Rock Fever

15 janvier 2017

"The Raven That Refused To Sing And Other Stories" - Steven Wilson

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Sous une pochette illustrée d'un dessin qui n'aurait pas dépareillé dans un décor de film de Tim Burton, se cache un des plus beaux et des plus puissants albums de rock progressif de l'histoire de ce mouvement musical (et qu'il ne soit pas dans la liste, maintes fois commentée ici, que j'avais fait il y à longtemps sur le blog signifie tout simplement que je ne connaissais pas cet album à ce moment-là, il n'était peut-être même pas encore sorti, il date de 2013 et il se peut que ma liste avait été faite avant). Sachez que je n'exagère pas. Ce disque, que je possède dans les deux formats (CD et vinyle ; en vinyle, malgré que l'album ne dure que 54 minutes, il est double ; la moitié des morceaux durent plus de 10 minutes), est le troisième album solo d'un des meilleurs artistes de rock progressif actuels, aussi producteur et arrangeur (il s'est amusé à remastériser et remixer, et le résultat est excellent, des albums tels que le Aqualung de Jethro Tull et le Tarkus d'Emerson, Lake & Palmer, pour leurs rééditions collectors), un nommé Steven Wilson. Le mec a des allures de junkie des 70's, longs cheveux, binocles, barbiche mal rasée, longue figure, fine corpulence. Un talent fou, aussi (chanteur à la voix incroyable, guitariste de génie). Si le nom de Steven Wilson vous dit quelque chose mais sans plus, sans doute le nom de Porcupine Tree vous parlera mieux. Ce groupe d'enfer, qui mélange adroitement rock progressif et metal, ayant sorti des albums aussi quintessentiels que Fear Of A Blank Planet (sur lequel Robert Fripp et Alex Lifeson, de Rush, participent), In Absentia, Deadwing ou Lightbulb Sun, n'est autre que le groupe de Steven Wilson, groupe que Wilson a cependant, depuis quelques années (en fait, à peu près depuis la sortie de l'album dont je vais parler maintenant), mis en veille, désireux de se concentrer sur sa carrière solo. Un peu comme Peter Hammill à l'époque 191/1974 pour Van Der Graaf Generator.

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Ce troisième album de Wilson (après un Insurgentes très réussi en 2008 et un Grace For Drowning remarquable bien que long, car double, en 2011) s'appelle The Raven That Refused To Sing And Other Stories, et sous ce titre à rallonge et cette pochette étrange et quelque peu glaçante se cachent 6 morceaux tout simplement inoubliables. Enregistré avec l'aide, à la co-production et au poste d'ingénieur du son, d'Alan Parsons (mais si, vous connaissez, The Alan Parsons Project...ce mec était, autrefois, ingénieur du son, justement, notamment pour Pink Floyd sur The Dark Side Of The Moon), et avec le mellotron d'époque (1969) ayant servi à l'album In The Court Of The Crimson King de King Crimson et qui fut offert ou vendu à Wilson par Robert Fripp himself), cet album s'ouvre sur une fulgurance totale de 12 minutes, Luminol. Une ligne  de basse (jouée par Nick Beggs) incroyable accompagnée d'une ruade de batterie (de Marco Minnemann), des guitares et claviers en total état de grâce, une flûte sublime pour agrémenter tout ça...et au bout de 5 minutes, la voix, si apaisante parfois, de Steven Wilson qui surgit, une fois le temps considérablement ralenti (la basse et la flûte deviennent les instruments majeurs), pour raconter son histoire glauque. Car tout l'album est une succession d'histoires (le titre le dit d'ailleurs), des histoires de fantômes. The Raven That Refused To Sing And Other Stories, oui, est un album-concept, grand cheval de bataille des groupes de rock progressif des années 70 (qui ne se gênaient pas aussi pour délivrer des albums doubles, voire triples - le plus souvent, live -, des fois).

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L'album s'articule autour de trois longues pièces de 10 minutes ou plus, Luminol, The Holy Drinker (sur lequel Wilson joue de la basse en plus d'autres instruments) et The Watchmaker, trois morceaux qui sont tout simplement immenses et incriticables. Le reste de l'album n'est pas à dénigrer du tout, le morceau-titre et Drive Home étant de pures petites merveilles, et si The Pin Drop est le morceau le moins époustouflant de l'album, bien nombreux sont les groupes ou artistes de rock progressif ou de rock tout court qui adoreraient avoir un morceau pareil sur un de leurs albums, pour vous dire. Cet album est une claque totale, et je ne saurais décrire le meilleur moment de l'album (enfin, un de ses meilleurs moments), quand, dans Luminol, deux minutes avant la fin, la guitare de Wilson nous offre un court mis imparable solo, faisant revenir, après plusieurs minutes de calme aérien, le morceau dans son trépidant rythme d'ouverture. Quand un album s'ouvre sur une bombe aussi incroyable que Luminol, jamais chiant, jamais longuet malgré ses 12 minutes, c'est généralement très bon signe quant à la suite du programme. Je vous conseille ultra-ardemment d'écouter The Raven That Refused To Sing And Other Stories ; si vous aimez le rock progressif, impossible d'être déçu, ce disque étant carrément de la trempe de Close To The Edge, In The Court Of The Crimson King et Brain Salad Surgery, un classique total de ce courant musical.

