Rock Fever

20 septembre 2020

"Modern Blues" - The Waterboys

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Après avoir parlé d'un album assez à part dans la discographie du groupe (An Appointment With Mr. Yeats, sublime album reprenant des poèmes et autres textes de l'écrivain irlandais du début de la fin du XIXème et début du XXème siècle, W.B. Yeats, un des maîtres à penser, en littérature, de Mike Scott), place maintenant à un retour à la normale, si on peut dire. Le groupe avait mis quatre ans entre Book Of Lightning et leur album sur Yeats. Ils vont à nouveau mettre quatre ans entre le précédent album et ce nouvel opus, sorti donc en 2015, leur onzième cru studio : Modern Blues. Un album qui n'offre que peu de morceaux, 9 seulement, c'est celui qui en offre le moins en 30 ans, depuis This Is The Sea. Pour une durée de 51 minutes, donc les morceaux ne sont pas particulièrement courts non plus (le plus long dure 10 minutes, la majeure partie titille les 5 minutes, voire les dépasse un peu par la gauche). Sorti sous une belle pochette représentant un homme tout recouvert de feuillage et de mousse végétale dans un champ, Modern Blues marque un retour des Waterboys à des sonorités un peu rock après les incartades celtico/poético/folk de An Appointment With Mr. Yeats. L'album est sorti sur le label Harlequin And Clown, un petit label indépendant. Les précédents opus, tous depuis le retour, sont sortis à chaque fois sur des labels différents. Apparemment, les Waterboys soit aiment signer des contrats pour un seul disque, soit ont du mal à conserver un label !

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Modern Blues, qui on s'en doute n'affolera pas les foules à sa sortie (j'ai par ailleurs, hier, oublié de préciser que l'album sur Yeats, ben, n'a pas été un succès monumental non plus, loin de là, malgré son niveau), est un excellent album, qui se classera tout de même 2ème en Angleterre dans le UK Independent Album Charts. L'album récoltera cependant des avis partagés : certains estimeront que Mike Scott est en forme olympique, et sonne totalement revampé, en meilleure forme qu'auparavant, et donc que l'album est un des plus efficaces de son groupe. D'autres estimeront au contraire que quiconque ayant kiffé sa race sur This Is The Sea (1985) ou Fisherman's Blues (1988) ne pourra pas, sincèrement, ressentir la même chose avec cet album de 2015 qui sonne comme une copie un peu effacée de ces deux classiques du groupe. Je ne suis vraiment pas de cet avis, Modern Blues, sans être LE meilleur album du groupe, est une très belle réussite qui offre son lot de chansons à tomber par terre, comme l'ouverture Destinies Entwined, le sublime Beautiful Now, les 10 minutes de Long Strange Golden Road qui s'ouvrent sur un extrait d'une lecture du roman Sur La Route de Jack Kerouac par Kerouac lui-même, ou de The Girl Who Slept For Scotland.

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L'album offre, il est vrai, un I Can See Elvis qui fait un peu putassier par moments (ce n'est pas pop, non, mais c'est anodin, facile) et je ne suis pas super fan non plus de Nearest Thing To Hip, mais mis à part ça, la cinquantaine de minutes (une durée parfaite pour un album studio en CD) passe comme une lettre à la poste. Modern Blues est vraiment un très très bon album des Waterboys, un beau mélange entre rock et ambiances plus folk/celtiques, l'album fait penser à A Rock In The Weary Land (2000) par moments, et la voix de Mike Scott, en effet, sonne aussi jeune qu'autrefois, ce mec n'a pas bougé d'un iota en ce qui concerne son organe vocal. Bref, encore une fois un album recommandé, décidément les Waterboys, hormis un album un peu secondaire en 2003, ne loupent rien. L'album suivant ne mettra pas quatre ans à se faire, seulement deux, et ça sera un de leurs plus particuliers, un album vraiment qui détonnera dans leur discographie. Mais ça, j'en reparle demain, même heure !

Destinies Entwined

November Tale

Still A Freak

I Can See Elvis

The Girl Who Slept For Scotland

Rosalind (You Married The Wrong Guy)

Beautiful Now

Nearest Thing To Hip

Long Strange Golden Road

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19 septembre 2020

"Puressence" - Puressence

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Avec cet article prend fin (enfin, dirons certains) le cycle britpop, qui s'était un peu interrompu avant de revenir le temps de trois articles. Et alors que j'ai conçu ce cycle plus ou moins anarchiquement (j'aurais pu, et j'aurais sans doute dû, le faire en respectant l'ordre chronologique, alors qu'on y passait de 1994 à 1996 en passant par 1997 puis à nouveau 1994, etc), et que, concernant les trois derniers articles, publiés quelques jours après la (fausse) fin c'est pareil, je me rends compte que jai inconsciemment fait en sorte de finir par un disque aussi peu connu que franchement remarquable : celui-ci. Oui, je sais, ça tue  le suspense, mais j'y peux rien. D'ailleurs, j'espère y arriver, mais je ne suis pas certain que cet article sera aussi long que de coutume, enfin, on verra. Cet album, sorti en 1996, une année où la britpop comment sérieusement à se casser la gueule, est le premier album de Puressence, un groupe britannique formé à Manchester en 1992, s'étant séparé en 2013, ayant sorti six albums. Le groupe était constitué de James Mudriczki (chant), Neil McDonald (guitare), Kevin Matthews (basse) et Tony Szuminski (batterie, percussions). 

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Puressence a été fondé alors que les différents futurs membres se sont rencontrés dans un bus en allant voir les Stone Roses en concert à Spike Island. Subjugués par ce qu'ils ont vu, déjà fans de rock alternatif à la base, ils décident de faire un groupe et achètent des instruments selon leurs sensibilités (Matthews n'avait pas cessé de regarder le bassiste des Stone Roses, Gary Mournfield, durant tout le concert). Le problème ? Ils n'ont aucune expérience, sauf McDonald. Ils choisissent de s'appeler Puressence, et se font connaître en placardant des lettres de papier formant le nom du groupe, sur des vieux bâtiments de Manchester, des ponts, etc... Ils commencent à se produire sur de petites scènes, se font engager par un label indépendant local, sortent des singles, avant de se faire remarquer par Island Records, qui les signe en 1994 ou 1995. En 1996 sort Puressence, le premier album, 43 minutes (et 10 titres) de rock alternatif sous forte influence The Cure (le son de guitare, l'atmosphère de décrépitude, tout ça fait assez gothique) et Radiohead.  Personnellement, j'ai aussi pas mal pensé à Geneva (dont j'ai abordé les deux albums en début de cycle britpop), mais cette comparaison ne tient pas la route, enfin, pas totalement : Geneva ne sortira d'album qu'en 1997, un an après Puressence. Mais entre le chant, le style, je trouve qu'il y à des similitudes. 

