Rock Fever

20 mai 2017

"Les Beatles Dans Leurs 14 Plus Grands Succès" - The Beatles

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Pourquoi encore aborder une compilation des Beatles sur Rock Fever alors qu'il y à déjà, ici, des best-ofs tels que 1962/1966 ((le fameux double rouge), 1967/1970 (le fameux double bleu), Love Songs, 1 et les Anthology, pour ne citer qu'eux ? Je l'avoue, c'est pour la pochette. Et le côté très rare, et donc côté, et donc cher, de l'album. Voici une des compilations les plus mythiques des Scarabées : Les Beatles Dans Leurs 14 Plus Grands Succès. Comme le titre de la compilation l'indique, elle est française (cocorico !), ayant été faite spécialement pour le marché français, par Odéon, filiale d'EMI. Ce disque renferme donc 14 titres qui, tous, ont eu un immense succès en France (mais pas que chez nous, évidemment), et ces 14 titres sont tous de la période 1963/1964, d'avant Help ! et Rubber Soul (les morceaux les plus récents à l'époque sont Eight Days A Week, I Feel Fine et sa face B She's A Woman). Le fait que cette compilation ne parût, à l'époque, qu'en France en a rapidement fait un des objets de collection les plus prisés, se vendant généralement au minimum à 100/150 €, dans son édition d'époque. Ca en a fait, aussi, un des albums les plus copiés, piratés, de l'histoire du groupe. Avis aux fans qui ne s'y connaissent pas beaucoup : si un jour vous tombez, en convention ou sur le Net, sur une édition vinyle de ce disque avec le numéro de catalogue XSO 132, il s'agit d'une réédition non officielle (cette compilation n'a, en effet, jamais été officiellement rééditée, et n'existe pas, de manière officielle, en autre format que le vinyle de 1965), d'un pirate quoi, et d'ailleurs, le contenu est différent : il ne s'agit pas des morceaux d'époque dans leurs versions de la compilation, des singles et albums, mais de versions alternatives, studio ou live (certaines ayant été utilisées pour le jeu vidéo Rock Band !), des mêmes morceaux, dans le même ordre. De même, la couleur des morceaux sur le recto de pochette est différent (il me semble d'ailleurs que l'illustration ci-dessus est celle du pirate, l'originale proposant les morceaux écrits en marron clair plutôt qu'en vert...). Pour info, l'original de 1965 est avec le numéro de catalogue OSX 231, vous remarquerez que le pirate possède un numéro de catalogue littéralement inversé !

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Verso de la pochette originale, d'époque

Je possède, personnellement, une édition vinyle piratée, datant du début des années 2010, de cette compilation (je ne la possède pas, en revanche, dans son édition d'époque, mais c'est un de mes rêves de Beatlemaniaque que de la posséder), achetée 20 € en mon âme et conscience. Il aurait été difficile de penser tomber sur une édition originale : non seulement le carton de pochette était clean et tout neuf, non seulement le prix du vinyle (20 balles) interdisait de penser qu'il s'agissait d'une édition originale (ou alors, le vendeur n'y connaissait rien du tout, mais ce n'était pas le cas, pas dans une convention spécialisée), mais de plus, au verso de pochette, outre la précision que les morceaux n'étaient pas les versions d'époque (il y avait la précision que tel ou tel titre était issu d'un concert, d'autres de Rock Band...), on avait, parmi les illustrations des autres albums du groupe (les version françaises des albums, à savoir avec des titres différents, comme Beatles 65 au lieu de Beatles For Sale, par exemple), un visuel de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (en version piratée publiée sur un obscur label du nom de...Porlaphone !), chose littéralement impossible sur la compilation de 1965, Sgt. Pepper's... datant de 1967 ! Difficile donc de se faire avoir. On notera que l'édition pirate est d'une qualité audio généralement très bonne, que les prises alternatives ou live sont très bonnes, et que malgré tout, on ressent du plaisir à tenir dans ses mains cette fameuse pochette. Et ce, tout en sachant pertinemment que ce que l'on tient dans sa main n'a que peu de valeur. Bref, un disque pour collectionneurs un peu maso. Je ne vais pas revenir sur les 14 titres présents sur cette compilation, compilation que toute personne possédant les albums et plusieurs best-ofs peut reconstituer sur un CD à graver. Ils sont tous remarquables, morceaux originaux (She's A Woman, From Me To You) ou reprises (Twist And Shout, Roll Over Beethoven).

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C'est donc pour la pochette (et le fait qu'elle n'est sortie qu'en France) que cette compilation est aujourd'hui un des plus fameux Graals Beatlesiens (au même titre que Beatles 65, français, avec la pochette double en die-cut avec vitrophanie, ou que Yesterday And Today, album américain Capitol de 1966, avec la Butcher Cover intacte ou bien la Trunk Cover plus ou moins bien décollée, ou tout simplement laissée telle quelle sur la Butcher Cover, pour plus de précisions, si ces allusions vous passent au-dessus de la tête, lisez mon article sur cet album, sur ce blog). La pochette montre donc les Beatles à cheval, dans une belle photo couleur située sur fond de couleur bois (l'encadrement de la pochette). Contrairement à ce que l'on a pu penser autrefois, album français oblige, la photo n'a pas été prise à Fontainebleau ni nulle part ailleurs en France, mais aux USA, dans un ranch du Missouri, en 1964. Au dos, des photos n&b montrent le groupe, notamment, sur une plage, à se prélasser sur des transats, ou bien en train de s'éclater au ping pong, ou de poser sur une plage en tenue de matelots. On a aussi des fac-similés de leurs autographes (tout a été reproduit sur la copie pirate). L'ensemble de cette compilation d'époque, pochette et provenance, font donc de ce disque une authentique pièce de collection, une prise de guerre que tout fan du groupe espère ranger tôt ou tard sur son étagère. On précisera une dernière chose : compte tenu que ce disque n'a pas été réédité de manière officielle en vinyle, on ne peut donc le trouver, en édition originale, que dans un état plus ou moins correct, l'album ayant, et c'est normal, été passé sur une platine de nombreuses fois par ses acquéreurs ; bref, en trouver une édition d'époque en état impeccable relève du domaine de l'improbable ! A noter que d'autres éditions non officielles existent avec des disques de couleur (bleu, rouge...) ou même des picture-discs à l'effigie du visuel de pochette. Le tout est très joli, mais ne remplace pas l'édition d'époque. Un fan n'ayant pas envie de payer une blinde, ou ne pouvant pas se le permettre, pourra cependant s'en contenter, en espérant bien sûr pouvoir, un jour, se payer le vrai Les Beatles Dans Leurs 14 Plus Grands Succès. Personnellement, je ne désespère pas.

FACE A

From Me To You

Please Please Me

She Loves You

Twist And Shout

I Saw Her Standing There

I Want To Hold Your Hand

All My Loving

FACE B

Roll Over Beethoven

Can't Buy Me Love

A Hard Day's Night

I Feel Fine

She's A Woman

Eight Days A Week

Rock And Roll Music


17 mai 2017

"Stop And Smell The Roses" - Ringo Starr

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Bon, on ne va pas se mentir : la pochette de cet album est ridicule. Ce regard de caniche fraîchement toiletté, cette petite moue, cette posture genre je me cache derrière ce beau bouquet de roses parce que je suis timiiiiiiiide... Ringo Starr, car c'est lui, n'a que rarement fait dans la demi-mesure, surtout pour ses pochettes d'albums. Rappelez-vous celle de Goodnight Vienna, où il pose en Klaatu, l'extra-terrestre du film Le Jour Où La Terre S'Arrêta (de fait, la pochette était littéralement issue du film, on a juste superposé la tête de Ringo sur celle de l'acteur du film, Michael Rennie) ; celle de Ringo The 4th, où il pose, en tenue de réception, épée et roses en pogne, avec une femme en petite tenue sur les épaules, et le regard complètement paumé, visage rougi et bouffi par les excès de boisson ; celle de Ringo's Rotogravure, où on le voit, souriant, en gros plan, avec une loupe sur l'oeil ; celle de la compilation Blast From Your Past, où il semble en train de se prendre un coup de jus (visage dédoublé, triplé même, flou) ; et certaines des futures pochettes, comme I Wanna Be Santa Claus ou Ringorama, que je n'ai pas le coeur de décrire... Si pour moi celle de Ringo The 4th est la pire, et de loin, celle de cet album de 1981, Stop And Smell The Roses, l'égalise presque. Le titre de l'album est lui aussi d'un niais fini : prends le temps de respirer les roses. Une expression typiquement anglophone qui signifie hé, mec, relax, détends-toi, on est pas aux pièces. Ce disque est sorti en 1981, donc. Il fait suite à Bad Boy, qui, lui, datait de...1978. Entre temps, Ring se fera virer de sa maison de disques (Polydor, depuis 1976) pour échecs commerciaux consécutifs, et il plongera franchement dans la boisson. Il signe chez Boardwalk Records, avec qui il restera jusqu'à 1983/84 (de toute façon, il ne sortira aucun album entre 1984 et 1991... si ce n'est une compilation désormais hors-commerce, Starr Struck, en 1989).

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Cet album a été commencé le 11 juillet 1980, et sera terminé le 12 février 1981 (pour sortir en octobre ou novembre de la même année, selon le continent). Un fan des Beatles, un fan de rock en général même, sait très bien ce qui s'est passé le 8 décembre 1980 : l'assassinat de John Lennon. Cette terrible tragédie est donc pile poil pendant les sessions de cet album. Il était prévu pour Ringo et Lennon se se rendre en studio, courant décembre, pour y enregistrer quelques morceaux que Lennon venait d'écrire pour son batteur favori, notamment Life Begins At 40 (âge de Lennon en 1980). Lennon aurait de surcroît produit ces morceaux, qui se seraient retrouvés sur le disque. Ringo, on le comprend facilement, n'aura jamais le coeur à les enregistrer. Si cet enculé de M.C. (initiales du tueur de Lennon) n'avait pas existé, Stop And Smell The Roses aurait probablement permis aux quatre ex-Beatles de jouer sur le disque, même si ça n'aurait jamais été sur le même morceau (la même chose est à dire au sujet de l'album Ringo de Ringo Starr, en 1973, qui reste à ce jour le seul et unique album post-Beatles à proposer, mais jamais sur un seul et même morceau, les quatre membres). En effet, Macca et Harrison jouent sur le disque, sur des morceaux qu'ils ont par ailleurs produits, et pour plusieurs d'entre eux, écrits pour Ringo : Attention, Private Property et la reprise de Sure To Fall de Carl Perkins (pour McCartney), Wrack My Brain et la reprise de You Belong To Me (pour Harrison). D'autres stars produisent et jouent sur le disque : Stephen Stills a produit You've Got A Nice Way (qui contient sa patte, indéniablement) ainsi que d'autres morceaux qui finiront en bonus-tracks sur la réédition CD. Ron Wood a produit Dead Giveaway (et aussi d'autres morceaux qui seront en bonus CD). Enfin, Harry Nilsson a produit Drumming Is My Madness, Stop And Take The Time To Smell The Roses et une nouvelle version du tube que Ringo avait eu en 1972, Back Off Boogaloo (une chanson signée Ringo), ici plus dansante et entrecoupée d'allusions mélodiques à des chansons des Beatles et de Ringo en solo (elle s'ouvre sur la mélodie de It Don't Come Easy). Avec ces 10 titres, l'album dure 31/32 minutes. On imagine que sa courte durée est inhérente au fait que les chansons de Lennon ne s'y trouveront hélas jamais...

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Musicalement, cet album est plus intéressant qu'il n'y paraît. Ce n'est franchement pas un chef d'oeuvre quand même, mais comparé aux précédents albums de Ringo, on peut dire que c'est son meilleur depuis Goodnight Vienna (1974), au pire depuis Ringo's Rotogravure (1976), bref son meilleur en facilement 5 ans, et il enterre les deux précédents avec un grand sourire et une pelle en or massif. Ceci dit, si Wrack My Brain (qui sera un hit), Stop And Take The Time To Smell The Roses (aux paroles hilarantes, tout comme Drumming Is My Madness, on sent bien la patte Nilsson ici) et You've Got A Nice Way sont remarquables, ce n'est vraiment pas le cas de Dead Giveaway, Attention et cette reprise sympa mais inutile de Back Off Boogaloo. Un album inégal donc, enregistré en partie dans la joie et en partie dans le deuil (au verso de pochette, Ringo, en veste de cuir, se cache le visage derrière son bras, qui tient les roses... on peut se dire que le recto de pochette symbolise l'avant-mort de Lennon et le verso, l'après), mais qui a quand même quelque chose du retour en force (en petite force, mais en force quand même) pour Ringo. Aidé par ses amis (comme le disait la fameuse chanson des Beatles, de 1967, qu'il chantait sur Sgt. Pepper's...), il reprend du poil de la bête, même si ça ne sera que temporairement. En effet, si son album suivant, en grande partie produit par Joe Walsh (qui jouera dessus), Old Wave en 1983, sera encore meilleur, ça sera aussi son dernier jusqu'à Time Takes Time en 1992. Et Old Wave, hélas, subira de gros problèmes de distribution, il ne sera commercialisé, à l'époque, qu'au Canada et en Allemagne (de l'Ouest), et se le procurer, à l'époque, était vraiment difficile. C'est encore plus le cas maintenant (le seul album du batteur, et des ex-Beatles en général, que je n'ai pas encore ; je ne désespère pas), faisant du follow-up de Stop And Smell The Roses un des plus obscurs de toute la discographie beatlesienne.

FACE A

Private Property

Wrack My Brain

Drumming Is My Madness

Attention

Stop And Take The Time To Smell The Roses

FACE B

Dead Giveaway

You Belong To Me

Sure To Fall

You've Got A Nice Way

Back Off Boogaloo

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16 mai 2017

"Graz 1975" - Deep Purple

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Seulement 8 titres sur ce live de Deep Purple sorti en 2014 au sein de la fameuse Overseas Live Series (une série de lives anthologiques du groupe, de leurs diverses formations mais pour le moment uniquement des années 70, avec son remastérisé et aux pochettes similaires, les tranches des albums formant un motif en plusieurs parties). Seulement 8 titres, et un seul disque aussi, surtout, ce qui peut sembler peu généreux. Mais attention, cet opus de la Overseas Live Series est quand même généreux en qualité, le disque étant rempli quasiment jusqu'à la gueule, le CD dure en effet... 79 minutes ! Antépénultième (c'est à dire avant-avant-dernier) en terme chronologique  des concerts proposés, pour le moment, cet album sorti en 2014 est une pure tuerie, autant le dire tout de suite. Chose amusante et probablement révélatrice, quelque part, de son haut niveau, c'est le seul des albums de la série à proposer le nom du groupe en laqué doré, plutôt qu'en simple impression rouge. Idem pour le titre de ce live, également en laqué (comme pour les autres albums de la série), mais aussi en version dorée. C'est peut-être pour bien cadrer avec la teinte jaune/dorée de la photo utilisée (une photo du groupe en concert, comme pour les autres, et très certainement prise durant le concert proposé).

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Je n'ai toujours pas donné le nom de cet album, d'ailleurs. Compte tenu que chaque live de la série porte le nom du lieu du concert suivi de l'année, ce qui est peu original mais pratique pour les repérer, voici donc, roulement de tambour... Graz 1975. Vous ne serez pas surpris d'apprendre que ce live a été capté (qualité sonore juste exceptionnelle) en 1975 à Graz, en Autriche. La date exacte est le 3 avril 1975. L'emplacement exacte est le Eishalle Liebenau de Graz. A gauche au rond-point après le KFC (non, je déconne). Ce concert sera l'un des derniers de la formation dite MkIII (celle des albums Burn et Stormbringer, tous deux de 1974) de Deep Purple ; 4 jours plus tard, le 7 avril précisément, le groupe fera le dernier concert de sa tournée Stormbringer, au Palais des Sports de Paris, et juste après ce concert aussi anthologique que celui de Graz (et ayant fait l'objet aussi d'un Overseas Live Series, le suivant que j'aborderai d'ailleurs), Ritchie Blackmore, le légendaire et brumeux guitariste, partira. Il sera remplacé par Tommy Bolin, avec qui le groupe, sous sa désormais formation MkIV, enregistrera un album studio (Come Taste The Band) et partira en tournée pour le promouvoir, tournée qui s'achèvera courant 1976 (derniers concerts : au Japon) par la séparation du groupe. Bolin décèdera d'overdose courant 1976, aussi. De la formation MkIV, un Overseas Live Series, le dernier à aborder pour le moment (et le dernier sorti, aussi, car même s'il ne sortent pas de manière chronologique, c'est tout de même lui le plus récent dans les bacs), existe : Long Beach Arena 1976, qui est juste immense. Mais revenons à Graz 1975.

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Lord, Hughes, Coverdale, Paice, Blackmore

Formation MkIII donc, c'est à dire Blackmore (guitare), David Coverdale (chant), Glenn Hughes (basse, chant), Jon Lord (claviers) et Ian Paice (batterie). Une formation d'enfer, qui délivrait alors un hard-rock teinté de funk. On trouve ici 8 titres donc. 3 sont issus de Burn (le morceau-titre, en ouverture comme il se doit, et qui, comme il se doit là aussi, envoie le bois direct ; Mistreated et You Fool No One, bien longs comme il faut), 3 de Stormbringer (le morceau-titre, Lady Double Dealer et The Gypsy), les deux restants sont de Machine Head (Smoke On The Water et le toujours très long, et quasiment toujours en final, Space Truckin'). Performance incendiaire d'un groupe survolté, celle de Graz servira en partie (celle de Paris du 7 avril aussi) à un live sorti en 1976, Made In Europe, un live court (5 titres, 45 minutes) et souvent décrié, mais qui délivre bien la marchandise, comme on dit. Certes, ce 'petit' live sorti après la séparation du groupe n'est pas du niveau de Made In Japan, et les versions complètes des concerts de Graz et Paris 1975 sont nettement, très nettement supérieures, mais Made In Europe est quand même un excellent live ; après tout, la matière de ce live est issue de concerts anthologiques. Quels titres de Graz 1975 sont sur Made In Europe, je ne sais pas, ou plus ; il est par ailleurs probable que Made In Europe ait été construit de bric et de broc, genre une partie d'un morceau issue d'un concert, et la seconde partie du même morceau, issue d'un autre, cette pratique a déjà été faite sur, notamment, le At Fillmore East du Allman Brothers Band. J'ai envie de dire qu'on s'en fout. Si vous aimez le hard-rock, le bon gros rock qui bute, si vous aimez Deep Purple, ce Graz 1975 est fait pour vous. Contrairement aux autres Overseas Live Series (le Long Beach 1971 excepté), il n'est que simple CD, mais sa faible générosité est contrebalancée par une qualité que je ne peux qualifier autrement que purement monumentale. Et il semblerait, après vérifications, que l'intégralité du show y serait bel et bien, un show court, donc (un peu moins de 80 minutes), bien tassé, mais sans aucun point faible. Le meilleur du Pourpre MkIII est là !