FACE A

Luminol

FACE B

Drive Home

The Holy Drinker

FACE C

The Pin Drop

The Watchmaker

FACE D

The Raven That Refused To Sing

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14 janvier 2017

"Copenhagen 1972" - Deep Purple

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Et c'est reparti pour un petit tour de Deep Purple. Overseas Live Series, troisième article. Après Stockholm 1970, après Long Beach 1971, place à Copenhagen 1972 ! Sorti en 1973, il s'agit, il me semble, du deuxième live du groupe dans la série, ils ne sont pas publiés dans l'ordre chronologique des concerts. Certains (la plupart) sont doubles, et si ce n'était pas le cas du live de 1971, ça l'est de celui de 1972, capté, comme son titre l'indique, au Danemark. Plus précisément le 1er mars 1972 au KB Hallen de Copenhague. Mais on trouve aussi, sur le second disque, en bonus-tracks, une interview donnée à la radio australienne en 1971, et trois titres issus d'un concert donné le 29 mai 1973 à la Hofstra University de New York. Et ce, afin de combler un peu le vide qui, sinon, aurait été laissé sur le second disque si ce double live n'avait été constitué que du concert danois. Si le premier CD (6 titres) est assez bien rempli, dans les 78 minutes (!), le second, lui, s'il n'avait été constitué que des trois titres restants du concert (les trois premiers titres donc), n'aurait duré que 17 minutes. Au lieu de celà, on y a rajouté dans les 28 minutes (interview de 1971 incluse) de supplément. Ce concert date de 1972, il date donc de l'Âge d'Or du groupe, la fameuse période MkII, Ian Gillan/Ritchie Blackmore/Roger Glover/Jon Lord/Ian Paice, comme fièrement indiqué sur la façade de cette pochette (ce qui n'empêche pas que le lettrage pour le nom du groupe est celui de la MkIII, et ce pour tous les lives de la Overseas Live Series).

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Plus précisément, ce concert date de quelques jours avant la sortie officielle de l'album Machine Head, album enregistré en décembre 1971 dans les couloirs du Grand Hotel de Montreux (Suisse) suite à l'incendie, durant un concert de Frank Zappa (incendie causé par un connard ayant tiré une fusée de détresse dans la salle pour se marrer), du Casino de la même ville, Casino où le groupe aurait du, à la base, enregistrer Machine Head. Cet incident d'incendie (ah ah) est évidemment relaté dans Smoke On The Water, chanson mythique issue de l'album, chanson qui n'aurait jamais vu le jour sans cet incendie n'ayant entraîné aucune perte humaine. L'album est mythique, ses chansons aussi, et au sujet de ses chansons, on en trouve la bagatelle de trois ici, interprétées en avant-première ou presque. Aucune n'est Smoke On The Water (ceci étant, un des bonus-tracks, du concert new-yorkais de 1973, est Smoke On The Water), mais on a Highway Star en ouverture, Lazy (déjà long de 11 minutes !) et Space Truckin' (22 minutes, déjà ! à noter, la version live de 1973 en bonus est deux fois plus courte) en final du premier disque, en gros avant les rappels qui constituent le second. Le reste est constitué des classiques d'avant Machine Head, on sera soulagé d'apprendre que le groupe ne jouait plus Wring That Neck et Mandrake Root (qui, en live, atteignaient systématiquement 25 ou 30 minutes...) en 1972, ils sont donc absents ici. On a Strange Kind Of Woman, The Mule (solo de batterie), Fireball, Black Night, une reprise du Lucille de Little Richard (il s'agit des trois rappels), et une version très longue (17 minutes) de Child In Time. Par la suite, le groupe se cantonnera à environ 11/12 minutes pour ce morceau qui, en studio, en fait déjà 10, mais entre 1971 et 1972, ils le faisaient parfois tenir le double de sa durée studio, ce qui est un peu trop.

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L'interprétation est éblouissante, aussi bien de Ian Gillan qui chante super bien, que des autres. Le groupe est même tellement en super forme qu'ils semblent tout détruire sur Space Truckin', Gillan annonçant, en final du morceau, We'll be with you as soon as we get our instruments rebuilt ("une fois qu'on aura réparé nos instruments, promis, on revient") ! Oui, le Pourpre sembe tout défoncer dans ce concert danois de 1972, une vraie réussite...si on excepte une qualité sonore qui, sans être épouvantable, est indéniablement la moins époustouflante de l'ensemble des Overseas Live Series. D'une qualité plus qu'acceptable pour un live d'époque si Copenhagen 1972 était sorti dans les années 70, il est un petit peu faiblard au regard des critères audio de 2013 (année de sortie du double live). Après, ce n'est pas non plus horrible, franchement pas (c'est une qualité à peu près identique à celle du The Song Remains The Same de Led Zeppelin avant que ce fameux double live de 1976 soit remastérisé en 2007), et on s'habitue au fil de l'écoute, mais si on compare avec Long Beach 1971 et avec les trois lives de 1975 et 1976 qui constituent la suite (chronologique) des Overseas Live Series, c'est quand même moins bon. Après, musicalement, Copenhagen 1972 offre du terriblement bon, et rien que pour ça, un fan du groupe, et un fan de hard-rock, se doit de l'écouter !

CD 1

Highway Star

Strange Kind Of Woman

Child In Time

The Mule

Lazy

Space Truckin'

CD 2

Fireball

Lucille

Black Night

Bonus-tracks :

Strange Kind Of Woman (live New York 1973)

Smoke On The Water (live New York 1973)

Space Truckin' (live New York 1973)

1971 Australian Interview

08 janvier 2017

"Don Juan's Reckless Daughter" - Joni Mitchell

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Comment ?!? Un seul album de Joni Mitchell (en l'occurrence The Hissing Of Summer Lawns, 1975) abordé sur le blog ? Mais c'est pas normal, ça ! Limite illégal ! Il est donc temps de se mettre en règle (ou en équerre, ou en rapporteur, enfin, comme vous voulez), grâce à cet article. On va donc reparler de  la blonde folkeuse canadienne à la voix d'ange androgyne. Joni Mitchell, l'immortelle (en même temps, elle n'est pas morte, et heureusement) auteure de Big Yellow Taxi, Woodstock (qu'elle offrit à Crosby, Stills, Nash & Young), Shadows And Light, Coyote, j'en passe. D'abord folkeuse à la Dylan/Neil Young, elle a usiné des albums tout simplement géniaux (Blue, Ladies Of The Canyon, Court And Spark) avant de faire obliquer sa carrière, en 1975 avec The Hissing Of Summer Lawns, disque majeur et certes un peu folk, mais surtout très jazzy et parfois même vaguement expérimental, dans le genre jazz/world/pop/rock. On y entendait notamment les Tambours du Burundi sur un titre, mais aussi et surtout Larry Carlton, Joe Sample, James Taylor, John Guerin, Chuck FIndley, Graham Nash... Du beau monde. L'année suivante, 1976, elle sort l'intense, l'immense Hejira, qui renferme Coyote notamment, et qui marque sa première collaboration avec le bassiste de jazz/rock Jaco Pastorius (Weather Report). Cet album la plonge un peu plus dans les méandres jazzy (personnellement, je ne m'en plains pas ; cette période 1975/1979, au cours de laquelle elle a bien expérimenté dans le jazz, est ma préférée d'elle) qui mèneront par la suite à Mingus, album enregistré avec Charles Mingus (contrebassiste/pianiste de jazz) en 1979 (l'album sera enregistré deux-trois ans avant, et ce, très peu de temps avant la mort de Mingus, il me semble), et surtout, en 1977, à un double album absolument dingue (comparé aux autres oeuvres de Joni) et renversant, Don Juan's Reckless Daughter.

