Rock Fever

27 juillet 2017

"Everything Now" - Arcade Fire

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Je ne saurais être plus dans l'actualité : cet album sort demain 28 juillet, et nous sommes le 27 juillet à l'heure où cet article est publié, et voici donc, tadada dzim boum, le nouvel album d'Arcade Fire. Un groupe canadien (enfin, deux de ses membres, Win Butler et son frangin Will, sont américains) qui, depuis son premier album en 2004, le quintessentiel Funeral qui fera dire à tout le monde, David Bowie y compris, qu'il faudra surveiller ce groupe pour les années à venir, depuis son premier album donc, n'a rien raté, strictement rien. Petit rappel : Funeral, en 2004, un disque dont le seul (petit) défaut réside dans une production relativement moyenne par rapport aux futurs autres albums. Un disque majeur, sinon, une réussite totale de rock alternatif cérébral au titre certes mortifère (l'album a été appelé ainsi car plusieurs membres du groupe eurent à souffrir de pertes dans leurs familles à l'époque), avec des classiques à la pelle (In The Backseat, Rebellion (Lies), les différentes parties de Neighborhood...). Trois ans plus tard, le groupe de Win Butler et Régine Chassagne sort Neon Bible, au titre en allusion à un roman de John Kennedy Toole (mais c'est le seul lien avec le roman), un album enregistré dans une église désaffectée du Canada, avec un orgue d'église notamment, un album qui nécessite quelques écoutes, mais qui s'impose comme une autre totale réussite (Intervention scotche à chaque écoute, No Cars Go, Windowsill, Black Waves/Bad Vibrations ou Neon Bible sont de pures splendeurs). Encore trois ans plus tard : The Suburbs, une authentique claque, 16 morceaux et presque autant de chefs d'oeuvre (Ready To Start, Sprawl II : Mountains Beyond Mountains, We Used To Wait, le morceau-titre...), une bonne heure de musique qui ne lasse jamais, un monument d'emo-rock (car apparemment, Arcade Fire, ça serait de l'emo...) qui vous retourne les tripes et vous met souvent la larme à l'oeil. Et encore trois ans plus tard (réglés comme des horloges !), Reflektor, un double album monumental qui mélange emo, rock alternatif et dance, aux sonorités électro et très 80's parfois, et même un peu latino parfois (Here Comes The Night Time et son rythme samba), un autre chef d'oeuvre qui laisse pantois. 

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Un album tous les trois ans, tout ceci pouvait laisser présager un album courant 2016. Las, le nouvel album ne sortira que ce 28 juillet 2017, donc. Un disque qui revient au timing des deux premiers opus : il ne dure en effet que 47 minutes, durée de Neon Bible (Funeral durait une minute de plus), pour 13 titres dont certains sont très courts. Quand j'ai appris que ce nouvel album, baptisé Everything Now, allait sortir, je me suis rué de le précommander en CD et vinyle, et j'ai reçu le tout aujourd'hui, un jour avant sa sortie officielle ! Je ne l'ai donc écouté qu'une seule fois pour le moment, certes, mais comme je sens que je vais le réécouter souvent (et dès ce soir) tant j'ai été emballé, mon avis risque fort de ne pas changer d'un iota entre aujourd'hui et le 33 mars 2056. Comment définir cet album dont quelques morceaux (le morceau-titre, Signs Of Life, Creature Comfort, Electric Blue) furent disponibles en téléchargement quelques semaines avant ? Si vous adorez Arcade Fire, vous allez adorer l'album, commercialisé sous une superbe pochette (en deux versions : jour et nuit. J'ai la version nocturne, visuel plus haut) avec les paroles sur un mince feuillet recto verso en forme de prospectus de supermarché. Si vous n'aimez pas ce groupe, cet album ne va probablement pas vous faire changer d'avis, alors vous connaissez la sortie, c'est fléché. L'album est un peu du style de Reflektor (en moins recherché, moins complexe : après tout, il n'est que simple album, même s'il contient le même nombre de morceaux que Reflektor), c'est à dire à la fois rock, électro et dansant, avec des sonorités modernes et parfois, vaguement 80's. Après une très courte (moins d'une minute) introduction, le morceau-titre déboule et autant le dire tout de suite, c'est une des pièces maîtresses de l'album.  Autant le dire tout de suite aussi, les autres grands morceaux de l'album sont sur la deuxième partie : l'enchaînement Good God Damn/Put Your Money On Me/We Don't Deserve Love va...vous...foutre...à...genoux...les gars (et les filles). Je préfère ne pas trop les détailler, vous laisser la surprise, mais sachez que la ligne de basse de Put Your Money On Me va revenir vous hanter à la nuit tombée tellement elle est puissante, elle vous rooooooongera le cerveau jusqu'à ce que vous l'écoutiez en boucle....

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N'allez pas croire, parce que je viens de dire que le meilleur de l'album est en intro et en clôture, que le reste de l'album n'est pas bon. Oh putain que putain de non ! Signs Of Life et Creature Comfort (ce morceau, précisément, est même IMMENSE) sont de pures petites merveilles, et si les deux intermèdes (1,40 minute chacun) Infinite Content et Infinite_Content ne servent pas à grand chose au demeurant et au premier abord, ils ne sont pas de mauvais morceaux. Il faudra que je me penchez sur les paroles pour essayer de choper le concept, car mettre un rappel du morceau-titre en final plus un avant-gout du même morceau en intro (on notera que le dernier morceau de l'album se finit brutalement, et que la suite du morceau est...dans le premier morceau de l'album ; autrement dit, l'album est en boucle !), plus ces deux intermèdes, laisse forcément présumer que cet album est conceptuel, je ne me gêne d'ailleurs pas pour mettre le tag 'concept' en bas d'article. Tous les albums du groupe sont conceptuels, pourquoi pas celui-ci, plus dansant et accessible que les autres, mais clairement pas moins bon, malgré ce que quelques critiques (anglophones, sur Rate Your Music) assassines ont pu en dire. Everything Now est un régal de rock plus ou moins électro, la production est à tomber par terre sur des lames de rasoir et à en redemander en pleurant d'excitation, les morceaux sont superbes (Creature Comfort, Put Your Money On Me), aucun n'est moins fort que le reste même s'il est vrai que la triplette finale (enfin, juste avant le rappel du morceau-titre) et le morceau-titre sont inoubliables. Définitivement, Arcade Fire est un grand, GRAND, GRAND groupe !

 Voilà-voilà.

