Rock Fever

01 septembre 2014

"The Drum'n'Bass Show" - Led Zeppelin

Led Zeppelin-The Drum 'n Bass Show

On le sait (du moins, les fans le savent), la tournée 1977 de Led Zeppelin ne fut pas la plus enthousiasmante : interminables versions de No Quarter (dans les 25 minutes, voire plus) et de Moby Dick (entre 20 et...36 minutes, selon les soirs !), qui était parfois renommé Over The Top par ailleurs ; solo de guitare parfois assez longuet de Page (inspiré par le passage d'archet de Dazed And Confused, lequel morceau, toujours prétexte à de longuets marathons, n'était pas joué en 1977) ; une interprétation aléatoire, surtout pour Achilles Last Stand et The Song Remains The Same, qui sont soit immenses, soit affreux ; et un set acoustique parfois moyennement joué, sans saveur, sans conviction, comme s'il fallait le faire à tout prix. Se rajoutent à cela des problèmes de came de plus en plus prenants pour John Bonham (batteur) et Jimmy Page, plus le fait qu'en 1977, Led Zep n'est plus ce qu'il était dans le coeur des foules (le punk arrive, et saccage tout, Led Zep, comme les Stones, Deep Purple, etc, deviennent des dinosaures, des reliques poussiéreuses), plus le fait que Robert Plant fut victime, en fin d'année 1975, d'un accident de bagnole l'ayant bien marqué physiquement (1976 fut pour lui l'année du fauteuil roulant et de la convalescence) et que ce ne fut pas la même chose ensuite... Pour corser le tout, la tournée s'achèvera dans le drame, on apprendra la mort du jeune fils de Plant, Karac, d'une maladie infectieuse et fulgurante, et bien entendu, la tournée sera arrêtée illico (et le groupe quasiment mort pendant une année). 1977, où quand le Marteau des Dieux commence lentement à tomber sur le groupe...

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Mais 1977 offrira quand même de beaux restes, certains sont illustrés par des bootlegs : les concerts des 25, 26, 28 et 30 mai au Capitol Centre de Landover (dans le Maryland, USA), et surtout celui du 30, celui du Madison Square Garden (New York)... et celui du Summit, à Houston (Texas), le 21 mai, lequel concert existe par le biais de deux bootlegs : The Dragon And The Snake et sa version remastérisée (si un tel mot peut être utilisé pour un bootleg !) et renommée The Drum'n'Bass Show. Trois disques (quelle que soit la version), avec, en bonus en fin du dernier CD, une petite interview de Plant et Bonham à l'occasion de la sortie de l'album Presence (1976), l'album enregistré par un Plant en fauteuil (un album moyennement accueilli par la presse, mais N°1 des ventes comme toujours avec Led Zeppelin, et dont seulement deux titres seront joués live durant la tournée). The Drum'n'Bass Show, concert comme toujours très généreux (en trois disques, on frôle les trois heures de musique), possède une setlist qui dira beaucoup de choses aux fans du Dirigeable. En effet, tout du long de leurs tournées, le groupe ne variait généralement pas beaucoup ses morceaux, ils choisissaient les titres et leur ordre, et bastapute, circulez, rien à voir. Si vous avez déjà entendu au moins un bootleg de la tournée 1977, vous savez donc que celui-ci démarre par The Song Remains The Same, suivi d'un Sick Again agrémenté de l'intro de The Rover, suivi de Nobody's Fault But Mine, In My Time Of Dying, Since I've Been Loving You, d'un long (souvent trop long) No Quarter, de Ten Years Gone, puis d'un mini-set acoustique constitué notamment de Going To California et d'une très courte interprétation de Black Country Woman, avec aussi White Summer, Black Mountain Side...puis Kashmir, puis Moby Dick (avec intro de Out On The Tiles, souvent) qui ne dure ici que 20 minutes et est renommé Over The Top par Plant, puis un solo de guitare menant à Achilles Last Stand, Stairway To Heaven. Et c'est  en final qu'on avait les variations de setlist : soit Whole Lotta Love (dans une version très courte, moins de 2 minutes) puis Rock And Roll en final, soit, comme c'est le cas ici (et ça a ma préférence, nettement !), Rock And Roll et, en final, Trampled Under Foot.

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La setlist est pile dans les cordes de l'époque, c'est du Led Zeppelin classique, avec un son limite cristallin, sans exagération. Bien que pas parfait car issu d'une tournée imparfaite et inégale, The Drum'n'Bass Show, concert du Summit de Houston Texas, est un petit régal pour les fans. Le meilleur bootleg de la tournée, sans doute pas (mais pas un mauvais cru), car je pense que For Badgeholders Only (concert californien) ou The Maximum Destroyer (à Louisville, il me semble) sont supérieurs. Mais venant d'une tournée assez inégale, The Drum'n'Bass Show fait vraiment bonne figure. Certes, comparé à Earl's Court 75, Madison Square Garden de la même année (ou de 73 : le double live officiel The Song Remains The Same), Long Beach Arena et L.A. Forum de 1972 (le triple live officiel How The West Was Won) ou Royal Albert Hall 70 (format audio bootleg, mais format vidéo officiel sur le double DVD Led Zeppelin DVD de 2003), c'est moins fort, mais on s'en contente franchement très bien. Pochette bien craignos et tape-à-l'oeil, en revanche (et le titre du bootleg, comme trop souvent, est moyen-moyen).