Burn

Stormbringer

The Gypsy

Lady Double Dealer

Mistreated

Smoke On The Water

You Fool No One

Space Truckin'

14 mai 2017

"Live ! At The Star-Club In Hamburg, Germany 1962" - The Beatles

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Alors là... Je ne sais que dire. Je ne savais tout simplement pas qu'il était possible de trouver un album avec une aussi mauvaise qualité sonore. Non, je n'exagère en rien : c'est tout simplement chiable, nullissime, boueux, inaudible...et le pire, c'est que, d'après ce que j'ai pu dénicher comme infos sur le Web  (Wikipédia mon ami), les bandes auraient été remastérisées avec les meilleures techniques de l'époque (mi-seventies) afin de les améliorer au maximum. Je n'ose imaginer, donc, à quoi elles devaient bien ressembler avant... Cet album est un disque des Beatles, donc, et il est à la fois important et risible dans leur discographie pléthorique. Important car ce que l'on y entend est historique : les premiers enregistrements live, au Star-Club de Hambourg (Allemagne, à l'époque RFA) en 1962, avant les premiers enregistrements chez EMI, avant les premiers singles commercialisés, avant donc que le succès n'arrive. Et risible car la qualité sonore est déplorable, et surtout parce que cet album n'est pas officiel. Reconnu par aucun Beatles (ils auront d'ailleurs des mots très durs au sujet de ce disque), qui tenteront d'en interdire la distribution et obtiendront par la suite gain de cause au moment de la sortie en CD de leur répertoire. Oui, ce Live ! At The Star-Club In Hamburg,, Germany 1962 est un bootleg ! La pochette noire et sobre et les labels des disques (blanc, sobre), sans parler de la démarche en elle-même de publier ces enregistrements d'une horrible qualité audio  (le tout ayant été, à l'époque, enregistré sur cassette audio, imaginez...), tout vous hurle à la face un bon gros BOOTLEG ! bien sonore. Ceux qui ont publié ces bandes ont pour l'occasion crée un label, Lingasong, qui ne durera que le temps de cet album, sorti en 1977.

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C'est un double album mais malgré cela, il est très court : 59 minutes à peu près. On y trouve, sans aucune précision de dates, plusieurs performances (aucun doublon parmi les titres : chaque morceau, ici, n'est proposé qu'une fois) que le groupe, qui avait encore en son sein Pete Best pour certains titres ici présents, avant qu'il ne soit viré et remplacé par Ringo, a faites au mythique Star-Club de Hambourg, un lieu cultissime ayant notamment accueilli Jerry Lee Lewis (qui, en 1964, publiera un Live At The Star-Club juste anthologique et comptant encore aujourd'hui parmi les plus grands albums live de l'histoire du rock). Je ne sais donc que dire pour continuer cet article. On y trouve, ici, aussi bien des classiques du groupe (I Saw Her Standing There ouvre le bal), essentiellement, quasi exclusivement même des reprises : Twist And Shout, Long Tall Sally, Matchbox, Everybody's Trying To Be My Baby, Roll Over Beethoven, A Taste Of Honey... Pas mal de morceaux étaient, à l'époque de la sortie de ce live en 1977, inédits sur les albums studio et singles (faces A et B incluses) du groupe, comme Besame Mucho, Hippy Hippy Shake, Little Queenie, Sweet Little Sixteen, Red Sails In The Sunset. C'est peut-être moi, sans doute mes oreilles qui, à force, commençaient à s'habituer, mais j'ai l'impression que la qualité audio de la dernière face est nettement supérieure à celle des trois autres, et surtout des faces B et C (pour la A, c'est un chouïa meilleur que les B et C, mais de si peu...), tout en étant franchement déplorable, pour tout dire. On a le plus souvent du mal à reconnaître les morceaux, on entend un embrouillis de sons noyés par le public (qui, à l'époque, n'était cependant pas aussi bruyant qu'il le sera par la suite en pleine Beatlemania...) et les conditions minables d'enregistrement (je le redis, une cassette audio, tout est sur le même canal, batterie, chant, guitares, basse, public...). Impossible donc de dire si le groupe joue bien ou comme des amateurs. De plus, sur deux titres, on entend le patron du Star-Club chanter à la place de Lennon ou Macca (ou Harrison), te dire !

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Bref, ce live pirate, qui marchera bien à sa sortie car il sortira cependant de manière traditionnelle (enregistrement pirate, mais il ne se vendait pas sous le manteau, et on le trouve encore facilement sur le net ou en conventions), est à fuir à moins d'être un Beatlemaniaque invétéré et tout sauf raisonnable (mais 'raisonnable' et 'Beatlemaniaque' sont presque des contraires), un collectionneur fou et incontrôlable, un authentique psychofan comme moi. La seule raison valable, outre la collection évidemment, pour se procurer ce disque, c'est son côté historique, car on y entend le groupe en live avant que tout n'explose pour eux, à l'époque où ils n'avaient encore pas grand chose pour eux, où la maison de disques Decca (qui avait signé les Rolling Stones) les refusera après une session qui ne leur plaira pas et qui, pourtant, pour l'avoir entendue sur un bootleg d'excellente qualité, est vraiment bonne. Mis à part ce côté historique, ce live est déplorable, de sa qualité sonore au contexte de sa sortie.

FACE A

I Saw Her Standing There

Roll Over Beethoven

Hippy Hippy Shake

Sweet Little Sixteen

Lend Me Your Comb

Your Feet's Too Big

FACE B

Twist And Shout

Mr. Moonlight

A Taste Of Honey

Besame Mucho

Reminiscing

Kansas City

FACE C

Ain't Nothing Shakin' (Like The Leaves On A Tree)

To Know Her Is To Love Her

Little Queenie

Falling In Love Again

Ask Me Why

Be Bop A Lula

Hallelujah, I Love Her So

FACE D

Red Sails In The Sunset

Everybody's Trying To Be My Baby

Matchbox

Talkin' 'Bout You

Shimmy Shake

Long Tall Sally

Remember You

"Opération Aphrodite" - Gérard Manset

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Jusqu'à il y à environ un an (plus ou moins), le dernier album studio de Gérard Manset remontait à 2008, il s'agissait de Manitoba Ne Répond Plus, un très bon album contenant notamment Comme Un Lego,  chanson que Manset, la même année, offrira à Bashung, qui la chantera sur Bleu Pétrole, son dernier album, sorti un an avant sa mort. Après 2008, silence radio ou presque pour Manset, même si on n'a en fait jamais cessé de parler de lui, de façon interposée : Raphaël, aux Francofolies, reprendra à sa sauce l'intégralité de son album Matrice de 1989, Manset signera des chansons pour divers artistes (ce qu'il n'a pour ainsi dire jamais cessé de faire), il publiera des livres, recueils de photos (c'est un photographe hors-pair)... Mais de nouvel album, rien. Il faudra se contenter d'un album de nouvelles versions de ses chansons, interprétées en duo (Un Oiseau S'Est Posé), d'un nouveau best-of... Et puis, un jour de 2016, je suis dans le métro, ligne 7, à je ne sais plus quelle station (Poissonnière ? Riquet ? On s'en fout, en même temps), et j'aperçois, sur le mur courbé de la station, une grosse affiche noire représentant une fusée stylée décollant vers les étoiles, et parmi les mots sur l'affiche, je lis "Manset", et "nouvel album". Ainsi qu'une date de sortie, que j'ai depuis oublié, mais j'ai acheté le disque à peu près au moment de sa sortie. Opération Aphrodite, tel est le titre de cet album. Je n'ai pas bondi de joie dans ma rame, car le plafond y est assez bas et je me serais fait mal, et je serais aussi passé pour un con devant les autres usagers. Mais le coeur y était, et ça a ensoleillé ma journée, voire ma semaine, voire même le mois entier.

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En consultant le Ouèbe, je constate que cet album renferme 18 titres que j'imagine donc très courts dans l'ensemble (après obtention de l'album, j'en ai eu confirmation avant même la première écoute : sur les 18 titres, 7 font moins de 2 minutes, mais bon, on en a aussi 4 qui atteignent ou dépassent les 6 minutes et parmi eux, un qui en fait carrément 11, le reste est d'une durée lambda pour une chanson, 3/4 minutes), et qu'il s'agit d'un album inspiré du roman Aphrodite de Pierre Louÿs. Lequel était apparemment assez connu pour ses oeuvres flirtant de près ou de loin avec l'érotisme. Hum, Manset adapte un roman rose ? Non, l'album, en partie chanté et en partie récité (des morceaux entiers du roman sont narrés, avec accompagnement musical, les morceaux récités sont, au dos du CD et dans le livret des paroles, imprimés en blanc, et, sur le tracklisting en bas de l'article, mis en italique), est centré sur la mythologie. Ce qui n'empêche pas Manset de mettre des illustrations qui, toutes (et il indique carrément, au dos du CD, les références des titres), sont issues des couvertures des romans de  SF de la fameuse collection "Anticipation" des éditions Fleuve Noir. On a notamment ici des illustrations issues des visuels de couverture de romans de Stefan Wul, Richard Bessière ou Jimmy Gieu, une de ces illustrations est juste en-dessous de ce paragraphe. Le lien avec la mythologie est inexistant. C'est probablement pour faire joli, ou pour rendre le bouzin encore plus inclassable. Pari réussi, dans ce cas, Opération Aphrodite est tellement chelou qu'à côté, La Mort D'Orion (album de Manset sorti en 1970, un oratorio auquel il est plus que permis de beaucoup penser pendant l'écoute de ce nouvel album, tant la filliation semble claire et nette) ressemble au dernier disque de M. Pokora.

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Manset, dont la voix a pas mal changé depuis le temps (elle est désormais encore plus tremblotante, elle a pris un coup, surtout dans les passages narrés), n'a pas perdu son sens de la poésie teinté de prosaïsme, certaines lignes de texte sont parfois un peu ridicules (Comme Un Arbre Ses Fruits, un des plus longs morceaux de l'album - 7,30 minutes - avec son franchement et involontairement désopilant Un monde où Jean se marrait et Simone Signoret), mais dans l'ensemble, c'est beau. Après, faut vraiment s'accrocher, les 65 minutes (à peu près) de l'album ne sont vraiment pas ce que Manset a fait de plus accessible. Il y est entouré notamment de Chloé Stefani (voix narrative féminine, Manset faisant la narration masculine), de Kamel Labbaci (luth, flûte, alto), et de plusieurs musiciens de grand niveau qui, pour beaucoup, n'en sont pas à leur coup d'essai mansétien : Vic Emerson (claviers), Didier Batard (basse), Serge Perathoner (claviers), Patrice Marzin (guitare), Pierre Chérèze (guitare)... Manset tient un peu de guitare et de claviers. Dans l'ensemble, Opération Aphrodite est un Manset inclassable, un disque qui mérite vraiment plusieurs écoutes attentives, un peu espacées. Ce n'est pas vraiment le genre de disque à écouter d'une oreille distraite en faisant autre chose, il faut lire les paroles du livret en même temps, s'imprégner des atmosphères... Des morceaux, comme Ma Collection Particulière ou Divinités (le plus long morceau) sautent directement aux oreilles, c'est du grand Manset, mais au final, tout l'album est d'un niveau remarquable, c'est juste que Manset ne nous avait plus habitués à autant d'hermétisme, d'originalité. Vu l'âge du bonhomme (né dans les années 40) et le fait qu'il met beaucoup de temps pour faire un disque, il se peut bien que cet album soit son dernier, j'espère que non, mais si tel est le cas, il aura au moins achevé sa discographie avec originalité et une belle prise de risque !

Ouverture : Odysseus

L'Amour Brisé

La Place De Rhacotis

Comme Un Arbre Ses Fruits

L'Esclave

Landicotal

La Crucifiée

Le Lys Dans La Vallée

Rhodis

L'Amour En Océanie

La Porte Rouge

Que T'Ont-Ils Fait

Les Grands Lys

Ma Collection Particulière

Tu Es Condamnée

Divinités

Galaxie

Final : Orphée


13 mai 2017

"Live In London (Gaumont State Theatre, Kilburn) 1974" - Deep Purple

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Revoilou Deep Purple sur le blog, à l'heure où le groupe a refait parler de lui, dans l'actualité musicale rock, vu que leur dernier album en date, InFinite, vient de sortir il y à environ un mois. Un très bon petit album, d'ailleurs, mais je ne suis pas là, ici, aujourd'hui, pour en parler, mais pour parler d'un de leurs (nombreux) (très nombreux, même) (ça suffit, les parenthèses ? Merci) albums lives. J'ai abordé récemment (enfin, il y à quand même trois/quatre mois !) plusieurs lives de leur série Overseas Live Series, des parutions officielles à la qualité audio remarquable de concerts issus de leurs différentes périodes. Enfin, les trois que j'ai abordés récemment, par ordre chronologique des concerts et non des parutions, étaient tous de la période MkII, celle avec Ian Gillan au chant, Roger Glover à la basse, bref, la période dorée des albums In Rock, Machine Head, et du live mythique Made In Japan... Place maintenant à la période suivante, la MkIII, qui vit Roger Glover remplacé par Glenn Hughes (qui, en plus de la basse, tiendra aussi le chant sur certains morceaux) et, surtout, Ian Gillan remplacé par David Coverdale. Cette période MkIII, qui verra le groupe enregistrer deux albums studio, va de la fin 1973 à mi-1975. Elle cessera juste après la tournée de Stormbringer (courant 1975 pour la tournée ; 1974 pour l'album) avec le départ de Ritchie Blackmore (guitare), qui sera remplacé par Tommy Bolin, un très bon guitariste qui décèdera prématurément d'overdose moins d'un an après, courant 1976. Le groupe, sous cette formation MkIV, ne fera qu'un album studio (et un live), Come Taste The Band. Mais revenons à la période MkIII (on ne s'en sort plus, avec ces appellations !), car le live que j'aborde aujourd'hui est de cette période.

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Ce live date de 1974, au moment de la parution du premier album de la formation MkIII, Burn (album enregistré à Montreux, Suisse, là où le groupe fit Machine Head, mais Burn fut, lui, enregistré en studio et non pas, comme Machine Head, dans les couloirs du Grand Hotel de la ville !). Paru à plusieurs reprises, notamment en vinyle dans une version sur laquelle manquait, il me semble, le dernier morceau, il a été enregistré au Gaumont State Theatre de Kilburn, agglomération de Londres, en 1974 donc. Il s'appelle donc Live In London, ça ne surprendra personne. Il ne s'agit pas d'un live de la fameuse Overseas Live Series, ayant été publié avant qu'elle ne débute, mais il aurait très bien pu en faire partie malgré cela. Ce live est à la fois généreux et pas très généreux. Pas très généreux en nombre de morceaux, il n'y en à que 7, et pour deux disques qui plus est (le second CD n'en contient que 2). Mais il dépasse les 90 minutes, il en fait très précisément 94 en fait. Pour tout dire, les deux titres du second CD durent respectivement 20 et 31 minutes !! On ne conseillera donc pas vraiment ce live pour l'écoute au casque ou en voiture sur le trajet du bureau, à moins d'habiter loin de votre lieu de travail et de vous enquiller une heure ou plus de trajet "aller". La qualité sonore est juste excellente tout du long de ce live faisant plus que la part belle à Burn : des 7 titres du live, seuls 2 n'en sont pas tirés, Smoke On The Water et Space Truckin' (le fameux morceau de 30 minutes), tous deux issus de Machine Head. On notera que Coverdale, sur Smoke On The Water, ne chante pas We all came down to Montreux, mais They ; la chanson parle des déboires du groupe pour enregistrer Machine Head à Montreux, mais Coverdale ne faisait pas partie du groupe à l'époque, il chante donc à la troisième personne du pluriel. Quelque part, c'est logique... On a donc, ici, 5 titres issus de Burn, et rappelons que Burn contient, en tout, 8 titres.

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Bien entendu, on a ici les futurs gros classiques Burn, Mistreated (ici longue de 15 minutes) et You Fool No One (20 minutes ici), qui dépotaient déjà grave grave ici dans une de leurs premières interprétations live. Might Just Take Your Life et Lay Down, Stay Down sont les deux autres morceaux de l'album interprétés ici, c'est ultra efficace. Je regrette cependant vraiment que Sail Away ne fut pas interprétée (sans doute ne l'a-t-elle même jamais été) au cours de ce concert, ce morceau assez funkysant (le funk imprègnera pas mal la formation MkIII du groupe, ainsi que la MkIV, Glenn Hughes aimant beaucoup ce style de musique) est probablement mon préféré de Burn, avec le morceau-titre. Mais ce n'est pas un reproche, juste un regret de fan. Mis à part ça, ce Live In London est juste surpuissant, même s'il faut s'accrocher à ce deuxième disque long de 50 minutes pour seulement deux titres. Solo de batterie, de claviers, improvisations vocales et guitaristiques, accélérations ou ralentissements de tempo, rien ne manque ici, y compris la légendaire suffisance de ces groupes anglais de rock et hard-rock (à cette même glorieuse époque, Led Zeppelin faisait des versions de 30/35 minutes de Dazed And Confused et Moby Dick, des Stairway To Heaven de 20 minutes... au cours d'un seul et même concert ! et à chaque concert ! On comprend qu'ils se droguaient, certains d'entre eux). Généralement vendu à un prix très attractif (je l'ai eu à même pas 10 €, neuf, en magasin, et je rappelle que c'est un double album), avec un livret bien détaillé et généreux, ce Live In London est ultra conseillé pour tous les fans de rock, de hard-rock et de Deep Purple qui, ça serait curieux mais tout arrive, ne l'auraient pas encore chez eux. En plus, comme je l'ai dit plus haut, la qualité sonore est excellente, et ça en rajoute, bien entendu, au bonheur. Bref, essentiel !

CD 1

Burn

Might Just Take Your Life

Lay Down, Stay Down

Mistreated

Smoke On The Water

CD 2

You Fool No One

Space Truckin'

11 avril 2017

Ex-Beatles : la discographie solo commentée

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Comme le titre l'indique, cet article énumère la discographie solo officielle (studio et live ; ceci dit, je fais une exception pour les albums live du All-Starr Band de Ringo, trop nombreux et similaires, et pour les incartades classique de McCartney genre Ecce Cor Meum) des ex-Beatles. Chaque discographie avait été faite séparément, les voici réunies, et le tout de manière chronologique, évidemment !