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Groupe apparemment très connu en Grèce où ils ont fait des concerts bien plus remplis que dans leur propre pays, Puressence n'obtiendra jamais vraiment de succès, et aucun article Wikipedia ne concerne le moindre de leurs albums, et je parle du Wiki anglophone. Ce premier opus, que j'ai écouté avec circonspection (je ne sais pas pourquoi, mais la pochette et le peu que j'avais du sur le groupe, tout ça ne me disait rien que vaille ; c'est con, je sais), m'a en fait immédiatement emballé. C'est bien clair, c'est, parmi les albums du cycle, un de ceux pour lesquels ce fut le plus immédiat, avec les deux Geneva, les deux Mansun et le Auteurs. Je ne vais pas rentrer dans le détail parce qu'on approche de la ligne d'arrivée (et je suis finalement parvenu à une longueur respectable pour cet article, heureusement, parce que j'ai un peu de mal à parler de l'album tellement j'ai aimé), mais sachez qu'entre Near Distance, I Suppose (sorti en single dans une indifférence absolue), Fire et India, sans oublier Casting Lazy Shadows, tout l'album, qui alterne entre morceaux assez nerveux et passages plus calmes, est une petite merveille de rock alternatif imprégné de sonorités crépusculaires, gothiques. A l'image de son artwork, ces photos d'un bateau en sale état dans un hangar désaffecté, ces teintes glauques, ces taches de rouille, qui me font un peu penser à l'artwork du Doolittle des Pixies. Ce premier Puressence est un excellentissime album (je ne sais pas ce que valent les autres, et je ne m'en préoccupe pas, je ne compte pas les écouter), et quoi de mieux qu'un disque de cette trempe pour achever le cycle consacré à la britpop ? 

Near Distance

I Suppose

Mr Brown

Understanding

Fire

Traffic Jam In Memory Lane

Casting Lazy Shadows

You're Only Trying To Twist My Arms

Every House On Every Street

India

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"An Appointment With Mr. Yeats" - The Waterboys

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C'est à un des albums les plus particuliers des Waterboys qu'on a affaire aujourd'hui, si ce n'est le plus particulier. Leur précédent opus, Book Of Lightning, sorti en 2007, on l'a vu hier, était un excellent petit album, renfermant de très belles chansons, un disque qui ne paie pas de mine (durée assez rikiki - 45 minutes - et pochette hideuse qui ne donne pas envie) mais est, si on aime ce groupe, franchement recommandé malgré tout. Le groupe va par la suite faire patienter pendant quatre ans, quatre longues années (au cours desquelles ne sortira même pas un best-of pour faire patienter ; il y aura bien un disque constitué de démos au piano des morceaux de l'album This Is The Sea et d'inédits des sessions 1985, mais il sortira la même année que le nouvel album), avant de nous offrir leur dixième album studio. Et là, j'imagine la tête des fans en le découvrant. Certains ont certainement dû se dire pas étonnant de la part de Mike Scott, il fallait bien que tôt ou tard, il nous fasse un disque de ce genre. D'autres ont dû sourire en se disant ça promet du bon ! D'autres ont peut-être grimacé l'air de dire ça sera pas pour moi, ça. Et d'autres, enfin, se sont peut-être dit c'est qui ce Yeats ?

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Ce nouvel album, nettement plus long que de coutume (leur deuxième plus long à l'époque, mais il sera battu par la suite), d'une durée de 56 minutes, s'appelle An Appointment With Mr. Yeats. William Butler Yeats (se prononce Yaitss et pas Yitss, au passage) était un poète et écrivain irlandais né en 1865, mort en 1939, une des figures les plus importantes de la littérature anglo-saxonne et du 20ème siècle, et accessoirement, une des figures de proue des modèles en littérature de Mike Scott, qui en est un grand admirateur (le terme de 'fan', quand il s'agit d'un auteur tel que Yeats, semble quelque peu incongru et même vulgaire). Avec ce nouvel album, Scott et son groupe (mais on peut parier sans trop de soucis qu'en fait, c'est Scott seul qui a eu l'idée de ce disque, sur lequel les Waterboys sont accompagnateurs) ont adapté des poèmes et extraits de textes de Yeats, parfois remaniés pour qu'ils fassent plus chanson que poésie, mais tout en gardant leur sens, leur rythme. Ce ne sont pas des chansons écrites par Mike Scott en s'inspirant de l'oeuvre de Yeats, c'est du Yeats chanté. Un rendez-vous avec monsieur Yeats, comme le titre le dit. 14 morceaux d'une durée peu étendue, à deux-trois exceptions près, comme les 7 minutes et des poussières de September 1913, oeuvre colossale s'il en est. Mike Scott (qui, ici, joue d'une quantité industrielle d'instruments, guitares sèches et électriques, claviers, bouzouki, percussions à main) est parfois accompagné d'une chanteuse irlandaise, Katie Kim, qui apporte une touche en plus à l'album (une voix sublime).

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Les morceaux sont superbes, tous (The Hosting Of The Shee, A Full Moon In March, White Birds, The Faery's Last Song) et sont clairement du genre à apprécier regroupés sur l'album plutôt que séparément (traduction : il vaut mieux écouter l'album d'une traite, en entier, plutôt que d'en piocher un titre ou deux ou, pire, de le mettre en mod 'shuffle' et de l'écouter dans le désordre, hérésie s'il en est). On précisera une chose importante : il n'est pas nécessaire d'aimer la poésie, de Yeats ou en général, pour aimer ce disque. Je ne connais pas l'oeuvre de ce poète, je n'en ai pas moins adoré An Appointment With Mr. Yeats, c'est même sans doute un de mes petits préférés des Waterboys. Cet album sublime de rock celtique et poétique, qui possède une atmosphère irremplaçable, vous donnera peut-être envie de vous pencher sur l'oeuvre de W.B. Yeats, ou pas, ce n'est pas important car même si Scott a fait ce disque pour rendre hommage à une de ses idoles en littérature, et même s'il serait heureux d'apprendre qu'on a découvert Yeats par ce biais, l'essentiel est d'apprécier l'album pour ce qu'il est : une collection de belles chansons. Le tout, sous une très belle pochette, ce qui ne gâche rien (et évidemment, les paroles sont dans le livret, avec précision des sources du texte). Un excellent album, un peu à part dans leur discographie, que je recommande. 