FACE A

Everything_Now (Continued)

Everything Now

Signs Of Life

Creature Comfort

Peter Pan

Chemistry

Infinite Content

Infinite_Content

FACE B

Electric Blue

Good God Damn

Put Your Money On Me

We Don't Deserve Love

Everything Now (Continued)


23 juin 2017

"The Beatles Ballads (20 Original Tracks)" - The Beatles

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C'est reparti pour un ch'ti peu de Beatles. J'avais abordé leur compilation Love Songs (1977), j'avais aussi abordé Reel Music (1982), mais entre les deux, il y en à que je n'avais pas encore fait, et notamment celle-ci, une compilation officielle sortie en 1980 et qui, comme les autres compilations officielles que je viens de citer (et Rarities de 1979 qu'il me reste à aborder), n'a jamais été éditée (officiellement, du moins) en CD. Ce qui peut se comprendre. Cette compilation de 1980, sortie sous une très belle pochette illustrée à la manière du Douanier Rousseau (style graphique naïf) et qui avait auparavant servi pour The Beatles Songbook, c'est The Beatles Ballads (20 Original Tracks), une compilation qui, vous vous en doutez bien, regroupe des ballades signées des Beatles. C'est malin de ma part de parler de l'album et de son contenu un peu trop tôt dans le premier paragraphe, maintenant je ne sais plus quoi dire pour le terminer proprement et aborder le second (et dernier ; cet article sera en effet court, comme l'a été celui sur Reel Music, car il y à peu de choses à dire ici, en fait). Je pourrais vous parler de l'éreintante vague de chaleur qui vient de toucher la France ces derniers jours, mais j'aurais la vague et pénétrante impression d'être légèrement hors-sujet. Je pourrais vous dire qu'hier soir, vu que rien ne m'intéressait à la TV, je me suis tapé le blu-ray du documentaire de Ron Howard sur le groupe, Eight Days A Week : The Touring Years de 2016, et bon Dieu, c'est un documentaire remarquable que je conseille à tous, y compris aux non-fans.  Ah, je suis déjà un peu moins hors-sujet, là. Et je vois que ce premier paragraphe est terminé, je passe donc au suivant. Ce qu'il ne faut pas faire, je ne vous raconte pas...

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The Beatles Ballads (le sous-titre entre parenthèses (20 Original Tracks) servait surtout à affirmer aux futurs aquéreurs de l'album qu'il s'agissait bien des chansons du groupe et pas de reprises par d'autres artistes) est donc sorti en 1980. Il regroupe 20 chansons du groupe qui, toutes, entrent dans la catégorie des ballades. Attention, je ne parle pas de chansons d'amûûûr, catégorie représentée par la double compilation de 1977 Love Songs (qui, bien que double, ne dure que 59 minutes, hé oui, et comprenait dans les 25 titres), mais des ballades. Il y à une différence, légère mais quand même. Les chansons d'amour parlent d'amour (oh ? si.) Les ballades peuvent parler d'amour, mais pas forcément. Ici, on a The Fool On The Hill, Across The Universe (dans sa version originale publiée en 1968 sur un single rarissime à vocation humanitaire, pas la version spectorisée de 1970), Blackbird, des chansons calmes, mais pas des chansons d'amour. A la différence de Michelle, Something, And I Love Her, aussi présentes ici. Sur les 20 chansons, 10 se trouvaient déjà sur Love Songs. Et chose encore plus drôle (si je puis dire), Love Songs était un double album de 59 minutes, The Beatles Ballads, lui, dure 58 minutes...mais n'est constitué que d'un seul vinyle aux sillons bien serrés ! Olé ! Cherchez l'erreur. En trois ans, une durée équivalente (pour une minute, on ne va pas chipoter) fait presser un seul disque 33-tours au lieu de deux. Pour une qualité audio identique, soit très bonne (rien à dire de ce côté). Ca, à la rigueur, a ne me gêne pas : un seul disque, ça veut dire que c'est moins cher qu'un double. Ce qui me gêne, c'est le quasi double emploi de The Beatles Ballads par rapport à Love Songs, et le fait que la moitié de cette compilation de 1980 se trouvait déjà sur celle de 1977. On prenait vraiment les fans pour des cons et des vaches à pognon, à l'époque, pas vrai ? Bref, inutile de dire que cette compilation, bien que regorgeant de grandes chansons (toutes !) et comprenant quelques morceaux que l'on n'a pas l'habitude d'avoir sur une compilation du groupe (Till There Was You, Do You Want To Know A Secret, She's Leaving Home, l'originale d'Across The Universe), ne sert à rien, sauf à compléter une collection de Beatlemaniaque ou de vinylophile (les deux ne ont bien évidemment pas incompatibles). Mais sinon, c'est vraiment un disque fait pour gagner, encore, du pognon sur le répertoire beatlesien, et une fois qu'ils auront récupéré les droits sur leur catalogue, les Beatles survivants mettront un point d'honneur à faire cesser ces parutions inutiles et redondantes (le pompon, c'est Reel Music en 1982, ça sera aussi la dernière du lot) destinées à faire encore et toujours dépenser de l'argent au pauvre fan. 

FACE A

Yesterday

Norwegian Wood (This Bird Has Flown)

Do You Want To Know A Secret

For No One

Michelle

Nowhere Man

You've Got To Hide Your Love Away

Across The Universe

All My Loving

Hey Jude

FACE B

Something

The Fool On The Hill

Till There Was You

The Long And Winding Road

Here Comes The Sun

Blackbird

And I Love Her

She's Leaving Home

Here, There And Everywhere

Let It Be

20 juin 2017

"Accidentally Yours" - Lady Sir

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Gaëtan Roussel est vraiment un musicien éclectique : démarrant sa carrière au mitan des années 90 avec Louise Attaque, un groupe de folk-rock très fortement sous influence des Violentes Femmes de Gordon Dano (groupe américain des années 80 de folk-rock violonneux) il a, après deux albums de Louise Attaque (un premier opus éponyme grandiose et un deuxième, Comme On A Dit, moins abouti mais tout de même très bon), stoppé l'aventure de son groupe et fondé un side-project encore plus folkeux, Tarmac. Puis c'est le retour de Louise Attaque avec un A Plus Tard, Crocodile (au titre en référence à une vieille chanson de rock'n'roll de Bill Haley et à une expression argotique ricaine) franchement moyen. Bashung fera appel à lui pour son ultime album Bleu Pétrole en 2008, Roussel lui a en effet offert quasiment tout le disque, sur lequel il joue. Puis le peu chevelu se lance en solo avec Ginger, qui remportera, en 2010, une Victoire de la Musique bien méritée. Un deuxième album solo, Orpailleur, en 2013, fait à peu près à l'époque où, sur scène, au Printemps de Bourges, Roussel revisitera le Play Blessures de Bashung, sortira dans une indifférence hélas assez générale. Orpailleur était très bon (mais pour être sincère, moins que Ginger), et assez recherché, expérimental, trop peut-être (rien que sa pochette...). Puis c'est le retour de Louise Attaque avec L'Anomalie, album que j'ai personnellement quasiment détesté (entendre sa voix s'égosiller sur Avec Le Temps, ça fait bobo aux oreilles parfois : avec les yeuuuuux sous la lumièèèèèèèreuuuuu). Et enfin, la surprise de ce premier semestre 2017 : Lady Sir.