CD 1

The Song Remains The Same

The Rover (Intro)/Sick Again

Nobody's Fault But Mine

In My Time Of Dying

Since I've Been Loving You

No Quarter

CD 2

Ten Years Gone

The Battle Of Evermore

Going To California

Black Country Woman

Bron-Y-Aur Stomp

White Summer/Black Mountain Side

Kashmir

CD 3

Out On The Tiles (Intro)/Over The Top(Moby Dick)

Guitar Solo

Achilles Last Stand

Stairway To Heaven

Rock And Roll

Trampled Under Foot

Bonus-track :

Interview de Plant & Bonham sur Presence


31 août 2014

"KQED" - Pink Floyd

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Dans la galaxie des bootlegs de Pink Floyd (lequel groupe, je le rappelle, est probablement le plus représenté en enregistrements pirates, même si plusieurs bootlegs peuvent représenter une seule et même performance), on peut classer les enregistrements en trois catégories : les outtakes (démos, prises alternatives issues des sessions d'albums), qui ne sont pas majoritaires ; les lives ; et les prestations radiophoniques (ou télévisuelles, car il y en à en bootlegs, généralement de qualité sonore moyenne, et de faible durée). Celui que je vais aborder maintenant, de même que Meddled (1971) que j'ai abordé ici récemment, est un bootleg proposant une captation de prestation radio, en l'occurrence une prestation donnée le 30 avril 1970 à la TV/radio KQED, à Los Angeles. Comme on pouvait s'y attendre, le nom de ce bootleg, bien connu des fans du groupe, est KQED (rappelons que les stations de radio américaines, très souvent, voire toujours, portent des lettres assemblées de la sorte, en guise de nom). Il existe, depuis des années, plusieurs éditions de ce bootleg, sous plusieurs formats : vinyle, CD... Quasiment toutes les versions de ce bootleg (à la qualité sonore éclatante) proposent un visuel avec des vaches, certains visuels (voir plus bas) reprenant même carrément la photo de verso de la pochette d'Atom Heart Mother, l'album studio sorti plus tard dans l'année 1970. C'est logique, car le groupe défendait déjà son futur album sur scène, proposant depuis mars, environ, une version work in progress de la suite-titre de son futur album, alors appelée The Amazing Pudding.

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Une autre édition du bootleg

D'une durée de 59 minutes, KQED propose 6 titres, qui sont tous des classiques des setlists floydiennes de l'époque (enfin, un de ces titres apparaît cependant moins souvent que les autres, mais il faisait partie de la suite The Man And The Journey sous un autre titre, ce qui est d'ailleurs le cas de trois autres des morceaux présents ici, ah ah ah). Après un Atom Heart Mother totalement électrique, et sans orchestre et choeurs (c'est le groupe qui fait les rares vocalises, ça change !), de 17 minutes, qui s'impose vraiment comme une remarquable entrée en matière (on se serait moins étonnés d'avoir ce morceau imposant en conclusion, en bouquet final), on a droit à Cymbaline (issu de la bande-son du film More, et qui faisait partie de la suite The Man And The Journey sous le titre de Nightmare), 8,40 minutes (certaines autres versions live duraient 11 minutes) vraiment parfaites, puis Grantchester Meadows (issu d'Ummagumma, et présent dans la suite sous un autre titre - Afternoon -, c'est le morceau le moins fréquent, dans les concerts, dont je parlais plus haut), régal acoustique de 7,30 minutes, encore mieux chanté (par Gilmour, notamment) ici que sur Ummagumma, enfin je trouve. Sur ce titre, le son est sans doute un chouia moins bon que sur le reste, et encore, je chipote grave. Green Is The Colour (aussi issu de la bande-son de More, aussi joué sous un autre nom - The Beginning - dans la suite citée plus haut), le morceau le plus court du lot avec seulement 3,30 minutes - il a toujours été joué sans extension de durée, en live -, suit, et, comme toujours, sert de prologue bucolique au très oppressant Careful With That Axe, Eugene (9,05 minutes), morceau mythique, qu'on ne présente plus (dans la suite citée plus haut, il s'appelait Beset By The Creatures Of The Deep), toujours aussi immense, et cette version assure. Enfin, longue de 13,15 minute, Set The Controls For The Heart Of The Sun achève avec maestria ce court mais intense set radiophonique californien de 1970.

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Autre édition

Entre une qualité sonore exemplaire et une setlist certes peu originale, mais à l'épreuve des balles (si je puis dire), KQED s'impose comme un remarquable enregistrement pirate de Pink Floyd, un des plus prisés des fans dans la catégorie 'enregistrement radio' et dans celle des mini-sets. On peut aussi citer le Live At Pompeii (qui dure aussi une petite heure) et Meddled (même durée), qui bénéficient aussi d'un son parfait ou quasi-parfait. Pour un amateur, c'est donc quelque chose de vraiment recommandé. Il semblerait aussi qu'il en existe une version filmée, en DVD, que je serais curieux de voir. A noter que, comme tout enregistrement radio qui se respecte (enfin, comme pas mal d'enregistrements radio), il n'y à pas de public, et, donc, pas d'applaudissements. Comme le Live At Pompeii, ça fait un peu live en studio (ce qui n'est pas le cas), quelque part !

Atom Heart Mother

Cymbaline

Grantchester Meadows

Green Is The Colour

Careful With That Axe, Eugene

Set The Controls For The Heart Of The Sun

"Cruel But Fair" - Pink Floyd

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Wish You Were Here est un des plus grands albums de Pink Floyd. Sa tournée, aussi, fut épatante. Enregistré le 26 avril 1975 (année de sortie de l'album studio) au L.A. Sports Arena de Los Angeles, ce double live, pirate, en est une des plus illustres preuve. Il porte un nom curieux : Cruel But Fair ("cruel, mais juste"), et un visuel des plus adéquats : les quatre éléments de la vie au verso de boîtier (allusion à la pochette de Wish You Were Here) et un melting-pot entre les visuels de The Dark Side Of The Moon et Wish You Were Here (les pyramides et lignes colorées de l'un avec le côté technologique de l'autre) pour le livret. En plus, ce live est généreux (2h15 minutes, environ, de concert !), et possède une qualité à faire gémir les putains de la rade, comme le chantait Michou Sardel. De là à en parler comme d'un des meilleurs bootlegs floydiens, beaucoup, avant moi, n'ont pas hésité une seconde à le dire. C'est, en tout cas, selon plusieurs avis, le meilleur bootleg de la tournée (on a aussi Wembley 1974, désormais officiel car proposé en bonus sur les rééditions collector 2011 de Wish You Were Here).

