Rock Fever

25 janvier 2020

"Vendeurs De Larmes" - Daniel Balavoine

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En 1980, Daniel Balavoine réussit à vendre de très nombreux exemplaires de son cinquième album Un Autre Monde, album riche en classiques mais que j'ai cependant toujours trouvé très inégal (pour des réussites telles que Mon Fils, Ma Bataille, Lipstick Polychrome ou Détournement, qui est assez rock et au sujet duquel je me rends compte que j'ai oublié d'en parler dans ma chronique de l'album, publiée hier, la honte..., combien de morceaux médiocres comme Allez Hop !, Mort D'Un Robot ou Je Ne Suis Pas Une Héros, car, oui, ce morceau m'insupporte...). Peut-être est-ce moi, et moi seulement, qui pense ça de cet album (qui sera un tel succès qu'il relancera la carrière du chanteur, qui dès lors, ne s'arrêtera plus), mais c'est un fait. Balavoine devient à nouveau un chanteur très populaire, et il devient, en plus, un modèle pour la jeunesse, en osant aborder de front François Mitterrand, alors pas encore Président (mais déjà candidat), dans une émission de TV, poussant un coup de gueule mémorable dans lequel il parle des problèmes de la jeunesse française qui ne s'intéresse plus à la politique parce que la politique ne s'intéresse plus à eux. Balavoine a toujours été engagé, il a toujours soutenu des causes. Ca causera sa perte, car c'est en tant que représentant d'une organisation humanitaire qu'il s'est rendu en Afrique, en 1986, pendant le Paris-Dakar, et qu'il y a trouvé la mort dans un accident d'hélicoptère.

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En 1982, Balavoine sort son sixième album studio (entre temps, en 1981, il sortira un double live), sorti sous une pochette tapageuse et peu réussie le représentant cloué à une cible par des fléchettes. L'album est sorti à la base sous la forme d'un 33-tours de 10 titres (environ 36 minutes) accompagné d'un maxi-45-tours de 3 titres (et environ 11 minutes), soit 47 minutes en tout et pour tout, tout a été réuni pour le CD. L'album s'appelle Vendeurs De Larmes et sera encore une fois un gros succès, grâce notamment à deux singles remarquables. Bon. Pour ce disque, Balavoine a quelque peu innové, car il ne l'a pas enregistré en France, mais à Ibiza, fameuse île espagnole des Baléares, ancien paradis des hippies et junkies, et désormais (depuis plus de 20 ans quand même) paradis des clubbers. Ce n'est pas parce que le disque a été enregistré à Ibiza que vous devez imaginer, avec Vendeurs De Larmes, un album disco ou technoïde, absolument pas. Musicalement, ce disque est similaire au précédent, et aux deux suivants. Balavoine l'a enregistré avec quelques musiciens de qualité, dont des habitués (Jean-Hervé Limeretz aux claviers, de Clin D'Oeil ; Jean-Paul Batailley aux percussions). D'autres, comme le batteur américain (mais ayant très souvent bossé avec des artistes français, et d'ailleurs, je crois qu'il vit en France désormais) Jo Hammer, ou le bassiste Christian Padovan, font leur première apparition sur un disque de Balavoine. L'album offre trois singles qui marcheront très fort : Vivre Ou Survivre, très new-wave dans ses sonorités, et avec un très bon petit solo de guitare ; Soulève-Moi, au sujet étonnant, un homme allant voir une prostituée afin qu'elle lui offre non pas son corps (enfin, si, aussi, quand même) mais son amour...

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Et Vendeurs De Larmes, sans doute ma chanson préférée de Balavoine (avec Rougeagêvre et Tous Les Cris, Les S.O.S.), dans laquelle il clame son amour inconditionnel pour les chanteurs des années 60, qu'il surnomme affectueusement (?) enfants de putain, mais dans laquelle il s'en prend aussi, violemment, à tous leurs imitateurs de maintenant, des vendeurs de larmes sans gloire qui veulent faire comme leurs aînés, leur piquent leur fonds de commerce (piquer un sac, même à un vieux, ben y'à vraiment pas d'quoi être fier, mon p'tit gars, ni être heureux), mais n'en ont pas la carrure. Une chanson puissante, un crescendo, qui achève l'album original (rappelons qu'il y avait un maxi-45-tours, depuis placé en fin de CD, juste après le morceau-titre donc). Au titre des chansons vraiment réussies sur cet album, n'oublions pas Dieu Que L'Amour Est Triste, sorti en face B de single, La Fille De L'Etang, le très funky (sa guitare cocotte !) Je Veux De L'Or et l'enchaînement Viens Danser/La Danse (le deuxième titre étant une reprise instrumentale du premier), ces deux derniers morceaux étant sur la face A du maxi-45-tours. Vendeurs De Larmes est, globalement, une des plus belles réussites du chanteur du Chanteur (je ne m'en lasse pas, de celle-là !), un disque remarquable qui se vendra très très bien (600 000 exemplaires vendus, son troisième plus grand succès commercial en ce qui concerne les albums). L'album suivant sera un grand pas en avant, pas en terme de ventes (curieusement, celles-ci seront bien inférieures qu'escompté), mais en terme de thèmes, d'orientation musicale. J'en parle demain...

FACE A

Pour Faire Un Disque

Vivre Ou Survivre

Je Veux De L'Or

Dieu Que L'Amour Est Triste

C'Est Fini

FACE B

Soulève-Moi

L'Amour Gardé Secret

La Fillette De L'Etang

Y'A Pas De Bon Numéro

Vendeurs De Larmes

FACE C

Viens Danser

La Danse

FACE D

Au Revoir


Big Mama Thornton In Europe - Big Mama Thornton

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Big Mama Thornton, est-ce que ce nom vous dit quelque chose ? Si vous êtes amateur de blues, de blues-rock, de rythm 'n'blues, ainsi que de rock 'n'roll, ça vous dit forcément quelque chose. Je vais vous la présenter rapidement. Big Mama Thornton est née en 1926 dans l'Alabama sous le nom de Willie Mae Thornton. Son surnom de Big Mama lui vient bien évidemment de sa carrure plus qu'imposante. Après avoir lu cette ligne, allez jeter un coup d'oeil rapide sur la photo d'elle incluse un peu plus bas, pour voir le colosse qu'était cette femme. Et, je peux vous dire sans sourciller que sa voix était aussi puissante que sa carrure était imposante. Bref. Autant dire les choses comme elles sont : A l'exception d'une chanson chantée en 1953 (nous verrons laquelle dans le paragraphe suivant), Thornton n'a eu que très peu de succès et n'a été que très peu reconnue. Bien qu'américaine, le grand public ricain ne la connaît absolument pas. Elle décèdera en 1984 sans un rond et rongée par l'alcoolisme. D'ailleurs, ce triste dessein d'artiste de talent et influent mais qui n'a aucun succès et qui finit par mourir fauché, n'est pas sans rappeler le cas d'Arthur Crudup, par exemple. Venons-en à l'album en question : Big Mama Thornton In Europe. Enregistré en Angleterre en 1965. A cette époque, les albums des artistes de blues étaient pour beaucoup des compilations regroupant des titres parus en 45 voire en 78 tours. Ici, ce n'est pas le cas. Toutes les chansons présentes ont été enregistrées pour les besoins de l'album. 