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Lady Sir, c'est quoi ? Un duo, entre Roussel (chant, guitares, basse sur un titre) et l'actrice Rachida Brakni, connue comme étant la femme d'Eric Cantona notamment (qui, sur un titre, pousse de sympathiques sifflements !). Je ne sais pas au juste ce qui a poussé ces deux personnes, que peu de choses reliaient (elle est actrice et metteuse en scène, lui non ; il est chanteur et musicien, elle non), à collaborer, mais le résultat de cette collaboration baptisée Lady Sir est cet album court (dans les 35 minutes ; je dis 'dans les', car je l'ai acheté en glorieux vinyle, avec une pochette différente de celle du CD - juste le fond carrelé avec le losange du titre, la photo étant dans la sous-pochette - et pour le minutage, c'est coton, le vinyle) intitulé Accidentally Yours. On y trouve 10 titres interprétés en français, sauf trois en anglais (et parmi les morceaux francophones, trois ont aussi de l'arabe, paroles traduites sur la sous-pochettes, mais aussi indiquées en belle calligraphie arabe). J'ai acheté ce disque par curiosité et aussi parce que j'ai toujours énormément aimé le boulot de Roussel, considérant Bleu Pétrole comme un des sommets de Bashung grâce notamment aux textes et arrangements signés Gaëtan, adorant Ginger et Orpailleur ainsi que le premier Louise Attaque, et aimant beaucoup son univers en général. J'avais peu de risques de ne pas apprécier l'aventure. Et je n'ai franchement pas détesté, loin de là même. Autant le dire, ce premier Lady Sir (à supposer qu'ils en fassent un second, évidemment) est une réussite franchement réjouissante et je serais étonné et même déçu qu'il n'obtienne rien aux prochaines Victoires (let's see next year...).

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C'est du bon boulot à la Roussel des grands jours (La Nuit Se Lève, Le Temps Passe pourraient très bien figurer sur un album de Louise Attaque, Tout Va Mieux Partout et Je Rêve D'Ailleurs sont des tueries mélodiques, Son Absence, essentiellement chantée en arabe et au climat orientalo-électro est un des titres majeurs de l'album), le seul morceau qu'à la rigueur je trouve un tantinet en-dessous des 9 autres est Je Ne Me Souviens Pas, et encore, c'est vraiment pour chipoter. Le morceau-titre, long de 5 minutes (le plus long, de loin), est une féérie folk comme on en entend que trop rarement dans le paysage musical francaouis actuel. Tout l'album (enregistré notamment avec Philippe Elmosnino) est un régal folk-rock parfois teinté d'orientalisme, parfois rock, parfois teinté de musique un peu électro, un melting-pot remarquable qui redonne de l'espoir dans la chanson française. Je ne peux, donc, en conclusion de cette chronique, que conseille ardemment l'écoute, voire l'acquisition (en vinyle si possible, rien que pour l'objet, et puis il y à un bon de téléchargement gratuit de l'album en MP3 dedans, alors...) de cet Accidentally Yours franchement excellent, indéniablement un des albums de 2017 même si l'année n'en est qu'à son milieu.

FACE A

Accidentally Yours

Le Temps Passe

Je Rêve D'Ailleurs

Je Ne Me Souviens Pas

Away

FACE B

Son Absence

La Nuit Se Lève

You May Hold On

Des Petits Bouts

Tout Va Mieux Partout

19 juin 2017

"Postcards From Paradise" - Ringo Starr

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A moins que le monsieur ne sorte un nouvel album prochainement, et à moins que je ne parvienne enfin à dégotter Old Wave afin de pouvoir enfin l'aborder ici, cet article sera le dernier concernant les albums solo de Ringo Starr. Une série d'articles montrant bien (du moins je l'espère) que malgré la réputation de Beatle de seconde zone que Ringo se tape depuis le début, il a quand même réussi à sortir de très bons albums (et aussi quelques merdes, c'est vrai, voir son album de 2012, par exemple, pour le plus récent de ses ratages). Cet album est donc, à ce jour, son dernier opus. Le bonhomme a largement dépassé les 70 ans (il est près d'en avoir 80 en fait) et il n'a jamais été du genre à sortir un album coûte que coûte mais à en faire selon ses envies, donc il y à des risques que Postcards From Paradise, tel est le nom de cet album, soit son dernier. Sorti en 2015, cet album fait suite (avec trois ans d'écart entre eux) aux ratage intégral du foutage de gueule de Ringo 2012 (qui, lui, faisait suite à une totale réussite sortie en 2010, Y Not). Sorti sous une pochette des plus caricaturales (un cadre façon timbre-poste à l'intérieur duquel on trouve une photo de Ringo souriant et dont les lunettes de soleil reflètent des palmiers) et un titre assez téléphoné (il semble avoir été utilisé plein de fois, ce qui n'est pas le cas, mais 'cartes postales du paradis', ça fait kitsch...), cet album, comme le précédent, a été produit par Ringo seul, et enregistré par Bruce Sugar. 

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Comme de bien entendu, on retrouve ici des pointures, des stars, des invités de marque. Peter Frampton, Todd Rundgren, Joe Walsh (Eagles de l'ère 1976/fin), Benmont Tench (claviériste des Heartbreakers de Tom Petty), Van Dyke Parks, Steve Lukather (guitariste de Toto), Dave Stewart (Eyurythmics). Certains ont co-écrit ou composé des chansons, comme Rundgren our le morceau-titre (les paroles sont signées Ringo qui ne s'est franchement pas cassé la margoulette : il s'agit tout simplement de titres de chansons des Beatles ou de sa propre carrière solo, mis bout à bout pour faire des paroles, genre I'm begging you, don't pass me by/And if you do, please tell me why/I know you told me yesterday/You've got to hide your love away/But if your heart is bad to me/It's only love, I'll let it be. Voyez le genre. Marrant mais paresseux, l'exercice de style fonctionne plus ou moins bien au final. Joe Walsh, Dave Stewart, Steve Lukather, Van Dyke Parks, Glenn Ballard ont aussi co-signé des morceaux sur l'album. Un album qui en contient 11 et est dans l'ensemble, nettement, mais alors nettement plus réussi que le précédent (ce qui était franchement facile à faire), mais quand même un tantinet inégal. Vraiment pas fan du tout de ce Bamboula aux accents créoles, ni de Bridges. Mais Rory And The Hurricanes, Island In The Sun (rien à voir, évidemment, avec le mini-tube de Weezer !) ou Let Love Lead sont de bonnes chansons. 

