Rock Fever

23 avril 2014

"The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett" - Eels

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L'air de rien, en dix huit ans de carrière, Mark Oliver Everett, alias Eels, et connu aussi sous le pseudonyme de Mister E, en est déjà à son onzième album. On peut donc parler d'un artiste prolifique, sensible et sincère qui a refusé de sombrer dans le "star system", surtout après le succès de Beautiful Freak, soit son tout premier disque sous le nom de Eels.
Mark Oliver Everett fera sa réputation avec les albums suivants, surtout Electro-Shock Blues et Daisies of the Galaxy. Ainsi, le son et l'univers de Eels deviennent parfaitement identifiables. Le quatrième album, Souljacker, permet de varier les hostilités avec un son plus rock et plus agressif.

La suite ? Eels gère tranquillement sa carrière et peine réellement à suprendre malgré une discographie irréprochable et de qualité. Seul Blinking Lights and Other Revelations lui permet de revenir à sa source profonde, à savoir les douleurs et les cicatrices de son chanteur et compositeur.
Après ce disque, Mister E continuera de sortir des albums, certes tout à fait recommandables et honorables, mais sans jamais retrouver la fulgurance du passé. A la rigueur, le trop sous-estimé End Times fait peut-être exception. Toutefois, l'époque des Electro-Shock Blues, Daisies of the Galaxy et autre Blinking Lights semblait désormais dépassée.

Grave erreur. Certes, avec ses derniers albums en date, El Hombre Lobo ou encore Tomorrow Morning, Mark Oliver Everett montrait l'envie de se détacher de ses fantômes du passé avec une musique plus joyeuse. Pourtant, même si les années ont passé, le chanteur est toujours hanté par ses démons intérieurs. Qu'il le veuille ou non, sa musique est triste, pas fataliste mais pessimiste et finalement douce amère. Tel est le constat de The Cautionary Tales of Mark Oliver Everett, qui sort à peine un an après Wonderful Glorious. Retour aux vieux démons.
Retour à l'entité même du groupe et de ce qui hante profondément Mister E depuis de nombreuses années: la douleur, la peine, le chagrin et la mort de sa soeur.

Certes, tous ces thèmes ont déjà été évoqués par le passé et parsemés ici et là dans les précédents disques. La seule différence, c'est que Mark Oliver Everett a effectué un travail d'analyse en profondeur. Ensuite, contrairement à Electro-Shock Blues et Blinking Lights, The Cautionary Tales... marque également une certaine maturité chez cet auteur décidément surprenant.
Que les choses soient claires: on tient probablement là le ou l'un des meilleurs disques de l'année 2014 (oui, je sais, nous ne sommes qu'au mois d'avril mais tout de même...) et donc le ou l'un des meilleurs albums du groupe.

En tout cas, The Cautionary Tales... pourrait facilement figurer dans le top 3 de Eels, voire même peut-être en première position. Personnellement, je ne l'ai pas encore assez écouté pour le placer si haut. Néanmoins, nul doute: The Cautionary Tales... est tout simplement un très grand disque. En même temps, certaines rumeurs circulaient déjà sur cet album quelques semaines avant sa sortie. Elles parlaient d'un petit bijou. Ces rumeurs sont donc totalement fondées.
Il y avait bien longtemps que l'on n'avait pas vu Mister E aussi inspiré... depuis Blinking Lights en vérité ! The Cautionary Tales... est aussi le disque le plus personnel, le plus intropectif et le plus abouti de Eels.

Il règne dans ce disque une vraie mélancolie, une atmosphère particulière mais aussi une vraie simplicité et une grande générosité. Cet album fait donc figure de journal intime qui affiche à la fois les failles personnelles de son auteur mais aussi ses forces, ses victoires et ses combats.
Les excellents titres s'enchaînent et se dévoilent au fur et à mesure des écoutes, comme par exemple Agatha Chang, Lockdown Hurricane, Series of Misunderstandings, Dead Reckoning, A Swallow in the Sun, Mistakes of my Youth ou encore Where I'm Going.
Certes, il vous faudra probablement plusieurs écoutes pour vous imprégner de ce onzième opus de Eels, peut-être le plus beau finalement...

Titres:

  1. Where I'm At
  2. Parallels
  3. Lockdown Hurricane
  4. Agatha Chang
  5. A Swallow in the Sun
  6. Where I'm From
  7. Series of Misunderstandings
  8. Kindred Spirit
  9. Gentlemen's Choice
  10. Dead Reckoning
  11. Answers
  12. Mistakes of My Youth
  13. Where I'm Going

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06 mars 2014

Peter Von Poehl "The Bell Tolls Five"

Superbe titre que ce "The Bell Tolls Five", un titre pour le moins mélancolique (mais superbe) que je vous conseille d'écouter plusieurs fois.

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Yodelice "Familiar Fire"

Je suis tombé par hasard sur ce titre de Yodelice, Familiar Fire, une sorte de balade funèbre que je trouve réellement splendide. 