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Le livret

Le concert démarre en fanfare (après 3 minutes de rôdage sonore) par Raving And Drooling (17 minutes incluant les 3 de règlage en intro) et You Gotta Be Crazy (un quart d'heure), deux morceaux qui, on le sait, deviendront respectivement Sheep et Dogs en 1977 sur l'album Animals, et qui, ici, dans ces versions embryonnaires, sont déjà des monstres. Puis on a les deux parties de Shine On, You Crazy Diamond et Have A Cigar (entre les deux parties) pour achever le premier disque. Rien que cette première heure, ce premier disque, suffirait à faire de Cruel But Fair un must du live floydien (Wembley 74 est constitué des deux inédits d'Animals et d'une version de 20 minutes, une des premières jouées, de Shine On, You Crazy Diamond, et est, en tant que tel, immense), mais il y à le second, long de 79 minutes, et constitué de l'intégralité de The Dark Side Of The Moon plus, en rappel...Echoes ! Dans une des dernières interprétations live du morceau, on peut l'estimer, car Echoes ne fut plus très souvent joué dès 1974 (en fait, il ne le fut plus du tout, même : par la suite, le Floyd reformé de la fin des années 80/début des années 90 le rejouera un petit peu, ainsi que Gilmour en solo, mais Echoes ne sera plus joué entre 1977 et 1981). Là aussi, rien que ce second disque suffirait à faire de Cruel But Fair un must, alors imaginez le package des deux disques ! Bref, le live entier est une tuerie.

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A la rigueur, on peut dire que les deux inédits du futur Animals seront encore mieux joués par la suite, et l'étaient déjà un peu mieux sur le live de 1974 à Wembley (surtout Raving And Drooling, qui était une vraie furie sur ce live). Mais de toute façon, même si le groupe livrera des prestations encore plus époustouflantes de Raving And Drooling (Sheep) et You Gotta Be Crazy (Dogs) durant la tournée de l'album Animals en 1977, celles présentes ici sont quand même ahurissantes. Le groupe les rôdait sur scène au maximum, les changeait quelque peu à chaque fois, afin d'en avoir une version définitive en studio par la suite. On a rarement eu des work in progress aussi grandioses ! Dans l'ensemble, le seul reproche à faire ici est l'absence de Wish You Were Here et Welcome To The Machine (comme ça, tout l'album Wish You Were Here aurait été là), mais c'est bien le seul reproche à faire. Tel qu'il est, avec son interprétation à tomber d'un gratte-ciel et sa prise de son géniale, Cruel But Fair est un vrai must, qui mériterait une sortie officielle, comme pas mal d'autres bootlegs floydiens (au moins) aussi réussis, tels que Who Was Trained Not To Spit On The Fan, Animals Aux Abattoirs (deux lives de la tournée 77), The Man And The Journey - Complete Concertgebouw (1969), Rise And Shine ! (1970) ou KQED (radio californienne, 1970).

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Raving And Drooling

You Gotta Be Crazy

Shine On, You Crazy Diamond 1

Have A Cigar

Shine On, You Crazy Diamond 2

CD 2

Speak To Me

Breathe

On The Run

Time

The Great Gig In The Sky

Money

Us And Them

Any Colour You Like

Brain Damage

Eclipse

Echoes

30 août 2014

"When You're In...Tampa" - Pink Floyd

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Les bootlegs de Pink Floyd sont légion ; je crois même, sans me gourer, que c'est le groupe le plus représenté par les bootlegs, le plus souvent piraté, devant Led Zeppelin, les Stones, Genesis ou les Beatles. Parmi les périodes les plus représentées dans les bootlegs, 1970, 1977 (la fameuse tournée "In The Flesh", de l'album Animals) sont très fournies, mais la tournée The Dark Side Of The Moon (1972/1973, avec pas mal de concerts datant d'avant la sortie de l'album) offre aussi un beau petit lot d'enregistrements pirate : les concerts du Rainbow de Londres (1972), ceux de la tournée nippone de 1972 aussi, The Great Gig In Böblingen (abordé ici récemment) de 1972, etc... Tous ne sont pas d'une qualité audio exceptionnelle (certains concerts japonais, ou bien The Valley Of The Kings de 1973), mais, musicalement, le groupe y est toujours en pleine possession de ses moyens, et livre des performances certes parfois gâtées par un son un peu cafouilleux (et le bootleg que je vais aborder maintenant ne fait pas exception), mais vraiment passionnantes. Le groupe y interprétait tout son nouvel album, soit en entrée de jeu, soit en seconde partie, et avec, généralement, en complément, One Of These DaysEchoes, Careful With That Axe, Eugene et deux ou trois extraits de l'album Obscured By Clouds (1972), toujours les mêmes : Obscured By Clouds, When You're In (toujours en intro de concert et à la suite), et, des fois, Childhood's End (rare, celui-ci).

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Enregistré le 29 juin 1973 au Stadium de Tampa (Floride), là même où Jules Verne fit partir son projectile dans De La Terre A La Lune (de Tampa, hein, pas du Stadium qui n'existait alors pas !), ce bootleg au visuel repoussant et sentant bon le fait-maison s'appelle When You're In...Tampa, un titre en jeu de mots (When You're In, instrumental présent ici et issu d'Obscured By Clouds, et dont le titre signifie "quand tu es (de)dans"), et dure 115 minutes environ (un disque d'à peu près une heure, et l'autre, d'un chouia moins). La setlist propose l'intégralité (tel que c'était joué à l'époque) de The Dark Side Of The Moon plus One Of These Days sur le second disque, et, sur le premier disque, des compléments, donc. Au sujet de The Dark Side Of The Moon, vous noterez que le tracklisting est assez aberrant (il est d'ailleurs dit sur le boîtier du bootleg, voir ci-dessus, que l'encodage en MP3 était déconseillé) : plusieurs titres sur une seule plage audio, sauf pour Money qui est tout seul. En gros, quasiment tout l'album mythique de 1973 est, en une bonne quarantaine de minutes, sur quatre plages audio étendues ! On notera l'absence de Time et The Great Gig In The Sky. De même, sur le premier CD, Obscured By Clouds et When You're In sont sur une seule plage audio (mais là, ça choque moins). Si on excepte une qualité sonore un peu rugueuse (mais il y à pire), When You're In...Tampa est un très très bon et correct bootleg proposant un show efficace. Il faut se faire au son, qui peut rendre l'écoute des 13 minutes de Set The Controls For The Heart Of The Sun ou du long marathon d'Echoes (le solo de guitare est coupé, aux environs de la 7ème minute, et vers la 19ème, et, le pire, est incomplète, s'achevant à la 20ème minute, en pleine conclusion ! Frustrant...) un peu difficile parfois, mais si on est un grand connaisseur en bootlegs, on sait que ça fait partie du jeu, le son parfois un peu moyen. Trouver des bootlegs avec une qualité sonore grandiose est dans l'ensemble assez rare, bien que totalement possible.

