Rock Fever

18 février 2020

Charango - Yannick Noah

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Quai Charles De Gaulle, 6ème arrondissement de Lyon, Siège d'Interpol. 

Monsieur Yannick Noah, en cette pièce tenue secrète, nous allons vous soumettre au teste de détecteur de mensonges. Lorsque vous direz la vérité, une lumière verte scientillera et un DING retentira. Lorsque vous mentirez, une lumière rouge scientillera et DRRR retentira. Tout est clair ? Alors, allongez-vous, nous allons implanter les électrodes.

Trouvez-vous que Charango est un bon disque ?

Non.

BRRR ! Premier mensonge !

 

Trouvez-vous que Donne-Moi Une Vie et Aux Arbres Citoyens sont de bonnes chansons ?

Non. Je les déteste de tout mon corps.

BRRR ! Deuxième mensonge !

 

Dans la chanson C'Est Toi, quand vous faîtes les oyoyoyo, avez-vous cru être le pendant français de Bob Marley ?

Absolument pas.

BRRRR ! Troisième mensonge !

 

Que pensez-vous de Destination Ailleurs ?

C'est l'une des plus mauvaises chansons de l'album.

BRRRR ! Quatrième mensonge !

 

Avez-vous conscience de faire du mal à la chanson française en sortant pareil album ?

Non. Je suis un artiste génial.

BRRRR ! Cinquième mensonge.

 

En se fiant aux résultats de ce détecteur de mensonges, Interpol vous condamne à 40 ans avec interdiction d'exercer toute activité musicale. Et, comme vous allez avoir 60 ans, ça veut dire qu'on est tranquille jusqu'à la fin.

Yannick Noah quitte la pièce, la mine défaite. 

L'agent d'Interpol ayant officié s'écrie : PUTAIN LES MECS, ON EST SAUVÉS ! RAMENEZ LE CHAMPAGNE, LA COKE, LES PUTES ET LES CAPOTES ! ON VA SE METTRE BIEN. ON EST ENFIN DÉBARASSÉ DE NOAH !

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Donne-Moi Une Vie

Danser

Aux Arbres Citoyens

Je Suis Tombé

Couleur D'Aimer

Assez Bon Pour Moi

C'Est Toi

J'Y Crois Encore

Destination Ailleurs

La Vie Nous Donne

Un Jour (Le Combat)

Te Quiero

Dans Et Sur Mes Bras

 

 


"Nakamura" - Aya Nakamura

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Quand tu regardes l'abîme, l'abîme aussi regarde en toi - Friedrich Nietzsche

J'espère à l'éternullité - Jules Laforgue

Qu'on les piétine, qu'on les insulte/[...]/Et qu'on les oublie pour toujours - Michel Berger

Papa, c'était qui, Aya Nakatamuna ? - Un enfant anonyme, 15 juin 2030

Reste dans l'ignorance, poussin - Un père anonyme, 15 juin 2030

En voiture, un jour, à une certaine heure...

-Ah non, putain, Didier, tu peux pas couper la radio, j'en ai marre d'entendre ces chanteuses américaines, ces Beyoncé, Lizzo, Alicia Keys, ou cette Aya Nakamura qu'on entend là, j'en ai ma claque, ils peuvent pas passer du français de temps en temps sur cette station, genre Angèle ou Clara Luciani ?

- Euh, Paulo, Angèle est belge, tu le sais ?

- Ouais, mais t'as pigé ce que je voulais dire, donc c'est pas grave.

- Par contre, Aya Nakamura, elle, elle est française.

- Oh ?

- Hé si.

- Mais elle chante en quelle langue ?

- Aucune idée.

- Parce que si ça, c'est du français, je m'appelle pas Paulo.

- Aucune idée, je te dis.

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Si vous vous demandez, en lisant cet article, pourquoi le ClashDo a décidé de parler d'Aya Nakamura, autant le dire tout de suite, crever l'abcès : si vous pensez que je vais détailler, par le menu maxi-best-of, les 13 chansons de cet album, vous pouvez espérer longtemps. Je ne vais pas parler du contenu musical de cet album de 2018, son deuxième (et j'espère son dernier), parce que je ne l'ai pas écouté, raison des plus valables. Et si je ne l'ai pas écouté, c'est pour une simple et bonne raison : j'ai autre chose à foutre de ma vie et de mon temps. Je vais même essayer de ne pas citer une seule fois ne serait-ce qu'une seule chanson de ce disque.

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7 décembre 2019, France 2. Le sacro-saint Téléthon, qui existe depuis 33 ans, est lancé. Je ne suis pas là pour le critiquer, ce marathon télévisuel caricatif, loin de là même, même si j'avoue à ma grande honte (mais comme je sais ne pas être le seul dans cette situation, je respire tout de même mieux) ne jamais avoir fait le moindre don pour eux, ce qui est salopard, mais bon, c'est comme ça. Je ne regarde pas cette émission quand ça passe tous les ans, ça dépend de ce qu'il y à sur les autres chaînes (si jamais c'est l'élection Miss France sur TF1, curieusement, l'envie de regarder France 2 devient irrépressible). Mais ce soir-là, j'ai regardé. Alain Souchon allait passer pour chanter, après tout. Souchon, ça ne se refuse pas, jamais. Même s'il chante les 'Pages Jaunes' de Guéret, rubrique masseurs/kinésithérapeutes, j'écouterai avec plaisir. Mais ce soir-là, entre divers petits reportages sur des enfants malades, pourquoi il faut donner et appeler le 3637 et autres chanteurs que je ne veux même pas citer car je crois que le filtre 'ça suffit les conneries' du blog exploserait tout simplement, il y à eu Aya Nakamura. Curieusement, au moment où elle commence à chanter, j'ai eu une soudaine envie de chier qui m'a tenu, je vous jure, pendant quasiment toute sa chanson, ce qui est des plus heureux quand on y repense. Quand je reviens dans mon fauteuil, elle a fini sa merde elle aussi, et Nagui va vers elle, et lui demande de faire un petit message, traditionnel, usuel, pour la cause de ce marathon télévisuel. Ce qui va alors se passer...

Mais plutôt que de vous décrire la scène, autant laisser parler les images, non ?

 

On ne tire pas sur l'ambulance, surtout quand elle a déjà les pneus crevés. 

Mais là, j'ai quand même eu envie de crier, dehors, dans la nuit hivernale, grosse connasse, et croyez-moi, je n'aurais pas parlé de ma voisine.

Remettons les choses dans le contexte : 

La fille, elle est sur un plateau de TV, entourée, non, pardon, cernée de messages du type AFM, 3637, donnez pour faire avancer la recherche et autres, elle a un compteur sur l'avancée des dons quasiment au-dessus d'elle, elle ne cesse d'entendre ce genre d'annonces de la part de Nagui ou de Sophie Daprès, on l'a certainement briefée dans les coulisses, elle a, aussi, malgré son jeune âge (moins de 25 ans), une certaine expérience en matière de passages TV et de concerts live (du moins, j'espère pour elle que c'est du live et pas du playback comme Madonna l'avait, fut un temps, fait) devant des milliers de personnes, alors venez pas me dire, comme certains l'ont fait dès que cette vidéo a circulé sur le Net et fait le buzz, qu'elle était intimidée. Non, elle est juste connaude et ne pense qu'à une seule chose : sa gueule. Je ne sais pas pour vous, mais moi, j'assume, je ne peux pas encaisser ce genre de personnage, indigne selon moi du moindre respect. Et cet incident (la tronche de Nagui contient tout le mépris du monde, quand il lui demande Et pour le Téléthon, peut-être ?) n'est pas isolé, la gonzesse a limite fait plus parler d'elle pour son comportement un peu prétentieux que pour ses (hypothétiques) qualités musicales. Quand le Mycose Essuie-Glaces écorche son nom aux NRJ Music Awards ou autres, ce qui peut arriver (et n'arrivera pas à Angèle, ou alors faut être sacrément connaud pour écorcher son nom à elle), elle le snobe devant tout le monde après son passage, un vent tellement terrible qu'à côté, la tempête qui vient de traverser la France, c'est une mamie asthmatique qui n'arrive pas à souffler ses bougies de gâteau d'anniversaire. Participant à l'émission "C A Vous", elle ne cesse, après son passage, de dézinguer l'émission et ses chroniqueurs, notamment un qui ne comprenait pas les paroles de ses chansons, ce qu'elle trouvait assez étrange et même risible, l'air de dire mais comment peut-on ?

