle, surtout que cette pochette a plus de gueule sous ce format qu'en CD !

FACE A

Evil Woman

My Crime

On The Road Again

World In A Jug

Turpentine Moan

Whiskey Headed Woman N°2

FACE B

Amphetamine Annie

An Owl Song

Marie Laveau

Fried Hockey Boogie

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22 août 2018

"The Game" - Queen

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Je ne suis plus fan de Queen depuis de nombreuses années, et je n'écoute franchement plus trop ce groupe (sauf deux-trois-quatre albums qui passent encore souvent sur ma platine : A Night At The Opera, Innuendo, Queen II et A Day At The Races). Le reste ? Ca m'arrive, de temps en temps, de ressortir Live Killers, Sheer Heart Attack ou News Of The World, mais pas souvent. Mais ce groupe n'a, en revanche, dans mon âme, dans mon coeur, jamais cessé d'être important : c'est le premier groupe dont je suis devenu fan (mais alors, vraiment fan), au début de mon adolescence, alors que j'avais dans les 12-13 ans. Durant cette période de ma vie (musicalement parlant, elle est survenue alors que les charts et les ondes radio étaient vampirisées par Oasis, Blur et les Red Hot Chili Peppers : 1994/95) je me suis procuré quasiment tous les Queen, en CD, hormis un ou deux, Live Killers et The Works (pour une raison que j'ignore, ce disque de 1984, rempli de hits assez représentatifs du second son queenien, ne sera en ma possession que bien des années plus tard). Je les adorais tous, enfin, sauf Hot Space, Flash Gordon Soundtrack (deux albums achetés en un laps de temps assez rapproché, et qui ont bien fait morfler mon attrait pour la musique du groupe) et Sheer Heart Attack, que j'ai cependant fini par vraiment aimer par la suite (je parle du dernier cité, pas des deux autres). Il y à un album que je n'ai jamais su aimer, Jazz. Et il y à le successeur de Jazz, The Game, sorti en 1980, peu avant l'album de la bande-son du navet interstellaire Flash Gordon. Cet album-ci, The Game, j'ai commencé par vraiment l'aimer, mais...

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...mais je me rends clairement compte, maintenant, que ce disque marquant la première apparition (pas sur la pochette, mais sur la sous-pochette et dans le livret CD) de la fameuse moustache de Freddie Mercury, qui semble d'ailleurs incroyablement bouffi sur la photo dans le livret, ce disque donc, n'est vraiment pas génial. En fait, il est même franchement médiocre, ce disque, pour ne rien vous cacher ! Premier disque relativement court de Queen (35 minutes pour 10 titres ; hormis l'album de bande originale sorti plus tard dans l'année, qui dure aussi longtemps, aucun autre album de Queen ne sera aussi court), The Game, sous sa pochette argentée plutôt classe (il faut le reconnaître), fait entrer Queen dans les années 80, et a été enregistré à Munich (Musicland Studios). Sans faire mauvaise langue, et sans aucun sous-entendu homophobe car je ne suis pas de ce genre, il semblerait que Mercury passait bien plus de temps dans les backrooms des boîtes gays de la ville que dans le studio d'enregistrement, et il faut savoir que plusieurs albums du groupe ont été faits, au moins en partie, à Munich, et c'était pas pour la qualité de la bière locale. Ce qui ne veut pas dire qu'il chante mal ici, au contraire, il chante, comme toujours, très bien (ce mec possédait une voix incroyable et savait l'utiliser, même si c'était parfois pour des vocalises scattisantes assez lourdes, voir Under Pressure avec Bowie). Niveau composition, en revanche, Mercury n'a signé ici que trois chansons, dont une épouvantable (Don't Try Suicide), une très bonne (Play The Game) et une que je n'ai jamais pu encadrer (Crazy Little Thing Called Love, tentative rockab' que je trouve vaine).