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28 février 2014

"Wild Life" - Paul McCartney & Wings

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Parallèlement à son annonce publique, dans la presse (dans un article en forme de questions/réponses signé d'un certain Clint Harrigan, lequel, il l'avouera bien plus tard, n'était autre que lui-même !), comme quoi il quittait les Beatles, Paul McCartney livra son premier opus solo (son premier 'vrai' album solo, en fait, car en 1966, il signera, seul, la bande-son d'un film oublié, The Family Way, album qui ne marchera pas), en 1970, en avril : McCartney. Sous sa pochette représentant un bol avec des cerises sur un rebord, l'album est vraiment solo, car il l'a enregistré tout seul comme un grand (bon, OK, sa lovely Linda l'accompagne aux choeurs), et il contient quelques sublimes chansons, comme Maybe I'm Amazed, Junk et sa version instrumentale Singalong Junk, Every Night ou l'instrumental Momma Miss America. Mais l'album sera critiqué dans la presse pour son côté trop fait à la maison, sa production qui n'en est pas une (ah ça, c'est sûr, ça change des orfèvreries à la Abbey Road !), ses chansons parfois trop 'démo' dans l'âme, sa surabondance (environ un titre sur deux !) d'instrumentaux... Sans doute aussi avait-on envie d'en vouloir à celui qui, en même temps que la sortie de son disque (qui ne fut pas le premier disque solo d'un Beatles en 1970, celui de Ringo étant sorti peu avant, mais celui de Macca fut, en revanche, le premier de 1970 avec des chansons inédites et signées du Beatles en question ; l'album de Ringo est un disque de reprises), annonçait qu'il quittait le groupe le plus mythique au monde, annonçant donc que c'était fini (ce que Lennon chantera quelques mois plus tard dans son God).Commercialement parlant, McCartney marchera correctement, et avec le temps, les fans ont beaucoup d'affection pour ce disque, il faut le dire, bien joli et culte. Mais un peu chabraque aussi, quand même.

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Un an après, 1971 donc. Macca part aux USA avec sa femme Linda, et le couple y enregistre, avec l'aide de David Spinozza et de Hugh McCracken (guitare tous deux, sur certains titres), ainsi que du batteur Denny Seiwell (là aussi, sur certains titres), un album qui sortira crédité au couple (cas unique dans la discographie de Paul), ce que certains jugeront être une pique aux albums du couple Lennon/Ono. L'album sortira en 1971, donc, et s'appelle Ram. Chef d'oeuvre, il sera incendié par la presse, et par les autres Beatles, qui trouveront énormément de piques contre eux dans les chansons (3 Legs, Too Many People, Dear Boy). Lennon, surtout, sera vénère, et répliquera avec Crippled Inside et How Do You Sleep ? En 1971 aussi, sur l'album Imagine. Parallèlement à la sortie de cet album de Lennon, Macca sortira son troisième album, lequel est en réalité son premier avec un groupe qu'il vient juste de fonder, Wings. Ce premier album, celui dont je vais parler dès à présent, sortira en fin d'année 71, et sera un bide critique absolu. On peut même dire que cet album fait partie de ceux qui, parmi les albums des ex-Beatles, obtinrent les pires critiques presse, avec le Dark Horse de Harrison, le Some Time In New York City de Lennon et Ono, et le Bad Boy de Ringo. Mais cet album de Macca, ou plutôt des Wings, fut le précurseur, car si on excepte les albums avant-gardistes du couple LennOno (ah ah ah), il fut le premier, parmi ceux cités, à sortir. Il s'appelle Wild Life, et possède une magnifique pochette assez forestière, montrant le groupe assis sur un tronc au-dessus de l'eau, pieds dans l'eau, entourés de verdure. Une pochette à la John Lennon/Plastic Ono Band (son album de 1970), ce que certains n'hésiteront sans doute pas à dire.

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Pourquoi Wild Life foirera-t-il autant à sa sortie ? Plusieurs raisons : tout d'abord, même si on distingue Macca sur la pochette, rien n'est indiqué qu'il s'agisse d'un de ses albums : aucune inscription sur le recto, et seulement deux petites mentions de son nom (dans les courtes notes de pochette signées Clint Harrigan, autrement dit, lui-même sous pseudo, et dans la mention McCartney Productions en bas de pochette) au verso. Le nom du groupe est Wings, pas Paul McCartney & Wings (ce qui sera le cas des deux albums suivants), et si on a un dessin représentant le groupe au verso, difficile de reconnaître Macca dans la caricature amusante mais rapidement dessinée. Bref, à moins d'avoir lu des articles dans la presse ou de bien regarder la pochette recto (on voit quand même bien Macca, c'est totalement visible), difficile de savoir que c'est un de ses disques en matant rapidement la pochette dans les bacs à disques. Autre raison : le disque a été enregistré rapidement, en 15 jours, sa production n'est pas clinquante, et le style des chansons est parfois très éloigné du Macca usuel. Ca fait parfois penser à du Lennon. Et aucun hit ici, aucun tube, aucun single ne sera tiré de l'album. Ca fait beaucoup de choses, et suffisamment de raisons pour expliquer l'insuccès commercial et surtout critique de ce coup d'essai des Wings. Difficile de se dire qu'on a affaire ici au groupe qui livrera, par la suite, Band On The Run, Venus And Mars et le single Live And Let Die !