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Aucune ne mériterait de figurer dans un best-of de Ringo, mais Postcards From Paradise (dont le livret inclut les paroles, une première depuis I Wanna Be Santa Claus en 1999) n'en demeure pas moins un sympathique petit opus de Ringo, un album un peu mineur mais loin d'être foiré, du niveau de Choose Love, ce qui est franchement pas mal. De toute façon, on n'a jamais attendu grand chose de sa part ; sans aller jusqu'à dénigrer Ringo ou lui contester son talent (il en a : batteur remarquable, don inné pour s'entourer des meilleurs musiciens, et capital sympathie entier), il faut reconnaître que jamais personne n'a un jour pensé qu'il sortirait des albums de la trempe de Band On The Run, Imagine ou All Things Must Pass. Il a réussi, en 1973, à en faire un de ce niveau (Ringo), mais cet album, sur lequel tous les Beatles apparaissaient même si ce n'était jamais sur un seul et même morceau, a vraiment surpris les gens, et restera presque sans suite. Il ne parviendra jamais à faire mieux, même si Vertical Man (1998) et Y Not (2010) ne sont pas loin derrière. Mais on aime Ringo pour ce qu'il est, et tant pis s'il n'a pas le génie de Paul, John ou George, il est ce qu'il est, un mec sympa, attachant, et un ancien Beatles qui plus est. Tant pis si certains de ses albums sont moyens, ou médiocres, ou même nuls, tant pis si le nombre de ses albums vraiment réussis ne représente même pas le tiers de sa discographie solo ; on l'aime, Ringo, et je sais que j'achèterai les yeux fermés sont prochain album si prochain album il y à. Je serai peut-être déçu comme je le fus en 2012, mais si ça se trouve, ça sera un grand album ; avec lui, ce qu'il y à de bien, c'est qu'on ne sait jamais !

Rory And The Hurricanes

You Bring The Party Down

Bridges

Postcards From Paradise

Right Side Of The Road

Not Looking Back

Bamboula

Island In The Sun

Touch And Go

Confirmation

Let Love Lead

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18 juin 2017

"Ringo 2012" - Ringo Starr

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Ringo Starr nous avait proprement cueillis en 2010 avec son fantastique et inespéré Y Not, aussi réussi que sa pochette ne le laissait pas présumer. De la même manière que John Lennon décevra les foules en 1972 avec Some Time In New York City après le carton plein, un an avant, de son Imagine, Ringo allait, deux ans après, en 2012 donc, fortement décevoir avec son nouvel album, son avant-dernier à ce jour. Mais je n'ai cité les deux albums de Lennon que pour faire une comparaison hâtive, ne cherchez rien de plus. Pour en revenir à Richard Starkey, ce nouvel album, sorti donc en 2012, et très logiquement et connement baptisé Ringo 2012, est donc une déception. Et même, pour tout dire, plus que ça : c'est l'épitomé de la déception musicale ! L'album ne renferme que 9 titres, et dure 29 minutes, oui, vous avez bien lu, on se croirait revenu au bon vieux temps des albums des Beach Boys et Byrds. Mais quand on y réfléchit bien, la courte durée (euphémisme !) de ce 17ème album studio de Ringo n'est vraiment pas un mal. Sous sa pochette encore plus paresseuse que celle du précédent (on y voit Ringo debout, souriant, faisant le désormais classique V de la victoire, sur fond blanc, avec le titre de l'album de part et d'autre de son torse, en diagonale ; au dos, une photo d'une maison, en noir & blanc), Ringo 2012 est en effet un disque hautement merdique, tellement qu'il en devient toxique.

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Photo présente dans l'inside tray (sous l'emplacement du CD) du boîtier : il a l'air content de lui, le bougre !

Au cours de mes récentes chroniques précédentes des albums de Ringo, j'ai dit de I Wanna Be Santa Claus (1999, disque de Noël comme son titre l'indique) qu'il était le pire du batteur, et je le maintiens. Mais Ringo 2012 vient juste derrière, et on trouvera ensuite Ringo Rama et Bad Boy. Puis Ringo The 4th. Bref, quand Ringo met son nom dans un titre d'album, c'est mauvais présage ? Ah non, n'oublions pas que Ringo (1973) est un chef d'oeuvre, son meilleur album et un des meilleurs albums solo d'un ex-Beatles, mais c'est l'exception. On sent qu'avec Ringo 2012, Ringo a voulu rendre hommage à son album best-seller de 1973 (il en reprend d'ailleurs un morceau, Step Lightly ; à la base, ce n'est pas le meilleur de l'album de 1973, mais cette reprise...). Mouais. Autre reprise de son propre catalogue : Wings, initialement issue de Ringo The 4th. Etonnant de reprendre un morceau pareil, issu d'un album pareil, n'est-ce pas ? On a aussi une reprise du Think It Over de Buddy Holly, et un morceau du nom de Rock Island Line indiqué comme étant arrangé par Ringo (mais pas de nom d'auteur, ce qui me laisse penser qu'il s'agit d'un vieux titre datant de Mathusalem et que Ringo a revampé). Oui, c'est un fait : long de 29 minutes, ne comptant que 9 titres, cet album en possède 4 qui n'ont pas été écrits spécialement pour l'occasion ! De là à penser que cet album est constitué de rogatons du précédent opus (le design de l'album, extérieur comme intérieur de pochette, le laisse aussi présumer), il n'y à qu'un pas...

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Les morceaux sont dans l'ensemble courts, si on excepte les 5 minutes du premier morceau, Anthem. C'est probablement, avec la reprise de Wings qui suit, le meilleur morceau de Ringo 2012. Ce n'est pourtant pas exceptionnel pour autant. Allez, assez parlé des chansons de l'album. Parlons un peu de sa production (entièrement produit par Ringo seul, assisté de Bruce Sugar, comme Y Not), qui est aussi bonne que pour le précédent opus, c'est déjà ça. Et les musiciens participant à l'album : à peu près les mêmes, soit Don Was, Benmont Tench, Van Dyke Parks, Steve Dudas, Joe Walsh, Edgar Winter, mais pas Dave Stewart (il a dû sentir le coup venir !), et Macca est lui aussi royalement absent ; entre nous, le retrouver sur pareille merde musicale aurait vraiment été triste... Bon, allez, c'est fini, vous pouvez reprendre votre respiration, cette chronique de cet album puant est finie. Ah ! non, ultime détail qui n'a cependant aucune importance : le morceau final, Slow Down, n'est pas une reprise du classique rock'n'roll de Larry Williams que les Beatles popularisèrent en leur temps, en 1964 (et les Jam en 1977), mais un morceau écrit pour l'occasion. Il aurait sans doute été mieux de reprendre le morceau de Williams plutôt... Et voilà comment Ringo est passé d'un de ses meilleurs albums à un de ses pires ! Heureusement, l'album suivant (et son dernier pour le moment) sera un milliard de fois plus réussi (ce qui n'était pas difficile, en même temps), j'en reparle bientôt. 