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L'album est globalement signé démocratiquement, ceci dit : May signe trois chansons, Deacon et Taylor en signent deux chacun. La plus mauvaise chanson est signée Mercury (la première que j'ai cité) mais d'autres, sur ce disque produit par Queen et Reinhold Mack, ne valent franchement pas tripette : toute la face B, Save Me exceptée (une chanson de Brian May), est ratée, notamment Don't Try Suicide donc et ce Coming Soon (de Taylor) assez embarrassant. Rock It (Prime Jive), aussi de Taylor, est un peu meilleure, mais franchement pas trop du niveau des précédents opus de la Reine. Heureusement, la face A existe, je l'ai rencontrée juste avant de croiser la B, et on y trouve Play The Game, Dragon Attack (de May) et Another One Bites The Dust (de Deacon, plus qu'à moitié inspiré par le Good Times de Chic), que l'on ne présente plus. Ces trois chansons et Save Me qui achève l'album sont les seules raisons d'écouter The Game, qui ne vaut donc que pour ses hits (enfin, sauf le morceau rockabilly). Le reste n'est pas forcément épouvantable, mais clairement inégal et médiocre, lalbum a beau ne durer que 35 minutes, elles semblent interminables. Un des moins bons opus du groupe, malgré les hits qui le remplissent. Une belle série d'albums merdiques va suivre. Pour moi, Queen s'arrête en 1977, malgré un rebond inespéré en 1991, peu avant la mort de Mercury...

FACE A

Play The Game

Dragon Attack

Another One Bites The Dust

Need Your Loving Tonight

Crazy Little Thing Called Love

FACE B

Rock It (Prime Jive)

Don't Try Suicide

Sail Away Sweet Sister (To The Sister I Never Had)

Coming Soon

Save Me

21 août 2018

"Album" - Public Image Limited

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Dans la catégorie des pochettes d'albums minimalistes, celle-ci n'est pas la plus minimaliste (le White Album des Beatles et les Black Album de Prince, Metallica et des Damned sont encore plus sobres), mais c'est en tout cas une des plus radicales. Cet album est le cinquième de Public Image Limited, ou PiL, groupe de rock (à tendance punk/post-punk au début, puis new-wave expérimentale, et ici, franchement, hard-rock) fondé en 1978 par John Lydon, alias Johnny Rotten, chanteur des Sex Pistols qu'il venait alors de quitter  dans la rage et la haine. Parmi les membres fondateurs du groupe, il y avait Jah Wooble (basse, un spécialiste du dub) et Keith Levene (guitare), qui fit partie des Clash avant que le groupe ne sorte son premier album. Au moment de la sortie de cet album, enregistré en 1985 (dans divers studios de New York) et sorti en janvier 1986, plus aucun des membres fondateurs de PiL, Lydon excepté, ne fait partie de PiL. Et les possesseurs des diverses versions (je vais y revenir) de ce disque savent très bien qu'il n'y à quasiment aucune indication sur la pochette hormis le titre, le nom du groupe et des titres des 7 morceaux (crédités comme étant des 'ingrédients') de l'album, album qui dure 41 minutes au passage. Ce qui ne veut pas dire que Lydon a enregistré tout tout seul, car, sincèrement, ce mec ne joue de rien (sur certains albums, comme Metal Box ou The Flowers Of Romance, il joue des percussions ou du saxophone...et c'est loin d'être un virtuose !). Non, il y à des musiciens, mais une brouille avec la maison de disques (Virgin/Elektra) et surtout avec Elektra, fera que Lydon ne créditera rien des musiciens. Apparemment, la maison de disques ne croyait plus du tout en lui et ne lui attribuera pas beaucoup de budget. Lydon s'est vengé en faisant venir de vraies pointures, qui ont accepté de ne pas être créditées (désormais, et notamment depuis la parution de l'excellente autobiographie de Lydon, on sait qui joue sur le disque), histoire de narguer, dans son dos, Elektra, l'air de dire vous ne le savez pas, mais il y à de grands musiciens sur ce disque auquel vous semblez ne pas croire. 