Bah non. Non, Aya, c'est pas étrange, c'est normal.

Toi t'es bon qu'à planer
Ouais je sens t'as l'seum, j'ai la boca
Entre nous y'a un fossé
Toi t'es bon qu'à faire la mala
Bébé veut du sale, allô allô allô
Million d'dollars, bébé tu vaux ça
Bébé veut du sale, allô allô allô
Million d'dollars, bébé tu vaux ça

J'suis gang, hors game
Boy ne joue pas, bang bang bang
J'suis gang, hors game
Boy ne joue pas, bang bang bang

Je dirais même : totalement normal.

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Après, qu'on vienne pas me faire ch.er la b.te parce que j'ai traité la Nakamura (qui tient son pseudonyme de son vrai prénom, Aya, et du nom d'un personnage de la série TV Heroes, pour la deuxième partie du nom, mais qui se souvient encore vraiment de cette série, aussi ?) de connasse. Je persiste et signe. Et je persiste et signe, comme un des deux anonymes de mon petit dialogue imaginaire et introductif, mais putain, elle chante dans quelle langue, cette fille ? Quelqu'un lui écrit-il les paroles de ses chansons ? Si c'est le cas, une cellule, à la Santé, vient de se libérer. Non mais, ça veut dire quoi, en catchana baby tu dead ça ? OK, ça veut apparemment dire non, mon cher ami, tu ne me prendra pas en levrette par derrière, mais avouez, tout de même, qu'on se demande : 

a) en quelle fuckin' langue c'est, ce truc, argot, patois, volapük, kobaïen perverti, invention totale ?

b) non, rien.

Et cet Autotune...

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Putain, cette mode de l'Autotune...

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Ah, tu vois pas de quoi je veux parler ? Ecoute Black M, Maître Gims, Jul, Booba, Kaaris, Aya Merdamura, Keen' V, pour ne citer que ces artistes français de rap ou de r'n'b (évidemment, aux USA aussi, ils utilisent Autotune, et depuis plus longtemps que tu ne crois, tu te souviens, Believe de Cher ?). Tu trouves pas qu'ils ont à peu près tous la même voix, les mêmes sonorités métalliques, robotiques, inhumaines ? Bah c'est ça, l'Autotune, c'est un logiciel qui permet d'adapter la voix à la mélodie, de la faire sonner plus en accord avec la musique, plus juste, bref, un logiciel qui maquille la voix, l'embellit (tu parles !), et qui est, en gros, utilisé de la même manière que le plâtre de Paris l'est sur un mur dégradé par de gros trous : pour combler les manques et essayer de réparer du mieux qu'on peut. Le résultat est similaire : d'un côté, on voit de grosses traces blanchâtres irrégulières et dégueulasses, travail de sagouin, qui tentent de boucher les trous, et de l'autre, une voix merdifiée et tout sauf naturelle (seuls C3-PO et Johnny 5 parlent comme ça, et si tu ne te souviens pas ou ignore qui est Johnny 5, demande-moi, l'ami). Un ami a moi avait été voir Gims, quand il n'avait pas encore viré la première partie de son pseudo, en concert. Il m'a dit qu'il avait chanté comme de la merde, en gros. Une chose similaire était arrivée à un concert d'un autre chanteur du même genre, même génération, que je ne citerai pas parce que sinon, un procès risquerait de m'attendre. Vous avez compris, sans doute, ce que je veux dire, si on fait un tel abus de ce logiciel Autotune ces temps-ci, c'est pour masquer, probablement, le fait que ces nouveaux chanteurs ne savent pas chanter. Quand on entend une chanson de Nakamura, on a l'impression d'écouter un robot de Star Wars reprenant en serbo-croate une chanson d'Alvin et les Chipmunks, et ce, sur un fond musical tonitruant et qui, de morceau en morceau, se ressemble beaucoup. 

Moi, quand j'entends ça, je suis bien content d'aimer la musique des années 60 et 70, je vous le dis. Autant je peux trouver des qualités à Angèle, son Brol est vraiment sympa à défaut d'être un grand album. On y trouve des chansons sympas, bien troussées, qui passent bien la rampe d'écoutes nombreuses. Le peu que j'ai entendu de Nakamura me donne envie d'émigrer au Népal, en Ouzbékistan, en Terre de Feu, sur Ganymède, à Fouzy-en-Fion, où, n'importe où, à condition que sa musique ne m'accompagne pas. Alors vous pouvez bien me critiquer, ici, parce que je n'ai, en fait, pas parlé de l'album, que je n'ai pas écouté et je le vis très bien au quotidien ; allez l'écouter, et on en reparle. Le peu que j'ai entendu (trois chansons que je ne citerai pas, mais vous savez de quoi je veux parler, ce sont les 'tubes' de la chanteuse) me donne envie d'écouter les Shaggs en gueulant que c'est mieux que les Beatles, Stones, Led Zeppelin et Who réunis. Ouais, c'est pas le même style musical, je sais (mais t'as entendu les Shaggs, toi ? Tu sais à quel niveau stratosphériquement souterrain c'est, les Shaggs ?). Mais il s'appelle comment, ce blog ? R'n'B Fever ? Non, franchement, je ne parlerai pas du contenu de l'album d'Aya Nakamura, y'à pas moyen, Djadja

La Dot

Djadja

Pompom

Copines

Pookie

Ca Fait Mal

Faya

Gangster

Sucette

Whine Up

Gang

Dans Ma Bulle

Oula

"...Le Retour De Gérard Lambert" - Renaud

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Elle a 55 ans, quat' gosses qu'ont mis les bouts, plus d'mari, pas d'amant, et puis quoi ? des bijoux ?