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Bien que double, cet album au titre étonnant ("la fille téméraire de Don Juan") est très court : il ne dure que 59 minutes, une petite heure (et 10 titres en tout) et inutile donc de préciser que tout tient sur un seul CD. La pochette de cet album est encore plus étonnante que l'album lui-même : sur un fond marron et bleu (mais surtout marron) symbolisant probablement des montagnes et le ciel, on voit Joni habillée d'une longue robe noire illustrée d'une femme nue et de crânes de Mickeys (?!), avc un haut-de-forme, en train de danser, apparemment en plein délire. On y voit aussi un gamin en costard, et un homme de couleur, fringué à la souteneur. Plus une colombe ou deux. Le mec en couleur n'est autre que Joni, visage noirci et chevelure cachée sous le chapeau. On retrouve ces trois personnages sur les sous-pochettes (aux mêmes teintes, voir ci-dessus pour l'une d'entre elles). Le titre de l'album est indiqué dans un phylactère dit par Joni/black, d'autres phylactères du même genre sont sur les sous-pochettes, et citent des bribes de certaines des chansons ("Baila mi rumba" est une des paroles de The Tenth World, morceau instrumental sur lequel Joni et de nombreux choristes dont ses musiciens, parmi lesquels Jaco Pastorius, entonnent des sortes de chants tribaux). Si vous ouvrez la pochette, vous aurez les paroles, sur le même fond bicolore que la pochette extérieure. Une telle pochette ne donne pas forcément envie d'écouter l'album, mais croyez-moi, ne pas l'écouter serait une grossière erreur.

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S'ouvrant sur un Overture - Cotton Avenue assez hypnotique et se finissant sur le merveilleux The Silky Veils Of Ardor, l'album se paie le luxe de contenir un morceau de 16 minutes occupant toute une face (la seconde), Paprika Plains, un morceau envoûtant, agrémenté d'un orchestre de cordes, et sur lequel Joni est en total état de grâce. Je ne vois de toute façon aucun mauvais titre sur cet album qui, en son temps, fut par ailleurs diversement accueilli par la presse, certains le trouvant trop long (enfin, quand même, une heure... c'est pas non plus un double album de 95 minutes genre Double Blanc, hein !), trop diversifié, trop expérimental et aventureux (dans ce domaine, la face C, avec The Tenth World et Dreamland, morceau incroyable, fait fort), pas assez folk, pas assez Joni quoi. Avec Don Juan's Reckless Daughter, Joni a su prouver qu'elle était bien comme la fille du titre de son album (et elle s'identifie d'ailleurs à elle dans le morceau-titre), et n'a pas hésité à ouvrir toutes les vannes de son imagination, faisant de son album une sorte de chaudron où se mélangent pop, jazz, soul, folk, world music et rock. Plus du lyrique via Paprika Plains. Je ne sais pas ce que les fans de la Canadienne (je n'en fais pas partie, même si j'aime vraiment beaucoup ses albums) pensent de ce disque en général ; pour moi, c'est clair : il s'agit, en concurrence directe avec The Hissing Of Summer Lawns (mais il le détrône cependant de peu), du meilleur album de Joni Mitchell. Pas le plus facile d'accès (de même que son autre meilleur album selon moi), pas non plus impénétrable, Don Juan's Reckless Daughter se découvre d'écoute en écoute, et bientôt, vous ne pourrez plus vous passer de Dreamland, Jericho, Talk To Me ou Otis And Marlena. Comme moi...

FACE A

Overture - Cotton Avenue

Talk To Me

Jericho

FACE B

Paprika Plains

FACE C

Otis And Marlena

The Tenth World

Dreamland

FACE D

Don Juan's Reckless Daughter

Off Night Backstreet

The Silky Veils Of Ardor

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07 janvier 2017

"Million Miles Away" - Faust

 

 

Je vous propose de découvrir ce morceau intitulé "Million Miles Away" d'un groupe toulousain appelé Faust, qui aux dernières nouvelles aurait splitté (je connais personnellement le batteur, d'ailleurs Wilou, petit dédi si tu me lis). Ce morceau date d'il y a déjà 6 ans, j'étais encore en terminale la vache... Je tenais à vous faire découvrir le talent de jeunes musiciens inspirés. Le seul reproche que j'ai a faire, c'est que ce morceau a été enregistré avec un cajon. Même si ça colle avec l'essence du morceau, le rendu était tout de même supérieur en concert avec une vraie batterie. Excellente composition cependant.