1968

george-harrison-wonderwall-musicWonderwall Music (George Harrison) : Enregistré en partie en Inde (à Bombay) avec des musiciens locaux, et en partie à Abbey Road avec quelques musiciens indiens et des musiciens rock (Ringo et Clapton apparaissent sur Ski-ing), ce disque, le premier album a être paru sur Apple Records, est la bande originale d'un film de Joe Massot, un film oublié et franchement peu réussi (Wonderwall, avec Jane Birkin dans le rôle d'une jeune femme s'appelant Penny Lane). C'est auss le premier album solo d'un Beatles. Entièrement instrumental, riche de 19 titres pour à peu près trois quarts d'heure, cet album est plutôt généreux, donc, mais on ne peut pas vraiment dire qu'il soit immense, ni essentiel (sauf au Beatlemaniaque impulsif, l'album étant, en vinyle, une pièce de collection, comme tous ceux de la période 1968/1969, pour les albums solo). Difficile de retirer des morceaux à l'ensemble, mais l'ouverture Microbes (musique indienne, et une des ouvertures d'album les plus étonnantes que je connaisse) et la ballade au piano Wonderwall To Be Here, sans oublier le très rock Ski-ing, sont excellents. D'autres sont nettement moins aboutis, du remplissage qui de plus, fonctionne moyennement sans l'image (le film). Ca reste un disque curieux et à écouter au moins une fois !

62223414_pUnfinished Music #1 : Two Virgins (John Lennon & Yoko Ono) : Un peu moins de 30 minutes de collages sonores, de bidouillages, le tout sous une pochette qui fera bien plus parler d'elle que le contenu du disque. Sorti le mois-même du Double Blanc, et en fait un petit peu avant, ce premier opus solo de Lennon a donc été fait avec sa compagne Yoko. Selon la légende, le disque a été fait juste avant que les deux ne couchent ensemble pour la première fois. La photo de pochette (au recto comme au verso, le couple, de plein pied, nu ; la pochette sera censurée dans pas mal de pays et d'éditions) aussi... Musicalement zéro, ce disque ne vaut que pour le coup de force de son artwork. On ne peut pas dire, en revanche, qu'Apple Records a eu les couilles de le publier, ce disque bruitiste, car, après tout, le disque est l'oeuvre d'un des Beatles les plus influents...

1969

62223420_pUnfinished Music #2 : Life With The Lions (John Lennon & Yoko Ono) : Pièce de collection ultra rare et donc chère en vinyle, ce disque est, musicalement, une purge innommable de 50 minutes. Dont 26,30 pour Cambridge 1969 qui occupe toute la face A, morceau enregistré live à l'université du même nom, et sur lequel, sur fonds de feedback de guitare joué par Lennon, on entend Yoko hurler, brailler, couiner sans interruption ou presque, tout du long, à donner envie de se flinguer avec un couteau. La face B propose des "morceaux" enregistrés sur une cassette, dans une chambre d'hôpital, celle de la pochette, celle de Yoko après sa fausse couche. On y entend la Japonaise chantonner une chanson acoustique sur les déboires du couple ; on y entend Lennon bidouiller un poste de radio en discutant, pendant 12 minutes ; on y entend, surtout, 5 minutes d'échographie du coeur du bébé futur-mort-né (John Lennon II) suivies de 2 minutes de pur silence symbolisant ce deuil. Tragique, déchirant et totalement malsain. Cet album est un grand disque de malades, totalement inécoutable et indéfendable. Le premier des deux albums à avoir été publiés sur le très éphémère sous-label d'Apple destiné aux expérimentations : Zapple Records. Ce qui explique, en partie, sa rareté vinylique et les prix inabordables auxquels il est souvent confronté. Alors que musicalement, le contenu vaut 1,50 € à peu près, pour la chanson qui ouvre la face B.

83859236_pElectronic Sound (George Harrison) : Dingue de se dire que c'est le futur auteur de All Things Must Pass et de Cloud Nine qui est derrière ce disque totalement barge ! 44 minutes de bidouillages sonores publiés sur Zapple Records (dernier disque publié sur le sous-label), et seulement 2 morceaux, un par face, pour ce disque instrumental dédié au Moog, ce proto-synthétiseur avec lequel Harrison semble s'être, ici, éclaté comme un petit fou. Rarissime, inabordable en conventions (minimum 100 € un exemplaire...) dans son format vinyle, ce Graal beatlesien ne l'est pas pour son contenu musical, donc. C'est original, certes, mais à peu près aussi mignon à écouter que la pochette, peinte par Harrison, l'est à contempler, c'est dire... Un OVNI musical, ni plus ni moins.

62223410_pWedding Album (John Lennon & Yoko Ono) : Rendons grâce à Dieu ou à qui vous voulez : après ce disque, les expérimentations, ça sera fini. Dernier des albums avant-gardistes ratés du couple, celui-ci a été en partie enregistré le jour du mariage de John et Yoko. Deux morceaux, un par face, pour un peu moins de 50 minutes, putain ça commence à faire chier. John & Yoko permet d'entendre le couple se dire leurs prénoms, sur fond de battements de coeur, et de toutes les manières possibles et inimaginables ; Amsterdam a été enregistré au cours d'un bed-in, et on y entend des bribes d'interviews, de chansons, et de chats étranglés (pardon, de miaulements de Yoko). Le disque est rarissime en vinyle, et cher donc, car il fut vendu dans un coffret, avec des photos, une reproduction du contrat de mariage et du gateau de mariage (en pop-up de carton), et malheureusement pour nous, ils n'avaient pas oublié de foutre le disque aussi à l'intérieur...

62223460_pLive Peace In Toronto 1969 (John Lennon & The Plastic Ono Band) : Ce live de Lennon et de sa première mouture du POB (avec Klaus Voormann, Clapton...) a été enregistré au cours d'un festival rock pour la paix à Toronto, comme son nom l'indique. La face B offre 6 titres, essentiellement des reprises de bons vieux rocks (Blue Suede Shoes), mais aussi Cold Turkey et Give Peace A Chance, les deux singles à succès du POB. Cette première face est vraiment excellente, 23 minutes de bonheur. La face B, elle, ne dure que 17 minutes (pour deux titres), mais elle est entièrement dédiée à Yoko. Elle y est terrifiante sur John John (Let's Hope For Peace) et on se demande vraiment comment Lennon faisait pour aimer ça (l'amour rend con, comme on le dit souvent). Le disque était vendu avec un livret calendrier orné de photos, dessins, poèmes et textes de chansons. Légende urbaine : on trouverait souvent des exemplaires vinyles d'occasion avec une face A plus ou moins raisonnablement usée et une face B immaculée, comme si personne ne l'avait jamais passée ! On se demande bien pourquoi...

1970

86690752_pSentimental Journey (Ringo Starr) : En 1970, chaque Beatles publiera un disque solo...sauf Ringo qui, en plus d'être le premier à publier un disque solo cette année-là, en publiera en fait deux ! Mais ça sera pour, ensuite, ne plus en refaire avant 1973 (il fera juste un single en 1971 et un en 1972 entre temps, et des films). Celui-ci, à la pochette montrant un pub situé non loin de la maison d'enfance de Ringo, est un album comptant parmi les plus atypiques du corpus beatlesien. Disque de reprises de vieilles chansons des années 50 (voire d'avant) telles Night And Day, Bye Bye Blackbird ou la chanson-titre, il a été enregistré à l'ancienne, avec des orchestrations à l'ancienne (certaines chansons sont produites par Quincy Jones, d'autres par McCartney, Elmer Bernstein ou George Martin, mais aussi du futur producteur de Ringo, Richard Perry). Ne cherchez pas de rock ou de pop ici, c'est vraiment un disque de chansons jazzy et old school, qui a été fait, selon la légende, pour faire plaisir à la maman de Ringo, dont c'était les chansons favorites. Musicalement, ce n'est pas raté, mais à moins d'être fanatique de ce genre de productions, on s'en lasse très vite, et le disque ne vaut vraiment que pour la collection.

83892702_pMcCartney (Paul McCartney) : Avril 1970. McCartney, dans une interview dans la presse écrite, signée d'un certain Clint Harrigan (qui est autre que McCartney lui-même...comme il le révèlera plus tard), au moment de la sortie de son premier opus solo, annonce qu'il quitte les Beatles. Peu après sortira Let It Be, dernier album sorti (mais non le dernier enregistré : ce fut Abbey Road) du groupe. Beau timing. Pour parler un peu de ce premier opus solo de Paul, avec sa pochette montrant des cerises au sirop sur une balustrade (et un bol dudit sirop à côté), c'est un disque enregistré par Paul seul (il joue absolument de tout ici), à moitié instrumental, très minimaliste, constitué de chansons dont certaines sont de l'ère des Beatles et ne furent pas utilisées par le groupe à l'époque (Teddy Boy, Junk). Sincèrement, un peu inégal, mais les meilleurs moments y sont grandioses. McCartney dira un jour que Maybe I'm Amazed (la mieux produite ici) est la chanson pour laquelle il aimerait que, pour l'éternité, on se souvienne de lui.

86690747_pBeaucoups Of Blues (Ringo Starr) : Après avoir participé à l'enregistrement du All Things Must Pass de George Harrison (voir juste en-dessous !), Ringo s'envole pour Nashville, Tennessee, en compagnie du musicien de country américain Pete Drake, qui a joué aussi sur le disque de Harrison et avec qui il a sympathisé. Drake lui proposa en effet de lui faire un disque de country, de la pure, de la vraie, avec des musiciens du cru (Charlie McCoy, les Jordanaires, etc). Ringo accepte avec joie de faire ce disque constitué de 12 morceaux originaux (il n'en signe ou cosigne aucun), produit par Drake, et regorgeant de merveilles : le morceau-titre (sorti en single), Silent Homecoming, $15 Draw... Un des meilleurs opus de Ringo, très clairement, mais il vous faudra vraiment apprécier la country pour apprécier ce disque, car ce ne sont pas des paroles en l'air : Beaucoups Of Blues est vraiment un pur disque de country de Nashville, il respire le grand Ouest ! Un exercice de style de plus pour Ringo, mais dans son genre, c'est vraiment une réussite.

83859248_pAll Things Must Pass (George Harrison) : Pour beaucoup, ceci est le premier vrai disque solo de Georgie Boy, ses deux premiers opus étant assez à part, finalement (et pendant longtemps tellement difficiles à dénicher qu'ils en devinrent oubliés). Triple album vendu sous un coffret proposant aussi un poster, cet album renferme deux disques de chansons (produites par Phil Spector, qui a parfois eu la main lourde sur les chansons les plus énergiques, qui en deviennent presque cacophoniques : Art Of Dying, Awaiting On You All...) et un de jams instrumentales et électriques franchement bien troussées (et qui était, le troisième disque, probablement offert ; bref, le coffret était probablement vendu au prix d'un double album, mais pas sûr). Entouré de musiciens qu'on ne présente plus (Ringo, Clapton, Billy Preston, Pete Drake et la quasi-totalité, sauf Duane Allman, des futurs Derek & The Dominoes de Clapton, fondés juste après ces sessions : Carl Radle, Bobby Whitlock, Jim Gordon), Harrison livre ici une oeuvre majeure, une somme, constituée en partie de chansons datant de l'ère des Beatles. Son meilleur album ? Sincèrement, oui, et ce, malgré que certains de ses albums suivants soient absolument sublimes.

62223465_pJohn Lennon/Plastic Ono Band (John Lennon) : On ne le croirait pas à l'écouter, mais ce disque, le premier vrai disque solo de Lennon après des incartades avant-gardistes à oublier, est produit par Spector ! On ne le croirait pas, car sa production est pour le moins minimaliste, austère, rèche, on accusera même le disque d'être inécoutable en raison de sa production brute et de son aspect psychanalytique, Lennon y dégueulant toutes ses émotions : colère, peur, tristesse, malaise, amertume, mépris, amour aussi... Chef d'oeuvre total sorti sous une pochette pastorale, parallèlement à un Yoko Ono/Plastic Ono Band à la pochette similaire (le couple y est en position inversé et au verso, on a une photo de Yoko enfant à la place de celle de John), ce disque regorge de grandes chansons, quasiment toutes en fait : Mother, God, Love, Working Class Hero, Remember, Isolation... 39 minutes et 39 secondes totalement monumentales. Pour beaucoup, le chef d'oeuvre de Lennon.

1971

83892715_pRam (Paul & Linda McCartney) : Sous sa pochette bigarrée en collages et son titre qui signifie "bélier" (allusion à la pochette, ou pochette en allusion au titre ? et une des chansons s'appelle Ram On...), Ram est un chef d'oeuvre total, intégral, crédité au couple McCartney probablement pour faire une pique au couple Lennon. Lennon et Macca étaient en froid polaire à l'époque, et Lennon dénichera, sur ce disque, quelques allusions pas très gentilles à son égard (Too Many People, 3 Legs, Dear Boy, une photo au verso de pochette montrant deux scarabées en train de se battre ou de se reproduire...). Les deux autres Beatles aussi n'apprécieront pas trop ce disque, qui sera d'ailleurs globalement assassiné par la presse à sa sortie, ce n'est que bien des années après qu'il sera reconnu (à juste titre) comme un des meilleurs, si ce n'est le meilleur, album de Paul. Un disque sensationnel, enregistré à New York  (notamment) avec un futur Wings, le batteur Denny Seiwell, sur certains titres. Une pure perfection que McCartney, en 1977, reproduira en version orchestrale assez délirante sur un album qu'il signera Percy Thrillington, et qui est une véritable rareté (mais pas un album globalement grandiose, lui).

62223456_pImagine (John Lennon) : Le monstre sacré de Lennon. Produit par Spector, ce disque est une sorte de version enrobée de sucre et de miel, selon l'expression de Lennon, de son précédent opus, que la presse avait jugé trop aride. Les thématiques, ici, sont les mêmes, Lennon parle de lui, du monde, de la politique, des autres  (How Do You Sleep ? est une diatribe terriblement violente, qu'il regrettera par la suite, sur McCartney). Bien entendu, on a ici Imagine, Jealous Guy, Gimme Some Truth, trop immenses morceaux. On a ici la présence de George Harrison, de King Curtis (géant du saxophone, qui mourra des suites d'une agression à son domicile quelques semaines plus tard), des musiciens de Badfinger... On a le sublime Oh My Love, le touchant How ? et le virulent I Don't Wanna Be A Soldier Mama, I Don't Wanna Die. On a aussi une photo, qui était glissée dans la pochette sur une carte, représentant Lennon tenant un porc par les oreilles, allusion cynique à la pochette d'un certain Ram, par un certain McCartney... Imagine, monumental album, sera son dernier opus fait en Angleterre, pays qu'il quittera après ce disque, pour ne plus jamais y revenir.

83892943_pWild Life (Wings) : Voici probablement l'album d'un ex-Beatles ayant reçu les pires critiques à sa sortie (et les pires pour McCartney) : le premier opus de son nouveau groupe les Wings. Macca est difficilement visible sur la pochette à l'aspect bucolique (qui me fait penser à celle de l'album de Lennon de 1970), et son nom n'apparait quasiment pas au dos de pochette (qui propose un texte signé Clint Harrigan, qui est, je le rappelle, Macca lui-même). C'est en partie à cause de ça que l'album se vendra très mal, ça et son côté très brut (production assez simpliste). Pourtant, Wild Life regorge de petits trésors : le morceau-titre, Tomorrow, Dear Friend (chanson pour Lennon, sur laquelle Macca joue l'apaisement ; de surcroît, après cet album, les relations entre Lennon et Macca s'apaiseront), Mumbo, Bip Bop (qui semble avoir inspiré Voulzy pour le J'Ai Dix Ans de son pote Souchon, dont il a signé la musique). Après, ce n'est pas non plus un chef d'oeuvre, il est trop à part, trop abrasif... Mais ce coup d'essai des Wings (les autres membres sont le batteur Denny Seiwell, le guitariste Denny Laine, et Linda McCartney aux claviers et choeurs) n'est absolument pas à négliger, et je l'aime beaucoup.

83859278_pThe Concert For Bangla Desh (George Harrison) : Triple live (dont la durée, cependant, aurait pu tenir sur deux disques : moins de 100 minutes) issu de deux prestations données en 1971 au Madison Square Garden de New York par George Harrison et ses amis musiciens (Clapton, Ringo, Billy Preston, Leon Russell, Bob Dylan qui sortait alors d'une longue année de retrait, et Ravi Shankar, instigateur du projet, en première partie) afin de venir en aide au Bangladesh, en proie à la guerre civile et la famine. Malheureusement, les fonds, et Harrison et ses amis n'y sont pour rien et en sortiront amers, n'iront quasiment pas au Bangladesh, ayant été détournés par des escrocs. Produit par Spector, ce live ayant aussi été filmé (il existe en DVD) est un régal de tous les instants, même les 16 minutes de musique indienne (Bangla Dhun) en ouverture sont immenses, et pourtant, la musique indienne, il faut s'accrocher, c'est du genre on aime ou on déteste, pas de milieu... Ici, c'est carrément un des temps forts du live. La prestation de Ringo, qui oublie la moitié des paroles de son tube It Don't Come Easy qui venait pourtant alors de sortir, est amusante. Celle des autres, absolument électrifiante dans l'ensemble. Le tout était vendu dans un coffret avec un imposant livret de photos.