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C'est ainsi que sur ce disque, on trouve Steve Vai (guitare), Tony Williams, Ginger Baker (batterie), Bernard Fowler (choeurs), Bernie Worrell (claviers) Ryuichi Sakamoto (Fairlight CMI, un gros synthé séquenceur assisté par ordinateur), Jonas Hellborg (basse). Fowler était choriste pour les Stones, Worrell a joué avec Parliament/Funkadelic et les Talking Heads, Williams est un batteur de jazz/fusion légendaire (Miles Davis, son propre Lifetime), Baker fit partie de Cream, Blind Faith, Vai et Sakamoto, on ne les présente plus... Et tout ce beau linge, apporté par le producteur de l'album Bill Laswell, n'est pas crédité ! En même temps, C'est minimaliste : l'album s'appelle... Album. En vinyle (et réédition CD). En CD, il s'appelle Compact Disc. En K7, il s'appelle Cassette. Le single sorti s'appelait Single. Le tout avec le même désign très générique, blanc avec lettrage bleu et bandes bleues en bas, plus le logo du groupe en petit (et en gros au verso). L'album, malgré son design des plus sobres et le fait que Public Image Limited n'a jamais été très commercial (et à la suite de cet album, le groupe de Lydon tombera même franchement dans le creux de la vague : aucun de leurs albums suivants ne marchera, très peu sont, en fait, bons, pour tout dire), marchera plutôt bien. Son single promotionnel, Rise, dont le gimmick vocal servira à Lydon pour titrer son autobiographie (Anger is an energy : La Rage Est Mon Energie est le titre français), chanson violemment anti-Appartheid, sera un très gros succès, un des plus gros du groupe, si ce n'est le plus gros. Une chanson mémorable, très accessible malgré la si particulière voix de Lydon (ce n'est pas qu'il n'a jamais su chanter, mais il sait très bien utiliser une voix agressive, aigüe, un peu hystérique ; il chante mieux qu'à l'époque des Pistols, mais n'a jamais été Caruso et ne le sera jamais), mais musicalement, c'est une splendeur. Les paroles sont engagées (They put a hardwire in my head, for all the things I did and said est une allusion à la torture) et le refrain, May the road rise with you, est une traduction en anglais d'une bénédiction irlandaise en gaëlique, go n-éirí an bothar leat

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Cette chanson très pop/new-wave, au clip excellent (l'allure de Lydon, son regard, toujours aussi allumé ; ses cheveux rouges), est une des meilleures d'un album assez avare en morceaux, il n'y en à que 7, mais qui est remarquable de bout en bout. L'album s'ouvre sur une furie assez hard-rock qui s'appelle FFF, ce morceau ne parle évidemment pas de notre fédération de baballe, encore moins d'un groupe de funk-rock qui n'existait pas encore, mais les trois lettres sont un acronyme pour Farewell, my Fairweather Friend. La majeure partie des morceaux, tel que FFF ou Fishing, sont assez violents, musicalement parlant, Album est un disque de hard-rock quasiment. Home est une splendeur, Ease est un final dantesque (long de 8 minutes, c'est le plus étendu de l'album ; les morceaux font tous dans les 5 minutes, Round étant, avec 4,25 minutes, le plus court et le seul à ne pas atteindre 5 minutes au minimum), tous les morceaux sont titrés d'un mot unique (enfin, sauf FFF, pour lequel Lydon triche un peu). C'est tout aussi minimaliste dans le tracklisting que dans le design. La musique, très bien produite, est à la fois accessible, bien plus que les précédents opus du groupe, et assez radicale. C'est un des meilleurs albums du groupe, qui n'en est en fait plus un en 1986 (c'est quasiment un album solo de Lydon), et c'est un des meilleurs albums d'une année 1986 ne comptant pas parmi les meilleures (malgré de bons trucs de Peter Gabriel, Talk Talk, Metallica et Prince, pour ne citer qu'eux). 

FACE A

FFF

Rise

Fishing

Round

FACE B

Bags

Home

Ease

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20 août 2018

"Gaucho" - Steely Dan

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Après la publication de Aja en 1977, Steely Dan, déjà bien réputés, explose à la face du monde. L'année de sortie de l'album est certes celle du punk-rock (celle du Rumours de Fleetwood Mac aussi, sommet de pop), mais ça m'empêchera pas le groupe (les deux groupes, en citant aussi Fleetwood Mac) de cartonner, récoltant un Grammy Award (Steely Dan seulement) pour la peine. L'année suivante, 1978, est celle du Greatest Hits, qui est remarquable et assez généreux (double album). Puis...plus rien. Le groupe, qui n'en est plus un depuis 1975, Walter Becker et Donald Fagen ayant décidé en cette année-là de remplacer leurs musiciens de groupe par des musiciens de studio one-shot (qui reviendront d'albums en albums, souvent), le groupe donc va mettre un peu de temps avant de sortir son septième album studio. Il ne sortira en effet qu'en 1980, et il s'appelle Gaucho. Personne ne peut s'en douter, probablement mis à part Becker et Fagen, mais Gaucho sera pendant de nombreuses années le dernier opus du groupe. Steely Dan se sépare après le disque, Fagen se lance en solo, son premier album date de 1982 et est au moins aussi grandiose que ceux du Dan (période 1977/1980 pour le style). Le groupe ne reviendra qu'en 2000 et 2003 (avec deux albums) mais se reformera dès 1993 pour des concerts (ayant donné lieu à un live).