Marche A L'Ombre, quatrième album de Renaud, sorti en 1980, a cartonné bien comme il faut, avec sa légion de classiques absolus (le morceau-titre, Dans Mon H.L.M., It Is Not Because You Are...), mais, on l'a vu hier, c'est tout de même un disque vraiment inégal, la moitié des chansons (quasiment toute la face B) étant pour le moins moyennes, voire même médiocres. Après ce carton, Renaud sort, quasiment coup sur coup, un en 1980 et un en 1981, deux albums lives. Oui, deux, à la suite ! Le premier, double, c'est A Bobino, vraie réussite qui offre quasiment tout l'album de 1980 en live, un des meilleurs lives du chanteur. Le second, c'est un album simple intitulé Le P'Tit Bal Du Samedi Soir Et Autres Chansons Réalistes, entièrement constitué de reprises de vieilles chansons de la fin du XIXème siècle et début XXème, à l'ancienne. C'est le premier album de ce genre (disque de reprises, disque de chansons à l'ancienne), et il a été aussi enregistré à Bobino, c'était la première partie de son concert sorti en double album l'année précédente, en fait. En 1981, Renaud sort aussi son nouvel album studio, son cinquième, l'album sort en novembre sous une pochette le montrant, regardant sans trop d'expression un homme (dont on ne voit que le bas du corps et un bras) le menaçant d'une clé à molette. Sur le bras de l'homme, un tatouage, "Lolita". C'est Renaud lui-même, quoi, qui s'auto-menace. Au verso, un dessin à la Margerin (mais pas de lui) montrant un loubard à l'ancienne, en pleine nuit, dans une banlieue déserte, pas loin d'une mobylette estampillée "France-Soir" (journal qui, au fil des chansons de Renaud, sera souvent épinglé). L'album s'appelle ...Le Retour De Gérard Lambert. C'est le plus long album studio de Renaud pour l'époque, car le premier à dépasser les 40 minutes. En même temps, il n'en dure que 42, pour 11 titres. C'est pas terriblement long non plus,

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Cet album au climat globalement assez comique (mais offrant tout de même trois chansons très sérieuses), sur lequel on entend, dans les choeurs, Coluche et le Professeur Choron (mais allez les retrouver dans la masse des choeurs...), est un de mes grands préférés du chanteur énervant. Pourtant, ce n'est pas un de ses sommets. Sans être inégal comme le précédent opus, ce nouvel album offre tout de même, il faut le dire, des chansons pas super : Le Père Noël Noir est amusante comme tout, mais comme le disait Voulzy dans une de ses chansons de la même époque, Ca fait pas pipi loin. Le Retour De Gérard Lambert, qui fait donc revenir le fameux personnage-titre d'une des meilleures chansons du précédent album, est une suite bien moins réussie que l'original. L'ambiance est là, pesante comme il faut, on a une allusion amusante à Serge Reggiani (cessez de rire, charmante Elvire, y'à une espèce de chien, un vieux loup solitaire, qu'est entré dans Paris, son nom : Gérard Lambert), et il me semble reconnaître d'éminentes intonation coluchiennes dans le Non ?!? entendu après l'allusion au Petit Chaperon rouge et au contenu de son panier. Et on a aussi le cas de Soleil Immonde, chanson secondaire, un peu oubliée, pas grandiose, mais avec laquelle je ne veux pas être méchant : paroles et musique, elle a été entièrement signée Coluche, cas unique s'il en est (si on met de côté les chansons comiques de ses sketches, évidemment : Sois FainéantMisère...), et Renaud la chante avec des intonations très proches de celles de son comique de pote. T'en fais pas, c'est pas la fin du monde...

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Le reste de l'album est nettement meilleur. La Blanche parle d'un ami de Renaud, junkie, Michel Roy, qui composa pour Renaud la chanson Baston ! sur l'album précédent. Roy a fini par mourir, hélas, par la suite, du Sida, sans doute chopé suite à une injection. Dans la chanson, l'allusion à Villefranche (pour rimer avec 'blanche', évidemment) est-elle, aussi, une référence aux Rolling Stones qui, en été 1971, à Villefranche-sur-Mer, enregistrèrent Exile On Main St. dans un brouillard de came ? Oscar est une chanson touchante sur le grand-père maternel de Renaud, originaire du Nord, où quand il fait beau, c'est mauvais présage, c'est qu'il va pleuvoir, c'est qu'il va faire gris ; il était ch'timi jusqu'au bout des nuages. Etudiant-Poil Aux Dents est une très comique chanson sur les étudiants et leurs grands projets d'avenir. J'Ai Raté Télé-Foot ne vole pas haut, mais est très drôle. A Quelle Heure On Arrive ? est un blues terminal made  in Renaud, sur la vie sur la route, on y trouve ses premières piques sur Lavilliers, il y en aura d'autres. Et on trouve, enfin, trois gros classiques ici : Mon Beauf', chanson ultime sur la beauferie, la chanson parle de son beau-frère, réel ou imaginaire, Un beauf' à la Cabu, imbécile et facho, mais heureusement, cocu, qui a marié la soeur de Renaud. On a Banlieue Rouge, sur une femme d'âge mûr, veuve ou divorcée, qui vit seule dans un appartement dans un H.L.M. d''une banlieue parisienne communiste. Sa vie, insignifiante, est racontée par un Renaud à la fois sarcastique et ne voulant pas trop l'être. Un peu comme le futur La Vie Par Procuration de Goldman, mais en version Renaud, quoi. Et on a Manu, hommage de Renaud au Jef de Brel, évidemment, et parlant d'un loubard atterré par le fait que sa copine l'ait quitté, et qui se fait consoler par un pote. Une gonzesse de perdue, c'est dix copains qui r'viennent. Au final, ...Le Retour De Gérard Lambert, album assez léger malgré trois chansons plus graves (Oscar, Manu, La Blanche), est une belle réussite, un album que j'aime beaucoup, et qui pave la voie pour l'album suivant, qui en sera une sorte de version surmultipliée, mais ça, j'en reparle demain, même heure...

FACE A

Banlieue Rouge

Manu

Le Retour De Gérard Lambert

Le Père Noël Noir

J'Ai Raté Télé-Foot

Oscar

FACE B

Mon Beauf'

La Blanche

Soleil Immonde

Etudiant-Poil Aux Dents

A Quelle Heure On Arrive ?

Happy Birthday - Eddy Mitchell

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En 1980, sort Happy Birthday, le vingt-et-unième album studio d'Eddy Mitchell. Et, même s'il cartonne au niveau des ventes, il y a une urgence pour Eddy : celle de sortir un album qui soit au moins correct. Parce que, on ne va pas se mentir : Après Minuit (malgré la présence de Il Ne Rentre Pas Ce Soir) et C'Est Bien Fait (plus desservi qu'autre chose par Tu Peux Préparer Le Café Noir) étaient vraiment moyens. Surtout l'opus de 1978. Vous avez vu la pochette de ce cru cuvée 1980 ? Déjà, rien que le lettrage est sacrément dégueulasse, mais que dire de cette photo en noir et blanc sur laquelle Schmoll pose, non sans une certaine fierté, dans une veste d'un goût extrêmement douteux. Et, je ne parle même pas du noeud papillon. Tu sors fringué comme ça de nos jours, tu te prends des pavés et des seaux d'eau sur la tronche à chaque coin de rue. En voyant une pochette pareille, tout en sachant pertinemment que la qualité du contenant n'influe pas sur la qualité du contenu, on se dit quand même que si le disque est aussi foiré que la pochette, on est bon pour le gros nanar musical. Heureusement, même si tout n'est pas parfait, ce n'est pas le cas. Ouf !