Anthem

Wings

Think It Over

Samba

Rock Island Line

Step Lightly

Wonderfeul

In Liverpool

Slow Down


17 juin 2017

"Y Not" - Ringo Starr

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Depuis son retour en 1992, Ringo a publié un album tous les deux-trois ans à peu près (excepté l'écart de six ans entre Time Takes Time en 1992 et Vertical Man en 1998 et un an entre ce dernier et I Wanna Be Santa Claus en 1999). En fait, c'est le cas depuis Ringo Rama en 2003. Il y à eu ensuite Choose Love en 2005, Liverpool 8 en 2008 (et un best-of en 2007 !)... et, en 2010, Ringo nous offrit un nouvel album, comme pour confirmer ce désormais sempiternel écart. Ce nouvel album (qui ne l'est plus, car depuis, deux autres ont suivi) sortira sous une pochete comptant parmi les plus paresseuses de la discographie de lex-Beatles, mais aussi paresseuse qu'elle est (une photo noir & blanc de Ringo, debout, habillé de noir, souriant, lunettes noires, sur fond blanc d'un côté de la pochette recto, et un fond entièrement noir avec le titre en simples lettres blanches de l'autre côté, une pochette qui me fait beaucoup penser à celle du Isolation de Toto sorti en 1984), la pochette de cet album de 2010 n'est pas horrible pour autant. L'album marque le début d'une nouvelle ère pour Ringo, qui a cessé sa collaboration avec le producteur Mark Hudson (qui a bossé sur les albums de Ringo de 1998 à 2008, même si Liverpool 8, le dernier album de leur collaboration, n'avait pas été fait en totalité avec Hudson) et a autoproduit l'album en collaboration avec un certain Bruce Sugar. L'album fourmille de guests savoureux, de vraies pointures, et notamment Dave Stewart (Eurythmics), déjà aux fourneaux sur la moitié de Liverpool 8, et Joe Walsh (Eagles), qui lui avait fait l'album Old Wave en 1983. Quant au titre de ce nouvel album, je ne l'ai toujours pas cité, c'est Y Not (se prononce 'why not') et il est une probable allusion à ce que Ringo aurait répondu à des gens lui demandant s'il comptait un jour s'essayer à l'autoproduction d'un album (ce n'est probablement pas l'explication du titre de l'album en réalité, mais ça me permet de finir plus aisément ce premier paragraphe).

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Verso de pochette (ici boîtier CD) : sans doute le portail de la propriété de Ringo, vu les étoiles !

10 titres sont au programme de cet album court (36 minutes ; son plus court depuis Old Wave qui faisait à peu près la même durée) mais, autant le dire tout de suite en intro à ce deuxième paragraphe, vraiment réussi. Y Not est indéniablement un des meilleurs albums de Ringo Starr, à ranger dans le Top 3 de l'ex-batteur aux côtés de Ringo (1973) en tant que n°1 et de Vertical Man en tant que N°2. Dernier du podium, ce Y Not qui vraiment ne démérite pas du tout. Et comme je l'ai dit plus haut (allez vérifier si vous ne me croyez pas ; c'est bon, vous avez vérifié, je peux y retourner ? Merci), l'album a été enregistré avec plein de guests de haute volée, comme, donc, Joe Walsh (guitare, basse, choeurs, co-écriture du premier morceau), Dave Stewart (guitare, co-écriture de 2 morceaux), Edgar Winter (saxophone), Benmont Tench des Heartbreakers de Tom Petty (claviers), Joss Stone (elle chante en duo avec Ringo sur le dernier morceau qu'ils ont écrit ensemble, le très amusant et efficace Who's Your Daddy), Van Dyke Parks (qui avait notoirement collaboré avec les Biche Bois en 1967 pour leur projet avorté et maudit Smile ; ici, co-écriture d'un morceau), Don Was (basse ; producteur des Rolling Stones depuis les années 90), Ben Harper (choeurs sur un titre)... et Sir Paul d'Allerton, j'ai nommé Paul McCartney, à la basse sur Peace Dream et au deuxième chant sur Walk With You. Oyé, ça fait du monde, hein ? Même si certains, comme Harper, Joss Stone et Macca, ne sont là qu'épisodiquement, sur un ou deux titres. Peu de rejets sur cet album qui a bien pris ; en fait, je ne vois même aucune mauvaise chanson sur Y Not, celle qui me branche le moins est Can't Do It Wrong mais ce n'est pas pour autant une mauvaise chanson, elle est juste un peu anodine, et encore.

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Le morceau-titre, avec son ambiance un peu indianisante, est excellent. The Other Side Of Liverpool et Fill In The Blanks assurent. Everyone Wins et Peace Dream sont d'agréables petites chansons bien légères et optimistes comme Ringo a souvent l'habitude d'en usiner, et qui sont toujours agréables à écouter. La production est juste remarquable, elle ne détonne pas avec celle des précédents opus (notons que Steve Dudas, un des Roundheads, le groupe de Mark Hudson, qui était de la partie des albums de Ringo de 1998 à 2008, est encore là, ce qui prouve que si Ringo a cessé sa collaboration avec Hudson, il a quand même fortement apprécié de bosser avec ses musiciens), qui étaient vraiment bien produits eux aussi. Mais Y Not, après plusieurs albums soit ratés, soit un peu moyens, est une vraie bouffée d'oxygène, le meilleur album de Ringo en 12 ans, et quand j'ai établi mon petit classement Top 3 plus haut, j'ai vraiment failli le mettre en seconde position, et sans doute qu'un jour, il y sera, d'ailleurs ! J'ai tellement adoré ce disque que je me le suis payé en vinyle (bon, en même temps, je suis collectionneur, et je me suis aussi pris l'album suivant de Ringo en vinyle, et pourtant, il n'est vraiment pas terrible, cet album suivant, mais j'en reparle bientôt). On notera pour finir un livret CD des plus minables (l'illustration ci-dessus est issue de l'édition vinyle, mais en CD, dans le livret dépliant, c'est identique, au format CD), pas de paroles, le strict minimum. Dommage. En même temps, depuis 2003, c'est un peu la norme, avec Ringo... Heureusement, musicalement parlant, Y Not est excellentissime. Nettement meilleur que ce que sa pochette un peu fainéante peut laisser envisager (maais vous connaissez le dicton on ne juge pas un livre sur sa couverture, les mecs) !