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Gaucho, sorti en 1980, a été enregistré entre 1978 et 1980 et il offre 7 titres pour 38 minutes. Sa pochette représente un tableau d'un couple en train de danser. Cette illustration est issue d'une plaque murale située à Buenos Aires. L'album, produit comme les autres par Gary Katz, est encore une fois, pour Steely Dan, l'occasion de faire venir un sacré aréopage de musiciens de haute volée : Joe Sample, Larry Carlton, Hugh McCracken, Steve Gadd, Jeff Porcaro, Rick Marotta, David Sanborn, Rick Derringer, Bernard Purdie, Randy Brecker, Michael Brecker, Chuck Rainey, Steve Khan, Victor Feldman, Ralph MacDonald, Tom Scott, les choristes Michael McDonald, Patti Austin...et un certain Mark Knopfler, qui enchaînait les collaborations (Dylan en 1979 - et 1983 notamment) et qui, ici, apparait sur Time Out Of Mind, titre qui sera aussi, coïncidence, celui d'un album de Dylan, sur lequel Knopfler ne collaborera pas. Notons au passage que beaucoup des invités (Derringer, Porcaro, Carlton, Feldman...) ne jouent que sur un titre, parfois deux, rarement sur l'ensemble (c'est précisé sur la sous-pochette proposant les paroles). Knopfler n'aurait pas spécialement adoré la participation sur l'album du Dan, les trouvant un poil trop chiants, dans la catégorie perfectionnisme absolu. Bon, en même temps, c'est ce qu'ils sont : perfectionnistes absolus. Et chiants. Des tyrans de poche. Mais pour, au final, livrer des albums qui ne sont rien moins que la perfection audiophile en matière de pop jazzy. Gaucho est du même acabit que Aja, très jazzy, très léché, soigné.

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Le seul truc un peu moyen, c'est que, niveau compositions, ce n'est peut-être pas aussi quintessentiel que sur le précédent opus. Gaucho offre du grand, très grand niveau parfois : Babylon Sisters, Hey Nineteen et Gaucho sont des morceaux légendaires, hors de ce monde. On ne s'en lasse pas. Glamour Profession est certainement d'un niveau inférieur, mais j'adore ce morceau un poil trop long (7,30 minutes, le plus étendu de l'album) mais qui fait bien remuer le popotin, c'est groovy à mort. De même, et dans un tout autre registre car le morceau est bien calme et sur un rythme plus mesuré, le final de l'album, Third World Man, est une splendeur totale et, j'en ai bien peu, trop méconnue. Time Out Of Mind, avec Knopfler, et My Rival, avec Derringer, sont deux morceaux plutpot moyens, il faut bien le dire, la sauce ne prend pas trop (elle ne prend pas totalement avec Glamour Profession, malgré que ce morceau soit très entraînant et que je l'adore), et ce, malgré la présence de ces deux guitar-heros, un par morceau (je ne vous ferai pas l'affront de vous demander si vous connaissez Knoplfer, mais pour Derringer, il a joué avec Edgar Winter, son frangin Johnny, mais aussi Todd Rundgren, Alice Cooper - solo de guitare sur Under My Wheels -, et a fait des albums solo, dont un au moins est exceptionnel, All American Boy, je dis ça, je dis rien, mais si vous aimez le glam-rock, foncez). Gaucho est un peu inégal, rien de grave car les morceaux les moins puissants sont, comme pour Aja, cohérents avec le reste de l'album et totalement appréciables. L'album sera un beau succès (le carton de Aja ayant entraîné des pré-ventes importantes), mais sera un peu critiqué et mésestimé, on le comparera avec le précédent, et jamais à son avantage. C'est quand même un excellent album de pop/jazz, à écouter absolument. 

FACE A

Babylon Sisters

Hey Nineteen

Glamour Profession

FACE B

Gaucho

Time Out Of Mind

My Rival

Third World Man

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