The Hosting Of The Shee

Song Of Wandering Aengus

News For The Delphic Oracle

A Full Moon In March

Sweet Dancer

White Birds

The Lake Isle Of Innisfree

Mad As The Mist And Snow

Before The World Was Made

September 1913

An Irish Airman Foresees His Death

Politics

Let The Earth Bear Witness

The Faery's Last Song

18 septembre 2020

Mes 100 albums (à moi, que j'ai scrupuleusement sélectionnés) de l'île déserte de vlatipakchuiloin

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Après Clash et Leslie, c'est à mon tour de vous proposer ma liste des 100 albums que j'emporterai sur une île déserte ! Le choix fut difficile, beaucoup de vaillants soldats n'ont put atteindre la rive, mais c'est un top 100 (plus une petite surprise), alors il m'a fallu prendre des décisions.

 

 

 

Wee_small_hours_album_cover_high_definition "In the wee small hours"(1955)- Frank Sinatra

51CWbvlw3YL "Lady in satin"(1958)- Billie Holiday

81CP1j-zprL"A kind of blue"(1959)- Miles Davis

 

417CCWV47VL "Live at the harlem square club"(1963)- Sam Cooke

R-1516332-1473973027-5928 "Confidentiel"(1963)- Serge Gainsbourg 

51fYDPTMJqL "Olympia 64"(1964)- Jacques Brel

71FhAM9i1KL "Otis blue"(1965)- Otis Redding 

ob_2d408d_r-2904301-1306539392 "Ces gens là"(1965)- Jacques  Brel 

Revolver "Revolver"(1966)- The Beatles

51dygWLNFjL "Pet sounds"(1966)- The Beach Boys

71rqz3XEimL"Forever Changes"(1967)- Love 

81GsdUCxbaL "The velvet underground and Nico"(1967)- The Velvet Underground 

81uQe6pJ2ML "Strange days"((1967)- The Doors

61zWDjluWyL "Something else by the kinks"(1967)- The Kinks

 

téléchargement (1) "A saucerful of secrets"(1968) - Pink Floyd

81gdLBnBIQL "Dream letter- live 1968"(1968)- Tim Buckley

91YlTtiGi0L "Abbey Road"(1969)- The Beatles

 

71AFO3M71gL "Let it bleed" (1969)-  The Rolling Stones

51SUWsbmnHL "Led zeppelin"(1969)- Led Zeppelin 

Tim_Buckley_Blue_Afternoon_Cover "Blue afternoon "(1969)- Tim Buckley

51BHaH0Zc7L "In a silent way"(1969)- Miles Davis

519z4uw31eL "Five leaves left"(1969)- Nick Drake

102339767_o "Black sabbath"(1969)- Black Sabbath 

81uvFbhEoGL "Just another diamond day"(1970)- Vashti Bunyan

R-5076927-1397662384-5889 "Déjà vu"(1970)- Crosby, Stills, Nash & Young

téléchargement (1) "What's going on"(1971)- Marvin Gaye

41HRFur92QL "Live"(1971)- Donny Hathaway 

 

220px-Album_cover_james_ramey "The living legend: the baby huey story"- Baby Huey 

119462685 "Sticky fingers"(1971)- The Rolling Stones

81O496d9aTL "L.A. Woman "(1971)- The Doors 

51h-cJeHf0L "Led zeppelin IV"(1971)- Led Zeppelin 

téléchargement (2) "Histoire de melody nelson"(1971)- Serge 

téléchargement (3) "Hunky dory"(1972)- David Bowie

téléchargement (4) "Electric Warrior"(1972) - T- Rex

téléchargement (5) "Pink moon"(1972)- Nick Drake

51tsY+2a7fL "Innervisions"(1973)- Stevie Wonder 

téléchargement (6) "Raw power"(1973)- Iggy & The Stooges

téléchargement (7) "Berlin"(1973)- Lou Reed

51WlpjzBeFL "Radio city"(1974)- Big Star

Badfinger_(album) "Badfinger"(1974)- Badfinger 

téléchargement (1) "Neu ! '75"(1975)- Neu ! 40

téléchargement (2)  "Blood on the tracks"(1975)- Bob Dylan 

810CGm6+GbL "Wish you where here"(1975)- Pink Floyd 

61ux+G-CZwL "A night at the opera"(1975)- Queen

téléchargement (3) "Bbh75"(1975)- Jacques Higelin 

téléchargement (4) "Desire"(1976)- Bob Dylan 

téléchargement (5) "Station to station"(1976)- David Bowie 

71AWnlcLzLL "Coney island baby"(1976)- Lou Reed 

téléchargement (6) "Songs in the key of life"(1976)- Stevie Wonder

images (5)  "Alertez les bébés !"(1976)- Jacques Higelin 

téléchargement (7) "Low"(1977)- David Bowie 

téléchargement (8) "Pacific ocean blue"(1977)- Dennis Wilson 

713WEgA2YnL "The idiot"(1977)- Iggy Pop 

téléchargement (1) "Marquee moon"(1977)- Television

téléchargement (2) "Les marquises"(1978)- Jacques Brel

81W-03axABL "40 greatest hits"(1978)- Hank Williams 

81tzwUWl+CL "Pouvoir"(1979)- Bernard Lavilliers

812FS2R2v6L "Unknown Pleasures"(1979)- Joy Division 

téléchargement (3) "Setting sons"(1979)- The Jam

téléchargement (4) "Remain in lights"(1980)- The Talking Heads

61O2kpslH1L "Quiet life"(1980)- Japan

Closer "Closer"(1980)- Joy Division 

téléchargement (5) "Faith"(1980)- The Cure

41sD8CrvdTL "Empire and dance"(1980)- Simple Minds 

 

téléchargement (6)