Cet album, Big Mama l'a enregistré avec un groupe de musicien improvisé. On y trouve Buddy Guy à la guitare électrique, Fred McDowell à la guitare slide (même s'il n'est pas tout le temps mentionné), Big Walter Horton à l'harmonica, Eddie Boyd au piano, Jimmie Lee Robinson à la basse et Fred Below à la batterie (instrument dont Big Mama savait jouer d'ailleurs, en plus de l'harmonica). A l'exception de Buddy Guy, tous ces musiciens sont peu ou pas connus, mais je peux vous assurer que ce ne sont pas des brêles. Eux et Big Mama, qui a composé 7 des 11 chansons de l'album, vont défourailler un disque génial ! Je vous disais dans le paragraphe précédent que Big Mama avait rencontré le succès en 1953. Et pour cause, elle avait interprété une chanson écrite par le fameux tandem Jerry Leiber/Mike Stoller qui ont reçu l'aide Johnny Otis (rien que ça) pour la composition. Cette chanson, 3 ans plus tard, en 1956 donc, deviendra un succès planétaire quand elle sera reprise par Elvis Presley. La chanson s'appelle Hound Dog ! Tout comme moi, vous savez que la version du King est gigantesque, mais figurez-vous que la version de Big Mama l'est encore plus, ça vous donne une idée du niveau. Seulement voilà, si la chanson a eu du succès, Big Mama, sur le plan financier, s'est faite enfler et comme il faut. Et pour cause, elle n'a touché que 500 dollars. J'ignore ce qu'ont touché Leiber, Stoller et Otis, mais ils se sont fait enfler aussi. Quand Elvis (qui ignorait d'ailleurs que cette chanson avait été chantée à l'origine par une chanteuse de blues) chantera cette chanson, les paroles seront modifiées dans le but de toucher un public métissé. Sur les pochettes de disques, le nom de Johnny Otis disparaît car s'il n'a effectivement rien à voir au niveau des paroles, il a quand même apporté sa touche à la composition. Et, Big Mama, tout comme en 1953, ne touchera pratiquement rien. Je sais que c'est scolaire jusqu'à maintenant, mais il est absolument nécessaire de connaître l'histoire de cette chanson. Pour cet abum de 1965, Big Mama et ses zikos en enregistrent donc une nouvelle version. Et, si elle n'est pas aussi démentielle que la version d'origine, elle n'en demeure pas moins monstrueuse. A noter que l'édition CD de cet album propose une nouvelle version de Hound Dog dans les bonus-tracks.

Il y a ici une chanson évoluant un cran en-dessous du reste : Swing It On Home. Ce n'est pas mauvais, ni même moyen, rien ne l'est sur ce disque, mais c'est quand même moins percutant que le reste. Maintenant que j'en ai parlé, on peut passer au reste. Et, je peux vous garantir que le reste envoie sacrément la purée. Le disque s'ouvre sur Sweet Little Angel (également connue sous le nom de Black Angel Blues), un véritable classique du blues qui fut interprété pour la première fois en 1930. Seulement, il y a un problème avec cette chanson : si l'on connaît tous les artistes qui ont un jour interprété cette chanson, ainsi que de quelle période elle date (1928-1929), on ne sait toujours pas qui de Lucille Brogan ou Tampa Red a écrit et composé cette chanson. Toujours est-il que, chantée par Big Mama, ce sont plus de 5 minutes parfaites. The Place, qui prend le relais est bien plus courte (2 minutes pour 36 secondes), mais vraiment super aussi. Et, comme pour Sweet Little Angel, on ne sait pas qui est le créateur de cette chanson. Arrive une reprise de Little Red Rooster, une chanson de Willie Dixon. Et, c'est tout simplement terrible. Même les cris de coq qui auraient pu être fortement dérangeants sont géniaux. Big Mama était une chanteuse hors-pairs. Unlucky Girl est la première des 7 chansons du disque à être composée par Big Mama elle-même. Et, si c'est un peu moins réussi que Sweet Little Angel, The Place et Little Red Rooster, c'est quand même sacrément bon. Mais, à partir de maintenant les mecs, on va changer de planète. On va se casser loin de la Terre. Car c'est un feu d'artifice de musique bandante à n'en plus finir qui nous attend. A commencer par Your Love Is Where It Ought To Be. Chanson à tomber est lancée par une intro à l'harmonica tout simplement démentielle. Session Blues est également un vrai monstre de blues-rock. En revanche Down Home Shake Down est un instrumental. Mais il est parfait de bout en bout. Et les deux derniers morceaux... nom de dieu... My Heavy Load (long de 5 minutes pour 50 secondes) et School Boy sont des blues pur jus. Un vrai régal pour tout amateur du genre. La guitare sèche est juste énorme. 

Du fait du manque de notoriété de Big Mama Thornton, cet album n'est pas des plus faciles à trouver, même la réédition CD est ancienne (1989), ce qui complique un peu plus la tâche. Mais rassurez-vous, il n'est pas non plus nécessaire de remuer terre et ciel pour le choper. Donc, dès que vous tombez dessus, prenez-le ! Ce disque est un monument, ce qui le rend indispensable. D'ailleurs, je suis prêt à parier que les mordus absolus de blues le possèdent déjà. Et comme ils ont raison ! Si vous n'arrivez pas à le choper, écoutez-le quand même ! Il est disponible sur YouTube. On ne peut pas passer à côté.

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Face A

Sweet Little Angel

The Place

Little Red Rooster

Unlucky Girl

Hound Dog

Swing It On Home

Face B

Your Love Is Where It Ought To Be

Session Blues

Down Home Shake Down

My Heavy Load

School Boy

 

 

 

Posté par MaxRss à 10:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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"Da Capo" - Love

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Ayant récemment abordé le premier opus, éponyme, de Love, je ne pouvais faire autrement que d'aborder leur deuxième album. Comme je l'ai rapidement dit dans ma chronique du premier opus, ce deuxième album est important en celà qu'il contient une des premières chansons de rock à occuper une face entière. En l'occurrence, Revelation, sur la face B. Ce n'est cependant pas le premier album avec une chanson d'une face (au fait, je parle d'albums de rock, hein ; parce que sinon, avec le jazz, des morceaux d'une face, ça fait longtemps qu'on en trouvait sur les albums...). En 1966 (année de sortie du premier Love), on trouvait un morceau d'une face sur le Freak Out ! de Frank Zappa & The Mothers Of Invention et le Blonde On Blonde de Bob Dylan (lesquels sont les deux premiers double albums de l'histoire, au passage). Mais ces morceaux duraient respectivement 12 et 11 minutes. Sur Da Capo, sorti également en 1966, Revelation, lui, en dure 19 ! Soit plus long que la face A de l'album, par ailleurs, Da Capo durant 36 minutes. Au moment de sortir ce deuxième album, Love a engagé un nouveau batteur, Michael Stuart. L'ancien batteur, Alban 'Snoopy' Pfisterer, claviériste de formation, retourne aux touches d'ivoire (il joue cependant de la batterie sur le quatrième morceau). Produit par Jac Holzman (fondateur d'Elektra Records, qui a signé Love) et Paul Rothchild (producteur des Doors, groupe signé sur Elektra en partie sur insistance du chanteur de Love, Arthur Lee, qui a fit découvrir les Doors à Holzman), Da Capo est un des meilleurs albums du groupe, pas aussi grandiose que le suivant, Forever Changes (1967), mais pas vraiment du même genre non plus. 

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Forever Changes sera assez précieux, recherché, plus produit, lyrique (hispanisant aussi, parfois ; et teigneux aussi quand même, parfois : A House Is Not A Motel). Da Capo, avec sa pochette qui ressemble beaucoup (le cadre en plus) à celle du précédent opus, est un album assez rock, psychédélique mais garage. Ce n'est pas pour rien sur 7 And 7 Is sera sur la compilation Nuggets (dans sa version 1998, le longbox de 4 CD, pas sur la compilation sortie en double album en 1972). Ce morceau légendaire, sur lequel 'Snoopy' joue la batterie, est une furie d'à peine deux minutes, violente pour 1967, quasiment punk. Les Ramones l'ont reprise. Alice Cooper aussi (dans une version méconnaissable sur son Special Forces), ainsi que les Fuzztones et Rush. C'est du condensé de rock comme on l'aime, et un des meilleurs morceaux d'un album qui, dans l'ensemble, est exceptionnel. Comment ne pas succomber à She Comes In Colors (qui a servi d'inspiration aux Stones pour leur She's A Rainbow de la même année, chanson qui contient d'ailleurs le titre de la chanson de Love dans ses paroles), à Stephanie Knows Who, à ¡ Que Vida ! aussi ? Et donc, sur la face B, Revelation, 19 minutes (à quelques secondes près) jammesques qui auraient servi d'inspiration aux Stones (encore eux) pour leur Going Home de 11 minutes sur Aftermath (sorti aussi en 1966, mais avant Da Capo). Selon Arthur Lee, les Stones auraient vu Love sur scène, jouer ce morceau, en 1966 (avant que Love n'en enregistre une version studio, ils le jouaient déjà live en une longue jam), et s'en seraient inspiré. Mais au final, c'est en fait Love que l'on a accusé d'avoir pompé les Stones, vu que Da Capo est sorti après Aftermath ! Qui a plagié qui ? En tout cas, il est clair que des ressemblances existent entre les deux morceaux. Mais celui de Love, bien plus long, va plus loin dans l'esprit jammesque. Going Home, lui, est plus structuré. 