Posté par Super Coton-Tige à 14:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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"Fisherman's Blues" - The Waterboys

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Il y à des disques qui vous marquent, et en ce qui me concerne, celui-là en fait partie, sous sa pochette verte et photographique représentant, devant la maison de Galway (un dees plus beaux coins d'Irlande, pays natal du groupe) où le disque fut enregistré, le groupe et ses nombreux musiciens d'appoint. Si je vous dit groupe de rock ou de pop/rock irlandais, vous me répondrez forcément, fatalement, tragiquement, U2. Certains citeront aussi les Cranberries ou (Dieu ait pitié de nous) les Corrs, et les plus aventureux n'hésiteront pas à citer Sinéad O'Connor et les Pogues. Combien citeraient les Waterboys ? Archétypes, au début de leur carrière (début des années 80), de ce que l'on surnommera, du titre d'une de leurs chansons, la big music (c'est à dire de la pop/rock très produite, au son écrasant et quasiment lyrique, surdéveloppé, sucré - U2, sur des albums comme October, War ou The Unforgettable Fire, ne faisait d'ailleurs pas autre chose), le groupe a su évoluer par la suite vers un folk-rock celtique. Le premier album, éponyme, est correct, pas immense mais très écoutable, et contient le petit hit A Girl Called Johnny, dédié à Patti Smith. A Pagan Place, le suivant, est un classique de la big music, un album magistral offrant notamment Rags, Church Not Made With Hands, All The Things She Gave Me ou Red Army Blues. This Is The Sea, le troisième, marque le changement, on reste dans la pop chargée, mais le ton se fait plus recherché. Des morceaux comme The Whole Of The Moon, Don't Bang The Drums ou le morceau-titre assurent. En fait, tout l'album assure.

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Enfin, le quatrième album (je dis 'enfin' pas dans le sens ou c'est le dernier, car ce n'est pas le cas, le groupe est toujours actif ; mais dans le sens où on arrive à un accomplissement avec ce quatrième album), sorti en 1988, celui que j'aborde sous sa pochette verte, s'appelle Fisherman's Blues. On y trouve une bonne cinquantaine de minutes absolument immenses, quintessentielles, qui permettent de clamer haut et fort que l'on tient ici le sommet de l'oeuvre des Waterboys, groupe mené par le chanteur/guitariste Mike Scott.  Ce mec possède une voix à laquelle il faut s'habituer, mais une fois que c'est fait, on se rend compte que seul lui pourrait aussi bien interpréter ces chansons. Certaines sont des reprises (Sweet Thing n'est autre que la chanson de Van Morrison, un autre Irlandais tiens, qui la chantait en 1968 sur son immense Astral Weeks), d'autres des originales. Toutes, même les petits intermèdes (Jimmy Hickey's Waltz, même pas crédité sur la pochette), sont parfaites. L'album se paie le luxe de démarrer par un doublé incroyable, Fisherman's Blues (qui sera un tube à l'époque) et We Will Not Be Lovers, et de s'achever sur une beauté inouïe à moitié narrée  par un poète irlandais, Tomas McKeown, The Stolen Child. Rien que pour ces trois morceaux et la reprise de Van Morrison, Fisherman's Blues est essentiel et un des plus grands disques des années 80 à maintenant. Ces morceaux sont indescriptibles, avec leurs violons celtiques, leur bouzouki (une sorte de mandoline d'origine grecque, qui fut importée en Irlande il y à bien longtemps), leur chant habité... We  Will Not Be Lovers est une sorte de longue jam de 7 minutes, chantée, sur laquelle le bouzouki, le violon (qui est clairement l'instrument majeur du morceau), les guitares électriques et acoustique et la rythmique, bref, tout le groupe, se livre(nt) à une sorte de duel, c'est à qui fera le plus de chambard. Une sorte de transe incroyable. Quand le morceau s'achève (on y entend faiblement Mike Scott dire one, two, three) sur un tutti du feu de Dieu, on jurerait que les amplis de la chaîne hi-fi fument. A noter que si le violon et le bouzouki sont les instruments majeurs de ce morceau, la basse n'est pas en reste.

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Fisherman's Blues, le morceau-titre, lui, semble avoir été, peut-être indirectement et involontairement (je pense qu'il connaît ce groupe et cet album, sorti avant le sien et sa chanson), une influence pour Laurent Voulzy et son Rêve Du Pecheur, datant de 1992 et de son album Caché Derrière. Le thème est le même. Musicalement, c'est tout autre, ceci dit. Là encore (je parle de la chanson des Waterboys), on a affaire à du lourd dans le genre folk celtique, avec profusion de violon lacrymal. C'est juste magnifique. Le reste de l'album (World Party, l'immense And A Bang On The Ear, When Ye Go Away) n'est cependant absolument pas en reste, faisant de ce Fisherman's Blues un album tout simplement essentiel à tout amateur de musique folk, de rock celtique et de musique en général. On précisera juste qu'il vaut mieux se tourner vers la version Deluxe double CD, pour laquelle le son a été remastérisé (la première version CD souffrait d'une faible qualité audio, il fallait mettre le disque très fort), des morceaux rallongés (And A Bang On The Ear est dans sa version complète de 9 minutes) et, bien entendu, des bonus-tracks rajoutés. Les titres bonus ne rendent pas le disque supérieur, il est déjà parfait. C'est surtout pour la qualité sonore, excellente sur cette version Deluxe, qu'il faut se tourner vers elle. Et ne pas négliger aussi les deux précédents opus du groupe, qui forment avec Fisherman's Blues une sorte de trilogie parfaite. Bref, vous l'aurez compris, j'ai eu du mal à parler de l'album, mais comme je l'ai dit en introduction, ce disque m'a marqué au fer. Et dans des cas pareils, on a du mal à rester objectif !

Fisherman's Blues

We Will Not Be Lovers

Strange Boat

World Party

Sweet Thing

Jimmy Hickey's Waltz

And A Bang On The Ear

Has Anybody Here Seen Frank ?

When Will We Be Married ?