L'album contient un succès du répertoire de Schmoll et pas n'importe lequel : Couleur Menthe À L'Eau. Comment dire, cette chanson, désolé Eddy, mais c'est vraiment à chier. La variétoche française, pas dans ce qu'elle peut offrir de pire, mais pas loin. Je hais viscéralement ce tube. Rien que d'entendre les toutes premières secondes me rebrousse les poils. On trouve un autre tube ici, bien que plus mineur : Happy Birthday Rock 'N'Roll. Chanson présente, si je ne m'abuse, sur un best-of du chanteur publié en 2003. Je ne serai pas tendre non plus avec celle-là : c'est nul aussi. Tout autant, sinon plus que Couleur Menthe À L'Eau. Et, vu qu'on en est à parler des merdes qui traînent sur ce disque, je vais citer aussi Tu Ne Dois Pas Toucher, dernière chanson de l'album. Je vais être clair comme un... clair de lune à Maubeuge (pour paraphraser Clash) : c'est tout simplement gerbant. Qu'est-ce que c'est que cette funk-boîte de nuit dégueulasse ? Mais on trouve aussi de très bonnes choses sur cet album. Comme Y A Rien Qui Remplace Un Amour. Très variété, c'est un fait, mais c'est du bon boulot. Tu Ne Veux Plus D'Moi, une country bien speedé est également très bonne. De Ville En Ville, ballade acoustique est très belle. Bien calibrée, mais très belle. Faut Pas Avoir Le Blues, dans un style blues-rock (forcément, vu le titre) est également bien branlée. Miss Duval, adaptation d'une chanson de Don Williams est vraiment pas mal du tout.

On a aussi deux petits morceaux moyens. À commencer par Rock 'N'Road. Si cette chanson avait été une création originale, franchement, même si ce n'est pas du grand art, cela aurait été convenable. Mais le problème pour elle, c'est qu'elle est une adaptation du Reelin' And Rockin' de Chuck Berry. Du coup, ça passe assez difficilement, sans pour autant être insoutenable. J'Vous Dérange ? (que je me souviens avoir vue sur plusieurs compilations de Schmoll) est assez anecdotique sans être nulle comme les trois premières chansons citées en début de paragraphe précédent. Comme vous avez pu le voir, cet album n'est pas sans failles. Malgré les trois merdes qui le parasitent et les deux chansons pas top évoquées juste au-dessus, dans l'ensemble, le disque passe beaucoup mieux que les deux précédents que Schmoll a sortis. Je n'irai pas jusqu'à vous le conseiller, faut pas déconner, mais si l'envie vous vient, laissez-vous tenter, ce qui est bon dessus l'est vraiment.

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Face A

Happy Birthday Rock 'N'Roll

Y A Rien Qui Remplace Un Amour

Tu Ne Veux Plus D'Moi

De Ville En Ville

Rock 'N'Road

Face B

Couleur Menthe À L'Eau

J'Vous Dérange ?

Faut Pas Avoir Le Blues

Miss Duval

Tu Ne Dois Pas Toucher

"Hysteria" - Def Leppard

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C'est tout moi, ça : cet album, je l'avais abordé sur le blog il y à un peu plus de dix ans. La chronique commençait sérieusement à se décoller du mur, et était des plus nulles, il fallait donc, tôt ou tard, la refaire. C'est ce que je fais ici, mais avec un sacré putain d'années de retard, car ça fait longtemps que je me disais refais cette chronique, et à chaque fois, soit je repoussais parce que j'avais d'autres priorités sur le blog (des nouveautés), soit j'oubliais. Sans parler des périodes, parfois longues, où le blog était en stand-by. Mais je profite d'avoir acheté ce disque, récemment, en vinyle (réédition en double vinyle ; l'album, à la base, est je crois sorti en simple vinyle, le tracklisting plus bas indique l'agencement de ma réédition), pour enfin mettre ma menace à éxécution : reparler, ici, de Def Leppard et de leur album Hysteria. Ce disque est important pour moi, et malgré qu'il contienne deux (et dans mes mauvais jours, et aujourd'hui n'en est pas un, je vais même jusqu'à trois) mauvaises chansons, je le trouve absolument parfait dans son genre...ce qui ne veut pas dire qu'il s'agit d'un album à ranger aux côtés de Songs In The Key Of Life, Abbey Road, Exile On Main St. et Band On The Run, ces classiques absolus de la musique. Car Hysteria n'en est pas un. Mais c'est tout de même un sacré putain de bon disque de rock, de hard-rock en fait, et de hard-FM plus précisément. C'est aussi, probablement, le sommet de ce groupe britannique assez caricatural fondé en 1977 (premier disque, un EP autoproduit, en 1979, et premier album long-format l'année suivante), et leur quatrième album studio, sans compter l'EP. Hysteria, sorti en 1987, a été enregistré sur une période allant de 1984 à 1987, en divers studios (à Paris, Dublin et Hilversum aux Pays-Bas). Produit par Robert John 'Mutt' Lange (aux commandes de la production defleppardienne depuis le deuxième album), lequel est essentiellement connu pour avoir produit le AC/DC de l'ère 1979/1981 (et pour avoir été le mari et producteur de Shania Twain, il a fait d'elle une star éphémère, mais depuis leur divorce, elle est retombée dans un oubli total, z'avez remarqué ? Je ne m'en plains pas), ce disque, le plus long du groupe avec 62 minutes, sera un gigantesque succès commercial à sa sortie, on parle d'une vente colossale, 25 millions d'exemplaires vendus à travers le monde dont la moitié aux USA, album classé N°1 aux USA et en Angleterre. 12 titres, et 7 d'entre eux sont sortis en singles. Il n'y à sans doute guère que le Bad de Michael Jackson (même année) pour avoir fait mieux, en terme de ratio nombre de chansons/nombre de singles.

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Ce disque (Hysteria, hein, pas Bad) a été fait au cours d'une période assez difficile pour le groupe : leur batteur, Rick Allen, sera victime d'un accident de voiture, il perdra un de ses bras. Un batteur avec un seul bras, on est d'accord, c'est difficile pour lui de reprendre le boulot (un musicien, en général, d'ailleurs, après une amputation d'un bras, aura du mal à revenir, même un claviériste). Que s'est-il passé ? Def Leppard a-t-il recruté un remplaçant ? Non. A-t-il foutu une saloperie de boîte à rythmes qui fait tchoum tchoum et splak splak ? Non. Le groupe, soudé comme de vrais potes de régiments, a attendu que leur ami batteur aille mieux, moralement et physiquement, et que l'on conçoive, pour lui, un kit de batterie spécial, lui permettant de jouer avec un seul bras et ses jambes (un batteur utilise de toute façon ses jambes, mais Allen, sur ce kit, les utilise de façon plus intensive). Une batterie un peu électronique, qui donne un ton plus futuriste (si on peut dire) à un album qui semble avoir été enregistré sur Ganymède ou Alpha du Centaure. S'excusant, dans les notes de pochette, pour ce long délai entre le précédent album (Pyromania datait en effet de 1983) et celui-ci, Def Leppard livre un album totalement camp, totalement renversant. Un maelström de hard-rock glam et FM, accessible tout  en étant bien furax. Les tubes s'enchaînent avec un affolement total, servis par une production étincelante et futuriste. Les choeurs (signés des Bankrupt Brothers, alias le reste du groupe) sont omniprésents, parfois caricaturaux, on pense à du Spinal Tap en version teenage (pourtant, les Def Leppard avaient en moyenne une trentaine d'années à l'époque de l'album). Le look des musiciens, cheveux longs et bouclés à la Europe, baskets, donne l'impression d'avoir affaire à un groupe de hair-metal à la Ratt/Mötley Crüe, Def Leppard en est un, d'une certaine manière. En cette année 1987 vampirisée par The Joshua Tree et Bad, Hysteria va se placer très haut.