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Après, comme je l'ai dit, When You're In...Tampa, malgré sa qualité sonore parfois douloureuse (mais pas immonde) et son découpage étonnant (5 plages audio pour 9 titres joués...), reste un excellent témoignage de la tournée The Dark Side Of The Moon, et c'est toujours un immense bonheur d'entendre Echoes, Careful With That Axe, Eugene ou le mythique album de 1973 en live. Concernant The Dark Side Of The Moon, tout n'y est pas encore totalement là (encore que, comparé aux shows de 1972, c'est vraiment chipoter que de dire ça), et c'est toujours intéressant, de même que les versions embryonnaires de Sheep et Dogs (sous d'autre noms) qui seront jouées live dès l'année suivante, de les écouter. Au final, voici donc un bootleg dans la plus pure tradition bootlegienne : son un peu difficile, mais interprétation éblouissante, un bon cru, pas immense, pas nul. Si le son était meilleur, ça serait, en fait, un vrai must-have !

CD 1

Obscured By Clouds/When You're In

Set The Controls For The Heart Of The Sun

Careful With That Axe, Eugene

Echoes

CD 2

Speak To Me/Breathe/On The Run

Money

Us And Them/Any Colour You Like

Brain Damage/Eclipse

One Of These Days

 

"R-Omayyad" - Pink Floyd

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A la fois live et studio, ce disque est assez particulier, et je ne sais comment le définir (mis à part que c'est un bootleg, hé oui, encore un, mais je ne vais aborder quasiment que ça pendant un moment, ayant du retard à rattraper dans ce domaine). En plus, ce bootleg n'est pas un bootleg comme les autres, car il s'agit d'une nouvelle version (avec son nettement corrigé - il est, ici, sublime - et un ordre de morceaux différents) d'un ancien bootleg de Pink Floyd - car il s'agit d'eux, encore une fois - qui s'appelait Omayyad (ou Omay Yad, même si cet orhographe est erroné). On y trouvait, et on y trouve toujours, à la fois des morceaux enregistrés live (au cours d'un concert donné le 1er mai 1970 au Civic Hall de Santa Monica, Californie) et des titres enregistrés en studio, issus de la bande-son du film Zabriskie Point de Michaelangelo Antonioni, mais qui ne furent au final pas utilisés pour le film (dans le film, concernant le Floyd, on a trois titres, sur la bande-son officielle, et l'un de ces trois s'appelle, comme ici, Crumbling Land, mais ce n'est pas la même version, celle de ce bootleg est plus longue ; les deux autres titres, absents ici, s'appellent Heart Beat, Pig Meat et Come In, N°51, Your Time Is Up, qui n'est qu'une relecture de Careful With That Axe, Eugene). Cette nouvelle version d'Omayyad (le nom viendrait d'une dynastie musulmane de califes qui règnèrent sur le monde arabe de 661 à 750, les Omeyyades, en orthographe français ; merci Wikipédia) s'appelle, tout logiquement, R-Omayyad, pour Revisited Omayyad.

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On parle de quoi, d'abord ? Des enregistrements studio (au nombre de quatre, sur les six titres de ce bootleg atteignant la cinquantaine de minutes), ou des deux titres live, qui achèvent le bal ? Allez, on parle d'eux, d'abord. La setlist, issue d'un concert, donc, californien, n'est pas très originale : Embryo et Interstellar Overdrive, soit deux titres que le groupe interprétait souvent sur scène (et surtout Embryo, en fait). Respectivement longs de 12,45 minutes et de 14,15 minutes (soit plus de la moitié du bootleg : on a 22 minutes, environ, de studio, et 27 de live), ces deux titres à eux seuls font que R-Omayyad est conseillé à tout fan de Pink Floyd (et surtout aux fans de la période 1968/1970). Deux merveilles absolues (au son remarquable, ce qui ne gâche rien) qui prouvent que le Floyd assurait comme une bête. Embryo, chanson sur un foetus dans le ventre de sa mère, attendant avec espoir de sortir un jour, chanson jamais placée sur un album officiel (tant studio que live) et qui fut la base, en live, d'expérimentations guitaristiques ayant entraîné Echoes (le fameux son de baleine de la guitare, que l'on a dans le milieu d'Echoes, vient des versions live d'Embryo, et d'une erreur de Gilmour, erreur bien heureuse), est ici vraiment sublime. Je préfère encore plus la version présente sur Vierundzwanzig Teile Von Nichts (bootleg de juin 1971 au Sportspalast de Berlin-Ouest), mais celle-ci est superbe. Les titres studio, eux, sont issus, donc, des sessions 1969 pour le film d'Antonioni (sessions qui ne se passeront pas au mieux, Antonioni refusait pas mal de choses que le Floyd lui proposait, comme, ben, ces titres). On notera que Rain In The Country fait furieusement penser à The Narrow Way (album Ummagumma), que Crumbling Land, présent dans une autre version sur l'album officiel de la bande-son du film, est ici rallongé, avec moults effets sonores... L'ensemble est d'un niveau bluffant (Oenone).

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R-Omayyad, au final, est vraiment une réussite. Une cinquantaine de minutes au final assez rares (on trouve cependant les titres studio sur d'autres bootlegs, mais ne les cherchez pas sur un enregistrement officiel, mis à part Crumbling Land dans sa version raccourcie), super bien enregistrées (disons plutôt que le son de l'ancien bootleg a été bien nettoyé, car le Omayyad originel sonnait franchement moyen, des fois), et prouvant encore une fois, si une telle chose était encore à prouver en même temps, que Pink Floyd est un des groupes les plus importants et originaux de sa génération. Pour un fan, c'est une acquisition des plus essentielles.