1972

62223452_pSome Time In New York City (John Lennon & Yoko Ono) : Cet album a quatre gros problèmes : a) la production de Phil Spector est outrancière, chargée ; b) le disque live (car cet album est double, avec un disque studio et un disque live), offert dans l'album qui était donc vendu au prix d'un simple, contient 16 minutes de miaulements insupportables de Yoko sur Don't Worry Kyoko et des extraits live d'une prestation avec Zappa et ses Mothers, à peine plus écoutable ; c), on y vient justement : Yoko, qui offre des interventions intempestives sur pas mal des chansons de Lennon, et chante toute seule quatre chansons, dont deux qui sont insoutenables (We're All Water et Sisters, O Sisters) ; d) les chansons sont quasiment toutes des chansons d'actualité (on y parle de la répression sanglante d'une manifestation pacifiste en Irlande du Nord, des émeutes carcérales violemment réprimées aussi, de l'incarcération d'activistes qu'il faut li-bé-rer, du feminisme), et rien ne vieillit plus mal que ce type de chansons, car l'actualité évolue tout le temps. Bref, ce disque fait à quatre mains, et avec l'aide du groupe Elephant's Memory, n'a pas grand chose pour lui. Mais, mais, mais : Woman Is The Nigger Of The World et New York City (toutes deux de Lennon) et Born In A Prison et Angela (de Yoko) sont remarquables. Et sur le disque live, Cold Turkey et Baby Please Don't Go, malgré le son un peu brouillon, sont très bonnes. Il n'empêche que ce Some Time In New York City à la pochette géniale (les paroles dans les articles) est quasiment tout le temps considéré comme le pire album de Lennon (ses albums avant-gardistes de 1968/1969 mis de côté), et que même si c'est exagéré, il est vrai que ce n'est pas un disque très réussi, et qu'il faut beaucoup d'amour pour Lennon pour parvenir à un tant soit peu l'apprécier. Ce qui est mon cas, je l'avoue, mais ce fut dur et laborieux, mes premières écoutes de ces 90 minutes étaient très très pénibles. Maintenant, j'avoue sans honte, je l'aime bien, ce disque chabraque ! La seule production (en album) d'un Beatles en 1972.

1973

83895049_pRed Rose Speedway (Paul McCartney & Wings) : A voir la pochette, on comprend que Macca a pigé la leçon de Wild Life : non seulement l'album est crédité à Paul McCartney & Wings, mais il apparait bien visible sur la pochette, difficile de le louper cette fois-ci ! A la base prévu pour être double (mais Macca, la mort dans l'âme, le réduira à un disque simple devant l'insistance de la maison de disques), Red Rose Speedway est un très bon disque, parfois mal-aimé, mais qui se vendra bien, et offre de superbes chansons : My Love, Little Lamb Dragonfly, Big Barn Bed. On y trouve aussi un medley de quatre titres, long de 11 minutes, en final, qui donne des réminiscences d'Abbey Road. Live And Let Die, chanson du "James Bond" du même nom, produite par George Martin, sera enregistrée pendant les sessions, mais ne finira pas sur l'album. A la suite de ce disque qui voit arriver le guitariste Henry McCullough au sein du groupe, les Wings commencent doucettement à devenir importants, mais le meilleur reste à venir...

83859293_pLiving In The Material World (George Harrison) : Mal accueilli par la presse à l'époque en raison de son côté un peu trop prosélyte vis-à-vis des croyances hindouïstes d'Harrison (et l'artwork intérieur en rajoute une couche), qui savait être pénible de ce côté-là entre 1970 et 1974, Living In The Material World, dont les recettes de vente sont, à vie, reversées à la Material World Foundation fondée par Harrison à l'époque, est cependant un remarquable album... en partie. La face A est intouchable, une collection de purs joyaux, 6 morceaux sublimes. La face B, un peu plus courte, offre 5 morceaux qui, hélas, ne sont pas aussi quintessentiels, sauf Try Some, Buy Some et That Is All. Un petit peu inégal, l'album est cependant très bien produit et interprété, et on y trouve quand même plus de réussites que de "ratages" (j'exagère : aucune des 3 chansons les moins fortes n'est un ratage, tout de même). Bref, c'est encore une fois un disque recommandé.

62223450_pMind Games (John Lennon) : Produit par Lennon seul (pourtant, on sent des accents spectoriens sur certains titres) ,ce qui se ressent un peu dans le son, cet album moyennement aimé des fans et un peu dézingué par la presse regorge de sublimes chansons : la chanson-titre, You Are Here, Out The Blue, One Day (At A Time), Intuition, le très rock Meat City... La moitié de l'album, un album offrant aussi 3 secondes silencieuses en final de sa première face (Nutopian International Anthem), et offrant aussi la totale absence de Yoko (sauf sur la pochette et dans le thème de pas mal de chansons) ! Après ce disque enregistré notamment avec David Spinozza (au sein d'un groupe intitulé le Plastic U.F. Ono Band), Lennon et Yoko se sépareront pendant environ un an, Lennon quittera New York pour s'installer à Los Angeles, afin de laisser leur couple respirer un peu, ça sera son lost weekend. Ce disque, dans ses thèmes, est en quelque sorte sa bande-annonce !

86690743_pRingo (Ringo Starr) : Troisième album de Ringo, et son premier en 3 ans. Sous sa pochette faisant penser à celle du Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles (comme celle du futur Dark Horse d'Harrison) se cache un disque fabuleux, le meilleur de son auteur. Il y est entouré (sur la pochette, mais surtout sur le disque !) d'une foule de pointures, comme Klaus Voormann, la quasi-totalité du Band, Marc Bolan, et surtout, des trois autres Beatles, qui jouent donc tous sur le disque (une prouesse que Ringo est le seul à avoir réussi, pour une seule et unique fois), mais hélas jamais sur un seul et même morceau. Au mieux, ils sont trois (et dans ce cas, jamais avec McCartney parmi les trois). Chaque Beatles, aussi, a offert une chanson (deux pour Harrison) à leur pote : Lennon offre I'm The Greatest, Macca Six O'Clock, Harrison Photograph (et le moins bluffant Sunshine Life For Me (Sail Away Raymond), assez country). Cet album est un pur régal de pop/rock d'époque, super bien produit par Richard Perry, et s'il ne faut retenir de Ringo qu'un seul disque, c'est celui-là. A noter que dans le vinyle se trouvait un livret de paroles et dessins (signés Klaus Voormann), livret heureusement reproduit dans le CD.

83895063_pBand On The Run (Paul McCartney & Wings) : Peu avant l'enregistrement de ce disque (qui a eu lieu en majeure partie à Lagos, au Nigéria ! Ce qui entraînera pour le groupe des déboires techniques et sociaux, genre agression au couteau à l'aéroport, accusations infondées de profiter de la pauvreté du pays...), deux des Wings (Seiwell et McCullough) s'en vont, suite à des différends financiers avec Macca. C'est sous la forme d'un trio (Macca, sur l'album, tient basse, batterie, un peu de guitares et un peu de claviers, en plus du chant !) que les Wings vont faire ce Band On The Run qui, dès sa sortie, va tout faire péter. C'est un triomphe de la volonté, un chef d'oeuvre absolu et mon préféré de Macca (voire même des ex-Beatles réunis). 9 titres (10 aux USA : il y à aussi Helen Wheels sur l'album dans les éditions ricaines) immenses, mention spéciale au morceau-titre, Mrs. Vandebilt, Nineteen Hundred And Eighty-Five, Jet et Bluebird. Mais tout est immense, tout. Essentiel absolu.

1974

Walls_And_BridgesWalls & Bridges (John Lennon) : Sous sa pochette (vinyle seulement) ludique avec ses rabats permettant de modifier (surtout en les mettant en relation avec la sous-pochette et la couverture du livret des paroles) les expressions du visage de Lennon imprimé au dos de pochette, Walls & Bridges est, à mon humble avis, un total chef d'oeuvre, enregistré pendant les sessions de Rock'n'Roll (la pochette à base de dessins d'enfance de Lennon devait à la base servir pour Rock'n'Roll), sessions qui furent longues et pénibles. Au final, enregistré après, l'album sortira avant son disque de reprises de vieux rocks, qui sortira, lui, en 1975. Au programme de ce disque de lost weekend : Whatever Gets You Thru The Night, co-écrite avec Elton John (qui chante dessus) ; le bluesy et dévasté Scared ; Bless You ; l'instrumental Beef Jerky ; Steel And Glass (qui réutilise la mélodie de How Do You Sleep ? et son côté vitriol, mais s'en prend cette fois-ci à Allen Klein, qui dirigera la finance des Beatles à la fin de leur carrière et foutra sa merde dans ce bel univers) et surtout, cette splendeur onirique qu'est #9 Dream. On a aussi en final un morceau d'une minute enregistré avec Lennon au piano et chant et son fils Julian à la batterie : une reprise du Ya Ya de Lee Dorsey, que Lennon reprendra vraiment sur Rock'n'Roll. Un album à la production très américaine, enregistré à New York, peu avant que Lennon ne retrouve, définitivement cette fois-ci, sa Yoko. Son dernier disque de chansons originales avant 1980.

86690734_pGoodnight Vienna (Ringo Starr) : Toujours sous la houlette de Richard Perry, et toujours entouré de plein de potes musiciens (Voormann, Keltner, Dr John, Elton John, Lennon, mais seulement lui en terme d'ex-Beatles), Ringo essaie à nouveau la recette de son précédent opus, Ringo, qui fut un carton plein. Le résultat est ce disque court (33 minutes) et un peu inégal, mais au final très attachant, sorti sous une pochette que j'adore (malgré son mauvais goût) et sur laquelle Ringo est en Klaatu, l'extra-terrestre du film de SF Le Jour Où La Terre S'Arrêta (on a juste mis la tête de Ringo à la place de celle de l'acteur Michael Rennie). L'album offre quelques classiques : Snookeroo écrit par Elton John et Bernie Taupin ; Goodnight Vienna signé Lennon ; les reprises du Only You (And You Alone) des Platters (une idée de Lennon) et du No No Song de l'acteur-chanteur Hoyt Axton (une chanson sur l'abstinence de la part d'un vrai bambochard...). Le reste n'est pas aussi bon (Call Me, Easy For Me signé Harry Nilsson, Husbands And Wives), mais dans l'ensemble, bien que moins puissant que le précédent opus, Goodnight Vienna vaut le coup d'oreilles.

83859302_pDark Horse (George Harrison) : Dire que cet album a été mal reçu par la presse est être encore loin de la vérité : Dark Horse fut la-mi-né. Enregistré après une tournée américaine calamiteuse (où il partageait la scène avec Ravi Shankar) qui le laissera dans un état physique lamentable (une belle laryngite ruine la moitié de l'album ; le titre de l'album est un jeu de mot avec dark hoarse, "sombre éraillement", mais sera aussi le nom du label que Harrison fondera la même année, et sur lequel il commencera à publier ses albums en 1976), l'album s'ouvre sur un instrumental enregistré avec le L.A. Express de Tom Scott (un groupe de jazz-fusion), ce qui est des plus étonnants. Moralement, Harrison va moyennement, sa femme Patti le trompe depuis des années avec Clapton, elle le quittera pour finir par l'épouser, et lui trouvera cependant le bonheur avec Olivia Arias peu avant l'enregistrement de l'album (il a mis des allusions à sa nouvelle compagne partout dans les crédits de pochette). Musicalement, l'album offre de vraies pépites (Simply Shady, So Sad, Dark Horse, Far East Man signé avec Ron Wood), même si la moitié de l'album est flingué par sa voix qui l'est tout autant (flinguée). Et encore une fois, il place une chanson religieuse hare krishna sur le disque (pour la dernière fois, ceci dit). La pochette pastiche celle du fameux album des Beatles Sgt. Pepper's... et n'est pas des plus réussies. J'aime beaucoup ce disque qui n'a pas eu de bol dans sa vie.

1975

62223443_pRock'n'Roll ( John Lennon) : En 1969, sur Come Together, Lennon oublie de créditer Chuck Berry, il a en effet repris une ligne de texte de sa chanson You Can't Catch Me, dont les droits appartiennent à un certain Morris Levy (qui détient les droits de pas mal de chansons de rock'n'roll 50's) : Here comes ol' flat-top. Levy lui intente un procès. Les choses vont durer jusqu'à ce qu'un accord amiable est trouvé : Lennon fera un disque entier de reprises de vieilles chansons de rock'n'roll appartenant au catalogue détenu par Levy, et l'affaire sera jouée. Lennon et Phil Spector se mettent au boulot en 1973, mais Spector va rapidement se barrer, peu concerné par l'affaire. Lennon met le disque de côté, enregistre Walls & Bridges... et ensuite, en produisant seul, revient à la charge. Les 13 titres de l'album sortent en 1975 sous une pochette iconique, Lennon à Hambourg au tout début des années 60, quand les Beatles y jouaient au Star-Club (les personnages en flou au premier plan à droite sont les autres Beatles, en tout cas McCartney). On y trouve Stand By Me, You Can't Catch Me, Ain't That A Shame, Just Because, un Medley : Rip It Up/Ready Teddy démentiel et expédié... A sa sortie, l'album est diversement accueilli (c'est toujours le cas) entre ceux qui trouvent que c'est un disque facile et fainéant et ceux qui trouvent que c'est un des meilleurs albums de reprises du genre, un jalon. Après ce disque, et la même année, Lennon publie Shaved Fish (un best-of), retrouve Yoko, verra naître son fils Sean, obtiendra sa Green Card de résident américain, et se retirera de la scène, définitivement dira-t-il... jusqu'à ce que la chanson Coming Up de Macca, en 1980, lui fasse donner envie de revenir, avec l'intention d'égaler ou de surpasser cette chanson qu'il dira adorer. Mais c'est une autre histoire, et sera d'ailleurs aussi, hélas, la fin de son histoire...

83895430_pVenus And Mars (Wings) : Après le carton plein de Band On The Run, les Wings recrutent le guitariste Jimmy MacCulloch et le batteur Geoff Britton, et publient, en 1974, un single monumental, Junior's Farm. Puis ils partent pour la Nouvelle-Orléans et Los Angeles pour y enregistrer le nouvel album, Venus And Mars. Après quelques essais, Britton est remercié (il joue sur deux-trois titres sur l'album) et remplacé par Joe English (marrant, ça, de remplacer un Britton par un English...), qui fera l'affaire. L'album, presque conceptuel (le morceau-titre et sa reprise ouvrent chaque face), sous sa pochette culte représentant deux boules de billard, sera un triomphe absolu, un album techniquement incroyable, riche en mélodies parfaites (Love In Song, Treat Her Gently - Lonely Old People), rempli de hits. Un de mes grands préférés de McCartney. Parce que 1975 est l'année de la fin d'Apple Records et que Macca voulait probablement s'en détacher très vite, ce disque est paru chez Capitol, ce qui explique très certainement pourquoi aucune chanson de cet album ne se trouvera sur Wings Greatest, le best-of du groupe, paru en 1978 chez EMI/Parlophone !

83859314_pExtra Texture (Read All About It) (George Harrison) : Dark Horse fut éreinté par la presse. Pour celui-ci, avec sa pochette en die-cut et au grain de carton assez "cuir", ça sera...pire encore ! Harrison estimera lui-même, une dizaine d'années plus tard, que cet album fut son pire des années 70, ce qui est peut-être le cas, mais il n'en demeure pas moins excellent à mon humble avis. Les chansons sont dans l'ensemble tristes, lentes, très calmes, presque passives, et en tout cas, contemplatives, à l'exception de You (une chanson datant à la base de 1971, qui fut refaite pour l'occasion) et le final, His Name Is Legs (Ladies And Gentlemen), qui n'est clairement pas la meilleure chose ici (You, en revanche, est très bonne). Je pense personnellement que cet album méconnu, difficile à trouver pendant des années, n'a pas eu de bol dans la vie, et qu'il mérite vraiment qu'on s'y attarde. Rien que pour The Answer's At The End et Grey Cloudy Lies, il faut écouter cet album !

86690729_pBlast From Your Past (Ringo Starr) : Petite exception dans la liste, car logiquement, je n'aborde ici que les albums studio et live, pas les compilations. Mais je fais une exception pour cette petite (31 minutes, 10 titres, il en manque quelques uns qui n'auraient pas fait tache comme Goodnight Vienna ou Oochy Coochy) compilation de Ringo Starr, car en plus d'être vraiment bien foutue (quoique totalement dépassée, depuis 2007, par Photograph : The Very Best Of, qui la contient en totalité et est, de plus, plus complète), elle est tout simplement la dernière production publiée, à l'époque, sur le label Apple Records (le précédent opus de la liste étant, lui, le dernier album studio publié sur le label). Et j'aime assez sa pochette, pas du meilleur goût, mais il y à pire, et on parle de Ringo, en plus.

1976

83895706_pWings At The Speed Of Sound (Wings) : Un disque très démocratique que celui-là, vu que tous les membres du groupe, même le batteur Joe English et même Linda, chantent au moins un titre ! Il y en à 11, des titres, ici, et Macca en chante 6 à lui seul. Denny Laine en chante deux (dont un signé Macca), les trois autres membres en chantent un. On oubliera celui de Linda (signé Paul), Cook Of The House et on essaiera de ne pas être trop méchant avec. MacCulloch offre sa deuxième chanson au sein du groupe après Medicine Jar sur le précédent : Wino Junko. Ses deux chansons au sein des Wings parlent d'addiction à la came, et il est triste de dire que MacCulloch décèdera d'une overdose en 1979...Ironique, non ? C'est bien entendu Paulo qui a la part du lion avec Beware My Love et les deux hits Let 'Em In et Silly Love Songs. Sous sa pochette faiblarde montrant le titre sur une facade type marquise, At The Speed Of Sound est une oeuvre de groupe, et ça se ressent, un disque remarquable et pop, plutôt généreux (46 minutes) et méritant nettement mieux que sa réputation de "petit" album pop sans intérêt. Je l'adore.

86690960_pRingo's Rotogravure (Ringo Starr) : Pour la troisième fois, Ringo tente le coup du tous mes amis sont là, mais si la recette de Ringo arrivait encore à faire à moitié effet sur Goodnight Vienna, elle devient franchement du réchauffé de surgelé ici. On a une bonne chanson (Hey Baby : une reprise bien troussée), mais c'est à peu près tout, le reste étant d'un niveau oscillant entre le correct-mais-peut-mieux-faire (A Dose Of Rock'n'Roll, Las Brisas, Pure Gold signée McCartney) et médiocrité pure (Lady Gaye). A noter que McCartney, Harrison, Lennon et Clapton offrent chacun une chanson à Ringo ici. A noter aussi que l'album était vendu avec, glissé dans la pochette, une petite loupe, afin d'aider à lire les nombreux graffitis écrits sur la porte des studio Abbey Road, que l'on voit sur la pochette verso de l'album. Un disque qui annonce bien des lendemains tristes pour Ringo, ça n'ira qu'en dégringolant pendant plusieurs albums...

83859336_pThirty-Three & 1/3 (George Harrison) : Apple Records étant fini, Harrison en profite pour enfin publier sur son propre label Dark Horse Records (entre temps, EMI publie, la même année, et en même temps, un best-of de ses chansons, au sein des Beatles et en solo). Voici donc le premier opus d'Harrison sur son propre label, un album au titre en allusion à l'âge d'Harrison et au format du disque vinyle. Bien que peu connu du grand public, cet album est très réussi, et renferme de grandes chansons, comme Woman Don't You Cry For Me (et son intro de basse tuante), Crackerbox Palace, Dear One ou Learning How To Love You. On a aussi This Song, qui fait allusion à la polémique autour de My Sweet Lord (son tube de 1970, accusé d'être un plagiat d'une vieille chanson, He's So Fine). Encore une fois entouré de grandes pointures (Billy Preston, Tom Scott...), enregistrant chez lui dans son studio FPSHOT à Friar Park (sa propriété), faisant poser ses musiciens dans son jardin (une des photos le montre aussi avec son père), Harrison semble, ici, en pleine forme, les errances de ses deux précédents opus (pourtant loin d'être foirés, et que j'aime énormément) semblent loin.