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Dès le premier titre, Women, on est plongé dans un univers chatoyant, cartoonesque, guitares ronronnantes, batterie qui tabasse, chant poussé très loin, paroles très connes (mais Def Leppard n'a jamais cherché à intellectualiser sa musique, c'est du ras-du-front, et c'est très bien comme ça) et refrain ultra jouissif. D'une durée parfois étendue (5 minutes, parfois plus, mais jamais moins de 4), les morceaux de l'album se suivent, peuvent parfois se ressembler un peu (quasiment tous ont cette putain de pêche maintenue tout du long, Animal et son intro tapageuse, Rocket et ses choeurs à la fois bien virils et quasiment féminins, Don't Shoot Shotgun...), et si on met de coté Run Riot et surtout Excitable (cette chanson est clairement le ratage de l'album, qui serait mieux sans elle), et éventuellement Don't Shoot Shotgun les mauvais jours, c'est du grand art dans son genre. Avec aussi les inévitables power ballads, il y en à deux ici, Love Bites (cette guitare...) et Hysteria. Avec aussi l'inévitable morceau engagé avec intro pinkfloydienne, Gods Of War. Basse monumentale dans l'intro, power chords en furie, final guitaristique atmosphérique bien trippant, mais paroles débilos (We're fighting for the gods of war, but I'm a rebel and I don't wanna fight no more, no way !), ce qui ne gâche rien. On a aussi Armageddon It, que j'adore bien comme il faut (refrain fédérateur, les choeurs y sont jouissifs, la guitare bien mélodieuse, Gimme all of your lovin', gimme all that you got...), Love And Affection (là aussi, intro géniale) qui achève bien le disque, et Pour Some Sugar On Me, vulgaire comme pas deux, hymne de bar à putes, mais si efficace... Bref, vous avez pigé. J'adore ce disque. Certains en parleraient comme d'un plaisir coupable, mais moi, non, clairement pas, c'est un des meilleurs albums dans son genre, et malgré son âge, il n'a pas mal vieilli du tout. près, je peux comprendre qu'on bloque un peu : c'est très chargé niveau production, ça sonne comme si le disque avait été fait par la NASA dans l'espace, les choeurs sont bien caricaturaux parfois, le disque dure 62 minutes... Après ce disque au succès fulgurant et mondial, le groupe va mettre cinq ans avant de refaire un disque (entre temps, ils perdront le guitariste Steve Clark, décédé en 1991). L'album suivant, c'est Adrenalize, en 1992, constitué de 11 titres (pour 45 minutes) et parmi eux, 7 singles, encore une fois. Mais là où Hysteria cartonnera et s'imposera, Adrenalize, lui, encore fois produit par 'Mutt' Lange et reprenant la même recette, est un coup d'épée dans l'eau, un sous-Hysteria. Ce qui était assez prévisible, quand on y pense. La suite de leur carrière ? Je ne sais pas, je ne cherche même pas à le savoir...

FACE A

Women
Rocket
Animal

FACE B
Love Bites
Pour Some Sugar On Me
Armageddon It

FACE C
Gods Of War
Don't Shoot Shotgun
Run Riot

FACE D
Hysteria
Excitable
Love And Affection

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17 février 2020

Je Me Dis Que Toi Aussi - Boulevard Des Airs

Je-me-dis-que-toi-aui

Un bon gros bâton merdeux pour terminer la journée, ça vous dit ? Allez, c'est moi qui régale ! Ne me remerciez pas, c'est moi qui offre. Par contre, ne lancez pas de tueurs à gages à ma recherche ou n'ayez pas recours aux services de sorciers vaudous. Je ne me mérite quand même pas ça. Bien, comment parler de ce disque ? Ou plutôt de cette grosse merde ? Elle est l'oeuvre d'un groupe nommé Boulevard Des Airs. Un groupe formé à Tarbes et qui évolue dans le milieu de la chanson depuis... bien trop longtemps. 2015 : année où l'on a découvert ces quiches avec la chanson Bruxelles. Fort heureusement (façon de parler), ce n'était pas une reprise de la chanson du même titre de Jacques Brel. C'est une composition originale. Mais, quand j'ai entendu ça la première fois, j'ai eu envie de me foutre des sabres à la ceinture et d'aller charcuter ces guignols façon Kill Bill. Vous voyez ? J'ai été quelque peu naïf. J'ai vraiment pensé que ce groupe ne serait qu'un feu de paille et retomberait vite fait bien fait dans l'anonymat dans lequel il aurait dû rester. La suite des évènements m'a donné tort. Et voilà qu'en 2018 arrive ce truc, ce machin, ce déchet musical. Lequel a été propulsé bien comme il se doit par : Je Me Dis Que Toi Aussi. Sa chanson titre quoi. Et je me dis que toi aussi, palala palala, palala palala... Comment vous dire ? Vous connaissez la phrase d'Albert Camus qui dit que tout homme est un assassin qui s'ignore ? Et bien voilà, elle s'applique parfaitement à cette chanson. On a clairement envie de les trucider avec une scie sauteuse dont la lame a été trempée dans un flacon de tabasco au préalable. Et les corps mutilés auraient été ensuite jetés dans un enclos de lions affamés dans n'importe quel zoo. Comment ça j'en fais trop ? Non mais sérieux, vous avez écouté cette chanson ? Pour un mec comme moi, qui s'est biberonné au Gainsbourg, au Lavilliers, au Brassens, au Brel, au Higelin, au Ferré, au Aufray, au Bashung, au Tachan et j'en passe, c'est juste insupportable. 

Le problème, c'est que la torture ne s'arrête pas là. Passée la chanson titre, qui d'ailleurs ouvre l'album, il faut ensuite se manger dix tartines de merde supplémentaires. Je n'exagère pas. Comment ne pas être ne serait-ce qu'attéré face à des...chansons comme Comment Ça Tue, Ne Me Déteste Pas (les mecs ne font rien pour qu'on ne les déteste pas cela dit), C'Est Pas Ta Faute ou encore La Vie Est Une Fête ? Moi, quand j'ai entendu ces machins, la première chose que j'ai faite, c'est de remonter dans mon arbre généalogique, pour voir si je n'ai pas de liens de parentés (ne serait-ce qu'infimes) avec Ivan Le Terrible. J'ai été en proie à des pulsions meurtrières tout à fait indescriptibles. Mais, il y a ici un morceau qui remporte la palme de la merderie ultime : Allez Reste. Non pas qu'il soit le pire du pire, mais parce qu'il est chanté avec ce qui se fait probablement de pire en terme de chanson française actuelle : Vianney. Vous avez compris ce que je veux vous dire ou il faut que je donne de plus amples précisions ? Si certains artistes, français ou pas, ont durant leur carrière (ou une pendant une période de leur carrière) ont transformé en or tout ce qu'ils ont touché, Vianney, c'est l'inverse. Tout ce qu'il a touché s'est transformé en merde. Allez, j'arrête là. J'en peux plus de parler de cet album daubesque. 