"Play blessures"(1982)- Alain Bashung 

v600_THE_GUN_CLUB_MIAMI-486402 "Miami"(1982)- The Gun Club

téléchargement (7) "Power, corruption and lies"(1983)- New Order

téléchargement (8) "Alambic/ sortie sud"(1984)- Hubert Félix Thiefaine

téléchargement (1) "Treasure"(1984)- Cocteau Twins

220px-MeatMurder "Meat is murder"(1985)- The Smiths

téléchargement (2) "The colour of spring"(1986)- Talk Talk 

téléchargement (3) "The queen is dead"(1986)- The Smiths

61aKTcTZdML "Secrets of the beehive"(1987)- David Sylvian

téléchargement (4) "Technique"(1989)- New Order 

téléchargement (5) "The complete recordings"(1990)- Robert Johnson 

téléchargement (6) "Regards affligés..."(1990)- Pigalle 

téléchargement (11) "Paris ailleurs"(1991)- Etienne Daho 

téléchargement (7) "Caché derrière"(1992)- Laurent Voulzy

téléchargement (8) "Samedi soir sur la terre"(1994)- Francis Cabrel 

51TyEJaiRiL "Different class"(1995)- Pulp

téléchargement (9) "Above"(1995)- Mad Season

images (5) "Alice in chains"(1995)- Alice In Chains 

813P6QkoCeL "Soup"(1995)- Blind Melon 

Elliott_Smith_(album) "Elliott smith"(1995)- Elliott Smith 

téléchargement (10) "Unplugged"(1996)- Alice In Chains 

51eR+4wbINL "En passant"(1997)- Jean- Jacques Goldman 

téléchargement (12) "Either/ Or"(1997)- Elliott Smith

téléchargement (13) "Fantaisie militaire"(1998)- Alain Bashung 

Nickel_Creek-Nickel_Creek "Nickel creek"(2000)- Nickel Creek

cover_39501812112009

"Everything and nothing"(2000)- David Sylvian

61kIFtZSaqL "American IV: the man comes around"(2002)- Johnny Cash

61xgks6yHZL "Up the bracket"(2002)- The Libertines 

images (5) "Why should the fire die?"(2005) - Nickel creek

71KKOvruPJL "Bleu pétrole"(2008)- Alain Bashung

RichardHawleyTruelovesGutter "Truelove's gutter"(2009)- Richard Hawley 

810GnasrfjL "El camino"(2011)- The Black Keys

téléchargement (1) "DSU"(2014)- Alex G

téléchargement (3) "Carrie & Lowell"(2015)- Sufjan Stevens

téléchargement (2) "Beach Music"(2015)- Alex G

téléchargement "Blackstar"(2016)- David Bowie

 

BONUS:

Triple-best-of "triple best of"- Sylvie Vartan: Ben oui, c'est pas parce qu'on est sur une île déserte avec nos albums préférés qu'il faut délaisser l'activité physique et son sens de l'humour ! Grâce à cette compilation vous pourrez jouer au frisbee, jongler avec les trois Cds voir carrément écouter les chansons s'il vous prend des envies masochistes (je juge pas, chacun nson délire). Malin le buckley !

 

 

 

 

 

 

 

Bulletin d'absence

OIP

Ce petit message rapide pour vous dire que si vous ne me "voyez" pas sur le blog pendant quelques jours, c'est normal : à partir de demain, et ce jusqu'au 28 septembre inclus, soit une bonne semaine, je suis en vacances, et je n'aurai pas le temps et surtout la possibilité de venir aussi souvent que normalement. 

Il y aura évidemment des articles publiés chaque jour, au minimum deux, comme d'habitude, ceux-ci sont programmés depuis belle lurette. J'essaierai de venir une fois par jour, rapidement, pour répondre à des commentaires (comme je n'aurai que la connexion internet, en forfait, de mon smartphone, ça sera limité, pour ne pas que j'explose mon forfait), mais dans l'ensemble, ça sera "semaine sans ClashDo" sur Rock Fever.

Bref, je vous dis donc à bientôt ! Keep on rocking !

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"Magic And Loss" - Lou Reed

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C'est parti pour un petit peu de Lou Reed inédit (sur le blog) ! Et as avec n'importe quel album. Après tout, j'aurais pu décider d'aborder le premier opus, éponyme, de 1972 (qui, franchement, n'est pas super génial), mais c'est avec ce que je n'hésite pas à qualifier de chef d'oeuvre que je vais lancer ce mini-cycle (trois articles, trois albums, tous inédits ici). Mais avant de parler de cet album, petit flash-back...Lou Reed sort, en 1979, le superbe (et dans l'ensemble un peu sous-estimé) The Bells. Personne ne pourra alors se douter, et surtout pas Lou lui-même, que cet album serait son dernier hautement recommandable pour une période de 10 ans. Après The Bells (un disque sous forte influence jazz/expérimental sur lequel joue Don Cherry), Lou vaa en effet plonger. Il sort Growing Up In Public en 1980, désastreux. Il revient chez RCA (il était passé chez Arista en 1976) avec un correct The Blue Mask à la pochette paresseuse (Transformer en bleu), puis sort Legendary Hearts, franchement pas terrible, suivi d'un Live In Italy assez calamiteux (comme son état à l'époque, bonjour la bibine). New Sensations ne relève guère le niveau, Mistrial, en 1986, l'enfonce encore plus, déplorable. A ce moment précis, il n'y à guère plus trop de raisons de continuer à espérer en Lou Reed, mais voilà-t-y pas qu'en 1989 il sort, sur le label Sire (il a encore une fois changé de label), New York, disque conceptuel, album pour les oreilles (dixit les notes de pochette signées Lou lui-même), livre à écouter, 56 minutes sensationnelles (et non pas 58 comme indiqué dans les notes de pochette), rock et enivrantes, un de ses sommets, et son meilleur, donc, en 10 ans, année pour année. Lou, ensuite, bien revampé, sort Songs For Drella, fait avec John Cale, disque en hommage à leur ami/mentor Andy Warhol (surnommé Drella, contraction de Dracula et Cinderella), qui est super bon. Puis, en 1992, il sort cet album, Magic And Loss

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Disque conceptuel aussi (il suffit de regarder le tracklisting, chacun des 14 morceaux - pour 58 minutes - possède un titre et un sous-titre), Magic And Loss, qui sera un beau succès commercial et critique, aborde la mort et le deuil. Lou pleure, ici, la mort d'un de ses amis, Doc Pomus, auteur/compositeur (qui fit une sacrée paire de paroliers/compositeurs avec Mort Shuman, ils étaient aussi souvent associés que Leiber & Stoller, Berns & Ragovoy ou Lennon & McCartney). L'album est aussi crédité à une certaine Rita, sans doute un transsexuel de la Factory de Warhol. Il est, comme ce fut le cas de New York, coproduit par Lou Reed et Mike Rathke (guitares tous deux). Comme je l'ai dit plus haut, Magic And Loss est un chef d'oeuvre, je n'ai pas peur de le dire. C'est un album qui, malgré sa durée (ce n'est cependant pas le plus long de ses albums ; les deux suivants que j'aborderai sont bien plus longs), est juste parfait, un savant mélange entre rock et quelques petites expérimentations (et encore). Chose excellente et au final très rare, les paroles, présentes dans l'épais livret, sont proposées aussi, dans le même livret, traduit en diverses langues : allemand, italien, espagnol...et français ! Il n'y à donc aucune excuse, ici, pour dire des trucs du style ah mais je ne savais pas que cet album était conceptuel et parlait de la perte d'un être cher et du deuil, je ne pige pas l'anglais, moi. La traduction, signée François Gorin, est, de plus, de qualité, ce qui n'est pas toujours le cas.