83895728_pWings Over America (Paul McCartney & Wings) : La tournée américaine du groupe, en 1976, est immortalisée par un film (Rockshow, sorti en DVD il y à deux-trois ans) et ce triple live qui en est la version sans images. Pour la première fois depuis des lustres, Macca, ici, reprend des chansons des Beatles, créant l'évênement. Bien entendu, on a aussi des chansons des Wings, et même surtout des chansons des Wings ! Des classiques à la pelle comme Letting Go, Band On The Run, Listen To What The Man Said, Soily, une face entière dédiée aux morceaux de At The Speed Of Sound... Ce live est juste parfait du début à la fin, et même, malgré ses trois disques, malgré ses 110 minutes (à peu près), il semble trop court, on en redemande !

1977

86690968_pRingo The 4th (Ringo Starr) : Oscar de la pire pochette jamais pondue par un ex-Beatles, voire tout court. Il suffit de la regarder pour deviner l'état d'esprit (j'ai même envie de dire : la santé mentale) de Ringo à l'époque. Visage bouffi par l'alcool et les excès, regard perdu, une nana peu vêtue sur les épaules, une épée en main, il semble pris en photo au cours d'une soirée un peu trop arrosée... Musicalement, ce disque produit par Arif Mardin essaie pitoyablement de jongler sur la vague disco. On notera cependant une bonne chanson, Drowning In The Sea Of Love, qui ouvre le bal avec panache et donne même de faux espoirs, que l'album soit intégralement de ce niveau. Las, ça ne sera pas le cas du tout, et je préfère ne pas dire ce que je pense de Can She Do It Like She Dances, Gypsies In Flight ou de la reprise du Sneakin' Sally Through The Alley de Robert Palmer... Un disque épouvantable, malgré la première chanson, vraiment épatante, dommage qu'elle ne soit pas sur le besf-of de 2007. A noter que son titre vient du fait que c'est le quatrième album pop de Ringo (ses deux premiers n'étaient pas pop/rock), mais sinon, c'est en réalité son sixième opus studio.

1978

83896046_pLondon Town (Wings) : Mini-drame durant l'enregistrement de cet album (qui fut fait en partie sur un yacht au large des îles caribéennes) : Joe English et Jimmy MacCulloch, respectivement batteur et guitariste, se barrent. Le groupe se retrouve à trois, le même trio que pour Band On The Run. Est-ce un signe ? En tout cas, London Town sera un autre petit triomphe, un disque superbement produit, rempli de belles chansons (I'm Carrying, With A Little Luck, Girlfriend que Michael Jackson reprendra l'année suivante, London Town, Don't Let It Bring You Down qui n'a rien à voir avec la chanson homonyme de Neil Young...). 50 minutes bien généreuses, très agréables à l'écoute, pour un des tous meilleurs albums des Wings, mais aussi un des moins connus du grand public j'en ai l'impression. Certains reprocheront à Macca de ne pas y avoir mis Mull Of Kintyre, leur tube sorti en single l'année précédente, mais Macca privilégiera sans doute l'unité de l'album à la volonté de plaire aux masses...

86690973_pBad Boy (Ringo Starr) : On tient probablement ici le pire album d'un Beatles sorti pendant la période où tous étaient vivants et en activité (OK, Lennon se retirera du business de 1975 à 1980, mais il aurait pu revenir avant 1980, après tout, personne ne le savait, à l'époque, quand il reviendrai). Et je n'exagère pas. Bad Boy, avec sa pochette montrant la main de Ringo tenir un verre d'alcool (le péché pas mignon de Ringo à l'époque, il sera pendant des années un alcoolique), est une purge totale, un disque honteux et pourtant fait sans honte (il faut voir l'affiche promotionnelle d'époque, avec l'accroche : "when he's good, he's good, but when he's bad, he's wonderful" ou quelque chose d'approchant). Rien à sauver de ce marasme à faire passer Ringo The 4th pour une réussite. A noter que la chanson-titre est une reprise, mais ce n'est pas le même Bad Boy que celui de Larry Williams que les Beatles avaient repris en 1965.

1979

83859349_pGeorge Harrison (George Harrison) : Ce disque m'a toujours donné un sentiment de total apaisement, de pure relaxation. Sans doute la couleur verte, prédominante sur la pochette, qui donne un côté très nature. L'album n'est pas très rythmé, on a des chansons plus enlevées que d'autres (Faster et Blow Away, sorties en singles), mais dans l'ensemble, il est assez mid-tempo, reposant, calme. Et serein. Et beau, aussi, ce disque éponyme est assurément un des plus beaux de George, qui recommence ici à travailler avec Clapton (qui signe l'ouverture guitaristique de Love Comes To Everyone). Harrison, qui fréquentera plus les circuits de F1 que les studios d'enregistrement entre 1976 et cet album, aura mis un peu de temps à revenir, mais rien, ici, n'est à jeter, et on a même la joie d'entendre Not Guilty, une chanson que George composa durant les sessions du Double Blanc et dont il livre une version très jazzy, de toute beauté. Soft Touch et Dark Sweet Lady sont sublimes aussi. Un grand album méconnu.

83896146_pBack To The Egg (Wings) : Le chapitre final (même si, à la base, ce n'était pas prévu ainsi) des Wings, qui ont ici deux nouveau membres : Steve Holly et Lawrence Juber. Bien que contenant 14 titres, Back To The Egg, dont l'échec critique fera beaucoup de mal à Macca qui y croyait vraiment, n'est pas très généreux, il ne dure qu'une quarantaine de minutes. Deux titres ont été enregistrés avec le Rockestra, un assemblage de plusieurs pointures du rock (Gilmour, John Paul Jones, John Bonham, etc) réunies autour de Macca, un projet qui ne durera que le temps de 1979. Plus cacophonique qu'autre chose. Le reste de l'album est parfois très rock (Spin It On, To You, Old Siam, Sir), peu de chansons restent en tête au final. Personnellement, j'adore To You, Arrow Through Me, Again And Again And Again et l'ouverture Reception/Getting Closer, mais dans l'ensemble, impossible de mettre ce disque au même niveau que les précédents albums du groupe. Ce  n'est pas une infâme merde comme certains ont pu le dire, mais c'est clairement un McCartney mineur, à réserver aux grands fans. Le single sorti un petit peu avant et absent de l'album, Goodnight Tonight, avec sa ligne de basse disco, était, lui, un pur chef d'oeuvre...

1980

83896247_pMcCartney II (Paul McCartney) : En 1979, Macca est arrêté au Japon (les Wings doivent y faire une tournée) avec sa femme, pour possession de cannabis. Il passera quelques temps en prison, quelques semaines, avant d'être relâché sous caution. Cet incident va être une des raisons de la séparation des Wings. De retour chez lui, Macca enregistre, tout seul, jouant de tous les instruments, une dizaine de chansons, qui sortiront au début 1980 sous le titre de McCartney II, allusion évidente à son premier album et au fait qu'il va relancer une vraie carrière solo, sans groupe. Sous-produit (même remastérisé, il sonne mal), trop expérimental, franchement daté même, et rempli de trucs pas nets (Bogey Music ? Front Parlour ? Temporary Secretary ? Darkroom ? Frozen Jap ? Au secours !), l'album ne vaut franchement pas tripette, ce qui ne l'empêchera pas de très bien se vendre. Une seule chanson surnage là-dedans, et de très loin : Coming Up, que Macca chantait déjà avec les Wings en 1979, et qui, quand il l'entendra à la radio, poussera Lennon à revenir aux affaires, stimulé par cette chanson trippante qu'il trouva vraiment bien. Bref, cet album raté, c'est quelque part un mal pour un bien (le retour de Lennon)...même si ce retour ne sera pas vraiment un retour, vu qu'on sait tous ce qui est arrivé le 8 décembre 1980, quelques semaines seulement après la sortie de...

62223442_pDouble Fantasy (John Lennon & Yoko Ono) : 8 décembre 1980, Lennon est assassiné, en bas de chez lui, par un taré qui mériterait de crever du SIDA en prison et dont je me refuse à écrire le nom. Environ trois semaines plus tôt, il publiait son premier album en 5 ans, un disque fait avec Yoko. 14 titres, et chacun en a écrit et interprété la moitié. Les chansons sont placées en alternance Lennon/Yoko sur l'album, qui est sous-titré "A Heart Play", allusion au fait que les chansons de l'un répondent aux chansons de l'autre. Comme une conversation de couple. Contre toute attente, les chansons de Yoko sont, dans l'ensemble, sublimes (Give Me Something, Beautiful Boys, Every Man Has A Woman Who Loves Him). Combien de fans les ont écoutées, ces chansons, plutôt que de les sauter pour passer directement à la chanson suivante de Lennon ? Les chansons de John sont, on le sait, superbes (Woman, Watching The Wheels, les tragiquement anti-prémonitoires Beautiful Boy (Darling Boy) dans lequel Lennon se désespère de voir son fils Sean atteindre l'âge adulte, et (Just Like) Starting Over, où il annonce qu'il va tout recommencer à zéro, sont inoubliables. Double Fantasy, dans l'ensemble, sous sa production très américaine de Jack Douglas, est une belle réussite de couple, un album qui tient vraiment la route et les écoutes.

1981

 

83859360_pSomewhere In England (George Harrison) : La mort de Lennon a évidemment heurté profondément les trois autres Beatles. Harrison était probablement en train d'enregistrer cet album quand il a appris la nouvelle, et il composera, exprès, une chanson, All Those Years Ago, qu'il placera sur Somewhere In England et sortira en single, une chanson sur laquelle Ringo joue de la batterie (l'hommage est réussi, c'est une des plus belles chansons de l'album ; dommage, par contre, que Macca n'apparaisse pas sur la chanson). On trouve aussi, sur la sous-pochette (et désormais, dans le livret CD), une citation hindouïste en hommage à Lennon, nommé par les simples initiales J.O.L. (John Ono Lennon) et les dates de sa naissance et de son décès. La chanson est plutôt entraînante malgré les circonstances. Le reste de cet album est dans l'ensemble correct, on a le très réussi Blood From A Clone, les belles reprises de deux classiques de Hoagy Carmichael (Baltimore Oriole, Hong Kong Blues). Mais j'ai toujours eu beaucoup de mal avec cet album que je n'hésite d'ailleurs pas à qualifier de disque fantôme d'Harrison, coincé entre une réussite majeure (son disque de 1979) et un ratage majeur (son disque de 1982, voir plus bas). J'ai l'impression qu'il manque quelque chose à ce disque pour qu'il devienne attachant, car, vraiment, il est difficile d'en retenir les mélodies, l'hommage à Lennon excepté. A noter que la pochette ci-contre est celle du vinyle ; à la base, une autre pochette, représentant, sur fond noir, le visage de Harrison, de profil, sur fond de carte géographique de l'Angleterre, fut refusée par la maison de disques. Mais cette pochette refusée à l'époque a depuis, au moment de la réédition posthume du catalogue Dark Horse de Harrison, remplacé l'originale. Bref, en CD, l'album n'est pas vendu sous cette pochette montrant Harrison poser, souriant, devant une reproduction d'un trottoir !

86690977_pStop And Smell The Roses (Ringo Starr) : Encore une pochette à la con, hein ? Une des plus ridicules de Ringo, clairement. Ce regard de cocker triste (en même temps, en 1981, il y à de quoi...). L'album, comme celui d'Harrison, fut envisagé avant le tragique décès de Lennon, qui avait offert une chanson à Ringo, Life Begins At 40 (l'âge de Lennon en 1980), que Ringo n'aura jamais le coeur d'enregistrer (le coffret 4 CD Anthology de Lennon, sorti en 1998, en propose une version démo chantée par John). Aidé encore une fois par ses amis (Stephen Stills, McCartney, Harrison, Ron Wood, Harry Nilsson ; tous produisent des chansons de l'album, et chacun lui en a offert au moins une), Ringo offre, pour son premier album sur le label Boardwalk (il a en effet été viré de sa précédente maison de disques suite à ses épouvantables résultats commerciaux), livre un disque plus réussi qu'il n'y paraît. Attention, ce n'est pas un chef d'oeuvre du tout, mais cette petite demi-heure de pop/rock charpentée offre quand même de bons moments : Private Property, Attention, le mini-tube Wrack My Brain, une reprise dansante de son hit de 1972 Back Off Boogaloo. On notera que la chanson signée (et produite par) Stephen Stills, Nice Way, possède en effet sa patte si reconnaissable. Quant au morceau-titre, signé Nilsson, il est hilarant dans ses paroles et son interprétation. En résumé, ce disque au titre et à la pochette ridicules mérite franchement mieux que ce que l'on penserait à son sujet. Mais la maestria de Ringo (1973) est quand même loin d'être atteinte ici...

1982

83896801_pTug Of War (Paul McCartney) : Macca de retour après la tragédie, il est celui qui aura mis le plus de temps à revenir de son choc. Mais avec quel album ! Renfermant son hommage à Lennon (Here Today, magnificence acoustique que Paul chantera à chaque concert), Tug Of War a été enregistré avec l'appui de George Martin, et on y trouve notamment une chanson enregistrée avec le rock'n'roller Carl Perkins (Get It, que je n'aime pas, mais on sent que les deux hommes se sont amusés à la faire), et deux enregistrées avec Stevie Wonder (le tubissime Ebony And Ivory et le très funky/groovy What's That You're Doing ? que j'adore). Ringo est à la batterie sur certains titres, Denny Laine des Wings apparait sur d'autres (on ne le reverra plus, par la suite, sur les albums de Paul). Parmi les autres grands moments de cet album très formaté FM, le morceau-titre, inoubliable ; Wanderlust, sublime ; Ballroom Dancing, très remuant. Les sessions d'enregistrement de cet album seront si fructueuses que l'album suivant de Paul ne contiendra que des morceaux non utilisés pour Tug Of War ! Un des meilleurs albums de Macca.

83859374_pGone Troppo (George Harrison) : Aucune promotion ne sera faite pour cet album sorti dans la plus totale indifférence, et sous une pochette (signée "Legs" Larry Smith, du Bonzo Dog Doodah Band, un groupe de pop parodique, et un ami d'Harrison) absolument immonde (et qui propose notamment, dans sa sous-pochette, une recette pour faire du...ciment ! Si, si !). Gone Troppo est une contre-performance absolue. Cependant, on a quand même, ici, de bons trucs, et c'est ça le pire : ils sont coincés dans une mélasse totale. Circles (issu des sessions du Double Blanc à la base), Unknown Delight, l'instrumental Greece et That's The Way It Goes sont pas mal du tout. Le reste... Dream Away aurait été meilleure sans son refrain insupportable en vocalises (la chanson est issue de la bande-son de Bandits, Bandits... de Terry Gilliam, produit par Handmade Films, la compagnie de production cinéma de Harrison), et dans l'ensemble, la production de ce disque est datée. Le pire album conventionnel de George.

1983

86690979_pOld Wave (Ringo Starr) : Vous ne connaissez pas cet album ? C'est normal. Old Wave, qui sera le dernier album de Ringo pour 9 ans (excepté un best-of en 1989, ou 1988, qui sera consacré à la période 1976/1983, Starr Struck), n'est en effet quasiment pas sorti ! Il y à eu des soucis de distribution avec le label Boardwalk, et dans plusieurs pays, il sera difficile de le trouver à l'époque. Inutile de dire que le vinyle est une pièce de collection et qu'il n'est pas donné ! Il a été réédité en CD dans les années 90, mais là aussi, pour le trouver maintenant, c'est la croix et la bannière. Bref, ceci est le disque maudit de Ringo ! Dommage car, tout comme le précédent opus, ce n'est vraiment pas horrible, sans toutefois en dire trop de bien non plus. La pochette, montrant, dans un médaillon, Ringo jeune (juste avant les Beatles, je dirais), est une bonne idée, ça change d'avoir une pochette d'album de Ringo ne frôlant pas le mauvais goût intégral !

83896924_pPipes Of Peace (Paul McCartney) : Comme son titre l'indique, Pipes Of Peace est le successeur direct de Tug Of War. Il contient 11 titres enregistrés durant les mêmes sessions que le précédent opus, et parmi eux, deux l'ont été avec Michael Jackson : The Man et surtout Say Say Say. Aucune chanson de l'album n'a jamais été jouée live par Paul, ce qui en dit long sur ce qu'il pense de ce disque assez commercial, fait à la va-vite, sorti un an et demi après le précédent, et fait, évidemment, avec les mêmes musiciens et producteur. Sincèrement, si Macca a fait pire, il a surtout fait mieux que ce disque comptant parmi ses plus décevants. La chanson-titre, Say Say Say et Keep Under Cover sont belles, mais dans l'ensemble, cet album est assez ennuyeux, plutôt plat, sans relief, sans originalité... Macca se laisse aller, là...

1984

62223434_pMilk And Honey (John Lennon & Yoko Ono) : Premier album posthume (deux ans après un best-of, The John Lennon Collection) et aussi le meilleur de tous. Ce disque à la pochette très similaire à celle de Double Fantasy, mais en couleurs, contient 12 titres, 6 de John et 6 de Yoko, tous (sauf le dernier de Yoko) enregistrés durant les mêmes sessions de 1980 que Double Fantasy. Milk And Honey était de toute façon destiné à être publié tel quel en son temps, et l'album est lui aussi sous-titré "A Heart Play", comme le précédent. Là aussi, les chanson se répondent, comme des conversations. Pour être honnête, les chansons de Yoko n'y sont pas aussi bonnes, Your Hands (à moitié chanté en japonais) et le plus récent You're The One (enregistrée en 1982, c'est une ode à John, sur laquelle Yoko pleure en chantant, ou donne cette impression) exceptées. Les chansons de Lennon, elles, sont au moins aussi belles que celles de 1980 : Borrowed Time et son climat reggae, Nobody Told Me, Grow Old With Me qui fait mal... 36 minutes qu'il faut écouter plusieurs fois pour bien s'en imprégner, mais au final, ce disque n'est vraiment pas honteux du tout, sans aller jusqu'à égaler Double Fantasy. C'est un beau complément.