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Je Me Dis Que Toi Aussi

Tout Le Temps

Comment Ça Tue

Si La Vie Avance

Tellement Banal

Allez Reste

Ne Me Déteste Pas

C'Est Pas Ta Faute

Tout S'Éffondre

Hasta La Vista

La Vie Est Une Fête

"Nougaro 77" - Claude Nougaro

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On va rapidement reparler de Claude Nougaro via un album qui n'était pas encore abordé sur le blog, je rattrape donc cet oubli. Il s'agit d'un album live, le deuxième de cet immense chanteur à être sur le blog après le remarquable double album de 1969 Une Soirée Avec Claude Nougaro, qui proposait un concert à l'Olympia et fonctionne parfaitement comme best-of de la première partie (jusqu'à 1968) de la carrière du Toulousain. On y trouvait, de mémoire, 28 morceaux. Sur ces 28 morceaux, seul un est ici, sur cet autre live, double lui aussi (il dure dans les 80 minutes), et ne proposant, lui, que 13 titres. Ce live est sorti en 1977, la même année qu'un album studio de Nougaro, Plume D'Ange, disque majeur du chanteur (et de la chanson française en général), album majestueux offrant notamment un long conte musical, du nom de l'album, qui dure, dans sa version studio, 15 minutes de bonheur. Ce double live est sorti sous une pochette rouge et noire (le code de couleurs est inversé au verso, comme le montre la photo ci-dessous), ouvrante, avec un feuillet double agrafé en son milieu et proposant les paroles des deux plus longs morceaux présents ici. Aucun titre n'est indiqué sur la pochette, mais cet album, capté les 23, 24 et 27 février 1977 à l'Olympia, s'appelle soit Olympia 77, soit Nougaro 77 (ce qui est, en fait, indiqué sur les labels de face et au verso de pochette). 

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Si vous connaissez l'album Plume D'Ange et que vous aimez l'album, mais que vous ne connaissez pas encore cet album live, soyez heureux, car on y trouve l'intégralité de l'album (qui ne contient que 6 titres) ici. Je peux me tromper, mais je pense que Nougaro a sorti l'album après ces concerts, et que, donc, le public entendait ici pour la première fois ces chansons. Après, il se peut que l'album Plume D'Ange soit sorti en janvier ou début février 1977. Peu importe, Nougaro se livre ici à des prestations époustouflantes, et fidèles, de ces morceaux, ainsi que de morceaux de son précédent opus (Femmes Et Famines, 1975) et d'un morceau bien plus ancien, Une Petite Fille, très très court, 2 minutes sans répit. On a aussi trois morceaux inédits, jamais placés sur un album studio, vraisemblablement jamais enregistrés en studio. L'un d'entre eux est un monologue sans musique, Jésus, drôlatique, qui suit Pablo, un morceau de l'album de 1977 dédié à son plus jeune fils, qui vient de naître. Après avoir parlé de son fils (qui vit au Brésil), Nougaro parle d'un autre fils, celui de Dieu, Mais qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu pour avoir un fils pareil ? suscite des rires dans le public. Les Noces De Sang est une belle chanson, restée inédite en studio donc. Et surtout, on a Victor, long de 17 minutes, occupant toute la face C, une chanson et un conte en même temps, Nougaro adapte grosso modo "La Légende De L'Homme A La Cervelle D'Or" de Daudet (une des Lettres De Mon Moulin), la prestation est éblouissante. Ce morceau suit Plume D'Ange, lui aussi long de 17 minutes ici (il occupe quasiment toute la face B), conte mis en musique par Jean-Claude Vannier, sublime, drôle et poétique, l'histoire de Nougaro qui, après avoir reçu la visite, en pleine nuit, d'un ange lui ayant offert une de ses plumes, va raconter cette histoire à tout le monde, passant pour fou. Mais, comme l'ange lui a dit, si une seule personne le croit vraiment, alors la paix règnera sur la Terre, à jamais, on peut donc accepter de passer pour un fou pour une telle raison. Le passage du commissariat fait bien se marrer le public. Le même public, à la fin du morceau, fait entendre des bravo ! bien audibles juste avant une salve d'applaudissements admiratifs. Ce morceau est légendaire, cette interprétation live, peut-être antérieure à la sortie de l'album donc, est au moins aussi belle. Elle est tellement fidèle que s'il n'y avait pas les clameurs de l'audience de temps en temps, on pourrait croire que l'on entend la version studio (précisons que le son du live est, tout bonnement, excellent pour l'époque). 

CN3

Nougaro interprète tout son disque de 1977, on a donc aussi Le K Du Q (nouvelle version de Un Grain De Folie, morceau datant de 1971), très efficace ; Quasimodo, morceau amusant mais le moins réussi de Plume D'Ange ; Comme Une Piaf, adapté de Wayne Shorter, qui ouvre le concert avec panache ; et Jalousie, qui serait le sommet de Plume D'Ange s'il n'y avait, justement, le conte musical, un morceau sombre, angoissant, et sensationnel basé sur le Othello de Shakespeare (Quasimodo aussi adapte une oeuvre littéraire, mais pas besoin de préciser laquelle, hein ?), on sent la tension monter tout du long de cette incroyable version live, bien applaudie à la fin. Comme je l'ai dit, on trouve aussi, ici, trois extraits de Femmes Et Famines, album de 1975 qui fut le premier de Nougaro chez Barclay, et accessoirement mon préféré de lui, et un de ses grands, très grands, très très grands crus. On a le sublimissime Île De Ré, qui donne envie de s'y rendre séance tenante (d'ailleurs, j'y vais, allez, à un de ces jours ! Je déconne, mais j'adore cet endroit, qui, y ayant été, ne l'aimerait pas ?), Ma Femme, dédiée à sa femme d'alors (de nationalité brésilienne et mère de Pablo), et Brésilien, adapté de Gilberto Gil, en final (très efficace, ce final !) de l'album. Un album live tout bonnement exceptionnel, avec ses trois inédits (dont ce Victor magnifique), cette version à tomber de Plume D'Ange, un Nougaro en forme, une qualité sonore vraiment excellente, une durée assez généreuse (si ce live existe en CD, je pense qu'il est toujours double ; s'il tient sur un seul CD, c'est vraiment de justesse, mais je ne pense pas, ou alors c'est qu'un titre manque), et une période remarquable pour Nougaro. C'est bien simple, pour moi, même si par la suite (et surtout en 1978 : Tu Verras) Nougaro fera d'autres belles chansons, jamais plus il ne fera un disque aussi quintessentiel que Plume D'Ange, entièrement représenté ici. Pour moi, on arrive ici clairement à la fin d'une période imparable (1968/1977), des albums géniaux et inusables. Ce Nougaro 77 en est une belle conclusion. Essentiel pour tout fan du Petit Taureau toulousain. 

FACE A

Comme Une Piaf

Île De Ré

Quasimodo

Jalousie

Ma Femme

FACE B

Une Petite Fille

Plume D'Ange

FACE C

Victor

FACE D

Pablo

Jésus

Le K Du Q

Les Noces De Sang

Brésilien

"Marche A L'Ombre" - Renaud

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Ca sent la sueur, ça pue la mort, j'aime bien c't'ambiance, pas vous ? Ah ! bon...

Avec un premier album très moyen, un deuxième album génial et un troisième plutôt inégal, la carrière de Renaud ressemble un peu à des dents de scie. Ca va totalement se solidifier avec ce quatrième album, le premier de ses albums à enfin avoir un vrai titre officiel. A partir de cet album enregistré en deux mois (décembre 1979, janvier 1980) et sorti en février 1980, la carrière de Renaud, pour une période d'environ 10 ans, va connaître une énorme popularité. Ca y est, on peut le dire, en 1980, avec ce quatrième opus, long de 38 minutes, Renaud devient un grand, il s'impose. Il faut dire que cet album, dédié notamment à un certain Paul Toul, de Paris, qui n'est autre que le truand (abattu par la police en 1979) Jacques Mesrine, que cet album donc, sera un triomphe commercial. Marche A L'Ombre, qu'il s'appelle, ce disque. Quatre ans plus tard, Michel Blanc réalisera son premier film, qu'il baptisera ainsi en hommage à la chanson (Renaud, qui avait signé la chanson de Viens Chez Moi, J'Habite Chez Une Copine trois ans plus tôt, signera une chanson pour le film de Blanc, film dans lequel joue aussi l'ancien mari de sa femme, Gérard Lanvin). Cet album est le premier de Renaud avec certains musiciens qui, dès lors, collaboreront sur d'autres de ses albums : le batteur Amaury Blanchard, le claviériste Jean-Philippe Goude, le choriste Klaus Blasquiz (ancien chanteur principal de Magma, Goude en fit partie aussi)... Parmi les musiciens, notons aussi les guitaristes Pierre Chérèze, Alain Ranval. 