Fill In The Blanks

Peace Dream

The Other Side Of Liverpool

Walk With You

Time

Everyone Wins

Mystery Of The Night

Can't Do It Wrong

Y Not

Who's Your Daddy

16 juin 2017

"Liverpool 8" - Ringo Starr

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En 2008, Liverpool a été élue capitale européenne de la culture, honneur qui a été échu aussi, il y à quelques années, à Marseille notamment. Comme pour encore mieux marquer l'évênement, un de nos liverpuldiens préférés et plus connus, j'ai nommé Ringo, a sorti un nouvel album en 2008, qu'il a très logiquement baptisé Liverpool 8. Le titre de l'album est une allusion plus que très probable au fait que sa ville natale et de coeur était en cette année la capitale de la culture, mais c'est aussi une allusion à un quartier de la ville, celui dans lequel il a vécu enfant. Comme vous pouvez le constater plus haut, la pochette est dans le ton, avec ce 8 gigantesque avec deux étoiles. L'album est le cinquième et dernier opus de sa longue (10 ans à peu près) collaboration avec le producteur et musicien Mark Hudson, collaboration ayant démarré sur les chapeaux de roue en 1998 avec le remarquable Vertical Man, avant de s'enliser dans des productions des plus médiocres (pour ne pas dire pire), même si Choose Love, en 2005, avait de quoi rassurer un peu. Le problème de cette collaboration était indéniablement l'emprise quasi-totale (il ira, pour Ringo Rama, jusqu'à concevoir l'artwork de pochette) de Hudson sur les albums de Ringo : non seulement il impose ses musiciens (les Roundheads : Steve Dudas, Gary Burr), qui ne sont pas les meilleurs du monde sans aller jusqu'à les qualifier de mauvais ; non seulement il impose sa ligne directrice ; mais il participe activement à l'écriture de tous les morceaux ou presque.

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Ringo n'avait pas vraiment de grande liberté à un moment donné, il a commencé à se sentir à l'étroit, et c'est ainsi que Liverpool 8, en 2008, a marqué la fin de la collaboration : le disque est coproduit par les deux, et sur les 12 titres, 11 ont été signés par les deux (voire plus), mais le morceau-titre a été co-écrit par Ringo et Dave Stewart, qui a coproduit ce morceau avec Ringo. Dave Stewart, ce n'est pas un homonyme, c'est bien celui de Eurythmics et du supergroupe SuperHeavy de Mick Jagger, Joss Stone et d'un des fistons de Bob Marley. Ce disque marque le début d'une collaboration entre Ringo et Stewart, collaboration qui ne sera pas aussi prenante que celle avec Hudson (Stewart n'a à ce jour produit aucun album de Ringo, il ne joue pas sur tous ses morceaux, il n'est là qu'épisodiquement, mais en fidèle). Pour Liverpool 8, elle est plus ou moins discrète, Stewart joue sur la moitié de l'album mais seul le morceau-titre est concerné pour l'écriture et la production, mais quel morceau ! Indéniablement un des meilleurs de l'ex-batteur des Beatles, ce morceau parle efficacement et avec tendresse de la ville natale de Richard Starkey. C'est une des meilleures chansons d'un album peu généreux en durée (dans les trois quarts d'heure), mais contenant plus de bonnes chansons que de mauvaises. Citons les mauvaises, comme ça, se sera fait : Pasodobles, tentative latino/hispanique (le titre de l'album est aussi celui d'une danse espagnole) comme l'était Las Brisas sur Ringo's Rotogravure en 1976, n'est pas plus réussie que ne l'était cette dernière ; et R U Ready, le morceau final, est assez usant à la longue.

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Harry's Song est un hommage très touchant bien que franchement tardif (il est mort dix ans plus tôt) à son vieux pote Harry Nilsson, ils ont vraiment fait les 400 coups (et partagé l'affiche d'un vieux nanar comico-horrifique, Son Of Dracula, dans les années 70). L'album contient aussi pas mal de chansons avec le mot 'love' dans son titre (For Love, Love Is, If It's Love That You Want, Tuff Love), ce qui peut laisser à penser qu'il y avait un prix de gros sur ce mot en 2008, ça fait un peu banal, pas très original, mais c'est Ringo, après tout. Musicalement, cet album c'est un peu comme Choose Love, ce n'est pas lui non plus un grand opus de Ringo, mais on ne peut vraiment pas le qualifier de mauvais. Certaines chansons (Gone Are The Days) sont un peu anodines, d'autres comme le morceau-titre et Love Is sont vraiment très bonnes, et dans l'ensemble, on passe un plutôt bon moment à écouter ce disque qui a confirmé un retour en forme de Ringo. L'album suivant sera encore plus réussi, son meilleur depuis Vertical Man, mais j'en reparle bientôt...

Liverpool 8

Think About You

For Love

Now That She's Gone Away

Gone Are The Days

Give It A Try

Tuff Love

Harry's Song

Pasodobles

If It's Love That You Want

Love Is

R U Ready

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15 juin 2017

"Photograph : The Very Best Of" - Ringo Starr

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2007 : l'heure du bilan sonne à nouveau pour Ringo Starr. C'est en effet l'année de sortie de sa troisième compilation. Sa première, Blast From Your Past (une très courte compilation, elle ne durait que 31 minutes), datait de 1975, et a eu l'honneur d'être le dernier disque publié sur Apple Records avant la fin du label. Elle regroupait le meilleur du début de carrière solo de Ringo, soit 10 titres. Le gros reproche qu'il y avait à lui faire, à cette première compilation résidait dans sa courte durée, il manquait des hits. Mais elle était quand même sacrment efficace telle quelle. En 1989, Ringo fait publier une compilation regroupant le meilleur de la seconde partie (1976/1983) de sa carrière, une seconde période largement moins bonne, c'est le cas de le dire. Cette compilation, épuisée et hors-commerce depuis des éons (vraiment difficile de la trouver), s'appelle Starr Struck. Et voici donc, en 2007, une troisième compilation, qui ne regroupe pas le meilleur de la troisième époque (soit 1992, année de son retour, à 2005, dernier album sorti au moment de la compilation), mais le meilleur de l'ensemble de la carrière de Ringo Starr. Cette compilation, qui se vendra très bien à sa sortie, et est toujours dans le commerce, s'appelle Photograph : The Very Best Of, et est plutôt généreuse : 20 titres pour 67 minutes. Sa pochette est plutôt iconique et date de la première époque de la carrière solo de l'ex-Beatles. Ce qui tombe plutôt bien, vu que le contenu musical lui aussi mise surtout sur la première époque !