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Etrange, atypique, Wild Life l'est, assurément. Inexistant en CD depuis que les albums de Macca ont été retirés de la vente en attendant leur réédition dans la série des Archive Collection (pour le moment, cinq d'entre eux ont été réédités : McCartney, Ram, Band On The Run, Wings Over America et McCartney II, et le rythme des rééditions est pour le moins leeeeeeent, depuis son lancement en 2010), trouvable uniquement en occasion (CD ou vinyle ; je l'ai en vinyle, comme les autres Macca, solo et Wings), Wild Life est un disque assez frustrant par moments, et je dois dire qu'au départ, lors des premières écoutes, je n'en étais pas fan ; plus drôle encore, lors de la première écoute et ce, pendant l'écoute des trois premiers morceaux, je me suis vraiment demandé si c'était un disque de Macca ! Mumbo est en effet un rock solidement charpenté et interprété par un Macca survolté, limite hystéro, et gueulant comme un ravagé, difficile de reconnaître sa voix parfois. Le morceau a clairement été enregistré live en studio, le cri que pousse Macca au tout début (Take it, Tony !, destiné à l'ingénieur du son du studio, pour l'encourager à graver sur bande ce qui va être joué) en est la preuve, et l'ambiance survoltée aussi.  Bip Bop (dont la mélodie sera source d'inspiration pour Voulzy et Souchon pour le J'Ai Dix Ans de ce dernier, fait quelque trois/quatre ans plus tard) est, lui, un morceau acoustique, reposant, folkeux, mais là aussi, la voix de Macca, assez enfantine et nasillarde, est difficile à reconnaître (si on ne sait pas que c'est lui, on ne trouve pas de quil il s'agit en écoutant le morceau). Enfin, Love Is Strange (reprise, la seule du disque, de Bo Diddley) est un...reggae qui est instrumental durant au moins une bonne moitié de ses quasi 5 minutes. Une fois le chant (en duo avec Linda) qui déboule, pas de souci, on reconnaît Macca, mais en attendant, ce reggae instrumental, de la part de Macca, c'est pour le moins étonnant. Seul le dernier titre de la face A, Wild Life (quasiment 7 minutes), est typique, dans un sens, de Macca, une chanson sur les mauvais traitement subis par les animaux de la part des Hommes. Musicalement, c'est sublime. Pour le texte, c'est pas mal du tout, mais un journaliste estimera qu'avec cet album, Macca touche son nadir, niveau composition (mauvaise langue !).

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La face B est plus convenue, et débute avec le plutôt long (6 minutes) et sympathique (et doux) Some People Never Know, avant de passer au court I Am Your Singer, interprété en duo par le couple d'amoureux, morceau à la production un peu décalée (des effets grésillants, volontaires). Après ce titre, on a droit à un morceau non-crédité, instrumental et court (45 secondes environ) du nom de Bip Bop Link, sorte de petite reprise de la mélodie de Bip Bop. Malgré ce qui est dit sur certains sites web, ce morceau et un autre situé en toute fin d'album (Mumbo Link, reprise instrumentale et de 50 secondes d'un riff issu de Mumbo) ne sont pas des bonus-tracks de l'édition CD de 1993, mais se trouvaient bel et bien sur l'album vinyle de 1971. En possédant un exemplaire, j'en atteste solennellement. Mais rien, sur la pochette ni sur les étiquettes de face (les 'labels') ne les crédite. On les distingue seulement (et surtout le premier) grâce à la séparation des titres sur les sillons vinyle. Après, on a Tomorrow, sans doute le morceau le plus connu, une bien belle chanson, la plus McCartneyienne du lot. Et, enfin, en guise de conclusion, les quasi 6 minutes de Dear Friend, chanson écrite pour tendre la main à Lennon à une époque où les deux ex-Beatles étaient en froid polaire (et Lennon n'aura pas vraiment envie de répondre gentiment, pour le moment, à cette invitation à l'apaisement ; ce n'est que vers 1973 que ça se calmera). Dear Friend, une sorte de télégramme de Macca à Lennon, est une splendeur qui sera utilisée comme preuve par un journaliste pour clamer que Macca n'est pas qu'un chanteur/auteur-compositeur de chansons mièvres, gentillettes et sucrées ; entre la voix un peu triste, la mélodie déchirante et sobre et les paroles, il y à de la gravité, ici. Une magnifique manière d'achever l'album, et selon moi, le sommet de Wild Life.

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Mais il est clair qu'en dépit de contenir quelques chansons vraiment remarquables (Some People Never Know, Wild Life, Dear Friend, Tomorrow, Mumbo...en revanche, si Bip Bop est pas mal, je m'en suis un chouïa lassé), Wild Life est tout de même un disque atypique et un peu frustrant de Macca et de ses Wings (lesquels sont au nombre de 4, à l'époque, au fait : le couple McCartney, le batteur Denny Seiwell et le guitariste Denny Laine), leur album le moins réussi probablement, à égalité avec Back To The Egg (1979, leur dernier opus). Et je dois dire que je préfère un peu Back To The Egg à Wild Life, d'ailleurs, qui est donc l'album des Wings que j'aime le moins, tout en étant, cependant, très loin de le détester. Disque étrange, méconnu, sous-estimé, ce premier opus des Wings ne permet pas encore de se rendre compte à quel point ce groupe sera capable de surprendre par la suite, mais il offre quand même de très très bons moments, et si vous aimez McCartney et les Wings, c'est essentiel. Mais pas un disque recommandé pour découvrir son autre grand groupe après les Beatles (à moins d'avoir envie de découvrir les Wings de manière chronologique).