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Marche A L'Ombre est sorti sous une pochette tapageuse montrant un Renaud (avec son bandana, qui deviendra indissociable du personnage) au regard viens pas m'faire chier aujourd'hui, ni demain, ni jamais, photo en noir & blanc hormis le bandana rouge, et effet "vitre fêlée" autour de lui. Au verso, la même photo, avec effet "vitre cassée", cette fois-ci. Les deux faces du vinyle sont officiellement appelées "Face sud" et "Face nord", dans l'ordre. A l'intérieur, une sous-pochette montre Renaud accoudé à un comptoir de bar, en train de narguer un flic le regardant, soupçonneux. Une autre photo, de l'autre côté de la sous-pochette, montre un homme se faisant virer du bar, en passant à travers la vitre ! Ambiance générale assez rock et hors-la-loi, si on rajoute à ça la discrète mais bien réelle dédicace à l'Ennemi Public N°1, on se retrouve avec, apparemment, un des albums les plus engagés, virulents, de la Chetron Sauvage. Enfin, c'est l'impression que ça donne, mais en fait, non, pas du tout. Certes, l'album offre Où C'Est Qu'J'Ai Mis Mon Flingue ?, chanson ultra engagée, virulente comme pas deux (Votre République, moi, j'la tringle), très très dure, très rock, quasiment punk dans son interprétation. Mais c'est bien la seule chanson engagée de l'album. Le reste est constitué de chansons rigolotes ou sérieuses, sur la vie dans les banlieues, les loubards, des personnages rigolos. La routine renaldienne, quoi.

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L'album offre des classiques, surtout sur sa face sud (la première) : Marche A L'Ombre, évidemment, avec son rythme countrysant, est intouchable. Casses-toi tu pues ! Et marche à l'ombre. Dans Mon H.L.M. est une des pièces maîtresses du répertoire de Renaud, 6 minutes hilarantes dans lesquelles Renaud présente, étage par étage, les autres locataires de l'immeuble où il vit, du moins où vit le narrateur, tout le monde en prend plein la gueule, le bignolo à moitié taré qui tape sa femme et engueule les mioches, ancien légionnaire de surcroît ; la pouffiasse roulant en Mini Cooper, féministe jusqu'au bout des ongles ; le jeune cadre dynamique bobo sur les bords ; le vieux con de gauche qui fait chier tout le monde avec ses pétitions ; les babas-cools sur le retour qui fument à mort et écoutent leur musique très fort ; et Germaine, qui vit au 8ème, et qui est à la colle avec le narrateur. Immense. Immense aussi, Les Aventures De Gérard Lambert, avec son ambiance western spaghetti et son loubard en héros, un motard de banlieue dont la moto, en pleine nuit et en pleine pampa banlieusarde, tombe en panne. Parodie hilarante du Petit Prince, cette chanson, dont Renaud fera une suite l'année suivante, est en partie, selon la légende, inspirée par Gérard Lanvin. Faut pas gonfler Gérard Lambert quand y répare sa mobylette... Et puis, on a, sur la face nord, It Is Not Because You Are, chanson drôlatique et touchante en franglais, imparable, mais à se faire suicider de dépit un prof d'anglais (When ayave rencontréd you, you waze une jeune fille au pair, and ayepoute eu spell on you, and you roule eu pelle to mi). Le reste de l'album est, en revanche, bien moins percutant, entre un Baston ! un poil trop long (beaucoup trop long, même, pour ce qu'il offre), un La Teigne (qui parle d'un mec un peu con et pas très sympa) moyen, un L'Autostoppeuse amusant mais mineur (nez en moins, le passage sur le plat pourri de Jacques Borel me fera toujours rigoler, et si vous n'avez pas compris l'allusion, Jacques Borel, c'était un industriel français spécialisé dans la restauration rapide, il a crée les restaurants d'autoroute L'Arche, où on bouffait bien mal en regardant passer les voitures sur l'A15 ou ailleurs, et semble avoir inspiré le personnage de Tricatel dans L'Aile Ou La Cuisse), et surtout deux morceaux ratés, Mimi L'Ennui et Pourquoi D'Abord ?, cette dernière chanson notamment, un vrai délire sur lequel Renaud chante en partie d'une horrible voix de fausset imitant un mioche enlevé par un loubard (la chanson est un question-réponse entre le mioche et son ravisseur), achève très mal l'album, Renaud le reconnaît lui-même dans les paroles, avec sa mélodie en partie musique de chambre XVIIème siècle. Bref, l'album est, encore une fois, inégal, plus encore que le précédent. On y trouve de vrais classiques, intouchables, mais aussi des trucs pas glop [mode 'Pifou' OFF]. Je suis nettement plus fan du suivant, la suite demain !

FACE A (Face Sud)

Marche A L'Ombre

Les Aventures De Gérard Lambert

Dans Mon H.L.M.

La Teigne

Où C'Est Qu'J'Ai Mis Mon Flingue ?

FACE B (Face Nord)

It Is Not Because You Are

Baston !

Mimi L'Ennui

L'Autostoppeuse

Pourquoi D'Abord ?

Volunteers - Jefferson Airplane

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Un petit peu de Jefferson Airplane, ça vous dit ? À la bonne heure ! Alors, voici Volunteers, le cinquième opus studio du groupe, sorti en 1969. Comme son titre l'indique, l'album est engagé. Et bien évidemment, contre la guerre du Vietnam. Ce qui sera bien évidemment sources de polémiques au moment de la sortie À l'origine, le groupe avait eu dans l'idée d'intituler l'album Volunteers Of Amerika mais RCA, la maison de disques, s'y opposa fermement. En ce qui concerne le line-up, pas de changements depuis 1967 et Surrealistic Pillow, les six mêmes membres sont toujours de la partie. La pochette, dominée par le titre de l'album en lettres capitales et en caractères gras et le drapeau des États-Unis, montre le groupe déguisé pour les besoins du film assurant la promotion du single Martha, issu de After Bathing At Baxter's. Allez, on perd pas plus de temps et on va regarder dès maintenant ce qui se cache dans ce disque qui est pour moi le meilleur de l'Airplane !