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L'album s'ouvre sur une minute instrumentale assez rock, Dorita, et ensuite offre de pures merveilles, comme What's Good (qui sera utilisée dans le film Jusqu'Au Bout Du Monde, sorti en 1991, de Wim Wenders), dans lequel Lou nous explique que la vie est belle, même si elle n'est pas juste ; on citera aussi l'époustouflant morceau-titre qui achève le disque, le sensationnel Magician au parfun folk/jazz de toute beauté, le grandiose Power And Glory (qui bénéficie d'une reprise en fin d'album), le tragique et incroyable doublé Goodbye Mass/Cremation, Dreamin'... En forme absolue, le Lou nous offre ici un album très accessible (comme New York), recherché mais pas prise de tête, un excellent album de rock magnifiquement produit et écrit, une belle ode à un de ses amis disparus qui, on s'en doute, lui manquait cruellement. De même que, depuis 2013, il nous manque, à nous aussi, cruellement. Même si certains de ses albums suivants sont franchement pas mal, Magic And Loss est, pour moi son ultime monument, un des albums les plus recommandés et essentiels de la discographie louridienne (laquelle, entre Transformer, The Bells, New York, Coney Island Baby, Street Hassle, Rock'n'Roll Animal/Lou Reed Live et évidemment Berlin, en contient pas mal, des chefs d'oeuvres). Grandiose !

FACE A

Dorita - The Spirit

What's Good - The Thesis

Power And glory - The Situation

Magician - Internally

Sword Of Damocles - Externally

Goodbye Mass - In A Chapel Bodily Termination

Cremation - Ashes To Ashes

Dreamin' - Escape

FACE B

No Chance - Regret

Warrior King - Revenge

Harry's Circumcision - Reverie Gone Astray

Gassed And Stoked - Loss

Power And Glory Part II - Magic. Transformation

Magic And Loss - The Summation

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"Book Of Lightning" - The Waterboys

TW19

Et on continue notre voyage au pays des Waterboys ! Bon on avait laissé les Garçons d'Eau en 2003 avec un Universal Hall plutôt décevant (malgré quand même une ou deux bonnes chansons dessus), un album un peu trop christique (enregistré qui plus est dans la salle de spectacles d'une communauté spirituelle new-age située en Ecosse). Deux ans plus tard, on est en 2005, et le groupe publie son premier live officiel, Karma To Burn, lequel offre de très grands moments, mais est assez frustrant, 75 petites minutes ua compteur (un seul disque, je parle du format CD). Mais c'est tout de même un live sympa et intéressant. Encore deux ans plus tard, le groupe de Mike Scott et Steve Wickham publie son nouvel album, leur neuvième album studio. On est donc en 2007. Qu'un groupe tel que les Waterboys existe  encore en 2007 a quelque chose de miraculeux (et dire qu'ils existent encore et toujours en 2020, c'est encore mieux). Ce qui est moins miraculeux, c'est la pochette de leur album : bandes colorées jaunes et blanches, lettrage de cartoon, nuages mauves, balançoire suspendue à une lettre, cette pochette assez criarde fait, je ne sais pas comment l'expliquer, plutôt cheap, presque nanar. On voit une pareille pochette, on n'a pas envie d'écouter le disque, en tout cas, c'est ce que j'ai ressenti. Mais, fan du groupe, il me fallait bien l'écouter, cet album, non ? Album qui s'appelle Book Of Lightning

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Donc je me le suis écouté, cet album, et le voici abordé. Vous vous en êtes peut-être rendu compte d'entrée de jeu en allant vérifier dans quelle catégorie il était classé, mais il n'est pas dans les ratages (à ce jour, aucun album du groupe, même le fadasse Universal Hall, n'y est, et j'espère bien que ça va durer), ce qui semble vouloir nous dire chose, concernant ma remarque sur la pochette : ne jugeons pas un livre sur sa couverture. OK, la pochette de Book Of Lightning est infâme, une des pires de la discographie du groupe, voire la pire. Musicalement, en revanche, ce disque peu étendu (45 minutes, 10 titres), classé en rock parce qu'il ne s'agit pas d'un disque de folk/rock celtique comme l'étaient Fisherman's Blues ou Room To Roam (ou Universal Hall, d'ailleurs, dans un sens), n'est vraiment pas mauvais du tout. C'est même, pour tout dire, un excellent album. Pas un chef d'oeuvre absolu, pas le meilleur album du groupe, je pense, à ce stade du cycle (pas loin de la fin : après ce disque, il en reste cinq à aborder), que le sommet du groupe est Fisherman's Blues (1988). Mais franchement, un album comme ce cru de 2007 donne vraiment envie de continuer à croire aux Waterboys. Dans la lignée, parfois, de Dream Harder et A Rock In The Weary Land, c'est un album solide, qui a été enregistré essentiellement à Londres, hormis un morceau (Sustain) enregistré à Vancouver avec les musiciens d'un groupe de rock indépendant local, Great Aunt Ida. 

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L'album aligne 10 morceaux globalement peu étendus (sauf She Tried To Hold Me et Everybody Takes A Tumble, longs de 7 minutes chacun, deux remarquables morceaux, surtout le second, considéré comme la meilleure chanson du groupe depuis The Whole Of The Moon), et s'ouvre en fanfare sur The Crash Of Angel Wings et Love Will Shoot You Down. Il s'achève en beauté et en douceur avec les 3 petites minutes acoustiques de The Man With The Wind At His Heels et entre temps, nous offre autant de petites pépites telles que It's Gonna Rain ou You In The Sky. Les 45 minutes passent comme si l'album entier était un single des Ramones, à une vitesse éclatante. Après un album aussi décevant que Universal Hall, c'est peu dire que ça fait du bien de retrouver Mike Scott (qui a signé à lui seul 7 des 10 titres et est crédité en co-auteur pour les autres) et ses potes en aussi bonne forme. En espérant que ça se prolonge... Mais pour en savoir plus sur l'album suivant, qui sera d'un genre assez particulier, prière d'attendre demain, même heure !!

The Crash Of Angel Wings

Love Wil Shoot You Down

Nobody's Baby Anymore

Strange Arrangement

She Tried To Hold Me

It's Gonna Rain

Sustain

You In The Sky

Everybody Takes A Tumble

The Man With The Wind At His Heels

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17 septembre 2020

"Altamont 69" - Joel Selvin

9782743639952

Pour ce nouveau Music Books, un livre qui fera sûrement dire à quelqu'un qui n'aime pas le rock : voyez bien, quand je dis que c'est une musique de sauvages, faite par des sauvages et pour des sauvages. Le visionnage du film documentaire Gimme Shelter des frangin Mayles aussi apportera ce genre de commentaires, mais comparé à ce livre, le film, sorti en 1970, est, comment dire, gentillet. 