When Ye Go Away

Dunford's Fancy

The Stolen Child


03 janvier 2017

"Long Beach 1971" - Deep Purple

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Deuxième Overseas Live Series que j'aborde dans la désormais fameuse série de concerts de Deep Purple, celui-ci n'est cependant pas la deuxième à avoir été publié (Stockholm 1970, le premier que j'ai abordé, récemment, n'était pas non plus le premier publié par le groupe, je les aborde par ordre chronologique des concerts). Ni le premier. Ni le troisième. En fait, publié en 2015, il est un des trois derniers, voire même l'avant-dernier, de la série, pour le moment. Sorti sous une pochette similaire aux autres albums de la série (fond noir, lettrage Deep Purple de l'époque Stormbringer, nom des membres du groupe afin de cibler direct la période concernée, et ce, malgré la présence d'une année dans le titre, photo d'un des membres du groupe, ici le batteur Ian Paice en pleine action, et le titre en gaufré argenté), ce live à la qualité audio exceptionnelle était, comme les autres de la série, disponible en bootlegs depuis la nuit des temps avant de se voir enfin officialisé. Il s'appelle Long Beach 1971 et a été enregistré au cours d'une incendiaire performance du Purple à l'Arena de Long Beach (banlieue de Los Angeles, Californie) le 30 juillet 1971. Le groupe est sous sa formation mythique MkII, à savoir, comme indiqué sur la pochette, Blackmore, Gillan, Glover, Lord et Paice. Ritchie, Ian, Roger, Jon et Ian.

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Ce concert est plus court que les autres : il ne dure que 70 minutes et des couillettes, sur un seul disque. La majorité des Live Series du groupe sont doubles (Graz 1975 est simple, mais le concert y dure quasiment 80 minutes). Je ne sais pas exactement si tout le concert y est, je pense cependant que oui, car selon les lieux, le groupe devait faire des concerts plus ou moins longs, et peut-être que d'autres groupes jouaient aussi au Long Beach Arena ce soir. De plus, le visuel en-dessous de ce paragraphe représente le dos d'une pochette CD d'un des bootlegs, et on y trouve exactement le même nombre de morceaux. Ceci dit, en vinyle, ce concert est double, avec un morceau par face. Car ce que je n'ai pas encore dit, c'est qu'il n'y à que quatre morceaux sur ce disque !! Ma surprise, quand j'ai acheté cet album, qui plus est à un prix plutôt élevé (pas non plus 20 €, mais quand même 14 €), fut de constater le faible nombre de morceaux ici présents. Ca signifie en revanche, même sans connaître la durée totale de l'album, que ces morceaux sont longs. A la vue de la présence ici de Mandrake Root en final, j'avoue avoir frissonné, craignant à l'avance que ce morceau-fleuve (que le groupe cessera de jouer quelques mois plus tard), long de 30 minutes sur Stockholm 1970 (et de seulement 17 ou 18 minutes, passage radio oblige, sur le In Concert de 1980, proposant des passages live du groupe à la BBC en 1970 et 1972), soit, sur ce concert de Long Beach, aussi long que sur le concert suédois. Hé bien non, il ne dure que 27 minutes, ah ah ! Les salopards...  Child In Time atteint 20 minutes, ce qui est foutralement long même malgré la beauté du morceau initial (version studio deux fois plus courte que cette version). Les deux autres titres, Speed King et Strange Kind Of Woman (ce dernier venant alors de sortir en single, et le nouvel album du groupe, Fireball, qui ne comprend pas cette chanson sauf dans sa version américaine, sortira en septembre), approchent ou dépassent les 10 minutes chacun. Morceaux longs, je vous dis.

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Morceaux longs, mais incroyablement bien joués, même si les deux derniers sont franchement trop longs, ils offrent eux aussi de grands moments. Notamment un solo de batterie, évidemment, on ne sort pas un live avec son (incroyable) batteur en couverture et un morceau de presque une demi-heure sans proposer dessus un solo de batterie... Long Beach 1971 est un live remarquable, malgré le défaut de la durée de certains titres, et sa qualité audio, vraiment bluffante, en fait certainement un des meilleurs de la Overseas Live Series de Deep Purple. Même si ce dernier argument ne tient pas trop la route, car dans l'ensemble, les albums de la série sont tous dotés d'une excellentissime qualité audio, autant le dire, seuls Stockholm 1970 et Copenhagen 1972 (lequel sera le prochain que j'aborderai ici) sont, à la rigueur, décevants de ce côté-là.

Speed King

Strange Kind Of Woman

Child In Time

Mandrake Root

02 janvier 2017

"Le Concert" - Alain Souchon & Laurent Voulzy

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Fan d'Alain Souchon et grand fan de Laurent Voulzy, je ne pouvais que sauter de joie à l'annonce d'un album fait par les deux zigotos ensemble, chose qui n'avait jusque là jamais été fait. Leur album, sobrement intitulé Alain Souchon & Laurent Voulzy, est sorti en 2014, et fut un carton commercial et critique, avec plusieurs tubes à l'appui (Derrière Les Mots, Bad Boys). Une tournée fut bien évidemment immédiatement mise sur le tapis, commencée en 2015, achevée en 2016 (dernier concert à la Fête de l'Huma 2016). J'ai failli, et ça s'est joué à très peu, me rendre à un de leurs concerts parisiens, au Zénith à la Villette, mais je m'y suis hélas pris un peu trop tard pour ça. J'ai eu une assez belle occasion de me consoler, en fin d'année 2016, par la sortie de ce double live accompagné d'un DVD (une édition collector existe aussi, ainsi que le double vinyle), proposant un de leurs concerts enregistrés au Zénith de Paris. Le Concert, tel est le très sobre titre de ce double live très généreux (le DVD dure plus de 2h30 et ne propose que le concert, un concert donc très long ; le double live est un tantinet plus court car les interventions entre les morceaux y sont absentes, sauf une ou deux, mais on a ceci dit un titre live bonus en final, issu d'un autre concert) et sorti sous une pochette aussi sobre que le titre. Le duo, dont la collaboration date  depuis le mitan des années 70, n'avait donc jusque là jamais fait le moindre concert ensemble (si on excepte évidemment des participations amicales de l'un à un concert de l'autre, le temps d'une ou deux chansons) de même qu'ils n'avaient jamais enregistré ensemble un album entier avant celui de 2014 que j'espère sincèrement voir suivi d'un deuxième un jour (mais vu le rythme de travail, assez leeeeeeent, des deux compères, va falloir être patient).