Pour ce disque, l'Airplane s'est offert les services de cinq musiciens supplémentaires dans lesquels on retrouve notamment Nicky Hopkins, Stephen Stills et David Crosby, rien que ça ! On notera aussi le recours aux services des Ace Of The Cups, un groupe de rock ricain lui aussi, mais exclusivement féminin. Que ce soit au niveau de l'écriture ou de la composition, tout n'est pas l'oeuvre du groupe. Par exemple Good Shepherd et Meadowlands sont des écrits traditionnels qui ont été arrangés par le groupe. Si le premier est purement génial, le deuxième n'a pas d'autre utilité que celle de rajouter un peu de temps à l'album. Lequel n'avait pas besoin de ça. Crosby et Stills ont également, le temps d'une chanson, filé un coup de main à l'écriture et à la compo. Ce qui a donné naissance à Wooden Ships, une chanson longue de plus de six minutes, mais absolument parfaite de bout en bout. À noter qu'en 1969, devançant l'Airplane, Crosby, Still Nash & Youngs feront leur propre version de cette chanson. The Farm, quant à elle, a été écrite par Kanter mais composée par un certain Blackman dont je ne connais rien d'autre que le nom. Et c'est une réussite de plus à mettre l'actif de ce disque qui, de toutes façons, à part Meadowlands, ne contient que ça. We Can Be Together est signée de la seule main de Kanter. Et, c'est une très bonne ouverture d'album, cependant, on pourra lui reprocher de manquer d'un peu de force. Hey Frederick, que Grace Slick s'est pelée elle-même est une chanson absolument magistrale. Plus de 8 minutes de pur bonheur. 8 minutes qui ne sont jamais emmerdantes pour un sou. Jamais ou rarement la guitare de Kaukonen n'a été aussi cinglante et précise. Turn My Life Down, pondue par le seul Kaukonen, occupe la place du mort puisqu'elle succède au monstre sorti de la tronche de Slick. Mais, pas de soucis, sa qualité se révèle avec le temps. Eskimo Blue Day, longue de 6 minutes et demi est également un monstre, bien qu'un peu moins puissant que Hey Frederick.

A Song For All Seasons est incontestablement la chanson qui dénote le plus. Encore plus que pour Turn My Life Down, il faut se montrer patient pour en capter toute la qualité. Le disque s'achève sur sa chanson titre, Volunteers, logique, qui est, après Meadowlands, le morceau le plus court de l'album. Et c'est excellent. À noter que les paroles de la chanson contiennent ce qui aurait dû être le titre d'origine de l'album. Aujourd'hui, Jefferson Airplane est un groupe qui est quand même bien tombé dans l'oubli. Et les albums avec. Ce qui est fort regrettable car passer à côté de Volunteers est une vraie connerie. Comme vous l'avez vu, ce disque ne conitient qu'un seul morceau dont on se demande ce qu'il fout là. Le reste assure totalement. En toute sincérité, je vous conseille sauvagement de vous pencher sur le cas de ce disque et de vous le procurer si vous ne l'avez pas encore. Ce serait quand même bête de ne pas connaître le meilleur album de ce groupe et de ne pas l'avoir à portée de main. Vous ne croyez pas ?

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Face A

We Can Be Together

Good Shepherd

The Farm

Hey Frederick

Face B

Turn My Life Down

Wooden Ships

Eskimo Blue Day

A Song For All Seasons

Meadowlands

Volunteers

"Let's Take It To The Stage" - Funkadelic

F10

Funkadelic, encore et toujours, suite du cycle consacré à un des groupes les plus dingues de tous les temps. On avait quitté le groupe de George Clinton (enfin, un de ses deux groupes avec Parliament, frère jumeau de Funkadelic en plus 'funk traditionnel' que l'autre, Funkadelic étant, lui, très axé psychédélique) en 1974 avec un Standing On The Verge Of Getting It On purement remarquable, 36 minutes de tuerie funky. Cet album-ci, sorti l'année suivante soit 1975, dure aussi 36 minutes (mais quasiment tout rond). C'est le septième album studio du groupe (et leur septième tout court, car ils n'ont pas sorti de live ; il y en à un qui sortira en 1996, et qui fut enregistré en 1971, mais c'est tout), il est sorti sous une pochette signée, encore une fois, Pedro 'Captain' Bell, une pochette qui utilise le fameux logo du groupe (une sorte de tête de mort souriante) et est bien chamarrée comme les autres (avec, à l'intérieur de la pochette, encore une fois, au milieu d'un invraisemblable collage d'images et de dessins, un long texte signé George Clinton), on notera d'ailleurs que le visage féminin verdâtre de la pochette ressemble à s'y méprendre à Linda Blair dans L'Exorciste. Cet album porte un titre qui pourrait laisser penser que c'est un live, mais non, pas du tout. L'album s'appelle Let's Take It To The Stage ('stage', en anglais, veut notamment dire 'scène' dans le sens 'scène musicale'). 

F11

Bien délirant encore une fois, cet album offre 10 titres, dont le plus long atteint la belle (mais pas extraordinaire) durée de 7 minutes. Il s'agit du dernier titre, un quasi-instrumental (on y entend, au début, Clinton faire un monologue sur les sexes féminins et masculins, ambiance poétique à donf', donc) intitulé Atmosphere, morceau chelou inspiré par Bach (la grande, très grande majorité du morceau est en fait une longue coda jouée à l'orgue, par Bernie Worrell - qui joindra les Talking Heads en 1980). Pas le sommet de l'album car un peu trop étrange par rapport au reste des morceaux, Atmosphere est cependant une conclusion étonnante et plutôt réussie, qui ne laissera personne indifférent. L'album offre son lot de chansons (ici, beaucoup sont très courtes, 5 des 10 titres font moins de 3 minutes) très funkadeliciennes dans l'âme, comme le très subtil (mais non, j'déconne...) No Head, No Backstage Pass, au titre qui laisse rêveur ("pas de pipe, pas de backstage pass"), ou bien Get Off Your Ass And Jam, qui possède un fulgurant solo de guitare joué non pas par Garry Shider, ni par Michael Hampton, ni par Eddie Hazel (ce dernier interviendra de moins en moins, dès ce disque, sur les albums de la P-Funk en raison de soucis personnels, il fera de la taule à l'époque), mais par...un illustre inconnu, non crédité donc, qui arrivera dans le studio on ne sait comment (invité ? incrusté ?). Un type doué, mais totalement junkie qui demandera à Clinton s'il pouvait jouer sur le morceau. Clinton accepte, le mec joue, c'est mis sur le disque, la performance est hallucinante... Personne ne sait de qui il s'agit, même si un certain Paul Warren affirmera par la suite que c'est lui. 

F12

Très rock dans l'âme, Let's Take It To The Stage est assurément un des meilleurs abums de Funkadelic, un des plus accessibles aussi, de Good To Your Earhole au morceau-titre en passant par Better By The Pound, Be My Beach (le titre est un jeu de mots intraduisible en français, mais les anglophiles savent sans doute de quoi je veux parler), le langoureux Baby I Owe You Something Good, l'étrange et atmosphérique Atmosphere, le presque pop The Song Is Familiar, le salace et comique No Head, No Backstage Pass... Il faudrait tout citer. Super bien balancé, drôle et cynique, Let's Take It To The Stage, qu'il est impossible d'écouter en restant immobile et sagement assis, est un des chefs d'oeuvres de ce groupe mythique et farfelu. L'album suivant, que le groupe sortira l'année suivante (une année où Funkadelic sortira deux disques et changera, entre les deux, de maison de disques ; et niveau Parliament, ça sera l'année de sortie du génial The Clones Of Dr. Funkenstein), ne sera pas, lui, aussi réussi, j'en reparle bientôt, mais je le dis ici en avant-première : on aura affaire, avec l'album suivant, au premier disque décevant du groupe. Rien de grave, rassurez-vous (j'en reparle bientôt, comme je l'ai dit), mais le niveau baissera quand même pas mal, pour le coup...

FACE A

Good To Your Earhole

Better By The Pound

Be My Beach

No Head, No Backstage Pass

Let's Take It To The Stage

Get Off Your Ass And Jam

FACE B

Baby I Owe You Something Good

Stuffs And Things

The Song Is Familiar

Atmosphere

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