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Après ce disque incroyable (mais il faut bien une paire d'écoutes pour l'apprécier) mais qui ne sera pas un triomphe dans les charts, Love se séparera de 'Snoopy' et subira les affres de la créations pour Forever Changes, enregistré difficilement (la section rythmique du groupe sera quasiment 'virée' par la production et remplacée par des musiciens de studio, qui, finalement, jetteront l'éponge et redonneront leur place aux musiciens de Love ; Neil Young, pressenti pour produire le disque, refusera, sentant que ça ne serait pas un groupe facile à gérer, surtout qu'il aurait quasiment démarré sa carrière de producteur pour le coup, et c'est Bruce Botnick et Arthur Lee qui produiront le disque, témoignage absolu de son époque, sorte de faux testament d'un Arthur Lee qui pressentait qu'il n'allait pas tarder à y passer (il est en fait mort en 2006...) et chef d'oeuvre intemporel. Qui, bien entendu, s'est à peu près aussi bien vendu que des glaçons sur la banquise en hiver, le drame de Love (qui, comme Manoeuvre l'avait bien fait remarqué dans sa chronique de Forever Changes pour sa "Discothèque Idéale", aurait très bien pu s'appeler Hate, en fait, tant leur musique respire le soufre, le malaise, la rancoeur et le fiel) étant que, malgré leur grand talent, ce groupe n'a jamais connu la gloire. On ne saurait suffisamment encourager les masses à se jeter comme des affamés sur les albums de ce groupe, et surtout Da Capo et Forever Changes, ainsi que sur le Vindicator d'Arthur Lee (son unique disque solo), pourtant assez différent (du rock hendrixien). Ils sont, tout simplement, géniaux. 

FACE A

Stephanie Knows Who

Orange Skies

¡ Que Vida !

7 And 7 Is

The Castle

She Comes In Colors

FACE B

Revelation

Posté par ClashDoherty à 08:00 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
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24 janvier 2020

"Un Autre Monde" - Daniel Balavoine

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En 1979, le succès prodigieux qui avait touché Balavoine l'année précédente va s'effondrer en partie, suite à l'insuccès (relatif : plus de 100 000 exemplaires vendus tout de même, par comparé aux 800 000 du précédent, OK, c'est pas glop) de son quatrième album, Face Amour/Face Amère. Ce bide, Daniel Balavoine l'a plutôt mal pris, il ne s'y attendait probablement pas, même s'il devait bien se douter, quand même, qu'avec un album aussi peu commercial (trois singles en seront tirés, trois très bonnes chansons, mais aucune avec la carrure nécessaire pour en faire un tube), il ne pourrait pas récidiver à fond le carton plein du Chanteur. Alors, quand le temps est venu, pour lui, de faire son cinquième album, Balavoine, toujours accompagné de son groupe Clin D'Oeil (mais pour la dernière fois), se remet un peu en question et, surtout, se sort les doigts. Son cinquième album, sorti sous une pochette noire le représentant, appareil-photo en main et expression sévère sur le visage (et dans l'objectif de l'appareil, un officier de la Chine communiste, couvre-chef étoilé sur le crâne), sort en 1980. En novembre. Balavoine l'a enregistré en août de la même année, à Boulogne-Billancourt, et l'a baptisé Un Autre Monde. Quatre ans plus tard, c'est ce même titre qui sera utilisé par Téléphone pour leur dernier album studio. Les deux albums contiennent une chanson-titre, qui n'est évidemment pas la même. D'ailleurs, chez Balavoine, c'est un instrumental, alors...

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On peut considérer cet album, situé au milieu de la carrière du chanteur (une carrière allant de 1975 à 1985, je le rappelle), comme étant celui du tournant, du virage. Vendu à 500 000 exemplaires, il récidive presque le carton plein de l'album de 1978 et fait oublier l'échec de celui de 1979. A partir de maintenant, les albums de Balavoine vont cartonner, ses singles aussi. Balavoine a eu du mal à être un chanteur des années 70 (malgré une année éblouissante), il va devenir sans aucun problème un chanteur des années 80. Un des plus importants. La preuve, il est mort en 1986, on continue d'en parler en 2020, on continue de l'écouter. Un Autre Monde contient 10 titres (pour 43 minutes), dont trois singles à succès (et une chanson qui, sans être sortie en single, est devenue un classique). Cette chanson devenue un classique balavoinien sans avoir eu les honneurs d'un single (enfin, si, mais en version live, l'année suivante, pas dans sa version studio), c'est La Vie Ne M'Apprend Rien, chanson violée en 1999 par Liane Foly. Pas ma chanson préférée de Daniel, loin de là même. Et la reprise par Foly m'énerve tellement, m'insupporte tellement, que je ne peux quasiment plus écouter l'original. Les trois singles : on a Je Ne Suis Pas Un Héros, que Balavoine offrira à Hallyday (elle a été écrite pour lui) et que Jauni a enregistré et sorti sur son album A Partir De Maintenant, sorti en juin de la même année 80. Une chanson que le rockeur semblera négliger totalement, ses fans aussi, jusqu'à 1990, où il la jouera live pour la première fois. Je déteste la version Hallyday. La version Balavoine est meilleure, mais c'est une chanson que j'ai toujours eu du mal à encaisser. Je passe. 

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On a aussi Lipstick Polychrome, chanson rigolote sur les évolutions des moeurs et de la mode, qui devient limite unisexe. Le final, où Balavoine répête 'pour les hommes, pour les femmes' dans diverses langues, anglais, allemand, espagnol, italien, polonaise, finnoise, tahitienne (pas forcément dans cet ordre), est amusant. Musicalement, c'est une réussite. Et on a surtout Mon Fils, Ma Bataille, chanson mémorable, tube immense, sur un homme se battant pour la garde de son enfant, pendant un divorce difficile. La chanson s'inspire de Kramer Contre Kramer, mais aussi de l'expérience vécue par un des musiciens de Clin D'Oeil, Colin Swinburne. Le reste d'Un Autre Monde n'est cependant pas aussi grandiose (enfin, grandiose, alors que j'ai précisé que sur les quatre classiques, il y en à deux que je ne peux pas pifer...) que ses classiques. Ce n'est pas le meilleur album de Balavoine, je le trouve nettement moins réussi que le précédent et que les suivants. Bateau Toujours, en duo avec Michel Berger, est trop courte. 10 000 Mètres est assez moyenne. Allez Hop ! ne m'a jamais plu, et Mort D'Un Robot est une chiure. Le morceau-titre, instrumental vangelissien laissant cependant entendre la voix de Mao en arrière-plan, est une belle conclusion pour un album cartonneur, généralement considéré comme un des préférés des fans du chanteur. Mais sincèrement, j'ai toujours trouvé que l'album était un peu inégal. L'album suivant, lui, sera une réussite éclatante, quasi totale. J'en reparle bientôt...

FACE A

Mon Fils, Ma Bataille

10 000 Mètres

Bateau Toujours

Lipstick Polychrome

Je Ne Suis Pas Un Héros

FACE B

Détournement

La Vie Ne M'Apprend Rien

Allez Hop !