Fingal's Cave

Crumbling Land

Oenone

Rain In The Country

Embryo

Interstellar Overdrive



"When We Were Kings" - Led Zeppelin

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Alors là... On tient probablement : a) le meilleur bootleg de Led Zeppelin ; b) le meilleur bootleg au monde, tous groupes et genres confondus ; et, avant ça, c) le plus grand concert jamais donné par Led Zeppelin, de toute sa carrière. Enfin, un des plus grands, avec les autres shows donnés en 1975 (celui-ci est le dernier, du 25 mai) dans la mythique arena londonienne d'Earl's Court. C'est aussi un des concerts les plus longs jamais donnés par le groupe (lequel groupe avait l'habitude, alors, de donner de longs, longs shows de presque trois heures, voire même de plus de trois heures) : ce concert dure, en effet, quasiment...quatre heures ! Ca se joue à une vingtaine de minutes, même pas ! Ce bootleg existe chez deux éditeurs, le visuel de l'une de ces deux éditions est ci-dessus, l'autre, en deux volumes, ci-dessous. Le titre est le même, When We Were Kings, un titre bien approprié pour ce bootleg proposant donc le meilleur d'un des meilleurs groupes au monde, soit, un des plus grands lives jamais faits, et dire qu'il n'est pas officiel... En quatre disques (le dernier dure une petite demi-heure, mais les autres !), ce bootleg possède une qualité sonore absolument grandiose : ce disque sonne mieux que The Song Remains The Same (unique album live officiel sorti du 'vivant' du groupe) !

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On notera juste que Tangerine et la toute fin de No Quarter (les cinq dernières minutes...cette version live en dure 26 !) est de qualité sonore médiocre, mais le reste... Franchement, le reste déchire tout ! OK, les tatillons diront que le son n'est pas raffiné (les basses ressortent bien, etc), mais on parle de bootleg, ici, même si ce bootleg (un soundboard, autrement dit, enregistré directement sur scène et pas dans le public, et apparemment, ce soundboard a été enregistré par monsieur Eddie Kramer lui-même, producteur-ingénieur du son de génie) pourrait sortir tel quel. Et musicalement, quelle puissance ! Le groupe y interprète morceaux de Physical Graffiti (double album sorti en février 1975) et classiques, dont certains n'étaient pas fréquemment joués, comme Communication Breakdown, Tangerine, Going To California (je parle de l'époque, 1975, pas en général, même si c'est vrai que Tangerine n'a pas souvent été joué live en général). Le concert, sur ce bootleg, démarre après une assez longue Introduction (la plage audio dure 7 minutes, on n'entend quasiment rien pendant une bonne partie, à part le public de temps en temps) qui, avec certaines parlottes de Plant entre les morceaux (j'aime bien le passage où il dit, en français dans le texte, Quel dommage, quel dommage, après avoir annoncé que ce concert serait probablement le dernier concert britannique de leur carrière) et le long silence à la fin de Stairway To Heaven, est une preuve qu'on écoute bien un bootleg et pas un live officiel (parce que, et je sais que je me répête, niveau son, c'est d'enfer). Concernant Stairway To Heaven, cette version est éblouissante, et dure 20 minutes. Enfin, 20 minutes pour la plage audio, mais au bout de 10 minutes, le morceau est fini, et on entend Plant dire c'était la dernière, au revoir, et, ensuite, pendant quasiment 10 minutes, le bruit de la foule. J'aurais préféré 20 minutes entièrement occupées par le morceau, mais étant donné qu'on a, juste avant, 21 minutes de Moby Dick (ça aurait pu être plus long, voir les shows de 1977 !) et 32 de Dazed And Confused (ça sera, en revanche, rarement plus étendu, et le morceau ne sera plus joué en 1977), le tout sur le même troisième CD, on se dit que, bah, c'est pas grave.

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Le live propose aussi un petit set acoustique (sur le second disque, après les 26 minutes de No Quarter, au cours desquelles Jonesy se livre à un solo de claviers très néoclassique), qui démarre à la fois bien et mal par Tangerine (bien, parce que le morceau, peu fréquemment joué, est une petite merveille ; et mal, car c'est ce morceau qui, avec le final de No Quarter, souffre d'une qualité sonore médiocre), puis par Going To California, That's The Way et Bron-Y-Aur Stomp. On a aussi, tout du long du concert, des Black Dog, Trampled Under Foot, The Song Remains The Same/The Rain Song, In My Time Of Dying et Heartbreaker de folie. Il faudrait tout citer, des 20 morceaux. Pour info, ce show (ou un autre d'Earl's Court : j'ai un doute entre celui-ci et le précédent, du 24 mai...) fut filmé, et on y trouve (ça, en tout cas, c'est sûr !) six extraits sur le grandiose double DVD Led Zeppelin de 2003 : In My Time Of Dying, Stairway To Heaven, Trampled Under Foot, et les trois derniers titres du set acoustique. Soit une cinquantaine de minutes (une paille, comparé au reste du show !) qui, pendant des années, m'a furieusement donné envie d'avoir le reste. Même si ce n'est qu'en audio, c'est désormais chose faite !

CD 1

Introduction

Rock And Roll

Sick Again

Over The Hills And Far Away

In My Time Of Dying

The Song Remains The Same

The Rain Song

Kashmir

CD 2

No Quarter

Tangerine

Going To California

That's The Way

Bron-Y-Aur Stomp

Trampled Under Foot

CD 3

Moby Dick

Dazed And Confused

Stairway To Heaven

CD 4

Whole Lotta Love

Black Dog

Heartbreaker

Communication Breakdown

28 août 2014

"Any Port In A Storm : The Lost Soundboard Show" - Led Zeppelin

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Si le plus grand concert jamais donné par Led Zeppelin, selon moi, est celui (ou plutôt, ceux !) donné(s) à Earl's Court en mai 1975 - et j'aurai bientôt l'occasion, ici, de parler d'un de ces concerts, celui du 25 mai, par le biais du quadruple bootleg When We Were Kings), la plus grands tournée qu'ils aient jamais donnée est en revanche celle de 1972/73, ayant servi à promouvoir l'album (sorti en 1973) Houses Of The Holy. C'est au cours de cette tournée qui fut des plus éreintantes (à force de concerts et d'abus en tous genres, Robert Plant, chanteur du groupe, en perdra une partie de sa voix, ce qui explique que sa voix est éraillée, dès 1975) que le groupe livrera les concerts ayant donné les deux albums live The Song Remains The Same (1973 au Madison Square Garden de New York, derniers shows de la tournée, concerts filmés car l'album est aussi sorti en version film, en 1976) et How The West Was Won (triple live sorti en 2003, qui se base sur les concerts de 1972 au L.A. Forum et au Long Beach Arena, Los Angeles, et qui, auparavant, existaient déjà en bootlegs). Plus plein de bootlegs, comme Bonzo's Birthday Party (L.A. Forum, en 1973, concert donné le jour de l'anniversaire de John 'Bonzo' Bonham, batteur du groupe)...et celui que j'aborde maintenant, datant aussi de 1973, et qui, apparemment, fut un temps envisagé par Jimmy Page (guitariste du groupe) comme pouvant sortir de manière officielle. Ce bootleg, double (plus de 2h20 de concert en tout !), s'appelle Any Port In A Storm et propose un live donné à Southampton, Angleterre. Le sous-titre du bootleg (The Lost Soundboard Show) tendrait à prouver que les bandes furent un temps égarées, puis retrouvées, et bien nettoyées (le son est en effet excellent).