Altamont, logiquement, ça devrait parler, ne serait-ce qu'un peu, à un fan de rock. Ce livre écrit en 2016 par le journaliste américain Joel Selvin (un critique musical du San Francisco Chronicle, il a aussi écrit pour Rolling Stone, Billboard, le Melody Maker...), traduit en France et publié chez Rivages Rouge, s'appelle justement Altamont 69. Comme à son habitude, Rivages Rouge a rajouté un sous-titre bien long, qui bouffe la moitié de la couverture : Les Rolling Stones, Les Hells' Angels et la fin d'un rêve. En 300 petites pages découpées en trois parties et en 26 chapitres, Altamont 69 est un récit écrit un peu à la manière d'un reportage judiciaire, on pense au De Sang-Froid de Truman Capote (qui raconte, dans un style très journalistique et réaliste, un sordide fait divers authentique). 

En 1969, les Rolling Stones, qui viennent alors de se séparer de Brian Jones (l'action démarre quelques mois après le renvoi, bientôt suivi de sa mort par noyade accidentelle, du blond guitariste incontrôlable et camé), et ont engagé pour le remplacer le jeune Mick Taylor, sont dans une situation financière assez déplorable, presque ruinés (le gérant de leur catalogue, Allen Klein, les a quelque peu arnaqués et ils vont se débarrasser de lui dans la foulée). Ils ont besoin de rentrée d'argent en masse pour se refaire.Ils font, en novembre, une tournée de 18 dates aux USA afin de se refaire.  Par l'intermédiaire du manager du Grateful Dead, Rock Scully, ils vont, coinjointement avec ce groupe de rock californien alors en pleine période psychédélique, organiser un festival rock, un gigantesque concert dans la veine de Woodstock, auquel ils n'ont pas participé - mais le Dead, si, et ils y furent déplorables. Ce concert aurait lieu dans le Golden Gate Park, à San Francisco, serait gratuit, il serait filmé, le film sortirait en salles, et assoierait définitivement la réputation de plus grand groupe de rock au monde des Stones (surtout que les Beatles sont pour ainsi dire séparés, pas officiellement, pas encore, mais disons que plus personne n'est dupe). 

Mais tout va partir en couilles de taureau confite au vin rouge. D'abord, les lieux pour le concert sont refusés par les autorités. Le groupe et leurs managers et officiels vont chercher un autre endroit. On propose le circuit automobile de Sears Point, dans le comté de Sonoma (Californie), c'est un endroit idéal, le propriétaire le propose gratuitement à la condition que ça soit fait dans les règles (assurance, permis, etc) et que les bénéfices aillent au profit d'associations venant en aide aux orphelins du Vietnam. Jagger refuse, il veut toucher les bénéfices du ou des futur(s) film(s), il fait ça essentiellement pour le pognon. Comme Bill Graham, fameux promoteur de concerts américain, le disait : ce n'est pas une question de pognon. C'est une question de pognon

Bref, on doit encore une fois trouver un autre endroit, et c'est moins de 2 jours avant le début du festival (annoncé, déjà, dans la presse, à Sears Point !) que le nouveau lieu, le définitif, est choisi : un circuit de stock-cars à Altamont (Californie), proposé gratuitement par son propriétaire. Tout est installé à la hâte. Le festival d'une journée a lieu le 6 décembre. Dans un bordel généralisé, tout se met à peu près en place, les gens commencent à arriver. La meilleure mauvaise idée de la décennie est prise : les Hells' Angels locaux (dirigés notamment par Ralph "Sonny" Barger, figure de proue de ces motards) vont assurer la sécurité. Ils vont prendre leur rôle tellement au sérieux que la situation, aggravée par la drogue (ils ne carburaient pas au thé vert et à l'eau minérale, ces bikers, et des dealers vendaient ou distribuaient gratos de l'acide très violent et de mauvaise qualité, qui entraînera moult bad trips dans la foule), va dégénérer rapidement. 

Quand le premier groupe à se produire, Santana, joue, un mec totalement déchiré, à poil, dansant devant la scène, est littéralement maravé par les bikers. Des gens se font taper parce qu'ils ont légèrement soufflé sur la moto d'un des motards. Or quand un Hells' Angel se fait prendre à partie, c'est toute la troupe qui, comme un seul homme, réagit...contre une seule personne, généralement, qui n'a aucune chance. Jefferson Airplane chante ensuite, dans un chaos total : leur chanteur Marty Balin se fait frapper violemment par un biker. Quand celui-ci, ensuite, vient s'excuser de son geste, mais sans vraiment s'excuser (il lui dit tu comprends, on ne dit pas 'fuck you !' à un Hells' Angel, pas possible, je me devais de réagir), Balin lui répond va te faire foutre ! une seconde fois et se fait assommer une seconde fois ! Si The Flying Burrito Brothers, le groupe de country-rock de Gram Parsons (pote de Keith Richards), joue à peu près dans une ambiance correcte, ce n'est pas le cas de Crosby, Stills, Nash & Young. Stills se fait poinçonner la jambe par une tige de métal, de la part d'un biker défoncé se tenant au bord de la scène, quand il (Stills) s'approche un peu trop près du bord pour chanter, et finira la jambe en sang. 

Le Grateful Dead devait jouer au cours du concert, qu'il a en partie organisé (ce détail est souvent passé à l'as, surtout que dans le film, on ne voit quasiment pas le groupe), mais décidera de ne pas se produire, devant la montée de violence. Les Stones, eux, vont se produire. De l'avis général, ils donnent un de leurs meilleurs concerts, offrant notamment, pour la toute première fois, Brown Sugar. Mais dès le départ, ils sentent bien qu'il va se passer quelque chose de pas normal. Le concert est émaillé de tentatives, de Jagger et Richards (surtout Jagger, d'une voix de moins en moins stable), d'apaisement. Le groupe est obligé d'arrêter Sympathy For The Devil (morceau plein de tension) pour jouer quelques blues sans danger pour calmer le jeu. Ils commencent Under My Thumb, morceau peu violent. Pendant ce morceau, un spectateur noir de 18 ou 19 ans, Meredith  'Murdock' Hunter, un petit caïd, sort un flingue, et se fait agresser par un Hells' Angel, Alan Passaro, qui le plante à plusieurs reprises, le frappe, le tue. Le tout est à peu près filmé. Le groupe voit ce qui s'est passé, n'ose sans doute pas imaginer qu'il a vu ce qu'il a vu. Ils vont jouer leur concert en entier, puis quittent la scène, fin du festival, évacuation dans le chaos des spectateurs...