FACE A

Mumbo

Bip Bop

Love Is Strange

Wild Life

FACE B

Some People Never Know

I Am Your Singer

Bip Bop Link

Tomorrow

Dear Friend

Mumbo Link

Ce long clip offre tout le disque original, plus des bonus-tracks comme Give Ireland Back To The Irish. En gros, la version CD 1993 à l'heure actuelle épuisée !

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14 février 2014

"Ass" - Badfinger

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Revoilà les Badfinger sur le blog. Après Magic Christian Music, après No Dice, après Badfinger, voici... Ass. Un titre d'album assez étrange ("cul") et une pochette d'album qui ne l'est pas moins : en plus de couleurs assez criardes, on y voit un âne observant une gigantesque carotte, dans le lointain, brandie devant lui. A l'intérieur, deux photos identiques d'un âne en train de braire (et l'air pas spécialement content). Badfinger, on le rappelle, était un groupe de rock britannique. Et les protégés, enfin plus ou moins, des Beatles, qui les avaient signés sur leur label Apple Records en 1970. Leur premier opus, Magic Christian Music, en grande partie la bande-son d'un film aujourd'hui (justement) oublié, contenait notamment le hit Come And Get It, composé par... Paul McCartney. Les Mauvais Doigts ont joué sur l'album Imagine de John Lennon, ont participé, en accompagnateurs, aux concerts donnés par George Harrison pour le Bangladesh... et ont sorti leurs propres albums, sur Apple, entre 1970 et 1974. Avant de partir, lassés par l'attitude de leur maison de disques (qui partait à vau-l'eau, en même temps), en 1974 aussi, et signer sur Warner, avec l'album Badfinger (et, ensuite, un autre album, en 1975, Wish You Were Here, sorti la même année qu'un album de Pink Floyd du même nom ; puis Pete Ham, guitariste, se suicidera, et dans les années 80, c'est Tommy 'Badfinger' Ham, le bassiste, qui fera de même). 1974 est l'année de sortie de l'album Badfinger, le premier sur Warner (très très bon album, mais bide commercial). C'est aussi l'année de sortie, juste avant (très peu de temps avant, en fait) de cet album au nom si rigolo, Ass. Qui sera le dernier opus de Badfinger sur Apple, et le dernier album, chronologiquement, qui est aujourd'hui facilement trouvable (les albums de la période Apple ont été réédités en 2010, pas les albums faits ensuite).

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La pochette dit tout sur ce que le groupe pensait d'Apple à l'époque : on nous a menés comme des ânes avec une carotte et un bâton. Ambiance. Un des membres du groupe, par la suite, dira que les titres des trois derniers albums du groupe sur Apple résumaient tout, mis bout à bout : No Dice, Straight Up (your) Ass. Soit : 'pas moyen, direct dans (ton) cul'. Bien vu. Bon, allez, musicalement, ce quatrième opus de Badfinger, le successeur du très réussi (et au fort succès commercial, leur plus grand) Straight Up, il vaut quoi ? Sincèrement, c'est du grand art. Disque plutôt court (dans les 35 minutes), Ass n'a de douteux que son titre vulgaire et sa pochette criarde et vache (malgré l'âne...désolé). Possédant en son sein le tout dernier single d'Apple en dehors de ceux des Beatles (qui, pour pas mal d'entre eux, comme Macca ou Harrison, n'étaient plus sur Apple en 1974, mais sur leurs propres labels (Harrison) ou sur Capitol (Macca), à savoir Apple Of My Eye au titre éloquent et à la beauté trouble, Ass offre une ribambelle de chansons vraiment remarquables, certaines très heavy. C'est un disque très rock. Icicles, Blind Owl, Constitution, Cowboy et, surtout, surtout, Timeless (monumental morceau final de plus de 7,30 minutes, une authentique tuerie dans le genre, quel final...) sont autant de chansons qui vous font vous dire que l'insuccès commercial dont fut victime cet album (car il sera un bide) est une injustice. Dire que très peu de temps après la sortie de cet album en sortira un autre, de Badfinger, qui marchera encore moins (et n'est pas moins bon que Ass), ça plus tout ce qui arrivera à Badfinger ensuite nous font vraiment dire que c'est un groupe maudit. Je ne vois aucune mauvaise chanson ici, aucune. Aucune ne me plaît moins que les autres ; mais Timeless, putain, je la classe n°1, carrément, pas seulement de l'album, mais du groupe. Devant Come And Get It, Apple Of My Eye ou Without You, cette merveille qui sera reprise par Mariah Connasse.