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Le son est excellent, oui, même s'il faut quand même dire que sur un ou deux titres, ce n'est pas extraordinaire : sur Rock And Roll et sur Misty Mountain Hop (sur Heartbreaker, aussi, mais à un degré moindre). Sur Rock And Roll, on n'entend pas beaucoup la voix de Robert Plant au début, il fallait apparemment encore régler un peu le bouzin avant d'avoir un son convaincant (le rôdage de la bande ?), mais au bout d'une trentaine de secondes, ça s'améliore. Sur Misty Mountain Hop, en revanche, entre le son un peu moyen (par rapport aux autres titres) et de petits soucis de bande qui s'emballe par moments (effet accéléré assez court, mais irritant), on peut clairement décerner à ce titre la Palme du morceau le moins bien enregistré pour le bootleg. Le reste est franchement d'un niveau sonore quasiment remarquable. Et, musicalement, le groupe, qui n'avait pas encore sorti l'album Houses Of The Holy (il sortira vers avril 1973, ce live date de la fin janvier de la même année), et qui en interprète ici quatre des huit titres, est en grande forme. Apparemment, Plant avait eu une petite grippe quelques jours plus tôt, mais ça ne se ressent pas, il s'était remis, depuis le temps. Le show est typique du Led Zep de l'époque, avec un Dazed And Confused de 28 minutes (incluant San Francisco de Scott McKenzie dans son medley central), un Whole Lotta Love de 25 minutes avec medley rock'n'roll dedans, un Rock And Roll puissant en ouverture et un Stairway To Heaven sublimissime et généreux. Les quatre morceaux du nouvel album sont, par ordre d'apparition à l'écran, Over The Hills And Far Away, Dancing Days, The Song Remains The Same et The Rain Song, tous sur le premier des deux disques. On regrettera l'absence de No Quarter, je ne sais pas si le groupe l'interprétait déjà en live avant la sortie de l'album, ou s'ils n'avaient pas attendu la sortie de l'album pour, enfin, en proposer une version live (après tout, le live How The West Was Won, sorti en 2003 mais proposant des titres de lives de 1972, ne le contient pas, et s'il est sur le live The Song Remains The Same sorti en 1976 - et proposant un show de 1973 -, le show concerné par le live date d'après la sortie de Houses Of The Holy).

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On notera, aussi, une conclusion assez rare, pour ce concert : Thank You (13 minutes avec un long solo de claviers en intro, très progressif !), How Many More Times et Communication Breakdown, un triplé de titres du premier album. Si le dernier morceau fut souvent joué live par le groupe durant leur carrière, ce ne sera plus trop le cas des deux autres, à partir de 1971 environ, donc leur présence sur Any Port In A Storm en rajoute au côté intéressant de ce bootleg généreux et vraiment, vraiment réussi. Comme je l'ai d'ailleurs dit en intro, le groupe a un temps envisagé (en tout cas, Jimmy Page l'a un temps envisagé !) de le sortir officiellement. Le son est vraiment excellent, la setlist est bien représentative de l'époque, le groupe était en forme, c'est généreux (plus de deux heures de musique)... Un fan de Led Zeppelin, et de hard-rock, sera aux anges !!

CD 1

Rock And Roll

Over The Hills And Far Away

Black Dog

Misty Mountain Hop

Since I've Been Loving You

Dancing Days

The Song Remains The Same

The Rain Song

Dazed And Confused

CD 2

Staiway To Heaven

Whole Lotta Love

Heartbreaker

Thank You

How Many More Times

Communication Breakdown

23 août 2014

"The Great Gig In Böblingen" - Pink Floyd

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Mythique. C'est le mot qui convient à The Dark Side Of The Moon, album que Pink Floyd a enregistré en 1972 et publié un an plus tard. L'album, on le sait, fut interprété sur scène, en intégralité (parfois sous le titre Eclipse), en 1972, dans une version embryonnaire, avant que le groupe ne l'enregistre en studio dans sa version définitive. Il existe plusieurs enregistrements bootlegs proposant ces versions live de l'album, comme les concerts du Rainbow 1972, les concerts japonais de la même année... Un bootleg fait l'unanimité parmi les fans de Pink Floyd : The Great Gig In Böblingen. Double (les quatre derniers titres du second CD sont issus d'un concert donné au Rainbow Theatre de Londres, en 1972), avec en visuel de pochette une photo des répétitions du concert donné avec le ballet de Roland Petit (lequel ballet n'apparait royalement pas au cours du concert allemand de Böblingen (pour les ceusses qui ne sont pas familiarisés avec la prononciation à l'allemande des mots avec umlaut, il faut prononcer 'Beublinegaine'), rien à voir, mais sans doute que le visuel a plu aux concepteurs du bootleg), ce live propose une des meilleures versions de The Dark Side Of The Moon qui soient, avant la sortie de l'album, et ce, malgré quelques imperfections sonores (un ou deux petits trous d'une ou deux secondes, un son remarquable dans l'ensemble, mais parfois un petit peu grésillant). Autre imperfection, les césures entre les titres ne sont pas forcément bien foutues (du style, on entend encore un peu de The Great Gig In The Sky dans les premières secondes de Money, juste avant le fameux bruit de tiroirs-caisses annonçant ledit morceau). Aussi, pourquoi avoir nommé Funky Dung un morceau qui, en réalité une improvisation, est le futur On The Run ? Rappelons que Funky Dung est le nom d'une des six parties d'Atom Heart Mother, et ce que l'on entend, ici, sous ce titre n'a rien à voir avec la section d'Atom Heart Mother concernée. Enfin...