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Il suffit de regarder la tronche de Souchon vers le début du concert (pendant, si je ne m'abuse, Jamais Content, chanson qui, comme il le dit en introduction, s'ouvre sur un riff de guitare trouvé par Voulzy et qui représente bien une partie de ma personnalité). A un moment donné, la Souche regarde Vouvoulz' avec un de ces sourires, on dirait un gamin le jour de Noël. Vous savez, le sourire, le regard pétillant qui, dans le contexte, ne signifie qu'une chose : mais pourquoi on a attendu si longtemps pour faire une tournée ensemble ? A l'évidence, et ça se confirme durant tout le concert (lequel contient un mini-set acoustique qui, de La Fille D'Avril à Allô Maman Bobo, est aussi touchant que, souvent, drôle), les deux s'éclatent ensemble, de même que leurs musiciens (ne pas se fier à la tronche je rigole quand on me scie un bras de Michel-Yves Koechmann, leur guitariste (aussi claviériste et choriste occaasionnel), ce mec, grand habitué des concerts souchoniens, est assez froid de visage), parmi lesquels le claviériste Michel Amsellem ou la guitariste/claviériste/harpiste/choriste Elsa Fourlon, tous deux habitués des concerts voulzyiens et de l'aventure Lys & Love, notamment (le batteur, qui a droit à un beau et vrai solo sur Amélie Colbert, et le bassiste aussi). Le trakclisting du concert est le même pour le double CD et le DVD, si on excepte, donc, un titre en plus sur le CD, Il Roule (Les Fleurs Du Bal), situé en final après un fade. Un morceau issu d'un autre concert (et le morceau est, sinon, issu de l'album du duo), précisément au Festival des Vieilles Charrues de Carhaix.

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Ce trakclisting, qui offre 6 (7 en comptant le bonus-track) morceaux de l'album studio du duo (parmi ces morceaux, le court intermède a capella On Etait Beau qui achève le premier CD), fait plutôt la part belle aux chansons de Souchon dans la première partie du concert, et à Voulzy dans la seconde. Pour le premier, on a ici, notamment, Bidon (avec Voulzy faisant, avec la bouche, la guitare électrique, ce morceau étant pendant le mini-set acoustique), un Poulailler's Song court et totalement dingue (voir Souchon courir dans tous les sens comme une poule en faisant ses cot ! cot ! cot ! est un grand moment) et aux paroles toujours aussi vindicatives sur la connerie humaine, un Et Si En Plus Y'A Personne acoustique, quasiment a capella, et applaudi comme quasiment aucune autre chanson pendant le concert (le concert a été enregistré en début décembre 2015, soit quelques jours après les terrifiants attentats du 13 novembre, qui étaient évidemment encore très ancrés dans les mémoires, et la chanson parle des religions et croyances), on a aussi Jamais Content, Somerset Maugham (l'introduction de cette chanson, sur le DVD, est très drôle, mais absente sur le CD), Le Bagad De Lann-Bihoué (intense), Foule Sentimentale ou La Ballade De Jim (qui s'ouvre sur des extraits sonores et visuels du duo bossant, en 1985, sur la chanson, en studio). Côté Voulzy, on est gâtés, vers la fin du show, avec un Amélie Colbert de 9 minutes, Le Soleil Donne, Le Coeur Grenadine, Jeanne, Rockollection (version très courte, dans les 6 ou 7 minutes, mais efficace), sans oublier les Caché Derrière, Bubble Star et La Fille D'Avril dans la première partie. Et puis les morceaux de l'album du duo : Bad Boys (plus courte que la version studio), Oiseau Malin, Derrière Les Mots, La Baie Des Fourmis (morceau qui ressemble un peu trop au Rêve Du Pecheur, aussi joué pendant le show, pour être honnête, mais cependant très joli), Souffrir De Se Souvenir. Dommage que Liebe, Une Héroïne, Sous Les Jupes Des Filles et Ultra Moderne Solitude n'aient pas été jouées, de même que Consuelo ou Idylle Anglo-Normande. Mais bon, le concert est déjà franchement réjouissant, très généreux, on ne s'ennuie pas un seul instant et on voit bien à quel point les deux compères complémentaires (que ce soit pour l'un ou pour l'autre, les textes sont de Souchon et les mélodies de Voulzy, même si c'est bien évidemment souvent arrivé que les deux collaborent avec d'autres gens, comme Michel Jonasz ou David MacNeil, surtout Souchon) s'éclatent à jouer ensemble. Et puis, il faut voir le DVD (prenez le double CD, vous aurez le DVD aussi, ça tombe bien), rien que pour la vision de Souchon planant sur le piano pendant la coda de Rockollection, ou jouant de la guitare acoustique (le seul accompagnement musical de la chanson, située pendant le set acoustique) sur Allô Maman Bobo. Pour fans de l'un ou de l'autre de ces artistes, pour amateurs de chanson française de qualité, Le Concert est une acquisition recommandée.

CD 1

Dans Le Vent Qui Va

J'Ai Dix Ans

Bubble Star

Jamais Content

Bad Boys

Caché Derrière

Et Si En Plus Y'A Personne

Oiseau Malin

La Baie Des Fourmis

C'Est Déjà Ca

Poulailler's Song

La Fille D'Avril

Le Rêve Du Pecheur

Somerset Maugham

Bidon

Allô Maman Bobo

La Ballade De Jim

On Etait Beau

CD 2

Souffrir De Se Souvenir

Le Coeur Grenadine

Le Bagad De Lann-Bihoué

Jeanne

Amélie Colbert

Le Soleil Donne

Derrière Les Mots

Le Pouvoir Des Fleurs

Foule Sentimentale

Rockollection

Belle-Île-En-Mer, Marie-Galante

Il Roule (Les Fleurs Du Bal)