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Bref, Ass est un disque remarquable, sans doute pas un sommet absolu de rock mais un des meilleurs albums de Badfinger, groupe décidément et définitivement sous-estimé, et qui mérite amplement (ça tombe bien, leurs quatre premiers albums, jusqu'à celui-ci donc, ont été remarquablement bien réédités en 2010, le seul souci est le prix assez élevé, entre 16 et 22 €, qu'ils se trimbalent comme des casseroles au cul, et même remarque pour les albums des Beatles et de leurs carrières solo respectives) la (re)découverte. Si vous aimez le rock pur et dur, assez mélodique cependant (et ces voix !), et surtout le rock british et 70's, impossible de passer à côté. Oui, Ass est un disque qui troue le cul. On ne s'attend pas à une telle réussite (mais, là encore, je le redis : ce n'est pas non plus un sommet à la Exile On Main St. ou Physical Graffiti), pour tout dire, quand on regarde la pochette de l'album, qui fait sourire mais mérite bien le proverbe 'ne jugeons pas un livre sur sa couverture'. Excellent. Et Timeless, putain, Timeless...

FACE A

Apple Of My Eye

Get Away

Icicles

The Winner

Blind Owl

FACE B

Constitution

When I Say

Cowboy

I Can Love You

Timeless

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03 février 2014

"Clothes Of Sand"- Nick Drake

Remarquable chanson issue de Made To Love Magic!

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01 février 2014

"The Rose" - Bette Midler

Sublime chanson issue du film du même nom, qui retrace, quelque peu, et de manière officieuse, la vie de Janis Joplin : The Rose, interprétée par l'actrice principale du film, Bette Midler.

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28 janvier 2014

"The Final Frontier" - Iron Maiden

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 Quand Steve Harris (basse, leadership du groupe) annonça, un jour (dans les années 2000), qu'il envisageait, pour Iron Maiden, de faire 15 albums studio et puis s'en va, les fans se sont mis, subitement, à les recompter, ces albums studio. En 2006, Iron Maiden publiait son quatorzième opus studio, le remarquablissime A Matter Of Life And Death, et là, les fans ont du se dire (du moins, parmi ceux qui pensaient qu'Harris était sincère dans sa déclaration) OK, plus qu'un et Maiden cessera son activité, si l'on en croit son chef. Six ans plus tard, soit un laps de temps nettement plus long que d'ordinaire (même le laps de temps entre Fear Of The Dark, dernier opus avec le chanteur Bruce Dickinson - d'avant son retour en 1999, je veux dire - et The X Factor, premier des deux avec le chanteur l'ayant succédé, Blaze Bayley, ne fut pas si long, il ne fut même pas long, d'ailleurs, trois ans), le groupe sort son quinzième album studio. Et les fans de se dire putain, si ça se trouve, c'est le dernier, on vient de voir sortir le dernier album studio de Maiden, ça fait quelque chose. Direct, on avait envie de voir des tas de choses dans ce nouvel album, baptisé The Final Frontier et sorti en fin d'été 2010. Un chant de départ, un adieu du groupe à ses fans, un baroud d'honneur... Par la suite, plusieurs membres d'Iron Maiden affirmeront que, non, The Final Frontier ne sera pas le dernier Maiden, il y aura au moins un autre album (le "au moins" signifie que, qui sait, il y en aura peut-être plus d'un par la suite). Quand ce seizième album sortira ? Personne ne le sait, d'autant plus qu'à l'heure actuelle, janvier 2014, Maiden n'est pas rentré en studio (ou si c'est le cas, c'est dans le secret le plus total, rien n'a filtré ; mais comme à peu près tout filtre sur le Net, ça me semble improbable que Maiden soit actuellement en enregistrement).

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Bon, reparlons un peu de ce quinzième album, point final provisoire de la discographie studio du groupe. The Final Frontier est un disque, autant le dire, remarquable. Dès sa sortie, cet album sorti sous une pochette assez glauque et bien dans le style SF horrifique à la Alien m'a marqué. L'album est long, ce n'est pas un exploit, les précédents opus du groupe, depuis 2000 et Brave New World (plus The X Factor de 1995) l'étaient aussi, faisant tous entre 67 et 71 minutes. Mais avec ses 10 titres avoisinant pour la plupart les 7/8 minutes, The Final Frontier est le plus long, de loin, des opus studio de la bande à Harris et Dickinson, car il dure la bagatelle de 76 minutes. 3 ou 4 minutes de plus (soit même pas la durée du titre le plus court, The Alchemist, qui dure un peu plus de 4 minutes), et il était double ! Certains diront oui, mais Maiden aurait pu essayer de raccourcir un peu les chansons, le disque, faire plus sobre, bla bla bla, mais au final, le fait est là : le titre le moins bon de l'album se trouve justement être le plus court d'entre tous, et dans l'ensemble, les 76 minutes, quasiment 77, de l'album s'écoutent comme si l'album n'était qu'un single des 60's. La production est juste butante, et encore une fois, l'alchimie entre les trois guitares est totale, chacun est à sa place, à son moment de gloire, les duels guitaristiques et autres envolées sont bien présent(e)s et rien, si on excepte The Alchemist (et encore, j'ai l'impression d'être vraiment salopard avec cette chanson qui n'est pourtant pas mauvaise), n'est d'un niveau à faire baisser la note de l'album.