83897260_pGive My Regards To Broad Street (Paul McCartney) : Bande originale du film du même nom, écrit par Macca, produit par le même, mais qu'il n'a pas réalisé, en revanche. Par contre, il joue dedans, ainsi que Linda, Ringo, Barbara Bach (femme de Ringo depuis l'époque de ce film)... Un film musical qui tourne à peu près autour de l'histoire d'un mec ayant dérobé des bandes musicales inédites appartenant à Paul, un truc con comme ça... Jamais vu le film, et pas envie... Il ne doit pas être facile à dénicher, en même temps, ça aide. La bande-son comprend une ou deux nouvelles chansons (Not Such A Bad Boy, No More Lonely Nights, deux chansons vraiment pas mal du tout) et surtout des nouvelles versions de chansons des Beatles, Wings et Macca solo, réarrangées à la sauce orchestrale. Pour Eleanor Rigby, ça ne change pas grand chose. Pour d'autres, comme Silly Love Songs ou The Long And Winding Road, c'est franchement raté. A noter qu'en CD, l'album est bien plus long (une heure) que  le vinyle, d'environ 40/45 minutes. J'ai le vinyle, pas le CD, mais je n'ai jamais vraiment cherché à me procurer la version longue de ce disque décrié, et dans l'ensemble à juste titre, même si ce n'est pas abominable non plus. En musique de fond, ça passe ! Sur la pochette, Macca semble cependant se demander pourquoi il a fait ça...

1986

62223429_pLive In New York City (John Lennon) : Durée insignifiante de 42 minutes (mais je ne sais pas combien de temps duraient les concerts de Lennon, qui n'en a pas fait beaucoup, c'est un euphémisme, durant sa carrière solo ; si ça se trouve, tout le show est là sur ce CD), qualité sonore assez moyenne même si ça aurait pu être pire, et accompagnement musical lourdaud (Elephant's Memory)... Ce concert donné au Madison Square Garden en 1972, pendant la période activiste de gauche de Lennon (et contemporain de Some Time In New York City) n'a pas grand chose pour lui. Malgré tout, Mother est puissante, Come Together et New York City assurent... Ca pourrait être tellement mieux ; ça aurait pu être tellement pire, surtout. Le  jour de ce concert, Lennon en a en fait donné deux, un dans l'après-midi et un en soirée. Il paraît que Yoko a choisi le moins bon des deux shows (et le premier des deux, par ailleurs) pour ce live posthume...

83897331_pPress To Play (Paul McCartney) : Je vais en surprendre plus d'un, mais cet album très décrié, considéré comme un des pires de Macca et son pire de la décennie (et voire même son pire tout court), me plaît bien. OK, tout n'est pas réussi sur ce disque produit par Hugh Padgham, et composé notamment avec Eric Stewart de 10cc, mais on a de très belles réussites pop FM comme le sautillant Press, l'efficace Good Times Coming/Feel The Sun (Macca mettra ces deux titres sur la version collector 4 CD de son best-of Pure McCartney sorti en 2016), la belle ballade Only Love Remains, le très rock Stranglehold et l'étonnant Pretty Little Head. La moitié de l'album, quoi ! En revanche, Move Over Busker et le très virulent Angry ne valent rien, mais dans l'ensemble, Press To Play, sous sa belle photo prise par un ancien chef opérateur de cinéma avec du matos des années 30, est un album certes très pop, certes sans grande originalité et valeur musicale, mais qui se laisse franchement bien écouter !

c7590ab3f18d63d195f2e53a11798339Menlove Ave. (John Lennon) : 5 morceaux issus des sessions avortées (celles sous la houlette de Spector) de Rock'n'Roll, dont Angel Baby, To Know Her Is To Love Her et l'impeccable Here We Go Again, et 5 titres issus des sessions de Walls & Bridges, des démos acoustiques de 5 des morceaux de l'album pour être plus précis. Voilà ce qu'est ce Menlove Ave. (le titre est le nom de la rue où vécut Lennon dans son enfance) sorti en 1986, disque d'inédits sous une photo de Ian McMillan revue par Warhol. Pour être honnête, c'est destiné aux fans complétistes, qui l'écouteront de temps en temps, par politesse, mais le laisseront le plus souvent se prendre la poussière sur l'étagère, collé au live new-yorkais de 1972 sorti plus tôt dans la même année...

1987

83859258_pCloud Nine (George Harrison) : On l'avait laissé en 1982 avec un Gone Troppo raté, qu'il ne cherchera même pas à promouvoir. 5 ans plus tard, alors qu'il s'était surtout consacré à la production de films via sa compagnie Handmade Productions, Harrison revient, sous la houlette du producteur Jeff Lynne (leader d'Electric Light Orchestra, un spécialiste de la grosse production). Sur la pochette, une antique guitare lui appartenant, et une posture des plus décontractées, qui laissent supposer que ce disque fut fait dans la facilité. D'ailleurs, ce fut le cas, et on trouve, parmi les musiciens, Clapton, Elton John, Ringo et Lynne lui-même. Certes, Cloud Nine est parfois assez chargé en terme de production (et encore, avec ELO, Lynne a eu la main plus lourde que ça), mais mis à part ça, quel chef d'oeuvre ! Le meilleur opus de George en 17 ans, rien de moins (ce qui fut dit et répété par la presse entière à l'époque). L'album offre le mégatube Got My Mind Set On You, une reprise d'une vieille chanson des années 50. On y trouve aussi This Is Love, When We Was Fab (qui parle des années Beatles, et utilise notamment la partie batterie de I Am The Walrus), Cloud 9 (sur lequel Harrison et Clapton se livrent à une belle joute de guitares), Fish On The Sand et Someplace Else. Du début à la fin, ce disque est une merveille pop/rock, dont le seul défaut réside au final dans sa pochette assez datée et limite craignos. On a l'impression d'avoir affaire à un de ces disques pop FM charpentés 80's, remplis de synthés et aujourd'hui inécoutables, mais au moment de l'écouter, quelle surprise... Oui, un des meilleurs albums faits par un ancien Beatles, ni plus, ni moins ! 

1988

83897343_pСнова в СССР (Paul McCartney) : Conçu spécialement pour le marché soviétique (il sortira là-bas sur le label Melodia, et ne sera édité dans le reste du monde que l'année suivante ; je possède une édition russe de l'album), cet album est entièrement constitué de reprises de vieux rocks, comme l'album de Lennon de 1975. Bien entendu, ces chansons ne sont pas chantées en russe, mais en anglais, et l'album a été enregistré avec des musiciens anglais (ou américains) et enregistré en Angleterre ou aux USA. Parmi les morceaux de cet "album russe", dont le titre est une allusion au Back In The U.S.S.R. des Beatles (et qui se prononce "Snova V SSSR"), on trouve Twenty Flight Rock, Ain't That A Shame, Crackin' Up ou That's All Right Mama. L'album fera bien parler de lui à l'époque, on reprochera à Macca de se vendre aux Soviétiques... Un peu comme Billy Joel qui, à la même époque, faisait des concerts directement là-bas, et en avait même sorti un live. En dehors de la polémique à deux roubles, cet album est d'une efficacité à toute épreuve !

51KQ-schFkLThe Traveling Wilburys Vol. 1 (The Traveling Wilburys) : En 1987, durant les sessions de Cloud Nine, Harrison compose une chanson, Handle With Care, qu'il destine à sortir en face B de single. Cette chanson sera tellement puissante qu'elle entraînera la création de cet album et de ce groupe. Rappel :  avec son producteur Jeff Lynne, un jour, il dîne en compagnie de Roy Orbison, et les trois se mettent d'accord pour faire une chanson ensemble. Ils demandent à Bob Dylan, un ami commun, de leur prêter son studio personnel, ce dernier accepte, et en profite pour leur demander s'il peut se joindre à eux, réponse affirmative. Arrive aussi Tom Petty, chez qui Harrison vient récupérer une guitare, et qui se joint à eux. Ils enregistrent Handle With Care, alternant les voix. Devant la puissance de la chanson, ils en composent, rapidement, d'autres, pour faire un disque. Qu'ils vont sortir sous un nom de groupe fictif, se renommant de faux noms, et se faisant appeler les Traveling Wilburys. Un supergroupe de folie qui, en 1988, va quelque peu affoler les charts avec ce Volume 1 de toute beauté (le Tweeter And The Monkey Man de Dylan, qui pastiche Springsteen ; le Not Alone Anymore d'Orbison ; End Of The Line...). Hélas pour eux, peu après la sortie de l'album, Orbison décèdera... Reste ce disque, intemporel petit chef d'oeuvre de folk-rock.

1989

83897437_pFlowers In The Dirt (Paul McCartney) : Après une décennie 80 assez difficile, Macca revient en force en 1989 avec ces "fleurs dans la saleté" produites en partie par Trevor Horn, en partie par Elvis Costello (qui co-signe trois chansons et en co-chante une, You Want Her Too)... Un disque majeur de Paul, avec une série de chansons vraiment remarquables : My Brave Face, Figure Of Eight, This One, Put It There, l'intense et immense We Got Married avec David Gilmour à la guitare (grand moment)... Une paire de chansons très moyennes vers la fin de l'album, mais rien de grave. Dans l'ensemble, cet album compte vraiment parmi les meilleurs de l'ex-Beatles, et est son meilleur des années 80, alors finissantes.

1990

MI0004067253The Traveling Wilburys Vol. 3 (The Traveling Wilburys) : Ce deuxième (malgré le titre...) album des Traveling Wilburys, sans Roy Orbison vu qu'il est mort peu après le premier opus, n'est pas aussi réussi que le premier. Mais on y trouve quand même She's My Baby, une très bonne chanson. Harrison est un peu en retrait, vocalement parlant, par rapport à Bob Dylan. Sur la pochette aussi : des quatre membres de ce supergroupe, c'est même Harrison (instigateur du projet, tout de même) que l'on reconnaît en dernier, et que l'on remarque le moins ! Cet album reste pas mal, mais il n'a cependant pas grand chose pour qu'on parle de lui, surtout comparé au premier opus du supergroupe...

84040889_pTripping The Live Fantastic (Paul McCartney) : Triple live en vinyle, et double CD (il en aussi été tiré un simple CD sous-titré "Highlights", les grands moments, sans intérêt par rapport à la version double), de la tournée du triomphal Flowers In The Dirt. 6 titres de cet album y sont joués, et pas les pires vous pouvez me croire. On a aussi, bien entendu, des classiques des Beatles, de Macca avec les Wings (mais peu, au final ; Macca ne se mettra vraiment à rejouer les morceaux des Wings qu'à partir des années 2000), des vieux rocks type Ain't That A Shame... Son groupe est remarquable, lui aussi assure à fond, le son, pour un live de 1990, est excellent, et la durée est généreuse : deux disques de 70 minutes, et presque 40 morceaux ! Bref, pour un fan de Macca, ce live est essentiel.

1991

84040895_pUnplugged - The Official Bootleg (Paul McCartney) : Sous sa pochette qui, la couleur exceptée, n'est pas sans rappeler celle de l'album "soviétique" de 1988, voici un petit live acoustique et un des premiers de la fameuse vague des "MTV Unplugged". Difficile à trouver aujourd'hui, surtout à bas prix, car n'ayant pas été réédité depuis des éons, cet Unplugged - The Official Bootleg (titre rigolo) est un petit régal, je ne dirai que ça !

1992

86691000_pTime Takes Time (Ringo Starr) : Attention les yeux : le retour de Ringo ! 9 ans après un Old Wave mal distribué (euphémisme) et franchement maudit, Time Takes Time, son premier disque studio sorti directement en CD, offre une petite série de très bonnes chansons, comme Golden Blunders, Don't Go Where The Roads Don't Go, et surtout Weight Of The World, que l'on retrouvera sur le best-of de 2007. Produit à huit mains par quatre producteurs (Don Was, Phil Ramone, Jeff Lynne, Peter Asher, selon les chansons ça varie), ce disque sorti sous une assez belle pochette, ce qui est plutôt rare concernant Ringo, est une très bonne réussite de pop/rock charpentée FM, ça sonne bien, ce n'est pas inoubliable mais ça fait vraiment oublier sans aucun souci l'ensemble des albums que Ringo a sorti de 1976 à 1983. Bref, son meilleur depuis Goodnight Vienna !

83859387_pLive In Japan (George Harrison) : Si on excepte le triple live de 1971 pour le Bangladesh, ceci est le seul document live (en album) d'Harrison. J'aurais tellement aimé qu'il soit mieux que ça, ce double live (à la durée peu généreuse : un peu moins de 90 minutes en tout) enregistré durant la petite tournée japonaise d'Harrison et Clapton... Au cours des concerts, Clapton aussi chantait, mais ici, on ne trouve que des morceaux de la partie harrisonnienne des concerts (on entend Clapton à la guitare, évidemment). Gros soucis ici : Harrison, de tempérament timide, chante parfois un peu à côté de la plaque, il semble se forcer, aussi, et l'accompagnement n'est pas toujours au top. De plus, et c'est le pire, la production est plate comme une sole passée sous une enclume, on s'ennuie pas mal. Dommage parce que les morceaux interprétés, aussi bien de la carrière solo (Dark Horse, All Those Years Ago, Isn't It A Pity, Cheer Down, My Sweet Lord) que des Beatles (Something, Taxman, Old Brown Shoe, Piggies), sont bien choisis. Bref, un live qui aurait pu être génial, et qui n'est que correct. Dommage, vraiment ! C'est le dernier album d'Harrison sorti de son vivant.

1993

84040908_pOff The Ground (Paul McCartney) : On attendait comme le Messie cette nouvelle livraison de Paul, en 1993, je peux l'imaginer, après le carton de Flowers In The Dirt ! Ce qui fit que la déception n'en aura été que plus grande, du moins à l'époque. L'album a en effet récolté quelques critiques un peu tièdes, ce qui ne l'empêchera pas de devenir un des préférés des fans par la suite. Off The Ground est sorti sous une assez moche pochette, comme on peut le voir, et contient deux-trois chansons un peu moyennes (Golden Earth Girl), mais dans l'ensemble, cette livraison 1993 est excellente, et elle renferme quelques unes de mes chansons préférées du mec Mac : Off The Ground, C'Mon People, Looking For Changes, I Owe It All To You, Hope For Deliverance. Oui, j'aime vraiment ce disque, dont la production très efficace vieillit de plus très bien, mieux que celle du précédent en fait.

1994

84041075_pPaul Is Live (Paul McCartney) : Surfant sur la fameuse légende urbaine de la "mort de McCartney" lancée en 1969, et dont la pochette d'Abbey Road regorgerait d'indices, et sur cette fameuse pochette justement, celle de ce live de Paul est juste excellentissime. Le seul problème est qu'il est simple, même si le disque est bien rempli. Il ne propose évidemment pas l'intégralité d'un concert de la tournée de Off The Ground, mais une belle sélection issue de plusieurs concerts. On notera que mis à part Live And Let Die, aucune chanson présente sur Tripping The Live Fantastic (1990) n'est reprise ici, on n'a pas de doublons (enfin, si, juste un), ce qui est probablement la raison du fait que ce live ne soit que simple : Macca ne voulait proposer que des chansons que l'on ne pouvait pas entendre sur son précédent live, et il n'en avait pas assez pour remplir deux disques. On a ici, donc, outre des morceaux du nouvel album, Let Me Roll It, Drive My Car, Penny Lane, Magical Mystery Tour (interprétées live pour la première fois pour ces deux chansons). Mais pas de Hey Jude, pas de Yesterday, pas de Coming Up, pas de Jet, pas de Let It Be, ce qui fait quand même bizarre sur un live du grand Paul. Qualité audio exceptionnelle, interprétation idem, Paul Is Live est juste excellent malgré sa courte durée. A noter que le chien sur la pochette, un des chiens de Paul, est un descendant de Martha, le chien de la chanson Martha My Dear, et qui appartenait à Paul à la fin des 60's !

84040916_pStrawberries Oceans Ships Forest (The Fireman : Paul McCartney) : Quand McCartney a sorti ce disque en 1994, tout le monde, sauf au sein de sa maison de disques, ignorait qu'il se cachait sous cet intitulé étrange : The Fireman. A aucun endroit n'apparaît son nom, et comme tout l'album est instrumental... The Fireman, c'est donc un projet musical assez étonnant crée par McCartney et un certain Youth (ancien membre de Killing Joke). Une rencontre assez improbable sur le papier, mais qui va donner trois albums étonnants, pas toujours réussis (le dernier en date l'est totalement, mais ce premier opus n'est pas totalement convaincant). Que trouve-t-on sur ce premier album de The Fireman, sous sa pochette rouge pompier (jeu de mots, humour) ? De la musique électro/ambient/expérimentale, un fourbi total qui aurait pour le moins déconcerté les fans si Macca l'avait sorti sous son vrai nom. Inutile de dire que : a) ce disque n'aura pas beaucoup de succès et sera même sorti dans une totale indifférence, et b) qu'on le trouve difficilement, même sur Internet (ou alors, gaffe aux prix exorbitants !), depuis qu'on a appris, en 2008, qui se cachait derrière ce nom de The Fireman... 

1997

84041081_pFlaming Pie (Paul McCartney) : Entre Off The Ground et ce disque, 4 ans se sont écoulés (entre temps, Macca a livré le premier opus de The Fireman, mais qui le savait, à l'époque, que c'était lui ?). Mais il n'a pas chômé, car, avec George et Ringo (et Yoko, et George Martin), il a bossé, entre 1994 et 1995, sur le monumental projet Anthology des Beatles : une série documentaire TV, un livre (par la suite) et, bien entendu, trois double albums rétrospectifs essentiels à tout fan qui se respecte. Ce qui fait que son album a attendu, histoire de ne pas  se mettre en concurrence avec son ancien groupe, ce qui aurait été un comble ! Sous la houlette de Jeff Lynne, et avec notamment Ringo, Macca publie ce Flaming Pie ahurissant de maîtrise en 1997. C'est le dernier album de Paul sur lequel on entend les voix d'harmonie de Linda, qui décèdera d'un cancer en 1998. C'est aussi sur ce disque que James, un des enfants de Paul, alors âgé de 19 ans, fait sa première apparition : la guitare électrique solo sur Heaven On A Sunday. Tour à tour bucolique (Calico Skies, Great Day, le triste Little Willow dédié aux enfants de Ringo, suite au décès de leur mère et ancienne femme du batteur, Maureen) ou électrique (Souvenir, The World Tonight, Flaming Pie, Used To Be Bad avec Steve Miller), ce disque est parfait de bout en bout. Des 14 titres de l'album, le best-of Pure McCartney de 2016, dans sa version 4 CD, en proposera 8 !