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Pour tout dire, l'ensemble de Blast From Your Past est présent ici (c'est à dire Photograph, Back Off Boogaloo, It Don't Come Easy, I'm The Greatest, No No Song...), et on trouve aussi Snookeroo et Goodnight Vienna (deux morceaux qui manquaient cruellement au premier best-of et sont tous deux issus du très bon Goodnight Vienna de 1974). Voilà pour les 12 premiers titres (sur 20, je le rappelle) de la compilation, soit plus de la moitié du disque ! La période 1976/1983 est représentée via Hey Baby et A Dose Of Rock'n'Roll (deux morceaux de Ringo's Rotogravure, de 1976) et Wrack My Brain (de Stop And Smell The Roses, 1981) et c'est tout. Rien de Ringo The 4th (1977), rien de Bad Boy (1978), rien de Old Wave (1983), alors que, par ordre de citation d'album, il aurait été bien d'avoir Drowning In The Sea Of Love, Who Needs A Heart et In My Car ici, même s'il n'y aurait pas eu assez de place sur un seul disque (bon OK, alors on en fait un double, où est le mal, après tout ?). C'est surtout dommage pour Drowning In The Sea Of Love, vraiment une bonne chanson, aussi bonne que le reste de l'album de 1977 est mauvais, c'est dire. Quant à la dernière période, commencée en 1992, elle est représentée via quatre morceaux : Weight Of The World (de Time Takes Time), King Of Broken Hearts (de Vertical Man, ce n'est pas celle-là que j'aurais choisie personnellement, j'aurais plus vue le morceau-titre ou One), Never Without You de Ringo Rama et Fading In Fading Out de Choose Love. La portion congrue, quoi, un comble quand on se rend compte que la période la plus représentée ici est la plus courte de sa carrière (1971/1974) ! On notera cependant une rareté enregistrée en 1989 : une reprise de Act Naturally (que Ringo chanta au sein des Beatles en 1965 sur Help !) en duo avec Buck Owens, qui chanta la chanson à l'époque. Voilà pour cette compilation, un article plus court que de coutume, mais que dire de plus ? C'est une acquisition recommandée pour découvrir Ringo en solo, mais je ne peux m'empêcher de la trouver un peu paresseuse dans sa deuxième partie, vu que la période la plus longue de la carrière de Ringo est la moins bien représentée, ce qui est quand même dommage, même si c'est vrai que le meilleur absolu de Ringo est entre 1971 et 1974. 

Photograph

It Don't Come Easy

You're Sixteen (You're Beautiful And You're Mine)

Back Off Boogaloo

I'm The Greatest

Oh My My

Only You (And You Alone)

Beaucoups Of Blues

Early 1970

Snookeroo

No No Song

Goodnight Vienna

Hey Baby

A Dose Of Rock'n'Roll

Weight Of The World

King Of Broken Hearts

Never Without You

Act Naturally (with Buck Owens)

Wrack My Brain

Fading In Fading Out

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14 juin 2017

"Choose Love" - Ringo Starr

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Honnêtement, sincèrement, en 2005, au moment de la sortie de cet album, on n'espérait plus rien de Ringo Starr. Ses deux précédents opus avaient été de telles déceptions (et c'est peu dire) qu'il aurait pu nous refaire le Double Blanc à lui tout seul en jouant de tous les instruments qu'on n'en aurait eu rien à foutre. Donc, la sortie en 2005 de Choose Love n'a pas eu lieu avec tambour et trompettes. Quatrième production de Mark Hudson (qui coproduit avec Ringo) depuis 1998, cet album contient, comme il est indiqué fièrement au dos du boîtier, 44 minutes et 36 secondes d'amour, durée de l'album. On y trouve 12 titres oscillant entre 3 et 4 minutes chacun. L'album est moyennement généreux, moins que le précédent, Ringo Rama (2003), et c'est dommage car la première chose à dire au sujet de Choose Love est qu'il est largement supérieur aux deux précédents opus de l'ex-batteur des Fabs. Les mauvaises langues diront que ce n'était vraiment pas difficile. Oui, c'est vrai, mais, bon, ça fait quand même du bien. Comme à son habitude, Ringo (entouré du groupe de Hudson, les peu connus Roundheads) a fait venir plusieurs stars. C'est ainsi que Don't Hang Up est interprétée en duo avec Chrissie Hynde, chanteuse des Pretenders. C'est ainsi que le légendaire et regretté Billy Preston, le pote de toujours, joue de ses claviers sur Oh My Lord. Et la femme de Ringo depuis 1983, Barbara Bach, pose des voix de choeurs sur The Turnaround (elle fait la 'voix diabolique', dixit les crédits du livret). 

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On ne peut pas dire du mal de quelqu'un qu'on aime, cette phrase, une citation de Ray Charles, est imprimée sur le verso du livret CD et semble résumer tout ce que l'on pense de Ringo Starr en général. Même si j'ai personnellement dit du mal de certains de ses albums (voir les deux précédents articles sur Ringo, sur ce blog), au fond de moi, j'adore ce mec parce que c'est un Beatles et que les Beatles, attention, ça se respecte et s'aime à mort. On ne peut pas attendre de Ringo la même chose qu'on attendait de Lennon et Harrison, et qu'on attend de McCartney. Cette phrase sur le livret semble quand même un peu poussive, l'air de dire OK, ce n'est pas génial ce que je fais, mais bon, vous m'aimez quand même, hein, je le sais, donc c'est pas grave. Un peu comme une excuse indirecte. Ca partait donc mal au départ : on ouvre le disque, on trouve cette phrase, on se dit sacré Ringo, il a foiré son disque et tente de minimiser les choses avec cette citation, c'est ça ? Mais non, Choose Love, dont la pochette est plutôt réussie bien que criarde, est un très bon petit album. Toujours sous la houlette (mais plus pour longtemps, leur collaboration cessera en 2007) de Mark Hudson, Ringo est en forme ici, il chante mieux que sur le précédent opus car il semble avoir retrouvé une certaine motivation, en tout cas une motivation certaine. Tout n'est pas immense ici, loin de là, mais Fading In Fading Out (que l'on retrouvera sur le best-of Photograph de 2007), Free Drinks, Oh My Lord, Don't Hang Up et Choose Love sont excellentes. 

sans-titre

Ringo ne peut pas s'empêcher des références aux Beatles (sur le morceau-titre, le pas très subtil The long and winding road is more than a song/Tomorrow never knows what goes on), mais ça fait toujours sourire. Sur Postcards From Paradise, en 2015, il écrira même une chanson, la chanson-titre, avec uniquement des titres des chansons des Beatles et de sa carrière solo, ce qui fait aussi paresseux qu'amusant.Choose Love est un bon opus, donc, un album rafraîchissant après deux merdes absolues, I Wanna Be Santa Claus et Ringo Rama, même si ce dernier contenait au moins une bonne chanson, Never Without You. Ici, tout n'est pas parfait, loin de là (Hard To Be True et Me And You ne sont pas terribles), mais dans l'ensemble les 44 minutes de l'album passent vraiment bien, faisant de ce disque, même s'il ne l'égale pas, son meilleur depuis Vertical Man (1998). En fait, si vous voulez vraiment jouer la comparaison, cet album est du niveau de Time Takes Time (1992), un très bon niveau donc. Ca fait du bien de voir Ringo en forme à nouveau !