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Très progressif dans l'âme (le plus progressif depuis 1988 et Seventh Son Of A Seventh Son), The Final Frontier possède des ambiances spatiardes (le premier morceau, en deux parties, long de plus de 8 minutes, est à ce titre éloquent), une pochette spatiarde (Eddie reconverti en monstre alien se repaîssant d'astronautes malheureux) mais n'est pas un concept-album pour autant. Boosté par un single ultra efficace (El Dorado), l'album s'ouvre donc sur un morceau en deux temps, rien que son titre le prouve (sur le double live En Vivo ! sorti l'année suivante, ce morceau sera divisé en deux plages audio, pour le prouver encore plus) : Satellite 15...The Final Frontier. Tuerie absolue, ce morceau démarre de manière très psychédélique et sombre, guitares en pagaille, claviers sublimes, et la voix de Bruce qui surgit comme l'aigle noir de la fameuse chanson (ah ah ah), de nulle part. La voix est légèrement en écho, Dickinson semble comme en apesanteur... Au bout de 4 minutes, un riff répété de guitare, puis un court silence d'une seconde et, ensuite... BANG, la seconde partie démarre (du Maiden pur jus), et il est impossible de ne rien ressentir à ce moment-là. Un album qui démarre de la sorte, et qui, ensuite, passe à El Dorado, on se dit que c'est bon signe. Si Mother Of Mercy et son refrain un peu poussif vient légèrement (mais ultra légèrement, infiniment, en fait !) rabaisser le niveau en apparence (c'est quand même un sacré morceau), Coming Home, qui suit, nous met à genoux. Le refrain est beau à chier dans sa couche, ou à chialer dans sa bière, ou l'inverse, faisez comme vous le sentez, je ne suis pas sectaire, et c'est votre bière, après tout. The Alchemist arrive ensuite, la première partie de l'album se termine donc sur son morceau le moins bon, comme je l'ai dit plus haut.

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Oui mais voilà : Isle Of Avalon, qui déboule ensuite, remet à genoux, et inutile de vous relever, car les morceaux qui suivent sont du même acabit. Si Starblind peut sembler longuet au départ (ce n'est pourtant pas la plus longue !), elle assure au bout de quelques écoutes, et la triplette finale, The Talisman, The Man Who Would Be King (titre en allusion à une nouvelle de Rudyard Kipling qui sera adaptée au cinéma par John Huston en 1975) et When The Wild Wind Blows (cette dernière dure 11 minutes tout rond, la troisième chanson la plus longue du groupe derrière Rime Of The Ancient Mariner et Sign Of The Cross), chanson parlant du péril nucléaire et achevant le disque en beauté, la triplette finale, donc, est juste grandiose. Au final, The Final Frontier (qui marchera très bien, commercialement parlant, et récoltera, dans l'ensemble, de bonnes critiques) est une réussite de plus pour le groupe, sans doute le meilleur album de Maiden depuis un certain Seventh Son Of A Seventh Son en 1988. Pas meilleur que lui, mais au moins du même niveau, ce qui, déjà, est non négligeable. Pour fans d'Iron Maiden, ce disque que l'on espère un jour suivi d'un autre est à écouter absolument.

Satellite 15...The Final Frontier

El Dorado

Mother Of Mercy

Coming Home

The Alchemist

Isle Of Avalon

Starblind

The Talisman

The Man Who Would Be King

When The Wild Wind Blows

27 janvier 2014

"Train Of Thought" - Dream Theater

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Revoilà Dream Theater, groupe de metal progressif américain (fondé en 1989, toujours actif) sur le blog ! Pour la troisième fois, et pour le moment, pour la dernière fois. Après avoir abordé Images And Words (1992) et l'EP A Change Of Seasons (1995, un EP bien long, d'ailleurs : il dure quasiment une heure !), j'ai décidé, pour cette dernière (pour le moment, en tout cas, et en ce qui me concerne) chronique au sujet du groupe, d'aborder un album sorti en 2003. Un disque nettement plus metal et sombre que de coutume, et ça, j'ai envie de dire qu'on le sent rien qu'à regarder la pochette dudit album : elle est noire (en noir & blanc, en fait), on y voit une sortie de tunnel avec un oeil dans le sol, des arbres, des corbeaux... Ambiance black-metal ! Pourtant, ce n'est absolument pas un disque de black-metal, rien à voir. Mais Train Of Thought (tel est le nom de l'album) est un disque plus sombre et métallique que de coutume, on y trouve des ambiances progressives et des claviers, certes, mais moins que sur, par exemple, Images And Words (qui fait très Iron Maiden période Seventh Son Of A Seventh Son). Train Of Thought aussi fait très Iron Maiden, mais période The X Factor (1995), autrement dit, pour les connaisseurs en Maiden, la période la plus sombre et violente du groupe. Dream Theater est, sur ce disque, constitué de James LaBrie (chant), Mike Portnoy (batterie), John Petrucci (guitare, choeurs), John Myung (basse) et Jordan Rudess (claviers). L'album est produit par Portnoy et Petrucci, et contient 7 titres. Pour un total de 69 minutes ! C'est bien simple, 5 des 7 titres atteignent ou dépassent la dizaine de minutes... Mais le morceau le plus court (Vacant) n'en fait pas trois !