DVD

Même chose, sans le dernier titre

01 janvier 2017

"Earth" - Neil Young + The Promise Of The Real

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J'aime Neil Young, j'adore Neil Young même, mais franchement, il y à des fois, il ferait mieux de se casser la gueule dans une cage d'ascenseur vide au 15ème étage d'un immeuble plutôt que de sortir certains albums. Ou disons plutôt, pour le cas qui nous intéresse ici, certains projets. En 2015, le Loner a sorti un album intitulé The Monsanto Years, un disque (non chroniqué ici, je le ferai sans doute un jour car j'ai du retard à rattraper, notamment concernant Neil Young) enregistré avec un groupe du nom de The Promise Of The Real, constitué notamment de Lukas et Micah Nelson, fistons de Willie Nelson le red-headed stranger, vous savez bien, Stardust, Shotgun Willie... L'album était ma foi très bien, assez engagé (pour le moins, même, on peut dire !!!), était accompagné d'un DVD que je n'ai pas vu (s'il est aussi passionnant que certains DVD accompagnateurs de certains albums du Loner, ça ne promet pas grand chose) et d'une pochette donnant le tournis, car imprimée à l'endroit comme à l'envers. Un an après The Monsanto Years, Neil publie un double album (pas de DVD, cette fois, que deux CD) intitulé Earth. Cet album donc. Egalement enregistré avec The Promise Of The Real, il s'agit d'un live enregistré en divers endroits durant la tournée de l'album de 2015. Enfin, live... il a été retouché en studio, Neil ne s'en cache d'ailleurs pas, des choristes ont posé des voix en studio, et surtout, surtout, et c'est là que le bât blesse le plus concernant Earth, Neil a fait rajouter des effets sonores tout du long de l'album, au début, à la fin, et entre les morceaux, et parfois même pendant les morceaux. Et ces effets sonores sont...animaliers.

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Oui, vous avez bien lu, animaliers. Bruits de basse-cour, de chiens, d'insectes, des vrombissements, caquètements, grognements qui polluent littéralement le concert et donnent l'impression que le show a été enregistré à Thoiry ou au Salon de l'Agriculture. Pourquoi ce tel déferlement de bruits d'animaux ? Neil s'en défend en clamant que ce live est une ode à la Nature (de fait, le concert s'ouvre sur le classique Mother Earth), et je n'ai rien à dire sur ce point, c'est tout à l'honneur du Loner de faire ça, mais dans ce cas, les bruits animaliers ne servent à rien si on en abuse. En mettre un peu en intro, OK, et pourquoi pas à la fin aussi, OK, mais pas partout, putain. Entre chaque morceau, et comme je l'ai dit, parfois pendant même le morceau, on est parasités par ces effets sonores des plus horripilants. J'ai failli stopper l'écoute à plusieurs reprises, mais j'ai tenu le coup tout du long des quasiment 100 minutes du concert. Concert qui, de plus, s'achève sur une version épouvantablement longue de Love And Only Love. Ce morceau, issu de Ragged Glory (1990), fait 10 minutes dans sa version studio. Neil ayant tendance à en rajouter, le morceau a souvent duré bien plus longtemps en live, mais là, il a fait fort, on a 28 minutes de ce morceau ! Le premier quart d'heure, OK, rien à dire, mais ensuite, ça se traîîîne en longueuuuuuurrrrrrr, c'est épuisant. Trop long, mec. Le live, sinon, offre des morceaux rarement entendus en lives, justement, comme Vampire Blues, Human Highway ou Western Hero, bien joués (le premier disque est de loin le meilleur des deux), et on a des extraits de The Monsanto Years (le morceau-titre, Wolf Moon, People Want To Hear About Love, Big Box). Seed Justice est un morceau inédit. Quant à Hippie Dream, il est issu de Landing On Water (1986), un des pires albums du Loner. Mais c'est une chanson plutôt correcte.

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On a aussi After The Gold Rush, My Country Home et Mother Earth, donc, sur ce double live dans l'ensemble épuisant malgré que le Loner et son groupe soient en grande forme. Mais entre une version horriblement longue de Love And Only Love et ces bruits d'animaux qui parasitent littéralement l'ensemble, ce Earth, malgré qu'il parte d'une excellente intention, est raté. De même que sa pochette, sobre mais foirée, une constante, hélas, dans la discographie du Canadien. Sans parler de son dernier album en date (Peace Trail, sorti ultra récemment, je ne l'ai pas encore écouté, il ne me semble d'ailleurs pas terrible), dont la pochette est constituée d'un fond de couleur de style kraft sur lequel est écrit le titre de l'album en manuscrit, les albums de Neil sont le plus souvent, à de rares exceptions comme On The Beach, Time Fades Away ou Everyvody Knows This Is Nowhere, sortis sous des pochettes absolument hideuses. Citons Silver & Gold, Broken Arrow, Zuma, Harvest, Prairie Wind, Landing On Water, This Note's For You, Chrome Dreams II... Je ne parle pas du niveau musical de ces albums (Zuma, Harvest, Chrome Dreams II sont remarquables), mais de leur contenant, du visuel. A croire que a) Neil Young ne s'intéresse pas au visuel pour ses albums, ou que b) il ait des goûts de chiottes en la matière. Pour Earth, encore une fois, il ne fait pas exception. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. Et quand, en plus, le contenu ne suit pas, ça fait un disque de plus à écouter une fois et à remiser sur l'étagère, où il risquera fort de prendre toute la poussière que ses illustres aînés Time Fades Away (réédité en vinyle récemment, et enfin disponible en téléchargement payant, mais toujours pas en CD...), Weld ou la plupart des Archive Series, pour ne parler que des albums live de Neil Young, n'auront jamais l'occasion de prendre.