Mort D'Un Robot

Un Autre Monde

C'Est Bien Fait - Eddy Mitchell

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En 1979, Eddy Mitchell sort C'Est Bien Fait, son vingtième album en studio. Je le rappelle (même si ça n'est pas forcément utile), depuis 1974 et Rocking In Nashville, Schmoll s'est refait une cerise d'enfer. Et, tous les albums qu'il sort (ce qui inclut celui de 1974) sont de véritables succès. Tous contiennent au moins un grand succès du répertoire Mitchellien. Et, il avait bien besoin de ça, car entre 1968 et 1973, l'ami Eddy en a chié un maximum. On peut tranquillement parler d'une période de grosses vaches maigres. A tel point que, pendant cette période noire, ses anciens albums et les albums des Chaussettes Noires se vendaient foutrement mieux que ses nouveaux albums. Enfin bref, le passé, c'est le passé. Ce qui nous intéresse aujourd'hui, c'est donc cet album de 1979, faisant suite à un Après Minuit assez moyen, malgré la présence de Il Ne Rentre Pas Ce Soir et de la reprise d'After Midnight de J.J. Cale. Soucieux de vous proposer une chronique de qualité, j'ai réécouté cet album juste avant d'en entamer la rédaction. Et, je dois dire que certains défauts m'ont littéralement sauté en pleine poire. Sur le plan musical, malgré une poignée de chansons ratées, cet album est plus abouti que son prédécesseur, en revanche, mais sacrebleu... quelles paroles à la con. Alors bien sûr, vous me direz que l'on écoute pas du rock, quelle que soit son origine, pour la pertinence de ses paroles et vous avez raison, mais quand même... Eddy a beaucoup mieux écrit, que ce soit avant ou que ce soit après. 

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Mais dîtes-moi, est-ce que cet album contient un gros succès du répertoire d'Eddy Mitchell, comme c'était le cas de tous les albums depuis Rocking In Nashville inclus ? Et bien oui, c'est le cas. Et ce n'est pas n'importe quel tube : Tu Peux Préparer Le Café Noir. Tes nuits blanches et même ton mouchoir. Et vous connaissez la suite. Je vais être franc avec vous : s'il y a des tubes d'Eddy que j'adore vraiment, il y en a que je déteste profondément. Et celui-là en fait partie. Je n'ai JAMAIS aimé cette chanson. Désolé pour ceux qui aiment. Et ce sera le seul tube de l'album. Et, on trouve quoi d'autre alors ? Nous avons L'Important C'Est D'Aimer Bien Sa Maman en guise de chanson d'ouverture. Et si musicalement, c'est assez bien branlé, les paroles sont vraiment trop connes pour les passer sous silence. Alors, encore une fois, je sais que l'on écoute pas ce style de musique pour la qualité de ses paroles, mais là, c'est abusé. Et c'est encore pire avec la chanson qui suit, c'est-à-dire Trop C'Est Trop. Musicalement, c'est pas mal du tout (malgré les trop c'est trop... trop (justement) présents), mais les paroles sont d'une connerie insondable. Eddy se montre engagé, mais on frise le ridicule. N'est pas Ferré, Ferrat ou Lavilliers qui veut. Comment Ça Fait ? est sympathique, mais pas plus. Place à présent à une doublette de chansons franchement mauvaises : Chaque Fois et Good-Bye Gene Vincent. La première citée ne laisse absolument aucun souvenir, même si on l'a écoutée dans les cinq minutes qui viennent de passer. L'autre, comme son titre l'indique est un hommage au grand rockeur ricain. Et franchement, qui gueulera si je dis que Gene Vincent méritait un bien meilleur hommage ? Il n'y a absolument rien à sauver de cette chanson. Que ce soit la musique, les paroles ou l'interprétation, tout est mauvais. C'Est Bien Fait, la chanson titre donc, relève le niveau. Et, il fallait bien ça après deux chansons aussi mauvaises. Bon, au niveau des paroles, c'est encore une fois très con, Schmoll faisant le tour des styles musicaux en vogue à l'époque (le disco et la new-wave), mais musicalement, c'est super efficace. Petite Annonce prend le relais. Au niveau des couplets, c'est excellent et c'est très clairement inspiré du rythme en stop-time à un accord du Mannish Boy de Muddy Waters. On pourra s'étonner du fait qu'une chanson d'Eddy Mitchell soit autant inspirée du blues, lui qui est un mordu du rock 'n'roll. Mais bon, vous connaissez la musique : sans blues, pas de rock, alors on finit toujours par retomber dessus. Par contre, les refrains sont incroyablement foirés et super mal chantés. L'Homme-Objet est à l'image de Comment Ça Fait ? : sympathique, mais pas plus. D.I.V.O.R.C.E (prononcez : divorcé. Le titre de la chanson étant du au fait qu'il est épelé lors du refrain) clôture l'album. Et cette chanson est directement liée à l'actualité sentimentale de Schmoll à l'époque. Et à sujet douloureux, musique adaptée à l'évènement. Mais, ce n'est vraiment pas bon du tout. 

A la toute fin de ma chronique conscrée à Après Minuit, je disais qu'après cet album moyen Eddy avait rapidement redressé la barre. Et, j'aurais maintenu mes dires si je n'avais pas réécouté C'Est Bien Fait avant de vous en proposer la chronique. Seulement, je l'ai réécouté et si cet album est d'un niveau supérieur à celui qui le précède dans la discographie Mitchellienne, on peut dire qu'il est quand même bien loin de casser des briques. Au final, à qui est-il destiné ? Tout simplement aux fans de Schmoll et à personne d'autre.

01 Eddy MITCHELL

Face A

L'Important C'Est D'Aimer Bien Sa Maman

Trop C'Est Trop

Comment Ça Fait ?

Chaque Fois

Tu Peux Préparer Le Café Noir

Face B

Good-Bye Gene Vincent

C'Est Bien Fait !

Petite Annonce

L'Homme-Objet

D.I.V.O.R.C.E.


"Dans La Chaleur De Bercy" - Johnny Hallyday

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Encore un petit peu de Jean-Philippe Smet ? D'accord, mais ça sera du live, j'en ai quelques uns à aborder ici, ça tombe bien. Celui-ci date d'une époque où Johnny Hallyday était définitivement revenu comme une valeur sûre du rock à la francaouise. Définitivement revenu ?, me demandez-vous. Oui, car après l'album que j'ai abordé récemment, Hollywood (1979), Hallyday s'effondrera comme un pont de Gênes en sortant, durant la première partie des années 80, des albums essentiellement imbitables (Pas Facile, La Peur, Quelque Part Un Aigle), albums remplis de chansons telles que Cartes Postales D'Alabama (son Sweet Home Alabama à lui, reprise française du classique des Skynyrds) ou Mon P'tit Loup (Ca Va Faire Mal) repris à Bob Seger. En 1985, Michel Berger prend conscience du marasme que la musique d'Hallyday commence à être (il en était réduit à se produire en proto-Ken le Survivant/Mad Max sur scène...) et lui propose de lui faire un album entier. Rock'n'Roll Attitude, chef d'oeuvre. L'année suivante, c'est Jean-Jacques Goldman qui enfonce le clou avec un album entier, Gang. Quasiment aussi monumental. Tournée cartonneuse. Hallyday, qui était alors avec Nathalie Baye, se sépare d'elle et se marie avec la fille de son pote de toujours, Long Chris, Christian Blondiau. Oui, avec Adeline. On sait ce que ça donnera par la suite, mais en attendant, en 1989, il sort Cadillac, qui cartonne, et qui est en partie la source du live que j'aborde aujourd'hui, sorti en 1991, Dans La Chaleur De Bercy.