Quand Mick Jagger et Charlie Watts (batteur) voient les images, étant filmés à ce moment-là pour que cette séquence de cinéma-vérité finisse dans le film, ils sont blêmes, hagards, silencieux. Le groupe va réussir à ne pas trop mal s'en sortir (aucun souci judiciaire, réputation non entachée), mais ça restera à vie, certainement, dans leur inconscient, comme un naufrage. La fin d'une époque, la fin du flower power, qui se fracasse, 1969, entre les meurtres de la "Famille" de Manson et Altamont, restera l'année de la fin d'une ère. L'assassin de Hunter, Passaro, sera jugé non-coupable (légitime défense) en vue des images, Hunter était armé. Personne ne sait ce qu'il comptait faire avec ce flingue ; tuer un Stones ? Tuer quelqu'un au pif ? Juste frimer ? Peut-être que le groupe l'a échappé belle, mais en attendant, la victime (une des victimes, en fait : il y à eu en fait 4 morts, dont deux teens fauchés par une voiture conduite par un mec apparemment totalement déchireman), c'est Hunter. 

Le manager du Dead ne l'a plus été ensuite. Altamont a été déclaré lieu interdit pour tout concert, quel qu'il soit. Bill Graham s'en est publiquement pris à Jagger, l'accusant de tous les maux (de quel droit, Monsieur Jagger, venez-vous dans mon pays, bla bla bla...). Crosby, Stills, Nash & Young n'ont plus jamais accepté de participer à un festival rock. Le Jefferson Airplane a eu bien du mal à remonter la pente. Le Dead est passé à la vitesse country-folk. 

Le livre, agrémenté de quelques témoignages de ci de là (membres du Jefferson Airplane, journalistes, etc), est certes court, mais passionnant, il se lit facilement, et on en sort consterné de voir à quel point, pour une simple histoire de pognon (Jagger aurai pu choisir un endroit mieux adapté pour le concert, mais il aurait dû céder ses bénéfices, ah non alors), , tout a dégénéré aussi vite et aussi violemment. C'est terrifiant. Plus que le film des frères Mayles, tourné sur place, sorti en 1970 (il a servi pour le procès de Passaro) et qui, s'il montre bien une situation s'aggravant d'heure en heure (Santana et CSN&Y refuseront catégoriquement d'y apparaître, et de faire le moindre commentaire, par la suite, sur Altamont), qui montre notamment, vaguement, le tabassage de Balin (on le voit sortir de scène et se faire entourer par des bikers agités) et évidemment, la mort de Hunter. Mais le film, excellent au demeurant, est une version atténuée d'Altamont.

Le livre raconte tout. Froidement. Et c'est vraiment effrayant. 

"Absolutely Live" - Rod Stewart

RS1

Rod The Mod ize baque ine ze blog ! On en avait pas mal parlé sur le blog en janvier et février dernier. En janvier, MaxRSS avait propose de remarquables chroniques pour Gasoline Alley et Never A Dull Moment, et j'avais offert la compilation Sing It Again Rod et Smiler. Et en février, j'avais abordé ses trois premiers albums américains, Atlantic Crossing, A Night On The Town et Foot Loose & Fancy Free, et j'avais, il me semble, dit en fin de chronique pour ce dernier album que ça serait peut-être la fin des chroniques de  Rod Stewart sur le blog. Parce que je ne me sens pas trop d'aborder des albums comme Foolish Behaviour, Blondes Have More Fun ou le plus récent (années 2000) Human. Et voilà donc que sept mois plus tard (un par Nain de Blanche-Neige, un par jour de la semaine, un par péché capital, un par roman de la série Harry Potter, un par...oui, bon, ça suffit), je réaborde Rod Stewart sur le blog. J'aurais pu faire une nouvelle chronique pour Every Picture Tells A Story, mais c'est à un album qui n'avait pas encore été abordé que je m'attaque. En l'occurrence, à un live, le premier live officiel de la discographie solo de Rod Stewart, mais, sinon, le deuxième live officiel de sa carrière complète. En effet, en 1974, un live, assez court (un peu moins de 50 minutes, et donc, simple), Coast To Coast : Overture And Beginners, sortira, mais il s'agit à la fois d'un live de Rod et d'un live de son groupe d'alors (qui se sépare peu après), les Faces. Il y à des chansons solo de Rod, et des chansons de son groupe. 

RS2

Le live qui nous intéresse ici est non seulement double, mais aussi entièrement de Rod en solo. Les Faces se sont arrêtés en 1974. Rod, qui avait démarré sa carrière solo en 1969, la poursuit de plain-pied, Ro nWood entre chez les Stones  et y est toujours...Rod va enchaîner, à partir de 1975, des albums qui vont cartonner, remplis de tubes. Même si, à partir de 1978 et Blondes Have More Fun, il plonge dans la putasserie pop/disco infâme : Da Ya Think I'm Sexy ?. Foolish Behaviour en 1980 (avec Passion), Tonight I'm Yours en 1981 (avec le morceau-titre)...et on arrive à 1982 et ce live, Absolutely Live. C'est le deuxième live de l'histoire (après celui des Doors en 1970) à s'appeler ainsi, et en 1992, il y aura aussi celui de Toto, et à chaque fois, c'est le premier live du groupe ou artiste concerné. Long de 84 minutes en vinyle, il ne dure plus que 76 en CD (du moins, dans l'édition que je possède, mais je ne crois pas que les rééditions les plus récentes soient plus longues), car deux morceaux, indiqués dans le tracklisting avec une astérisque (et périls), manquent à l'appel : The Great Pretender (reprise des Platters) et Guess I'll Always Love You. On peut regretter ce charcutage fait uniquement (et c'est clairement indiqué au dos du boîtier CD, pas de honte de la part de Warner) pour que tout tienne sur un CD, ce n'est pas un cas isolé, même chez nous ça a été fait (le live Traces de Goldman notamment). Si vous voulez la totale, prenez le vinyle, qui ne doit pas coûter une blinde, ce n'est pas un live rarissime. Sinon, sachez que tel qu'il est en CD, avec seulement 17 titres au lieu de 19 (16 au lieu de 18 en fait, car l'intro de l'album, The Stripper, ne dure que 10 secondes...), Absolutely Live est très bien, ces deux morceaux manquants ne sont pas les meilleurs, et ne manquent pas cruellement.