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Concert donné le 20 mai 1972 à Böblingen en Allemagne, The Great Gig In Böblingen fait donc la part belle au futur The Dark Side Of The Moon. C'est bien simple, le premier des deux disques propose tout le futur album, bien reconnaissable (Breathe, Time, The Great Gig In The Sky sans les vocalises, Money, Us And Them, Any Colour You Like encore sans titre et en version plus longue, Brain Damage - avec Eclipse incluse dedans, non-créditée), bien complète, déjà. Il manque encore des choses - comme je l'ai dit, On The Run n'existe pas encore vraiment, ce n'est pas pareil que le futur On The Run, en fait : pas de bidouillages électro ici, mais une longue impro rock - , mais si vous connaissez bien votre TDSOTM, vous ne serez pas dépaysé. Et hormis quelques ratages soniques (un trou d'une ou deux secondes, une ou deux césures mal foutues, des grésillements à deux reprises), quel son ! Après cette interprétation live du futur mythique album au prisme, le groupe livre un Careful With That Axe, Eugene (autrefois, dans la première édition CD du bootleg, c'était le premier titre du second disque ; la première édition CD ne comprenait pas les morceaux finaux issus du Rainbow) monstrueux de quasiment un quart d'heure, avec improvisations vocales de Waters (qui, en fait, reprend les délires vocaux de Several Species Of Small Furry Animals Gathered Together In A Cave And Grooving With A Pict), et ce morceau dévastateur (comme toujours) achève le premier disque. Le second s'ouvre sur 27 minutes d'Echoes (autrefois renommé, pour ce bootleg, Looking Through The Knotholes In Grandma's Wooden Leg, véridique !), toujours aussi grandiose, suivi de One Of These Days (quasiment 10 minutes) et, histoire de finir la section Böblingen du bootleg, Set The Controls For The Heart Of The Sun, dans une version de 14 minutes divisée (curieusement) en deux plages audio successives. Une des meilleures versions live de ce morceau avec celle de Pompéi 1971 et celle issue du live officiel se trouvant dans le double album (1969) Ummagumma. La suite et fin du second CD du bootleg propose quasiment tout The Dark Side Of The Moon version Rainbow Theatre, en deux medleys et deux plages distinctes. Tout réuni, on a 7 des 10 titres du futur album ici. Je peux me tromper, mais ces concerts du Rainbow datent d'avant celui de Böblingen. Autrement dit, les extraits de TDSOTM, ici, sont encore plus embryonnaires que pour Böblingen !

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Ces quatre plages audio rajoutées ne peuvent être considérées que comme des bonus-tracks, le concert de Böblingen s'achevant avec Set The Controls For The Heart Of The Sun. En plus, ça fait redite avec le CD 1 (si encore ça avait été Atom Heart Mother, A Saucerful Of Secrets ou Interstellar Overdrive de joués, passe encore), même si ce ne sont pas les mêmes versions. Ca n'empire cependant en rien le niveau global du bootleg (je ne peux que vous conseiller l'écoute des shows du Rainbow, ils sont terribles dans l'ensemble), mais j'aurais cependant préféré que l'on y trouve, comme pour la première édition du disque, que les morceaux de Böblingen. D'ailleurs, je me suis gravé mon double CD de la sorte, sans les quatre rajouts du Rainbow ! Pour finir : son génial (sauf quelques petites conneries totalement pardonnables), interprétation idem, joie d'entendre The Dark Side Of The Moon dans une version terrible, The Great Gig In Böblingen assure totalement. Amen !

CD 1

Breathe

Funky Dung (On The Run)

Time/Breathe (Reprise)

The Great Gig In The Sky (The Mortality Sequence)

Money

Us And Them

Improvisation (Any Colour You Like)

Brain Damage/Eclipse

Careful With That Axe, Eugene

CD 2

Echoes

One Of These Days

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Set The Controls For The Heart Of The Sun 2

Live At The Rainbow 1972

Medley : Speak To Me/Breathe/On The Run

Time/Breathe (Reprise)

The Great Gig In The Sky

Brain Damage/Eclipse

 

"Meddled" - Pink Floyd

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Oui, vous avez bien raison, cet album est (encore une fois) un bootleg. Pourtant, à voir sa pochette et lire son titre, on pourrait tout à fait croire (enfin, à condition de ne pas bien connaître Pink Floyd, ou d'être quelque peu distrait) qu'il s'agit d'un des albums studio officiels du groupe, le fameux Meddle sorti en 1971. Or, ce bootleg, live (une captation d'une qualité cristalline de cinq morceaux joués le 30 septembre 1971 au Paris Theatre de Londres, et enregistré par la BBC, on entend d'ailleurs la voix de l'animateur-vedette de l'époque, John Peel, entre certains morceaux), s'appelle Meddled. Et sa pochette reprend celle de Meddle, en la doublant, et en la retournant (rappelons que la pochette de Meddle représente, en format paysage, une oreille humaine dans de l'eau rougie et vibrante). Ce bootleg, long de 64 minutes, est un des meilleurs qui soient concernant le Floyd. Mais ce n'est pas le seul à proposer ces morceaux, car il existe une autre version de ce bootleg, un tout petit peu plus courte (62 minutes), avec une qualité sonore légèrement moins bonne (ce qui ne la rend pas moins remarquable), mais avec la même pochette et le même nombre de morceaux (et dans le même ordre), et quasiment le même titre : Meddler. Des deux versions, Meddled, que j'aborde maintenant, est probablement la meilleure, car elle a été quelque peu améliorée, niveau son.