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Ce concert existe en version filmée VHS (DVD aussi, certainement), en CD (double) et en vinyle (double aussi). Problème de format oblige, le vinyle ne contient pas tout le concert, loin de là même (il dure dans les 80 minutes, à peu près, et contient 17 titres en comptant deux introductions).  La version triple CD de 2003 contient tout le show, 28 titres en tout. La version double CD d'époque, elle, en contenait 22, je crois. Je possède cet album en vinyle (réédition en vinyles colorés, le premier vert, le second rouge). Autrement dit, c'est une version considérablement rabotée du show, incomplète, que j'aborde, mais ayant écouté la version complète, je vais quand même parler un peu des autres morceaux (parmi lesquels Gabrielle, Pendue A Mon Cou, Quelque Chose De Tennessee, Le Chanteur Abandonné dans des versions à tomber et un enchaînement final de standards du rock'n'roll, comme Mystery Train, Whole Lotta Shakin' Goin' On et Heartbreak Hotel). Ca y est, j'en ai parlé un peu, on passe à ce qui se trouve sur le double vinyle ? Le show, après une intro faramineuse (qui, en audio pur, rend cependant moins bien qu'avec le visuel, je suis prêt à le parier), démarre par Je Suis Né Dans La Rue, morceau très efficace en guise de démarrage. Les Vautours et Cadillac, issus du nouvel album de l'époque, suivent, le premier est super efficace, je suis moins fan du second. La reprise du Honky Tonk Women des Cailloux, pas en français mais dans la langue de Shakespeare, achève la face A avec efficacité. La B s'ouvre sur un hommage à Balavoine (dixit Johnny), Je Ne Suis Pas Un Héros, j'ai toujours trouvé que Johnny l'a mal chantée (Balavoine la lui offrira la même année que sa propre version, soit en 1980), mais c'est un avis personnel. Possible En Moto (de Cadillac) est caricatural au possible, mais Diego Libre Dans Sa Tête, reprise de Berger, et Laura (de Gang) achèvent bien le premier disque. 

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Le second disque s'ouvre sur une chanson que Johnny, quelques années plus tard, a sûrement dû trouver assez gênante (ses fans aussi), Adeline, hommage à sa femme d'alors (Et quand Adeline danse, la musique ressemble à du silence... mon Dieu...), morceau inédit d'époque qui ne se trouve sur aucun album studio (un 45-tours de la version studio fut tiré à pressage limité pour les amis et proches du couple, hors-commerce). On passe. Mirador, issu de Cadillac, plus belle chanson de l'album de 89, suit. Une intro (Black Blues Voices) pour Toute La Musique Que J'Aime, ici très efficace, avant une reprise du Slowdown de Larry Williams, en français, Dégage donc, pour achever la face C. La D s'ouvre sur le gigantesque Aimer Vivre, crédité à seulement 1,40 sur le vinyle. Il dure, en fait, dans les 10 minutes !!!! Une version sans doute un peu longuette vers la fin, assez jammesque, mais vraiment bonne. Le concert se termine sur Je Te Promets et L'Envie, forcément, L'Envie, quoi de mieux pour achever un concert de Johnny (le morceau étant cependant très efficace pour ouvrir un concert) ? Hallyday est en forme ici, et est entouré notamment de Norbert 'Nono' Krief (guitariste de Trust), Christian Padovan (basse), Michel Amsellem (claviers) et Yves Sanna (batterie), des musiciens solides. Tous ne sont pas forcément les meilleurs qu'il a eus, mais l'accompagnement musical est solide, efficace, nerveux, rock, hallydayien quoi. Dans La Chaleur De Bercy est, au final, un excellent live du plus populaire (il n'en est pas moins toujours aussi mort) de nos rockeurs. 

FACE A

Ouverture Bercy 90

Je Suis Né Dans La Rue

Les Vautours

Cadillac

Honky Tonk Women

FACE B

Je Ne Suis Pas Un Héros

Possible En Moto

Diego Libre Dans Sa Tête

Laura

FACE C

Adeline

Mirador

Black Blues Voices

Toute La Musique Que J'Aime

Dégage (Slowdown)

FACE D

Aimer Vivre

Je Te Promets

L'Envie

23 janvier 2020

Studio Fan - Live Fan - Pascal Obispo

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Bon, là les gars, on est mal. On est très mal. On est super mal. On est archi mal. Ça va, vous avez compris ou je continue ? On est archi mal car voici que déboule ce que l'on pourrait appeler le magnum opus de Pascal Obispo. J'en tremble de partout à l'idée d'en parler. Mais bon, maintenant que je me suis lancé, il va bien falloir aller jusqu'au bout. Plus possible de faire marche arrière. L'album que je vais vous présenter aujourd'hui s'appelle donc Studio Fan - Live Fan et est sorti en 2004. Comme son titre l'indique, c'est un double album. Un en studio et un en live. Même si sur ce dernier, on a la présence de trois chansons studio et nique la logique comme on dit. Il faut que vous sachiez que lors de la sortie de ce truc, il était possible de choper soit les deux disques ensemble, soit l'album studio seul. J'aurais pu ne parler que de l'album studio, c'est vrai, mais je ne veux pas faire les choses à moitié alors je vais parler des deux d'un coup. Il va me falloir bien du courage. Mais à vous aussi il va vous en falloir, je peux vous le garantir. Parce que ce double album défie toutes les lois de la dauberie musicale. On est face à un truc tellement...disons nul pour être sympa, que l'on en ressort pas indemne. Vous êtes prêts pour un voyage gratuit en Enfer ? Alors c'est parti, attachez vos ceintures et prenez des sacs en papier ou en plastique pour gerber, ils vous seront très utiles, croyez-moi.

Studio Fan :

Incroyable mais vrai... malheureusement, cinq chansons de ce gigantesque tas de boue ont été publiées en single. Cinq chansons, vous avez bien lu. Je sens déjà poindre les premières douleurs rectales. Je parlerai de cinq bien entendu, mais je vais m'attarder sur deux en particulier. La première, qui ouvre le disque d'ailleurs, c'est Fan. Ça vous dit forcément quelque chose. De toutes façons, vous n'avez pas le choix étant donné que l'on nous a servi cette chanson jusqu'à l'overdose. Et ça continue d'ailleurs. Vous le savez tous, Pascal Obispo est raide dingue de Michel Polnareff, on ne peut pas lui reprocher. Par contre, on peut évidemment lui reprocher le fait d'avoir toujours vu en lui un héritier de Polnareff. Fan lui est dédiée, en pompant ouvertement Lettre A France. Si j'exiiiste, j'exiiiste, c'est d'êêêtre fan, fan fan fan fan. Quand on entend ce machin-là, la première pensée qui nous vient à l'esprit n'est nulle autre, même si on est pas bricoleur pour un sou, que d'aller aiguiser une meuleuse et d'aller couper les jambes, la bite et la tête d'Obispo. C'est insupportable. Vous trouviez que Polnareff avait vieilli au moment où il a fait son retour en 2007 ? Cherchez pas plus loin, ça vient de là et pas du blues. Et l'autre chanson, attention aux crises d'hémorroïdes, c'est Mourir Demain. Encore une que l'on nous a balancée jusqu'à l'overdose. Et ça continue. Cette chanson, chantée en duo avec Natasha St-Pier est un rock abominable. Obispo a dit de lui qu'il était un enfant du rock. Mais ça ne suffit pas pour faire un bon rock. Quant à Natasha, elle qui avait déjà deux grosses casseroles au cul après avoir chanté Tu Trouveras et Je N'Ai Que Mon Âme a creusé un peu plus sa tombe en prenant part à Mourir Demain. Les trois autres chansons sorties en single se nomment La Prétention De Rien, Zinédine et C'Est La Musique (D'Un Piano A L'Autre)... Faites fumer à Obispo une dernière clope ou un dernier joint, faites boire à Obispo un dernier verre d'alcool et faites-lui faire une dernière prière et... vous connaissez la suite, je vous en supplie. Merci L'Artiste (en espérant qu'il ne parle pas de lui), Quelqu'un Nous Appelle, Je Suis De L'Atlantique (non Pascalou, Bergerac est quand même assez loin des plages de l'Atlantique), Besoin De Rêver et Une Folie De Plus sont tout simplement INTORDABLES. On dépasse carrément le simple stade de l'anthrax sonique. Mais, il y a encore pire, je vous le jure. Tout d'abord It's A Pleasure To Work With You Guys : une merde atomique, une déflagration polluante telle que la catastrophe de Tchernobyl, à côté de ça, passerait pour un simple feu de cheminée. Mais le pire du pire du pire du pire, c'est cette reprise de La Bombe Humaine de Téléphone. On a dit que Corine Marienneau n'avait pas pris part à l'aventure des Insus parce qu'elle était fâchée avec Aubert, Bertignac et Kolinka pour des histoires de blé. Moi, j'ai ma version des faits et elle tient debout : elle a la dent dure contre ses ex-potes de Téléphone car ils ont laissé Obispo reprendre une de leurs chansons, tout simplement.