001f0c9c_mediumOobu Joobu - Widescreen Radio - The Ecology (Paul McCartney) : Un disque très rare, publié en peu d'exemplaires à l'époque, et qui était même, je crois, distribué avec un journal aux USA. Il est constitué d'une plage audio unique, sur laquelle se succèdent plusieurs morceaux, dont une nouvelle version de Wild Life, un morceau des Wings. C'est une curiosité, juste ça, et ce n'est en rien essentiel, sauf pour les fans hardcore de Macca.

1998

86691036_pVertical Man (Ringo Starr) : Time Takes Time, en 1992, avait permis à Ringo de revenir en plutôt bonne forme. Vertical Man, lui, première d'une série de collaborations avec le producteur et musicien Mark Hudson, va confirmer. Bien que peu connu, bien que n'ayant pas été une grosse vente, ce disque est une réussite quasi totale, un album généreux (50 minutes : le plus long de Ringo, et de loin, pour l'époque !) et fardé de super chansons : What In The...World, King Of Broken Hearts (avec la guitare de George Harrison), One, I Was Walkin', Without Understanding, une étonnante reprise du Love Me Do de Vous-savez-de-qui-on-parle, le morceau-titre... On notera la participation de plusieurs pointures, essentiellement aux choeurs : Alanis Morrissette, Steven Tyler, Brian Wilson, Tom Petty, Ozzy Osbourne (oui, vous avez bien lu !), et bien entendu Harrison, ainsi que McCartney. Un album quasiment miraculeux quand on parle de Ringo. Peut-être pas aussi génial que son décidément indépassable album de 1973, mais il n'en est vraiment pas loin ! On notera que l'illustration du verso de CD est une peinture basée sur Ringo sur la pochette du Abbey Road des Beatles.

84041087_pRushes (The Fireman : Paul McCartney) : Deuxième opus de The Fireman, sorti dans une tout aussi totale indifférence médiatique que le précédent, malgré qu'il soit franchement réussi dans son genre (psychédélique/expérimental/ambient/électro). Cette collaboration entre McCartney et Youth est vraiment pas mal, originale, mais le fait que personne (sauf au sein de leur maison de disques) ne savait que c'était eux, et surtout Macca, a vraiment freiné... Encore une fois un disque atypique, et difficile à trouver désormais. Un objet de culte, quoi !

86691051_pVH1 Storytellers (Ringo Starr) : Un live de Ringo non pas avec son All-Starr Band (le groupe d'ancienne célébrités du rock et de la pop avec qui il organise, depuis le début des années 90, des concerts, avec succès commercial à l'appui et moult livraisons de lives, de qualité variable) mais en solo, via la chaîne de TV américaine VH1, spécialisée dans la musique. Alors revenu en forme via Vertical Man, Ringo livre ici une prestation très correcte, entouré de Mark Hudson et son groupe les Roundheads. Il livre ici plusieurs chansons (y compris Love Me Do) de cet album, ainsi que des titres plus anciens comme Back Off Boogaloo, It Don't Come Easy, With A Little Help From My Friends. Ca se laisse très bien écouter !

1999

84041098_pRun Devil Run (Paul McCartney) : McCartney le dira lui-même au moment de la sortie  de ce disque : le meilleur moyen de faire  passer la douleur liée à la perte d'un être cher (en l'occurrence sa femme Linda, morte en 1998 de maladie) est de se remettre le plus rapidement possible au travail, de se noyer dedans. Avec l'aide de plusieurs amis musiciens, et des vraies pointures (David Gilmour, Ian Paice - batteur de Deep Purple -, Dave Mattacks, Mick Green), Macca livre ici le deuxième album de reprises de vieux rocks de sa carrière après le fameux album "russe" de 1988. Celui-ci s'appelle Run Devil Run, et il offre cependant trois chansons inédites de Macca : la chanson-titre, Try Not To Cry et What It Is. Le reste, ce sont des reprises, comme Brown-Eyed Handsome Man, She Said Yeah, All Shook Up ou Lonesome Town. Du très très bon boulot sur ce disque assez court (une quarantaine de minutes) qui permettent encore une fois de prouver à quel point Macca peut être rock, quand il le veut !

86691062_pI Wanna Be Santa Claus (Ringo Starr) : Aujourd'hui très difficile à trouver, et ce n'est que justice, cet album de reprises de chansons de Noël (on y trouve aussi des chansons inédites, mais sur le même thème) est une vraie merde musicale. Je préfère m'arrêter là pour ne pas être trop méchant. La pire production Mark Hudson pour Ringo et son pire album, enfin, un de ses vraiment pires avec Bad Boy et un autre que je ne citerai pas encore, car en 1999, il n'était pas encore sorti (attendez donc plus bas dans la liste ; petit indice, c'est vers la fin).

2001

84041105_pDriving Rain (Paul McCartney) : Macca a retrouvé l'amour avec Heather Mills (ça ne durera pas aussi longtemps qu'avec Linda), et il lui dédie une poignée de chansons de cet album, comme Heather. D'autres, comme Magic ou Your Loving Flame, semblent elles parler de Linda. Driving Rain est un disque très réussi mais pas aussi attachant que Flaming Pie ou que les suivants. Comprenant une des chansons les plus longues de Paul (Rinse The Raindrops : 10 minutes !), comprenant aussi Freedom en morceau caché (chanson composée juste après les attentats du 9/11, l'album est sorti en novembre 2001), l'album offre de très bonnes chansons, comme Back In The Sunshine Again, From A Lover To A Friend ou le butant Lonely Road qui ouvre le bal. La pochette et le livret sont ornés de photos pixellisées à outrance et ayant été faites avec une montre capable de prendre des photos (on voit la qualité...). Pas mon préféré de Macca, un disque un peu longuet (plus d'une heure), certaines chansons sont anodines, mais il se laisse écouter.

2002

83859398_pBrainwashed (George Harrison) : Harrison est mort en 2001 (en septembre ou octobre) d'un cancer. Il avait commencé, et même bien entamé, l'enregistrement d'un nouvel album, qui sortira de manière posthume un an plus tard. Produit par Jeff Lynne, Harrison et son fils Dhani (qui joue sur l'album), Brainwashed, sous son horrible pochette montrant des crash test dummies et une TV, est un album très agréable, Any Road, Stuck Inside A Cloud, Run So Far (offerte à Clapton en 1989, reprise ici) et Pisces Fish sont de pures merveilles, de même que l'instrumental Marwa Blues. L'album se finit sur une lamentation à deux voix, par Harrison et son fils, un chant sacré hindouïste. Difficile de critiquer un album posthume, surtout sorti très peu de temps après le décès de l'artiste. On n'a pas envie d'être méchant si le disque ne convainc pas. Heureusement, celui-ci est vraiment très bien, même si plusieurs écoutes seront sans doute nécessaires pour bien l'apprécier.

84041109_pBack In The U.S. (Paul McCartney) : Double live, destiné au marché américain (pour le reste du monde, il y aura un autre live, plus bas), de la tournée Driving Rain. Un petit peu moins de deux heures de grand concert (de grands concerts, plutôt, ce live étant un assemblage de la tournée !). Macca ne chante que 4 titres de son album, dont Freedom. On a aussi quelques raretés (C Moon des Wings, Mother Nature's Son des Beatles, Vanilla Sky de la carrière solo, morceau composé pour le film du même nom, qui date de l'époque de ce live, à peu près) et bien entendu, tous les classiques : Hey Jude, Band On The Run, Jet, Coming Up, Let Me Roll It, Yesterday, Let It Be, Lady Madonna... Plus l'hommage à Lennon (Here Today) et un Something repris à l'ukulele pour rendre hommage à Harrison, ami d'enfance de Paul (avec qui, cependant, pendant longtemps, les relations furent parfois houleuses, Macca avait sans doute trop tendance à infantiliser son cadet, parfois). Ce live, dans l'ensemble ? Du grand art pour le fan !

84041126_pBack In The World (Paul McCartney) : Je vais être bref : c'est, en gros, le même double live que le précédent, mis à part que Freedom, Vanilla Sky et C Moon ont été retirées et remplacées par Michelle, Calico Skies, Let 'Em In et She's Leaving Home. On a aussi une autre version, enregistrée au Mexique, de Hey Jude. Ceci est juste la version mondiale de ce live, l'autre, ci-dessus, ayant été destinée aux USA. C'est, ici, un petit peu plus long, et tout aussi bon.

2003

86691078_pRingorama (Ringo Starr) : Production, musique (avec son groupe les Roundheads), et même la pochette : tout est l'oeuvre ici de Mark Hudson. Ringo livre ici un album aussi raté que Vertical Man était réussi. On notera quand même deux-trois bons trucs, comme Never Without You, hommage à Harrison. Mais Ringorama, dans l'ensemble, est une plaie dans la discographie de Ringo, son quatrième plus mauvais album derrière I Wanna Be Santa Claus, Ringo 2012 et Bad Boy. Et le cinquième plus mauvais, Ringo The 4th, est loin devant lui...

2004

john_lennon_acoustic_album_cover_ovation_guitarAcoustic (John Lennon) : La seule bonne chose ici, c'est que le livret propose les tablatures de guitare pour chaque morceau. Sinon, ce disque est un foutage de gueule pour le fan lennonien moyen. Les versions démo acoustique n'apportent pas grand chose, la qualité audio n'est pas toujours au rendez-vous. Le pire, c'est que ce disque a été vendu, à l'époque, comme un album inédit de Beatle John. C'est vraiment là que réside le foutage de gueule, parce que, musicalement, c'est la plupart du temps agréable à écouter, même si on ne ressortira pas souvent le disque de son boîtier... Perso, je préfère vraiment le coffret 4 CD Lennon Anthology de 1998, rempli jusqu'à la gueule de démos et prises alternatives, dont certaines se retrouvent ici, d'ailleurs.

2005

86691083_pChoose Love (Ringo Starr) : A sa sortie, le disque était vendu dans une édition proposant l'album sur la première face du disque, et des bonus DVD sur la seconde face, chose au final assez rare ! Musicalement, Choose Love, sur la pochette duquel Ringo nous offre sa fameuse posture du mec à la coule faisant le V de la victoire avec ses doigts (il doit exister au moins autant de photos différentes de Ringo posant ainsi qu'il y à de jours dans l'année), une autre production Mark Hudson, est un indéniable bond en avant par rapport à Ringorama. Je n'irai pas jusqu'à dire que l'album est du même niveau que Vertical Man, mais il est aussi bon que Time Takes Time et c'est déjà quelque chose. Fading In And Fading Out est excellente.

Twin_Freaks_remixesRemixes (Twin Freaks : Paul McCartney) : Encore une rareté, difficile à trouver maintenant. Sous l'intitulé Twin Freaks se cache un projet obscur et quelque peu abscons de Macca, une succession de remixes de certaines de ses chansons. Une curiosité clairement pas essentielle, un vrai OVNI musical...

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Chaos And Creation In The Backyard (Paul McCartney) : Faut-il encore présenter cet album produit par Nigel Godrich (producteur de Radiohead) et sur lequel Macca joue quasiment de tout ? Il aurait laissé tomber (provisoirement : voir 2007) la préparation de Memory Almost Full, à la demande de son ami George Martin qui ne croyait pas trop à l'album, pour se concentrer sur ce projet. Un disque intimiste et sensationnel, sous une pochette photographique le montrant, en 1962, jouant de la guitare dans l'arrière-cour de la maison familiale, photo prise par son frangin Michael. Touchant, bluffant, riche en grands moments (Fine Line, Too Much Rain, Anyway, Friends To Go), cet album sera un triomphe commercial et critique, on parlera de renaissance. Pourtant, les précédents opus aussi étaient remarquables. Mais avec Chaos And Creation In The Backyard, sur lequel il sonne comme l'homme de son âge, Macca a su, vraiment, placer la barre le plus haut possible. Même si ses albums suivants sont (presque) tous géniaux, on peut parier qu'il ne parviendra plus jamais à atteindre cet Everest personnel.

2007

84041162_pMemory Almost Full (Paul McCartney) : Selon la légende, George Martin aurait demandé à Macca de laisser de côté les chansons de cet album pour se consacrer à Chaos And Creation In The Backyard. Macca, dans ce cas, n'en est pas moins revenu à ces chansons par la suite. Très pop/rock, Memory Almost Full, dont le titre est un anagramme pour "For my soulmate LLM" (Linda Louise McCartney) et ce d'une manière apparemment involontaire si on en croit Macca lui-même, est un album d'enfer. Certaines chansons, comme Nod Your Head ou Only Mama Knows (qui fait furieusement penser aux Wings) sont terriblement rock, d'autres sont plus pop comme Ever Present Past ou Mr Bellamy. Court (43 minutes), ce disque sans prétention autre que de distraire après un chef d'oeuvre intimiste. Il sera diversement accueilli, certains estimeront que Paul se laisse aller à la facilité après la réussite totale de l'album de 2005, d'autres apprécieront ce changement d'air et ce retour aux sources pop/rock, digne de la grande époque des Wings. Pour ma part, un de mes préférés du bonhomme.

86691118_pLive At Soundstage (Ringo Starr) : Encore un live de Ringo en solo (enfin, je veux dire, sans son All-Starr Band). Encore une fois, c'est plus qu'écoutable, ça ne casse pas des briques on est d'accord, mais c'est très correct. On ne le ressortira pas très souvent, par contre...

2008

86691147_pLiverpool 8 (Ringo Starr) : En 2008, Liverpool fut capitale européenne de la culture. Coïncidence ou pas, mais l'album que Ringo, liverpuldien comme on le sait, a sorti cette année-là s'appelle Liverpool 8. Une dernière fois produit par Mark Hudson (avec qui, cependant, la collaboration cessera une fois ce disque), l'album a été enregistré en partie avec Dave Stewart (Eurythmics), qui a produit et co-écrit la chanson-titre. Pour être honnête, ce disque est vraiment pas mal, bien qu'imparfait (jamais pu encaisser le latino de pacotille Pasodobles), Ringo fera nettement mieux avec l'album suivant, mais Liverpool 8 est du même niveau plus que correct que Choose Love. Un disque pour ses fans, quoi. La pochette n'est pas hideuse, pour une fois...

84041176_pElectric Arguments  (The Fireman : Paul McCartney) : Troisième et dernière livraison de The Fireman. Cette fois-ci, l'annonce est faite : on révèlera enfin uqui se cachaient sous ce projet musical assez étonnant. De toute façon, comme les morceaux de cet album sont chantés, on se serait rendu compte de la "supercherie" en reconnaissant la voix de Paul... Electric Arguments est un chef d'oeuvre, un disque plus accessible que les deux précédents, mais quand même plus aventureux qu'un album classique de Macca. Don't Stop Running, Highway, Sing The Changes, Lifelong Passion, Dance 'Til We're High sont les meilleurs moments de cet album remarquable.

2009

84041169_pGood Evening New York City (Paul McCartney) : Après rénovation, le Shea Stadium de New York devient le Citi Field. Pour inaugurer la nouvelle version du stade ayant, en 1965, accueilli les Beatles, quoi de mieux que de demander à McCartney d'assurer le show ? Deux heures, filmées et enregistrées (le live propose aussi le DVD du concert), au cours desquelles un Macca en forme (on reprochera cependant un probabe usage d'autotune par moments, sa voix étant vraiment trop parfaite parfois...rumeurs, rumeurs) livre ses classiques, parmi lesquels des chansons de The Fireman (Highway), des Wings, de sa carrière solo... Plus de la moitié du show (tout le second CD, en gros, ainsi que pas mal de morceaux du premier) est consacrée aux Beatles, personne ne s'en plaindra. La performance est vraiment excellente.

2010

84041150_pLive In Los Angeles - The Grammy Nominated Amoeba Show (Paul McCartney) : Un live qui fut offert avec un magazine aux USA. J'ai eu l'occasion de l'écouter une fois (je ne le possède hélas pas) et dans mes souvenirs, c'était très bien, mais c'est tout ce que je peux en dire, désolé... La pochette fait penser à un bootleg !

86691126_pY Not (Ringo Starr) : Une pochette peu réussie (et me faisant penser à celle du Isolation de Toto), un disque peu généreux en durée (un peu moins de 37 minutes), un livret encore moins généreux (les crédits des morceaux dans une double page, c'est tout). Autoproduit (pour la premère fois de sa carrière), ce Y Not ("why not") n'a pas grand chose pour lui à la base. Et pourtant... Une très belle réussite que cet album, sur lequel on entend Joss Stone (Who's Your Daddy), Macca (Walk With You), sur lequel on entend de vraies bonnes chansons (celles citées, ainsi que Peace Dream, The Other Side Of Liverpool, Everyone Wins). Son meilleur depuis 1998, aisément !

2012

86690950_pRingo 2012 (Ringo Starr) : Là, par contre... Un immense foutage de gueule. Non seulement les chansons sont épouvantables dans l'ensemble, mais le disque ne dure que 29 minutes. Certains diront que l'épreuve de l'écoute est de courte durée, mais au prix où est généralement vendu ce disque (au prix fort : 18 €, même si on peut l'avoir pour moins cher, et je ne m'en suis pas privé), c'est vraiment une honte. Et cette pochette... Le pire album de Ringo au final, probablement !

84041134_pKisses On The Bottom (Paul McCartney) : Livrant une chanson inédite enregistrée avec Clapton (My Valentine, correcte et dans le ton de l'album), Macca enregistre ici une grosse douzaine de reprises de vieilles chansons, des standards du jazz vocal notamment (Diana Krall, femme d'Elvis Costello, est sur quasiment tout le disque). Cet album, c'est un peu le Sentimental Journey de Macca, une des chansons présentes ici (Bye Bye Blackbird) est aussi sur l'album que je viens de citer, de Ringo (1970). Pour ma part, c'est aussi anodin, superficiel et même chiant que le Ringo. Je n'aime pas du tout cet album.

2013

104138065New (Paul McCartney) : Jouissif du début à la fin, l'album de Macca qui se rapproche le plus du son des Wings. Que dire face à Queenie Eyes, Alligator, I Can Bet (son riff rappelle celui de Only Mama Knows, chanson de 2007), New, Save Us, On My Way To Work ou Road ? New, sous sa pochette de néons (pas très réussie, il faut le dire), à moitié produit par Giles fils de George Martin et à moitié par Mark Ronson, est une incontestable réussite de pop/rock, un petit triomphe qui donne férocement envie d'écouter d'autres albums du même acabit de la part de Paul. Son dernier à ce jour. J'espère sincèrement qu'il va se remettre au travail bientôt, si ce n'est déjà le cas...