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Seulement cinq titres sur ce Meddled au son divin, mais pardon, quels titres ! Vous les trouverez d'ailleurs tous (du moins, tant que le clip TonTube fonctionne...) sur le clip regroupant tout le bootleg, en bas d'article. Le bootleg démarre par un Fat Old Sun sublime (toutes les versions live, toujours longues de 13/15 minutes par rapport aux 5,30 minutes de la version studio, sont sublimes, de toute façon) de quasiment un quart d'heure (le quart d'heure inclus la très courte présentation de John Peel et un peu de réglage après le morceau et avant le suivant, mais, en gros, cette version fait plus de 13 minutes), qui laisse rêveur et nous fait vraiment regretter que le Floyd n'ait jamais sorti d'album live officiel de la période où ils interprétaient ce morceau en live (soit 1970/71, plus après). Après, 7,30 minutes de One Of These Days, instrumental saisissant qui ouvrait Meddle. Excellentissime. Mais le meilleur arrive ensuite : Echoes. Le morceau-phare de Meddle, qui occupait toute sa face B (la version studio dure 23,30 minutes). Cette version live dure, elle, 3 minutes de plus que la version studio. 26 minutes d'Echoes !! Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le groupe a bien eu l'occasion, depuis l'enregistrement de Meddle plus tôt dans l'année (en revanche, l'album n'était pas encore sorti, au moment de ce concert : l'album sortira en octobre/novembre 1971), de peaufiner les interprétations scéniques de son cheval de bataille, car c'est juste à tomber par terre, pardon de tant de banalités, mais je ne peux rien dire d'autre. Ensuite, pour 10 minutes, on a droit à une excellente version live d'Embryo, morceau mythique jamais mis sur un album officiel (la compilation Works de 1983, qui le contient, n'est pas officiellement reconnue par le groupe), ce qui est toujours un grand moment. En final, 5 minutes de ce Blues (parfois appelé Pink Blues, mais pas ici) que le groupe jouait souvent en final de concert, et ce, jusqu'à la tournée 1977. Un Blues sans vrai titre, jamais mis sur album, instrumental et efficace, pas très floydien, mais histoire de rappeler qu'à la base, le Floyd vient de là, et que le rock aussi vient de là. Ca termine bien le bootleg.

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Meddled est une réussite majeure dans le genre. Le son est juste parfait (on croirait un live officiel !), la setlist est certes courte, mais très intéressante (à défaut, aussi, d'être originale : Fat Old Sun, Embryo, le Blues étaient très très souvent joués live à l'époque, et les deux extraits de Meddle seront les seuls de l'album à être joués sur scène), et l'interprétation assure, les versions de Fat Old Sun, One Of These Days, Echoes et Embryo sont à tomber, vraiment à tomber. Je ne peux, donc, que conseiller ardemment aux amateurs, aux fans, aux curieux aussi, de se ruer, s'ils le peuvent (en fouillant bien la Toile, on peut facilement trouver ce live...), sur Meddled, et s'ils n'arrivent pas à le choper, n'oubliez pas le clip ci-dessous (du moins, tant qu'il est en état de fonctionner) !

Fat Old Sun

One Of These Days

Echoes

Embryo

Blues

21 août 2014

"Wonderful, Glorious" - Eels

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L'air de rien, Wonderful, Glorious est déjà le dixième album de Eels. On ne présente plus le "groupe" américain. D'ailleurs, peut-on réellement parler de groupe puisque Mark Oliver Everett, alias Mister E, chante, écrit et compose la quasi totalité de ses disques ?
En ce sens, Wonderful, Glorious est l'exception qui confirme la règle. En effet, pour cette dixième livraison, sortie en 2013, Mark Oliver Everett a fait appel à son groupe scénique pour composer les 13 morceaux de cette nouvelle "galette". Après la trilogie du loup solitaire, marquée par la sortie de Hombre Lobo: 12 songs of desire, End Times et Tomorrow Morning, Mister E continue sur sa lancée.

En effet, depuis quelques années, le chanteur et compositeur a montré un visage plus joyeux, à l'exception de End Times. Avec Hombre Lobo et Tomorrow Morning, Mark Oliver Everett a aussi exploré de nouvelles sonorités. Néanmoins, le songwritter semble avoir perdu (en partie) la flamme du passé. Certes, la trilogie du loup solitaire est loin d'être honteuse.
Elle est même de qualité, à défaut d'être exceptionnelle. En gros, on est loin de la qualité des tous premiers disques. C'est sans doute pour cette raison que Mister E a fait appel à ses musiciens pour composer Wonderful, Glorious.

C'est un concept à réitérer. Viblement, la participation de The Chet (guitare), Knuckles (batterie), Kool G Murder (basse) et P-Boo (guitare lui aussi) ont apporté une nouvelle source d'inspiration au groupe. Premier constat, la pochette du disque est marqué par une couleur orange assez vive. Elle a le mérite d'annoncer la tonalité de cet album, assez joyeux en l'occurrence.
Sur cette pochette, on voit aussi un avion larguer plusieurs bombes. Second constat: le disque est plus long qu'à l'accoutumée. Généralement, chez Eels, à quelques exceptions près, les albums n'excèdent pas les 40 minutes. Wonderful, Glorious s'étale sur une durée de presque 50 minutes.

Troisième et dernier constat: Wonderful, Glorious marque un retour à l'ambiance électrique de Souljacker. Ce n'est pas forcément une très bonne nouvelle. Personnellement, j'ai toujours eu un peu de mal avec Souljacker. Je le considère comme l'album le plus faible de la discographie de Eels, même si ça reste un disque plus qu'honorable.
Qu'à cela ne tienne, Wonderful, Glorious se montre supérieur à son modèle. On tient ici un vrai bon disque, en tout cas, un album solide et plus abouti que le fameux Souljacker. Wonderful, Glorious est à l'image de son concept.

C'est un album assez hétérogène et réalisé dans la bonne humeur. Dès le premier morceau, à savoir Bombs Aways, le disque a le mérite de présenter les hostilités. L'ambiance est donc assez rock mais avec de nombreuses variations sonores. La suite confirme cette tendance avec des riffs assez appuyés, à l'image des deux singles finalement que sont Peach Blossom et New Alphabet.
Parfois, Eels calme le jeu en plaçant un morceau plus calme, parfaitement intercalé entre des titres beaucoup plus rock. Bref, Wonderful, Glorious possède de solides arguments. A défaut de devenir une référence incontournable dans la discographie de Eels, Wonderful, Glorious reste un bon, voire même un très bon disque. C'est déjà pas mal.

Liste des titres:

 

  1. Bombs Away
  2. Kinda Fuzzy
  3. Accident Prone
  4. Peach Blossom
  5. On the Ropes
  6. The Turnaround
  7. New Alphabet
  8. Stick Together
  9. True Original
  10. Open My Present
  11. You’re My Friend
  12. I Am Building a Shine
  13. Wonderful, Glorious

 

Posté par Alice In Oliver à 13:59 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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