Fading In Fading Out

Give Me Back The Beat

Oh My Lord

Hard To Be True

Some People

Wrong All The Time

Don't Hang Up

Choose Love

Me And You

Satisfied

The Turnaround

Free Drinks

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13 juin 2017

"&" - Julien Doré

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Je n'arrive pas à croire que cet article est le premier du blog sur Julien Doré. Je n'arrive pas à y croire, compte tenu que ça fait un petit moment que j'aime la musique de cet artiste. Comment se fait-il qu'il m'ai fallu attendre la sortie de son quatrième opus (et encore, il est sorti en fin d'année 2016, pas tout récemment) pour l'aborder ? Il est vrai aussi que mon blog a été en stand-by pendant plusieurs mois... Julien Doré est indéniablement, de tous les chanteurs issus de TV-crochets type Star Ac', The Voice ou Popstars (et lui est issu de La Nouvelle Star, qu'il a gagné), le meilleur, celui qui s'est le mieux démerdé, qui a vraiment réussi à faire son trou, comme on dit (certains citeront aussi Jenifer ou Olivia Ruiz, et c'est vrai, mais elles, en revanche, n'espérez pas que j'en parle ici). Déjà, il s'était fait remarquer en chantant une version très personnelle et étonnante du Moi Lolita d'Alizée durant l'émission de TV précédemment citée. Son premier opus, Ersatz, en 2008 (un jeu de mots entre la signification du titre de l'album, "succédané", et "succès d'année"), contient une étonnante (fallait oser la reprendre !) reprise du S.S. In Uruguay de Gainsbourg, et deux tubes : Les Limites et Les Figures Imposées (dans le clip duquel on voit Catherine Deneuve faire du roller, là aussi, fallait oser). Pour un premier album d'une nouvelle star issue de la TV-réalité, ça frappait assez bien. Le deuxième album, avec son titre et sa pochette à la con (volontairement à la con) puisqu'il s'appelle Bichon, sortira en 2011, et contiendra le hit Kiss Me Forever, dans le clip duquel Doré évolue sautillant dans les rues d'une cité pavillonnaire, tenant un bichon frisé dans les bras. Dans les notes de pochette, Doré remerciera sa maison de disques de ne pas avoir douté de lui même en apprenant le titre de l'album ! Un autre morceau était fait avec Françoise Hardy, un autre avec Biyouna, un autre, enfin (et là aussi, fallait oser, même si ça ne s'imposait pas), avec Yvette Horner. Même le bichon était crédité dans le livret !

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Le troisième album, Løve (se prononce "leuve", ce qui signifie "lion" en danois, et non pas "love" à l'anglaise, mais il y à un jeu de mots évident) datait de 2013 et renfermait deux hits : Paris-Seychelles et Chou Wasabi (titre de morceau à la con), en duo avec Micky Green. Un album plus pop électro que les précédents, plus varié et meilleur encore. La suite à ce carton plein allait donc sortir en 2016, c'est cet album, au titre des plus abscons, car il s'appelle &, ou Esperluette vu que c'est ainsi que l'on nomme ce caractère d'imprimerie. Le titre n'apparait pas sur la tranche du CD, CD sorti en édition simple et collector, et la collector, en gros boîtier-livret digipack avec un DVD bonus (qui s'appelle "Histoire d'&") propose quatre visuels sur quatre cartes de papier glacé, que l'on peut disposer comme on veut dans le die-cut en forme d'esperluette (une ouverture vers le haut permet de changer le visuel, on a soit le visuel tout en haut, soit une vue de montagnes, soit Doré dans l'eau en noir & blanc, soit Doré sur la plage au soleil couchant). Ce nouvel album, enregistré notamment avec Arman Méliès, contient 13 titres (pour une bonne cinquantaine de minutes) dont, déjà, à l'heure où je mets sous presse, trois tubes : Le Lac qui sortira en avant-prem's (le clip a fait parler de lui grâce à la présence de Pamela Anderson, qui partage les convictions écolo et vegan de Doré) et est une magnificence électropop ; Sublime & Silence, aux sonorités très électro par moments (le morceau semble dater des années 80 ; tout l'album, en fait) et au chant murmuré au piano ; et, récemment, Coco Câline, aussi efficace que son titre est ridicule. Ces trois hits ne doivent pas faire oublier le reste de l'album. 

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Les chansons font parfois un peu name-dropping dans leurs titres (Romy , interprétée en italien, Porto-Vecchio, Beyrouth Plage, Eden, sont des titres de chansons que l'on s'attendrait à trouver sur un album de Vincent Delerm ; je parle des titres, pas des chansons en elles-mêmes, toutes meilleures que la meilleure chanson que Delerm n'écrira jamais, dommage pour lui car nous on s'en fout), et partagent avec les trois hits un côté électro à la fois dansant et relaxant. & est un album mélodiquement très riche, assez varié, une sorte de Løve puissance 1000. La production est vraiment remarquable et signée Antoine Gaillet, l'album a été enregistré à Saint-Rémy-de-Provence (au studio La Fabrique, là même où, notamment, Nick Cave & The Bad Seeds ont fait leur monumental Push The Sky Away) et au home-studio Le Chalet à Saint-Martin-Vésubie, bref, dans le sud. De même que le clip du Lac, et les diverses photos du livret CD, toutes très belles. Il se dégage donc une atmosphère ensoleillée, sudiste, chaude, presque de vacances (Eden, Porto-Vecchio, Corail en duo avec Juliette Armanet, Sur la plage Coco Câline...) tout du long de cet album au titre quasi-inexistant. Je ne sais pas ce que le descendant du graveur et dessinateur Gustave Doré va nous préparer pour son futur cinquième album quand il s'y attellera, mais il aura un peu de mal, je pense, à faire mieux que ce qui, à ce jour, prend vraiment la place de meilleur album de sa courte mais très intéressante discographie !

Porto-Vecchio

Coco Câline

Sublime & Silence

Le Lac

Corail

Mon Echo

Romy

Moonlight Serenade

Eden

Magnolia

Beyrouth Plage

Caresse

De Mes Sombres Archives