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Dire donc de Train Of Thought qu'il est facile à écouter est une connerie. Non, l'album n'est pas facile à écouter. La première fois qu'on le glisse dans le lecteur, on se dit qu'on va démarrer l'écoute par un morceau relativement court (7,45 minutes, une paille ! Il s'agit du remarquable As I Am, au fait, morceau qui démarre par le final (?!?! oui, vous avez bien lu) orchestral de l'album précédent, Six Degrees Of Inner Turbulence), et qu'ensuite, on va avoir droit à une enfoutrade de chansons de 10 à 11 minutes chacune (à noter que la deuxième chanson, This Dying Soul, offre les quatrième et cinquième parties d'une suite de morceaux que Dream Theater offre au compte-gouttes, d'album en album, ce qui explique ici les numérotations IV et V ; les parties I, II et III sont sur les précédents albums, et à ce jour, il y à 12 parties, les dernières sur l'album Black Clouds & Silver Linings de 2009), avec le court Vacant de 2,57 minutes en guise de petite pause (tuuuuu parles !) avant les 11 minutes et quelques de l'instrumental Stream Of Consciousness et le final In The Name Of God (grandiose, au fait) de 14 minutes et autant de secondes. Il faut s'accrocher. Mais l'album est vraiment réussi, et offre d'excellentes chansons, comme Honor Thy Father, qui parle, en des termes assez méchants, du beau-père de Portnoy. Ou comme Vacant, qui parle de l'accident survenu à la fille du chanteur, James LaBrie, qui a sombré dans un coma, peu de temps avant son septième anniversaire. Bien triste et belle chanson.

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Interprétation époutouflante (LaBrie est un excellent chanteur), production terrible, morceaux de qualité, Train Of Thought est probablement un des meilleurs albums de Dream Theater. On peut juste regretter sa durée vraiment gargantuesque (mais il y à plus long dans le groupe !), ou plutôt, le fait que l'album ne contienne que sept titres, ce qui, rapport à sa durée de presque 70 minutes, est vraiment trop peu. On se rend d'autant plus compte de la durée pharaonique d'un album quand il contient peu de titres plutôt que quand il en contient 15 ou 20. Mais au final, malgré sa durée et la durée de ses morceaux (certains passent quand même très bien, comme Endless Sacrifice ou This Dying Soul), et malgré son ambiance sombre qui le rend parfois difficile à écouter, cet album est une réussite dans le genre.

As I Am

This Dying Soul (IV : Reflections Of Reality (Revisited)/V : Release)

Endless Sacrifice

Honor Thy Father

Vacant

Stream Of Consciousness

In The Name Of God

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"A Matter Of Life And Death" - Iron Maiden

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Après un retour triomphal en 2000 (Brave New World), Iron Maiden a sorti, en 2003 (ils mettent définitivement plus de temps entre chaque album maintenant qu'autrefois...), son treizième album studio, Dance Of Death. En dépit d'une paire de chansons un peu anodines et d'une pochette proprement et salement dégueulasse (l'auteur lui-même l'a reniée !), l'album est une belle petite réussite, pas le sommet du groupe, mais il n'y à franchement pas de quoi en avoir honte. La tournée qui s'en suivra, et qui sera immortalisée par le double live Death On The Road (enregistré au cours d'un concert allemand, à Dortmund) en 2005, sera un succès. Désormais, Iron Maiden a réussi à totalement revenir au plus haut niveau, lui qui faisait clairement partie des valeurs sûres dans les années 80 avant de sombrer, au cours des années 90, après le départ de Bruce Dickinson, a réussi à faire oublier ce petit passage à vide (surtout de la part du public, qui, affectivement, s'était éloigné de Maiden durant l'ère Blaze Bayley, 1994/1999), et à revenir en force, et ce, en deux albums ! En mars 2006, et ce jusqu'en avril, le groupe, au line-up définitivement inchangé (Dickinson, Harris, Murray, Smith, Gers, McBrain) depuis 2000, enre à nouveau en studio, les studios Sarm West de Londres, où fut enregistré le précédent opus. Ce nouvel opus sortira en août 2006 et est produit par Steve Harris (basse) et Kevin Shirley, le troisième album produits par eux, d'affilée, la recette s'étant effectivement avérée gagnante. Sous une pochette assez morbide (ayant un petit problème phobique avec les squelettes, vous comprendrez que je ne suis pas particulièrement fan d'elle !) signée Tim Bradstreet et Grant Goleash, et représentant une scène de guerre avec des soldats squelettes partant au front, devant un char d'assaut avec l'emblème d'Eddie dessus (et avec ledit Eddie sur le char d'assaut, armé), l'album porte le même titre qu'un film fantastique : A Matter Of Life And Death (Une Question De Vie Et De Mort, film de 1946 avec David Niven) prenant place pendant la Seconde Guerre Mondiale.