RS3

Musicalement, Rod est en pleine période assez calamiteuse (l'année suivante, il sort Body Wishes, sous pochette reprise à Elvis, et avec le hit Baby Jane, absent donc ici), mais est en forme, et ses musiciens (parmi lesquels le guitariste Robin LeMesurier, qui a fait partie, depuis les années 90, de la bande à Johnny Hallyday en live) aussi. La production, qu'il signe seule, est correcte, ce live sonne un peu moyennement parce que datant de 1982, le CD n'a pas été remastérisé (et ne le sera sans doute jamais, ce n'est probablement pas une priorité pour Warner, ainsi que pour Rod), mais ce live sonne bien, c'est juste si on le compare avec les canons actuels qu'il peut sembler un peu faible. La setlist offre les tubes de Rod : Maggie May, Gasoline Alley (version courte et sublime), Tonight I'm Yours, Sailing, Passion, I Don't Want To Talk About It, Hot Legs, Sweet Little Rock'n'Roller, Tonight's The Night (Gonna Be Alright), You're In My Heart (The Final Acclaim), Da Ya Think I'm Sexy ? et Young Turks. Que l'on aime ou pas certaines des chansons ici (j'avoue que Passion est un eu un plaisir coupable pour moi), impossible de nier le fait que l'énergie de Rod survole tout Absolutely Live, sur lequel on trouve aussi des moments de tension bluesy (Little Queenie, Tear It Up), et qui s'achève sur un Stay With Me des Faces sur lequel participent, en choristes invitées, Kim Carnes et Tina Turner. On regrettera l'absence de morceaux tels que The Killing Of Georgie, Lost Paraguayos, Twisting The Night Away, The First Cut Is The Deepest ou I Was Only Joking. On ne pouvait pas tout mettre à l'époque (si tant est que ces morceaux furent joués live en 1982), et déjà, le CD en retire deux par rapport au vinyle, donc imaginez le résultat... Mais bon, tel qu'il est, sans que ça soit un live dantesque, Absolutely Live est tout de même très sympathique et intéressant. Da Ya Think I'm Sexy ? sonne bien mieux ici qu'en studio, moins discoïde, moins putassier. Le morceau n'en est pas transformé en chef d'oeuvre, n'exagérons rien, mais c'est plus écoutable ainsi !

FACE A

The Stripper

Tonight I'm Yours

Sweet Little Rock'n'Roller

Hot Legs

Tonight's The Night (Gonna Be Alright)

The Great Pretender*

FACE B

Passion

She Won't Dance With Me/Little Queenie

You're In My Heart (The Final Acclaim)

Rock My Plimsoul

FACE C

Young Turks

Guess I'll Always Love You*

Gasoline Alley

Maggie May

Tear It Up

FACE D

Da Ya Think I'm Sexy ?

Sailing

I Don't Want To Talk About It

 Stay With Me

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"Karma To Burn" - The Waterboys

TW16

Ca peut sembler ahurissant, mais c'est pourtant le cas : bien qu'ayant sorti leur premier album en 1983, les Waterboys n'ont pas sorti d'albums live avant 2005 (il en existe bien un qui date de quelques années avant, mais c'est un non-officiel, difficile à trouver désormais, The Live Adventures Of The Waterboys). Pour un groupe tel que les Waterboys, qui délivrent aussi bien la marchandise sur scène, ça peut vraiment sembler ahurissant, mais c'est bel et bien le cas. C'est donc en 2005 que le groupe de Mike Scott, qui a l'époque n'a rien sorti depuis Universal Hall (2003), lequel album n'était, on l'a vu hier, pas génial (mais sincèrement, pas mauvais non plus, juste secondaire), nous offre ce premier live officiellement reconnu, qui s'appelle Karma To Burn. Un album live excellemment bien réalisé (produit par Chris Madden, il a été enregistré entre 2003 et 2004 en Angleterre et en Irlande, je pourrais vous donner le détail précis des dates et localisations de tel ou tel morceau (au pif, il y à des extraits de concerts de Dublin, Plymouth, Belfast, Basingstoke et Cork), mais si ça me ferait gagner un paragraphe entier pour l'article, ça serait terriblement fastidieux pour vous. Vous voulez savoir ? Allez sur la page Wikipedia (anglophone) consacrée à ce live, tout y est indiqué noir sur blanc ! 

TW17

Cet article, je le crains, sera plus court que de coutume, c'est souvent comme ça, me concernant, avec les albums live de ce genre. Je n'ai en fait pas grand chose à dire au sujet de Karma To Burn, si ce n'est qu'il est malheureusement beaucoup trop court (il ne dure que 75 minutes, il est donc simple en CD ; s'il a été édité en vinyle, mais je n'en suis pas sûr, il est double), et que c'est toujours dommage qu'un live soit aussi court, surtout quand il sort directement en CD. Nul doute qu'un concert du groupe, surtout en 2005, dure plus longtemps que ces 75 petites minutes. Mais bon, c'est le seul reproche véritable à faire ici, parce que sinon, ce live offre de vraies merveilles, comme les 13 minutes d'un The Pan Within propice à plusieurs soli, comme Fisherman's Blues, The Whole Of The Moon, Glastonbury Song, qui définitivement font partie des joyaux absolus du groupe. Mike Scott, en forme, offre ici quatre morceaux de sa carrière solo, dont Open et Long Way To The Light, splendeur absolue qui ouvre le bal (vu le sujet de la chanson, la séparation des Waterboys, c'est un beau symbole que d'ouvrir le concert avec). Medicine Bow, The Return Of Jimi Hendrix, une belle reprise de Come Live With Me et du traditionnel A Song For The Life parsèment aussi ce live, qui n'offre qu'un seul titre du plus récent album du groupe (Peace Of Iona), aucun de A Rock In The Weary Land (le précédent) ce qui peut s'expliquer par le côté très noise-rock de cet album, aucun des remarquables deux premiers albums du groupe ni de Room To Roam... Bref, un setlist sympa, mais décevante quand même, vu la courte durée de l'album. Mais on se console en se disant que, bien que trop court, bien que frustrant, Karma To Burn est un excellent moment d'écoute. En espérant qu'un jour un autre live, plus complet, ne sorte...

Long Way To The Light

Peace Of Iona

Glastonbury Song

Medicine Bow

The Pan Within

Open

The Return Of Jimi Hendrix

My Dark Side

A Song For The Life

Bring 'Em All In

The Whole Of The Moon

Fisherman's Blues

Come Live With Me

Posté par ClashDoherty à 08:00 - - Commentaires [27] - Permalien [#]
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