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Live Fan :

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Un bonheur n'arrive jamais seul, nous dit-on, permettez-moi d'en douter. Par contre, ce qui est sûr, c'est qu'un malheur n'arrive jamais seul. Et en voici une belle preuve car maintenant, je m'attaque à l'album live. Même si, je le répète, trois chansons présentes sur cet album live, sont des chansons studios. Dîtes-moi, vous ne trouvez pas qu'il y a une bonne grosse odeur de merde par ici ? Enfin, je veux dire, une bonne grosse odeur de merde qui s'est intensifiée ? Si ? Vous me rassurez. Pas de doute, vous avez bien toute votre tête. C'est moi qui n'a plus la mienne à vouloir parler de ça. Quinze chansons sont au programme et laissez-moi vous dire avec beaucoup de finesse que vous n'allez pas tarder à chier du sang. Que trouve-t-on ici. Bien entendu, ce cher Pascal reprend certaines de ses propres chansons. Et, parmi ces chansons, trois ne sont jamais parues sur un album original du chauve de Bergerac. A commencer par Les Fans Et Les Chansons D'Abord. C'est qu'il a un grand coeur notre Pascalou. Est-il possible que tout, à l'exception du talent, soit en proportion chez lui. On ne me la fait pas à moi, je sais à quoi vous avez pensé. Il y a aussi Millésime, chanson sortie en 2002. Cette chanson, et je suis très sérieux, je n'en dirai aucun mal. Absolument aucun. Je ne l'aime pas, mais là n'est pas la question. Cette chanson célèbre le miracle de la naissance pour qui éprouve le profond désir de devenir père. On sent la sincérité d'Obispo et la fierté qui fut la sienne d'avoir enfanté, donc sur ce coup, je ferme ma gueule. En revanche, je ne fermerai pas ma gueule sur Sa Raison D'Être. Chanson sortie en 1998 certes pour une bonne cause, mais incroyablement à chier des briques en triangle. Une chanson nulle en studio ne peut pas devenir bonne en live. Certes, la magie du live existe, mais là, faut pas déconner. Sont chantées également Zinédine, Personne, Pas Besoin De Regrets et Assassine. Tous aux abris ! C'est encore pire que les bombardements de Dresde, Pearl Harbor, Hiroshima et Nagasaki ! Et je ne parle même pas de la reprise du Frozen de Madonna (faite en studio) et chantée de nouveau avec Natasha St-Pier. La version originale, datant de 1998, est déjà loin d'être un modèle de réussite, mais là, ça dépasse l'entendement. Mais, et ne me remerciez pas, je vous ai gardé le pire de tout pour la fin. Pas moins de sept chansons de Michel Polnareff sont reprises. Et certaines, six sur sept en fait, font partie des chefs-d'oeuvre de l'Amiral : Je Suis Un Homme, Lettre A France, Tout Pour Ma Chérie, Le Bal Des Laze, Nots Mots D'Amour et L'Amour Avec Toi. Ces deux dernières étant faites en studio. Dire de ces versions qu'elles sont des massacres serait encore être très loin de la vérité. Bon nombres de grands artistes français se sont fait charcutés par des tocards qui en sont ou qui en étaient fans, mais là, on peut dire que c'est vraiment Polna qui a le plus douillé. Goodbye Marylou, quant à elle, c'est encore autre chose. La version originale, oeuvre d'un Polnareff déjà perdue pour la musique, était putassière bien comme il faut, mais comparée à cette version live made in Obispo, c'est du caviar de la Baltique ou de n'importe quelle autre mer. Ouf, je suis arrivé au bout de cette chronique, mais j'ai bien cru mourir cent fois. Habituellement, je ne crois pas en la théorie de la fameuse lumière blanche, mais là, j'ai pu en apercevoir quelques rayons. Ne me demandez surtout pas de faire un dernier paragraphe en guise de conclusion, j'ai déjà assez souffert comme ça et vous aussi je pense.

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Studio Fan :

Fan

La Prétention De Rien

Merci L'Artiste

Quelqu'un Nous Appelle

Mourir Demain

Je Suis De L'Atlantique

La Bombe Humaine

Besoin De Rêver

D'Un Piano A L'Autre (C'Est La Musique)

Zinédine

Une Folie De Plus

It's A Pleasure To Work With You Guys

 

Live Fan :

Les Fans Et Les Chansons D'Abord

Lettre A France

Je Suis Un Homme

Goodbye Marylou

Le Bal Des Laze

Zinédine

Personne

Millésime

Pas Besoin De Regrets

Assassine

Sa Raison D'ëtre

Nos Mots D'Amour

L'Amour Avec Toi

Frozen

 

 

 

"Face Amour/Face Amère" - Daniel Balavoine

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1978 est l'année Balavoine : il cartonne (enfin) avec son troisième album, Le Chanteur, qui contient deux singles qui marcheront très fort : Lucie et la chanson-titre, surtout, qui fut matraquée 10 fois par jour à la radio et sera un tube monstrueux. Une chanson remarquable, ce qui ne gâche absolument rien. Et l'album, bien que pas parfait tout de même, est lui aussi une réussite. En plus, alors que l'album cartonne, Balavoine enchaîne directement avec l'enregistrement de ses chansons pour Starmania, l'opéra-rock de Berger et Plamondon, qui sera en version scénique en 1979, en avril. On ne va pas revenir sur Starmania, culte et grandiose collection de chansons (et opéra-rock dde science-politique-fiction plutôt très très bien écrit), qui fut rebooté plusieurs fois, y compris dans d'autres langues que celle de Molière. Bref, 1978, Balavoine est, enfin, au sommet. En juin, Balavoine entre en studio, tout auréolé de gloire, afin d'enregistrer son quatrième album. Barclay, qui mis à part son directeur artistique Léo Missir, ne croyait plus trop en lui, a totalement changé son fusil d'épaule. Si Balavoine veut chanter le bottin téléphonique de la Saône-Et-Loire en russe avec du reggae comme accompagnement, quil le fasse, c'est open bar. Personne ne peut se douter de ce qui va se produire.

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Sorti en octobre 1979, l'album, le plus court du bonhomme (34 minutes), s'appelle Face Amour/Face Amère, et il se vendra à 130 000 exemplaires. Le Chanteur a accompli l'exploit de se vendre à 800 000, lui ! Bref, c'est à nouveau un bide commercial, Balavoine se retrouve dans une position assez étrange : auréolé du succès monstrueux de son précédent opus, entaché du bide de son nouveau, il ne sait probablement pas trop ce qui lui est arrivé. C'est simple : Le Chanteur a tellement marché qu'il a foutu en l'air toute chance de récidive. Face Amour/Face Amère, que Balavoine qualifiera de sinistre par la suite (il clame, dans la courte chanson-titre, le droit au désespoir), est un disque sombre, amer, on sent que Balavoine, surpris par le succès prodigieux de son précédent album et par sa soudaine notoriété, a trouvé que tout était allé un peu trop vite et ne le représentait pas vraiment. Enregistré avec ses habituels musiciens, ici crédités, pour la première fois, sous un nom de groupe (Clin D'Oeil), l'album offre trois singles : Me Laisse Pas M'En Aller, Dancing Samedi, Tu Me Plais Beaucoup. La première, construite sur le même principe que Le Chanteur, ne marchera pas, et je ne parle même pas des deux autres, qui ne sont pas mauvaises, mais n'avaient, franchement, que peu de chances de faire leur trou dans les charts. L'album est, autant le dire, une vraie réussite, majeure, un des meilleurs du chanteur du Chanteur, mais ça, il faudra du temps pour s'en rendre compte. En 1979, c'est la douche froide. 