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 Long de 72 minutes, A Matter Of Life And Death est un des disques les plus étendus d'Iron Maiden ; il ne contient, de plus, que 10 titres, et parmi eux, deux d'entre eux dépassent les 9 minutes (sans toutefois arriver aux 10 minutes), quatre autres en font plus que 7, et le plus court, Different World, fait 4 petites minutes, tout rikiki, pas vrai ? A sa sortie, l'album sera très bien accueilli par la presse spécialisée et les fans, qui, pour leur part, n'hésiteront pas longtemps, dans l'ensemble, avant de décerner à l'album la Palme du meilleur album studio de Maiden depuis Seventh Son Of A Seventh Son, quasiment 20 ans auparavant (1988) ! Il faut dire que cet album a de quoi plaire. Sa production est juste tuante, et à ce titre, il faut savoir que le disque n'a pas été mastérisé, afin de donner un son plus brut et live à l'ensemble. C'était une idée de Kevin Shirley, qui a convaincu Harris, et le résultat est à la hauteur. L'album a été très facile à enregistrer, en à peine deux mois, c'était plié, et pas mal des morceaux présents sur l'album sont des premières prises. On sent un enregistrement à la premier album de Led Zeppelin (qui a été enregistré en 36 heures, pas d'affilée, mais avec quasiment que des prises uniques) ! Quatrième album du groupe dont le titre n'est pas non plus celui d'une de ses chansons (avec Piece Of Mind et les deux de l'ère Bayley, The X Factor et Virtual XI), A Matter Of Life And Death sera la source d'une tournée mondiale assez étonnante : durant la première année de cette tournée, le groupe jouera l'intégralité de l'album live, avec quelques classiques en rappels. Cette idée sera assez moyennement appréciée des fans et de la presse, ils ont beau avoir aimé ou adoré l'album, ils viennent en concert pour entendre Maiden chanter Fear Of The Dark, The Number Of The Beast ou Run To The Hills, avec quelques une de leurs nouvelles chansons aussi, évidemment, mais surtout les classiques. Au bout de quelques mois, le groupe continuera sa tournée sur un mode plus classique (de nouvelles chansons et leurs classiques).

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Pourquoi cette idée de jouer tout le disque en live, et quasiment que ça ? A Matter Of Life And Death serait-il conceptuel ? On serait tenté de le croire, vu la pochette de l'album, le titre en allusion à un film se passant pendant une guerre (et ce n'est pas un 'petit' film, mais un vrai classique !), et aussi le titre de certaines chansons, qui semblent parler de la guerre : The Longest Day ("Le Jour le plus long"), Brighter Than A Thousand Suns ("Plus lumineux que mille soleils", allusion au feu nucléaire ?), The Legacy (qui semble parler de ce que parle le film d'Adrian Lyne L'Echelle De Jacob, qui tourne autour d'une histoire d'expérimentation scientifique sur des soldats pendant la guerre du Vietnam, grand film méconnu). On semble aussi voir poindre un autre thème, la religion, avec For The Greater Good Of God, notamment. Certes, on a deux thèmes qui semblent revenir sur le disque, mais dans l'ensemble, l'album est juste un album de Maiden, super bien foutu, mais pas un disque conceptuel comme l'était Seventh Son Of A Seventh Son. Boosté par un single remarquable (pochette du single ci-dessous), The Reincarnation Of Benjamin Breeg, 7,20 minutes de tuerie (à noter que les quatre derniers titres font 7,20, 9,25, 7,25 et 9,20 minutes ! Ils représentent la moitié de l'album !), l'album aligne de grandes chansons. Rien que Different World, qui ouvre le bal avec force, donne le ton. These Colours Don't Run, Brighter Than A Thousand Suns (quasiment 9 minutes), transforment totalement l'essai, The Longest Day (quasiment 8 minutes) assure à fond, et quant aux quatre dernières chansons, c'est ahurissant, des cavalcades soniques grandioses (The Legacy marque au fer rouge, une des meilleures conclusions d'album de Maiden).

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Pas de mauvaises chansons sur A Matter Of Life And Death, aucune, ce qui fait de ce quatorzième album un des plus solides et maîtrisés du groupe, et, oui, donc, un de leurs meilleurs, de leurs grands meilleurs. Peu avant la sortie du disque, Steve Harris fit une déclaration qui peinera un peu les fans (et les inquiétera, aussi), comme quoi Maiden ferait quinze album studio et puis s'arrêterait, Harris estimant que quinze disques, c'est pas mal. A Matter Of Life And Death est, comme je l'ai dit, le N°14 du lot, ce qui signifiait que l'album suivant serait le dernier (apparemment, Harris est, depuis la sortie du quinzième album, revenu sur sa déclaration, Maiden fera au moins encore un album). Avant-dernier album ou pas, ce disque de 2006 est, en tout cas, une claque, un chef d'oeuvre absolu, rempli de chansons grandioses (qui, hélas, ne se trouvent sur aucun album live officiel ; deux ans après, Maiden sortira un live, mais il ne proviendra pas de la tournée de l'album, et l'album live suivant aussi ne contiendra aucun extrait de cet album), et un fan d'Iron Maiden se doit, à tout prix, de l'écouter.

Different World
These Colours Don't Run
Brighter Than A Thousand Suns
The Pilgrim
The Longest Day
Out Of The Shadows
The Reincarnation Of Benjamin Breeg
For The Greater Good Of God
Lord Of Light
The Legacy

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