CD 1

Mother Earth

Seed Justice

My Country Home

The Monsanto Years

Western Hero

Vampire Blues

Hippie Dream

After The Gold Rush

Human Highway

CD 2

Big Box

People Want To Hear About Love

Wolf Moon

Love And Only Love

"Cre/ation : The Early Years 1967/1972" - Pink Floyd

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Vous voulez me faire un bon gros plaisir ? Offrez-moi le gigantesque coffret Pink Floyd, The Early Years, sorti en novembre dernier, proposant quelques 27 disques (CD, DVD et blu-ray mélangés), des 45-tours réédités, livres et autres artefacts, et coûtant la petite gabatelle de 500 €, le tout vendu dans ce qui, pour un magasin culturel, s'apparente le plus à une caisse de tuiles. Bien que possédant déjà tous les albums du groupe ( et en plusieurs exemplaires : CD, vinyles, rééditions CD...), j'aimerais tant l'avoir, ce coffret méga-collector. Parce qu'on y trouve, enfin officiellement, des tas de concerts autrefois disponibles en bootleg, comme le mythique Live At Pompeii 1972 (le DVD est officiel, mais jusqu'à la sortie de ce coffret, aucune version audio, aucun CD ou vinyle donc, n'était officiel, que des bootlegs), plus des tas de morceaux inédits, de prises alternatives... Parallèlement à ce coffiot, le groupe a publié un digest de deux disques, cette compilation sortie sous un visuel des plus repoussants, et intitulé Cre/ation : The Early Years 1967/1972. Celui-là, ne me l'offrez pas, hein : je me le suis payé le jour de sa sortie, bavant considérablement sur le coffret que je ne pouvais (et ne peux toujours pas) me payer. Enfin, si, je peux me le payer, mais quand même, fan ou pas fan, je ne me sens pas prêt à claquer 500 € (ou un tout petit peu moins, disons 450) dans un bordel sonore pareil. Ma banque ne pigerait pas, même si ça ne me foutrait pas à découvert. Et où le ranger ? il est tellement volumineux... Bref, je me suis contenté du double CD.

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Double CD qui propose 26 titres (les deux derniers du premier CD, listés distinctement sur le boîtier digipack, sont sur une seule plage audio, en réalité), pour moins de deux heures de musique. Une très belle qualité audio, et certains morceaux sont en effet farouchement inédits. Dans les versions présentes ici, je précise, car à voir le tracklisting, on sait très bien que See Emily Play, Paintbox, Careful With That Axe, Eugene sont présents sur Relics (compilation de 1971), que Flaming et Matilda Mother sont issus du premier opus, Jugband Blues du second, Cymbaline de More, Free Four, Stay et Childhood's End d'Obscured By Clouds... entre autres. Mais pas dans ces versions, parfois live, parfois alternatives. Matilda Mother est ici chantée par Wright seulement, par exemple. Le bonheur du fan est de trouver, enfin, Embryo (on trouvait ce morceau mythique du groupe sur la compilation Works de 1983, officielle mais reniée par le groupe et assez difficile à trouver) et Point Me At The Sky (sorti en single en 1968 avec Careful With That Axe, Eugene en face B), absent de toute compilation ou album officiel du groupe depuis la mort de Louis XV. Dommage, en revanche, de ne pas y trouver It Would Be So Nice, morceau certes moyen, mais lui aussi inédit en compilation (Masters Of Rock, petite compilation de 1974 jamais éditée en CD, excepté). In The Beechwoods est un autre gros inédit, enfin présent ici. Ummagumma Radio Ad est un court intermède inutile, une publicité radio pour la sortie de l'album Ummagumma, aucun intérêt. Le second CD offre à la suite cinq morceaux issus de la bonde-son de Zabriskie Point, tous absents de la compilation d'époque, très bons. On a aussi une version live, issue d'un concert de 1970 à Montreux (que j'ai en bootleg d'excellente qualité), d'Atom Heart Mother, version jouée par le groupe sans orchestre. Nothing Part 14 est un extrait d'une ancienne version, embryonnique, baptisée The Return Of The Son Of Nothing, de ce qui deviendra par la suite Echoes.

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Une vue du coffret The Early Years...

On peut regretter (n'ayant pas regardé aveec attention le tracklisting du coffret collector, je ne sais pas si on les trouve dessus) l'absence de certains morceaux, présents sur un mythique bootleg du nom d'Omayyad, composés durant les sessions de la bande-son de Zabriskie Point : Oneone, Fingal's Cave, Rain In The Country... qui n'auraient pas été de trop ici, croyez-moi. Mais on reconnaît là le fan acharné en celà qu'il n'est jamais content de ce qu'il a. On lui donne ça, il veut ça plus ça. Telle qu'elle est, cette compilation d'inédits floydiens est vraiment pas mal du tout, excellente qualité audio, excellente qualité des morceaux choisis, et bien entendu, c'est frustrant de ne pouvoir entendre que ça, que ces morceaux épars issus du coffret (car ils s'y trouvent aussi, évidemment : si vous avez acheté le coffret, pas la peine de prendre ce double album, sauf pour le plaisir de vraiment tout posséder de la discographie du groupe) et pas le coffret, car à moins d'être aisé ou un peu malade, ce coffret est vraiment beaucoup TROP cher, même si on doit en avoir pour son argent. Je n'ose imaginer à combien il se chiffrera dans quelques années, tout ce qui est rare est cher, et ce coffret n'a pas été tiré à plusieurs millions d'exemplaires (trouvez-en plus de 5 exemplaires dans une seule et même FNAC, si vous y parvenez). Quand j'ai vu, à la FNAC, son prix sur une étiquette 'prix vert' (autrement dit, prix cassé pour le lancement du produit), j'ai eu envie de rire  et de pleurer en même temps. Oui, vraiment, si vous m'aimez bien, faites moi plaisir, offrez moi ce coffret, et n'attendez pas mon anniversaire (le 21 octobre), chaque jour est idéal pour ce genre de cadeau ! Tiens, demain, par exemple, si ce n'est aujourd'hui.

CD 1

Arnold Layne

See Emily Play

Matilda Mother

Jugband Blues

Paintbox

Flaming

In The Beechwoods

Point Me At The Sky

Careful With That Axe, Eugene

Embryo

Ummagumma Radio Ad

Grantchester Meadows

Cymbaline

Interstellar Overdrive

Green Is The Colour/Careful With That Axe, Eugene

CD 2

On The Highway

Auto Scene Version 2

The Riot Scene

Looking At Map

Take Off

Embryo (alt. version)

Atom Heart Mother

Nothing Part 14

Childhood's End

Free Four

Stay

Bonne à nez !

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Bonne année 2017 !

Posté par ClashDoherty à 00:01 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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