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La pochette semble d'ailleurs, quelque part, le prédire involontairement. Au recto, Balavoine est au sommet, littéralement. Au sommet d'un mont enneigé, il brandit fièrement le drapeau français (de la chanson française ?) vers le ciel, on ne voit, derrière lui, que le ciel, des nuages et les sommets de quelque montagnes. Au verso, on le voit de dos, et on se rend compte que la montagne gravie est un petit tas de neige dans une station de sports d'hiver, près des remontées mécaniques. Autodérision salutaire de la part du chanteur, mais aussi, indirectement, signe d'une rapide redescente : il n'est peut-être pas au sommet, tout compte fait, succès rapide mais éphémère, il prend son ticket comme les autres chanteurs qui attendent leur tour de succès derrière lui. Bien entendu, dès l'année suivante, Balavoine va reconnaître le succès, et cette fois-ci, ça sera du définitif. En attendant, il sort ce disque mal-aimé à l'époque, insuccès malvenu et injustifié, l'album étant, franchement, une incontestable réussite. Quiconque n'a jamais entendu Rougeagêvre (qui s'achève sur des guitares bien rock, solo de dingue), Me Laisse Pas M'En Aller, Dancing Samedi, Toi Et Moi (court mais efficace) et Pauvre Bobby ne sait pas, je pense, à quel point cet album est un des meilleurs sortis en France à la fin des années 70. Ce disque de 79, constitué d'une face amour et d'une face amère (évidemment) plutôt que d'une face A et d'une face B, est donc remarquable. L'année suivante, Balavoine nous embarquera dans un autre monde...j'en reparle demain !

FACE A (Face Amour)

Face Amour/Face Amère

Toi Et Moi

Me Laisse Pas M'En Aller

Love Linda

Tu Me Plais Beaucoup

FACE B (Face Amère)

Ces Petits Riens

Dancing Samedi

Pauvre Bobby

Drôle De Galaxie

Rougeagêvre

Track-by-track : 15ème Round - Bernard Lavilliers

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Pour le 368ème track-by-track du blog, c'est à nouveau Bernard Lavilliers qui va être à l'honneur. Et, une nouvelle fois, c'est l'un de ses albums de sa période dorée (1975-1983) qui va être décortiqué. Et pour cause, 15ème Round, son cinquième album studio est sorti en 1977. Lavilliers lui-même lui porte une grande estime étant donné qu'il considère que cet album est son premier sur lequel on entend un vrai son de groupe. Lorsque sort 15ème Round, la tâche est rude étant donné qu'il lui faut succéder à Les Barbares, sorti l'année précédente. Mais franchement, cet album, avec cette pochette montrant un nanard viril en débardeur et un gant de boxe et quelque peu caricatural est un excellent cru. Et qui se paie même le luxe d'être encore meilleur que son prédecesseur. En gros, c'est du très très haut niveau qui vous attend. 38 minutes absolument essentielles.

Utopia : C'est bien connu : si Lavilliers a commencé à trouver son style sur Le Stéphanois et qu'il a peaufiné ce style d'albums en albums, il n'empêche qu'il fut pendant longtemps sous l'influence de Léo Ferré. Et ce morceau très engagé en est une belle preuve. Pas de chant ici, mais du spoken word. La phrase la plus puissant étant à mes yeux : vous vous gaviez de projections, de projets sérieux, de futurs, pendant que l'ordre et la répression nous alignaient contre les murs. Et musicalement ? Les deux-tiers environ du morceau sont dominés par les bruits des coups portés par un boxeur sur un sac de frappe ainsi que par les expirations de ce même boxeur. Tout ça disparaît et laisse la place à une nappe de claviers accompagnée par des arpèges de guitare électrique. Puis, les bruits de coups et les expirations reviennent tout en étant quelque peu étouffés par les claviers et la guitare. L'album est idéalement lancé. 

Big Brother : Pareil titre de chanson ne peut que renvoyer automatiquement au 1984 de George Orwell. Roman, je le rappelle, qui est sorti en... 1948. Le titre du roman futuriste de l'écrivain britannique est d'ailleurs explicitement cité vers la fin de la chanson. De ce Big Brother façon Nanard résulte une chanson terrible où se mélangent à merveille les claviers, les solos de guitare électrique ainsi qu'un court mais remarquable solo de saxophone. En ce qui concerne le chant, on évolue dans un registre parlé/chanté. Très très grande chanson. Et faites gaffe à vous, Big Brother is watching you !

Juke Box : Je vais être honnête avec vous : je n'ai jamais eu de certitudes quant au fait de savoir de quoi parle cette chanson. Mon inteprétation est donc extrêmement subjective. Pour moi, malgré un titre qui, à vue de nez, ne semble pas aller en ce sens, cette chanson est autobiographique. Et Nanard y parle de ses années où il était ouvrier à Saint-Etienne. Il y a avait le boulot et, après ça, l'écriture des chansons sur le coin d'un juke box, dans des troquets que l'on imagine pas spécialement bien fréquentés. Et, tout comme sur Les Antimémoires sur Le Stéphanois, Lavilliers dit qu'il aurait pu céder à la facilité et écrire des chansons d'amour pleines de bons sentiments, de départs, de retours, enroulées de violon et d'échos, enfin bref, des chansons qui passent à la radio. Super chanson !

L'Amour Et La Mort : Place à un peu de calme. Et pour cause, cette chanson est une ballade acoustique où guitare sèche (jouée par le Gringo lui-même) et les cordes se taillent la part du lion. D'ailleurs, il est très important de signaler que les arrangements de cordes ne sont pas pompeux pour un kopeck. Mais attention, si la chanson est calme musicalement, elle n'en reste pas moins très sombre au niveau du texte. De quoi parle-t-elle ? Sérieusement, le titre de la chanson parle pour elle. En revanche, dans l'écriture, Lavilliers ne cède pas à la facilité et truffe son texte de multiples métaphores et autres figure de styles. Plus de 5 minutes absolument intouchables. 

Fauve D'Amazone : Chanson qui parle, me semble-t-il, de la déforestation de l'Amazonie et en conséquence, de la disparition des tribus vivant dans la jungle amazonienne. Comme quoi, le sujet ne date pas d'aujourd'hui. Musicalement, après une intro aux accents tribaux jouée par des claviers, la chanson vire dans une sorte de funk-rock du meilleur effet. A la fin de la chanson, une sirène d'ambulance se fait entendre en fond sonore avant que l'on entende plus qu'elle. Excellente chanson. A noter que Nanard, sur le live T'Es Vivant ?, paru l'année suivante, en 1978 donc, en fera une version tout simplement tuante. 

N'Appartiens Jamais A Personne : Là, en revanche, pas d'accents quelque peu funk-rock, d'intro quelque peu tribale ou de différents types de percussions. On est à fond dans un rock terrible et saignant. Guitare agressive, basse proéminante et batterie qui cogne sans être assommante. De quoi parle la chanson ? C'est tout simple : la réponse est dans le titre. Bref, une excellente chanson de plus. Et, tout comme Fauve D'Amazone, cette chanson aura droit à une version live tuante sur T'Es Vivant ? ainsi qu'une autre, encore plus tuante sur Live Tour 80

15ème Round : La chanson titre. Et, comme elle l'indique, elle parle d'un boxeur qui est en train de disputer le 15ème et dernier round d'un combat. Rappelons qu'à l'époque, les combat de boxe allaient encore en 15 rounds avant que ce ne soit ramené à 12 en 1982. Même si un tout dernier combat en 15 rounds a eu lieu en 1989. Bref, la chanson parle donc d'un boxeur au 15ème et dernier round d'un combat et il est épuisé. A de plus en plus de mal à toucher son adversaire au visage et qui, secrètement, rêve de mettre un terme à sa carrière. Musicalement, la chanson alterne les passages calmes et les passages musclés. Les couplets sont, dans un premier temps, rythmés par la guitare sèche et l'harmonica avant que n'interviennent les claviers, les cordes et une batterie discrète. Alors que les refrains (qui ne sont jamais les mêmes au niveau des paroles), quant à eux, sont speeds et laissent la place à la basse, à une batterie plus puissante et aux claviers. Terrible et immense chanson. 

L'Amour Qui Marche : Je me suis toujours posé la question suivante : de quoi cette chanson peut-elle bien parler ? M'est avis qu'elle parle des vies mécaniques que nous menons. Et par vies mécaniques, je veux dire vies routinières qui s'en trouvent toutes chamboulées en cas d'imprévus ou de changements. Mais, je ne suis sûr de rien. Je suis preneur de vos interprétations. Musicalement, la chanson débute par un Lavilliers baragouinant quelque chose dans un dialecte sud-américain (à moins que ce ne soit du portugais, mais j'en doute fortement) avec un fond sonore les percussions de Mahut (qui bossera beaucoup avec Higelin qui était, au passage, un bon pote à Lavilliers), puis elle vire dans une couleur sud-américaine. Et, franchement, cette chanson est aussi peu longue (3 minutes et 5 secondes) qu'excellente. J'adore !

La Danseuse Du Sud : Chanson très certainement autobiographique qui parle d'une fille qui, dans sa jeunesse était danseuse et qui, maintenant que sa carrière est derrière elle, sombre lentement dans l'alcoolisme. Le sujet est donc bien loin d'être joyeux. Par contre, de quel Sud parle-t-on ? Celui de l'Amérique ou celui de la France ? Le texte ne donnant aucun indice nous permettant d'avoir un avis tranché sur la question. Sur le plan musical, la chanson est sans aucun doute la moins marquante du disque. Pour ma part, elle est celle que j'aime le moins, il en faut bien une. Mais attention, cela ne signifie pas que la chanson n'est pas de qualité. Il faut bien comprendre que sur cet album, aucune chanson n'est inférieure à excellente. Je sais, ce n'est pas français ce que je viens de dire, mais ça a au moins le mérite de bien dire ce que ça veut dire !

Lettre Ouverte : Dernière chanson de l'album. Et oui, on y est déjà, malheureusement. Au moment où il a écrit cette chanson, Lavilliers devait sûrement déjà avoir la tête à son prochain disque. Cette lettre ouverte préfigure quand même bien comme il faut la face A de Pouvoirs. Puisque l'on y parle de banques, de comptes en Suisse et de crassiers. Le terme crassier (autre terme pour désigner un terril) étant ici utilisé pour parler des cités HLM. Musicalement, la chanson s'ouvre sur des nappes et des notes de claviers assez oppressantes (tiens, ça ne vous rappelle pas Frères De La Côte sur Pouvoirs ?) avant qu'elles ne soient rejointes, autour de la 45ème seconde, par la batterie et la basse. Puis, la chanson change de visage : les claviers toujours, la basse et les percussions de Mahut se mélangent avant que l'on revienne à la mélodie précédente sur laquelle vient se greffer un long solo de guitare courant jusqu'à la fin de la chanson. Une conclusion parfaite. 

Vous avez pu vous en rendre compte par vous-même : cet album aligne donc dix chansons pour tout autant de réussite. Ce qui fait donc de 15ème Round l'un des meilleurs albums du Gringo de Saint-Etienne. Pour ma part, si je devais établir un top 3 des albums de Lavilliers période 1975-1980, 15ème Round arriverait troisième derrière Pouvoirs et O Gringo. Je n'en doute pas, tous ceux qui aiment Lavilliers ont déjà cet album en leur possession. Par contre, ceux qui ne l'ont pas encore : bougez-vous le cul ! Cet album est absolument indispensable à tout amateur de bonne chanson française et de bon rock français. 

Face A

Utopia

Big Brother

Juke Box

L'Amour Et La Mort

Fauve D'Amazone

Face B

N'Appartiens Jamais A Personne

15ème Round

L'Amour Qui Marche

La Danseuse Du Sud

Lettre Ouverte

"This Is The Sea" - The Waterboys

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Cet article sera probablement, en tout cas pour le moment, le dernier que je ferai sur ce groupe. Les Waterboys, pour ne pas les citer, est un de mes groupes préférés des années 80. Fondé au début des années 80 par Mike Scott, ce groupe irlandais est un des meilleurs représentants, en musique, de leur pays, avec les Pogues, Thin Lizzy et, oui je vais les citer, attention, attention, je vais les citer, je les cite, je les cite, attention c'est parti, U2, voilà ça y est, je les ai cités. D'ailleurs, au tout début de leurs carrières, U2 et les Waterboys faisaient le même genre de musique (les Ecossais de Simple Minds aussi), de la big music, cette pop bien chargée, bien lyrique. Les trois/quatre premiers albums de la bande à Bono (The Unforgettable Fire et October notamment), c'est de la big music. Les deux premiers albums des Waterboys aussi. Mais en 1985, les Waterboys vont changer d'horizon, et passer dans le rang du celtique. Avec un album imparable, parfait, génial, qui sera leur plus grande vente d'album à l'époque, le premier de leurs albums à se classer dans les charts anglais (pas en tête, ni dans les 10 premiers, mais classé, c'est classé). Produit par Mike Scott, John Brand, Mick Glossop et Karl Wallinger, enregistré entre février et août 85 en un nombre assez imposant (sept !!) de studios britanniques et, essentiellement, londoniens, l'album est sorti en septembre 85 et s'appelle This Is The Sea.

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C'est le chef d'oeuvre qui va mener, trois ans plus tard, à un autre chef d'oeuvre encore plus orienté celtique, Fisherman's Blues. Mais ce disque de 1985, tout en étant imprégné à mort de celtique, reste encore très fortement pop/rock, et conclut, en fait, admirablement une trilogie entamée  avec The Waterboys (1983) et poursuivie avec A Pagan Place (1984), deux remarquables albums, le deuxième cité étant même un immense coup de coeur personnel. This Is The Sea se paie le luxe de contenir ce qui reste probablement la chanson la plus connue, la plus mythique (j'ai découvert le groupe par son biais) du groupe, celle qui fera probablement que l'album se vendra aussi bien : The Whole Of The Moon. Régal pop, cette chanson, avec son piano martelé, ses choeurs faussement féminins (car ils sont masculins, mais en falsetto), ses paroles lettrées et sensibles (I talk about wings/...You just flew), son chant habité, est une splendeur, une des plus belles chansons de la décennie. C'est une des plus belles chansons d'un album qui, cependant, à trois reprises, réussit à offrir de l'encore meilleur : Old England (touchante, délicate) ; This Is The Sea (sublime conclusion qui annonce Fisherman's Blues rien que dans son titre et son thème) et l'intouchable, l'inusable, le grandiose The Pan Within, avec son violon à faire frissonner dans les chaumières mal chauffées du fin fond de la Creuse. Ce moment précis où, vers le milieu de la chanson (qui dure 6 minutes), la guitare électrique, froide, cède la place, le temps d'une transition magique, à une envolée de violon celtique, c'est à pleurer de bonheur. Difficile, en tout cas, de ne pas frissonner. Et je n'ai même pas parlé de la voix de Scott, ici en total état de grâce (de Capitani)... 

TW6

Difficile, aussi, de ne pas citer les autres morceaux, tels que Trumpets, Be My Enemy et les deux plus courts titres, Medicine Bow (moins de 3 minutes) et Spirit (même pas 2 minutes), qui sont tout sauf des bouche-trous. Et que dire de Don't Bang The Drums, qui ouvre le disque (avec 6,45 minutes, c'est le plus long de l'album), archétypal de la big music avec sa production clinquante et bien remplie, son chant héroïque, son ambiance tout pourrait très bien se casser la gueule comme un château de cartes mais on va tenir bon le rythme ? Un de mes morceaux préférés de l'album, c'est une ouverture efficace, qui rappelle les sonorités bien chargées des deux précédents opus tout en préparant à la suite de This Is The Sea, une belle transition, donc. Voilà ce qu'est ce disque remarquable, un disque de transition entre deux époques du groupe, une évolution. Ce genre d'album transitionnel est rarement une réussite, c'est souvent le cul entre deux chaises. Ici, on l'aura compris, rien de tout ça. Cest imparable de A à Z. Avec une superbe pochette, pour ne rien gâcher. Un des meilleurs albums du groupe. Un des meilleurs groupes de son époque, trop méconnu de nos jours, hélas. 

FACE A

Don't Bang The Drums

The Whole Of The Moon

Spirit

The Pan Within

FACE B

Medicine Bow

 

Old England

Be My Enemy

Trumpets

This Is The Sea

Posté par ClashDoherty à 08:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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