2015

Ringo-Starr-Postcards-From-Paradise-252222-1Postcards From Paradise (Ringo Starr) : Le retour de Ringo après un précédent opus véritablement catastrophique en 2012. Celui-ci, malgré une pochette assez kitsch et un morceau-titre qui surjoue la facilité en n'utilisant, pour ses paroles, que des titres de chansons des Beatles (le morceau a été co-écrit avec Todd Rundgren, qui joue dessus), sans oublier un ou deux titres un peu moyens, celui-ci, donc, est d'un très bon niveau, du niveau de Liverpool 8 ou Choose Love, bref, ce n'est pas révolutionnaire, mais ce Postcards From Paradise se laisse franchement écouter avec plaisir, à moins, évidemment, d'être réfractaire à ce qu'à fait Ringo Starr en solo. Il serait cependant dommage de passer à côté de ses meilleurs albums...

08 avril 2017

"Lennon" - John Lennon

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Pour ce retour à l'activité sur le blog (pour combien de temps, je ne sais pas ; c'est plutôt épisodique, désormais !), place à un objet de collection que je n'avais toujours pas abordé ici depuis le temps. C'est un coffret de 4 CDs sorti en 1990, et depuis longtemps hors-commerce (excepté, évidemment Internet et les conventions et brocantes, où vous avez des chances plus ou moins élevées - pour les brocantes,  c'est très faible - de le trouver), car remplacé depuis le temps par d'autres coffrets plus fournis et, disons, "respectables" que lui : Lennon. Oui, on va reparler de John Lennon ici, avec ce coffret qui, bien que ne s'étant pas classé dans les charts à l'époque (du moins, aux USA), a été une belle vente. Ce coffret de carton rigide contient 4 CDs aux boîtiers à l'ancienne, avec un livret proposant les paroles des chansons présentes dans le coffret. Des chansons, en tout, ici, il y en à 73. 20 sur les premier et deuxième disques, 19 sur le troisième, 14 sur le dernier. C'est une sorte d'anthologie, ou plutôt, d'intégrale, mais sans en être une, en même temps : il manque des morceaux sur chaque album de Beatle John, son premier (de 1970) excepté. Le coffret est sorti sous un visuel emblématique, une photo assez connue de Lennon en plein Lost Weekend (et si vous ne savez pas ou plus ce qu'est le Lost Weekend pour Lennon, c'est la période de 1973/1974 pendant laquelle Lennon vivra séparé de Yoko - d'un commun accord entre les deux - et à Los Angeles, afin de permettre à leur couple, alors en crise, de souffler un peu. Pendant cette période d'errance à L.A, Lennon multipliera les frasques et sera comme une âme en peine, et son retour à New York - ou était resté Yoko -, en 1974, marquera la fin de cette période assez difficile, mais ayant accouché de chefs d'oeuvre). Chaque CD est orné d'une photo similaire (un gros Lennon en lettres majuscules sur le côté, livret minimaliste) représentant à peu près la période concernée par le disque : Lennon chevelu-barbu de l'ère 1969/1970 ; Lennon aux cheveux courts, imberbe, de l'ère 1971/1972 ; Lennon en plein Lost Weekend (autre photo) ; et Lennon avec son fils Sean - né en 1975 - durant la période de retrait du monde musical (1975/1979). Le livret propose d'autres photos, bien évidemment, mais mis à part les paroles, aucun texte, ce qui est vraiment dommage. Après tout, à deux mois près, le coffret est sorti au moment de l'anniversaire des 10 ans de la mort de Lennon (en décembre 1980 ; et à quelques jours près, de l'anniversaire de Lennon, qui aurait eu 50 ans en 1990 et est né en octobre, mois de sortie du coffret).

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Le premier disque propose donc les débuts en solo de Lennon, et s'ouvre sur le sempiternel, répétitif, vaguement longuet (presque 5 minutes !) mais quand même franchement cultissime Give Peace A Chance. Après, on a la quasi-totalité, excepté Give Peace A Chance qui est déjà proposé en version studio, et Cold Turkey aussi en version studio, de la face A du Live Peace In Toronto 1969, laquelle face A est constituée de Lennon et de son groupe, le Plastic Ono Band (dans sa première version, avec Klaus Voormann et Eric Clapton), qui offraient ici, notamment, Dizzy Miss Lizzy, Blue Suede Shoes ou Yer Blues. La face B de ce live à la pochette représentant un ciel légèrement ennuagé proposait deux titres interprétés par Yoko, qui manquent évidemment ici, cette anthologie étant consacrée à Lennon, pas à sa femme... D'ailleurs, aucune chanson de Yoko, de quelque album de Lennon que ce soit (il y en à trois qui en proposent, chaque fan le sait : Some Time In New York City, Double Fantasy et le posthume Milk And Honey), n'est présente ici, pour la même raison. Les anti-Yoko ne crieront pas au scandale. Personne, en fait, n'a du crier au scandale, que ce soit en 1990 ou après ! Après cette sélection de la quasi-totalité (4 titres sur 6) du live, on a Instant Karma ! (We All Shine On), le fameux single-express de 1970 (écrit en une journée, enregistré le lendemain, pressé le surlendemain, dans les bacs le sur-surlendemain !), morceau admirable malgré sa production faiblarde (rapport à son enregistrement express, évidemment, Lennon n'a pas fignolé le morceau, il l'a enregistré vite fait pour le sortir vite fait et ça s'entend), et on a, ensuite, le seul album de Lennon que ce coffret propose en intégralité et dans l'ordre : les 39 minutes de John Lennon/Plastic Ono Band (1970), chef d'oeuvre absolu réputé inécoutable à l'époque en raison de sa production abrasive (pourtant signée Spector) et de son aspect très psychanalytique, Lennon y crachant tout ce qu'il ressent, amour, haine, mépris, colère, tristesse... Du cri du coeur de Mother (inspirée par la pratique du "cri primal" de Janov, que Lennon a essayé à l'époque) à la douleur infinie des 50 secondes de My Mummy's Dead, en passant par Working Class Hero et Love, que du lourd, que du splendide, 11 morceaux anthologiques. Power To The People (un single à succès, répétitif mais efficace) suit, ainsi, qu'en final de ce premier disque, un titre capté live, Well... (Baby Please Don't Go), que l'on trouvait sur le disque live de Some Time In New York City (1972, mais le morceau fut capté en 1970).

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Give Peace A Chance/Blue Suede Shoes (Live)/Money (That's What I Want) (Live)/Dizzy Miss Lizzy (Live)/Yer Blues (Live)/Cold Turkey/Instant Karma ! (We All Shine On)/Mother/Hold On (John)/I Found Out/Working Class Hero/Isolation/Remember/Love/Well Well Well/Look At Me/God/My Mummy's Dead/Power To The People/Well... (Baby Please Don't Go) (Live)

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Le deuxième disque commence logiquement avec le deuxième album, Imagine (1971), que l'on retrouve ici dans l'ordre et dans sa quasi-intégralité. Il manque en effet un morceau à l'ensemble, en l'occurrence les 6 minutes de I Don't Wanna Be A Soldier Mama, I Don't Wanna Die, pas le meilleur morceau de l'album on est d'accord, mais son saxophone habité (du grand King Curtis) et la froide voix de Lennon rendaient le tout très écoutable malgré cela, et le morceau est selon moi meilleur que It's So Hard ou que le gentillet Oh Yoko !, présents ici, eux. Le reste est donc bel et bien présent, on a donc les classiques absolus Imagine, Jealous Guy, Gimme Some Truth et Oh My Love, ainsi que la virulente diatribe anti-McCartney How Do You Sleep ? que Lennon dira par la suite amèrement regretter. Il est vrai que la charge était très forte ! Happy X-Mas (War Is Over), le single à succès de 1971 enregistré avec des enfants d'une école de Harlem (tout un symbole), suit derrière, rien à dire, c'est magnifique. A noter que ce single était à l'époque sorti sur un 45-tours vert... et je le possède ! Pour l'anecdote... On passe ensuite au mal-aimé Some Time In New York City, double album (un disque studio de 10 titres, un disque live de 6 titres qui était offert avec, bref l'album était vendu au prix d'un simple, sympa) de 1972, un disque que j'avoue aimer de plus en plus à chaque écoute malgré ses défauts, et qui est crédité à John et Yoko, vu qu'on a des chansons de l'un et de l'autre. Comme je l'ai dit plus haut, le coffret ne contient rien de chanté par Yoko, donc on ne trouvera pas ici We're All Water et Sisters, O Sisters (aucun regret, hein ?), ni, et là c'est vraiment regrettable tant cette chanson est sublime, Born In A Prison. Le très joli Angela non plus. En fait, des 10 titres de l'album studio, on n'en a ici que... 3 ! Parlez d'un écrémage... Il s'agit de Woman Is The Nigger Of The World (sorti en single, un bide retentissant, comme l'album), chanson féministe que j'adore malgré sa production (signée Spector) chargée comme une mule ; il s'agit aussi du très chuckberryien (RIP mec, au fait...) New York City, et de l'acoustique et moyen John Sinclair, au refrain irritant (gotta répété 15 fois, à vous faire croire que le disque est rayé !). Pour être honnête, j'aurais préféré avoir The Luck Of The Irish à la place  de ce dernier morceau, et ce, malgré les interventions irritantes de Yoko dans les bridges. Mais on ne m'a pas demandé mon avis à l'époque, et si on l'avait fait, comme je n'avais que 8 ans en 1990, il n'aurait pas été des plus utiles... Puis on a deux extraits du Live In New York City sorti de manière posthume en 1986 (un live assez décevant, capté au Madison Square Garden en 1972) : Come Together et Hound Dog, deux rocks bien énervés qui passent cependant bien. Et à propos de passer...passons. On passe, d'ailleurs, logiquement à Mind Games (1973), premier album produit tout seul comme un grand par Lennon. C'est avec  cette sélection de l'album que se terminera le deuxième disque. Si on inclus Nutopian International Anthem (3 secondes silencieuses !!), l'album offre 12 titres. 11 chansons, en fait, donc. On en trouve, ici, seulement 5. Un bel écrémage là aussi, même si, heureusement, la sélection est correcte : Mind Games, Aisumasen (I'm Sorry), One Day (At A Time), Intuition et Out The Blue. Vraiment une honte de ne pas avoir le très rock Meat City et le sublime You Are Here. Mais on s'y fait. Only People et Bring On The Lucie (Freeda Peeple) ne manquent pas trop, elles.

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Imagine/Crippled Inside/Jealous Guy/It's So Hard/Gimme Some Truth/Oh My Love/How Do You Sleep ?/How ?/Oh Yoko !/Happy X-Mas (War Is Over)/Woman Is The Nigger Of The World/New York City/John Sinclair/Come Together (Live)/Hound Dog (Live)/Mind Games/Aisumasen (I'm Sorry)/One Day (At A Time)/Intuition/Out The Blue

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En plein Lost Weekend, Lennon accouche, en 1974, de Walls & Bridges, enregistré pendant les chaotiques sessions (1973/1974) de Rock'n'Roll, album commencé avant mais sorti après, en 1975. Chef d'oeuvre absolu à la production (de Lennon) très américaine, l'album offrait 12 titres, et on en trouve, ici, 9. On sent déjà que celui ou ceux qui a (ou qui ont) oeuvré à la sélection de titres du coffret a ou ont estimé que l'album était un des essentiels de Beatle John. Les titres manquants sont le très rock (et pour tout dire sans grosse surprise) What You Got, l'instrumental Beef Jerky (que j'adore, ceci dit) et la minute rigolote, enregistrée avec son fils Julian à la batterie, de Ya Ya. Dommage pour Beef Jerky, sinon pas trop de regrets. Le reste de ce disque sublime à la pochette (vinyle) très ludique avec ses volets rabattants est donc là. Etonnant, Whatever Gets You Thru The Night ouvre le bal, placé juste avant Going Down On Love (sur l'album, c'est l'inverse). Sinon, l'ordre est encore une fois respecté. Rock'n'Roll suit ensuite. Des 13 titres de cet album de reprises qui sera le dernier de Lennon avant 1980, on n'en trouve, ici, que 6n plus un morceau issu des sessions, Angel Baby (que l'on trouvera en 1986 sur le disque d'inédits posthume Menlove Ave., qui est assez anodin). Bien entendu, Stand By Me et Ain't That A Shame sont là, de même que Just Because. Dommage en revanche pour le Medley : Rip It Up/Ready Teddy et You Can't Catch Me. Mais dans l'ensemble, bien que rigoureuse et peu généreuse, la sélection est correcte. Après, en final du troisième CD, on a la vraie surprise de ce coffiot 4 disques : les trois morceaux enregistrés en novembre 1974 au cours d'un concert new-yorkais (au Madison Square Garden) d'Elton John, qui virent Lennon monter sur scène et chanter avec Sir Reginald, suite à un pari qu'il loupera au sujet de Whatever Gets You Thru The Night ( Elton, qui a cosigné le morceau, assurera que la chanson cartonnera ; Lennon, peu convaincu, pariera avec lui que si c'est le cas, il la chanteront ensemble à un concert d'Elton, dont acte ici !). Ces trois morceaux sortiront en 1981 sur un EP (que je possède). Sauf erreur de ma part, c'était la première fois qu'on les avait, ici, en 1990, en CD. Ces trois titres sont donc Whatever Gets You Thru The Night, Lucy In The Sky With Diamonds (qu'Elton chantera en solo, de même que One Day (At A Time), autre chanson de Lennon, par la suite) et I Saw Her Standing There. Du grand art.

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Whatever Gets You Thru The Night/Going Down On Love/Old Dirt Road/Bless You/Scared/#9 Dream/Surprise Surprise (Sweet Bird Of Paradox)/Steel And Glass/Nobody Loves You (When You're Down And Out)/Stand By Me/Ain't That A Shame/Do You Want To Dance/Sweet Little Sixteen/Slippin' And Slidin'/Angel Baby/Just Because/Whatever Gets You Thru The Night (Live)/Lucy In The Sky With Diamonds (Live)/I Saw Her Standing There (Live)

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Le dernier disque, plus court, contient ce que Lennon a sorti par la suite, sur Double Fantasy (1980, sorti quelques 3 semaines avant son assassinat) et Milk And Honey (1984, constitué de chansons enregistrées pendant les mêmes sessions que Double Fantasy). Ces deux albums sont constitués en moitié de chansons interprétées (et écrites) par Lennon et de chansons interprétées (et écrites) par Yoko, en alternance. 14 titres (7 de chaque) sur le premier album, et 12 titres (6 de chaque) sur le second. Compte tenu que ce coffret ne comprend aucune chanson chantée par Yoko, ça veut dire, donc, qu'on a les 7 titres lennoniens de Double Fantasy et les 6 titres lennoniens de Milk And Honey, soit 13 titres en tout (certains fans de Lennon avaient certainement, à l'époque, fait leur propre cassette, puis CD par la suite, de ces chansons, en virant sans état d'âme les titres de Yoko Ono, dont certains sont pourtant immenses : Beautiful Boys, Your Hands, You're The One, Give Me Something, Kiss Kiss Kiss, Every Man Has A Woman Who Loves Him). Ce dernier disque du coffret, quelque part, le fait pour eux. Pourtant, ce quatrième CD n'offre pas 13 titres, mais 14. Quel est l'intrus ? Une version interprétée par John du Every Man Has A Woman Who Loves Him de Yoko, justement, enregistrée durant les mêmes sessions, et qui sortira en single en 1984, pour promouvoir une compilation de reprises de chansons de Yoko par d'autres artistes (ce n'est pas une blague ; Lennon envisageait depuis longtemps de faire un tel disque, et il n'en aura jamais eu l'occasion). Le single, en 1984, sera un bide, malgré qu'il s'agissait de Lennon et qu'en 1984, il était déjà une vache sacrée. Une très belle reprise, par ailleurs, qui constitue l'autre surprise de ce coffret avec les trois titres live du final du précédent disque. Je ne sais pas si on trouve cette version lennonienne de cette chanson de Yoko ailleurs que sur ce coffret désormais hors-commerce, un coffret généreux mais pas parfait, fausse intégrale au design raté et grossier, mais que tout Beatlemaniaque averti se doit de posséder chez lui, ne serait-ce que par souci de complétisme. Et puis, même si tout n'y est pas, même s'il manque des chansons, il n'en demeure pas moins que Lennon est toujours génial à écouter, et qu'on prend un vrai plaisir à chaque fois.

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(Just Like) Starting Over/Cleanup Time/I'm Losing You/Beautiful Boy (Darling Boy)/Watching The Wheels/Woman/Dear Yoko/I'm Stepping Out/I Don't Wanna Face It/Nobody Told Me/Borrowed Time/(Forgive Me) My Little Flower Princess/Every Man Has A Woman To Loves Him/Grow Old With Me

15 janvier 2017

"The Raven That Refused To Sing And Other Stories" - Steven Wilson

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Sous une pochette illustrée d'un dessin qui n'aurait pas dépareillé dans un décor de film de Tim Burton, se cache un des plus beaux et des plus puissants albums de rock progressif de l'histoire de ce mouvement musical (et qu'il ne soit pas dans la liste, maintes fois commentée ici, que j'avais fait il y à longtemps sur le blog signifie tout simplement que je ne connaissais pas cet album à ce moment-là, il n'était peut-être même pas encore sorti, il date de 2013 et il se peut que ma liste avait été faite avant). Sachez que je n'exagère pas. Ce disque, que je possède dans les deux formats (CD et vinyle ; en vinyle, malgré que l'album ne dure que 54 minutes, il est double ; la moitié des morceaux durent plus de 10 minutes), est le troisième album solo d'un des meilleurs artistes de rock progressif actuels, aussi producteur et arrangeur (il s'est amusé à remastériser et remixer, et le résultat est excellent, des albums tels que le Aqualung de Jethro Tull et le Tarkus d'Emerson, Lake & Palmer, pour leurs rééditions collectors), un nommé Steven Wilson. Le mec a des allures de junkie des 70's, longs cheveux, binocles, barbiche mal rasée, longue figure, fine corpulence. Un talent fou, aussi (chanteur à la voix incroyable, guitariste de génie). Si le nom de Steven Wilson vous dit quelque chose mais sans plus, sans doute le nom de Porcupine Tree vous parlera mieux. Ce groupe d'enfer, qui mélange adroitement rock progressif et metal, ayant sorti des albums aussi quintessentiels que Fear Of A Blank Planet (sur lequel Robert Fripp et Alex Lifeson, de Rush, participent), In Absentia, Deadwing ou Lightbulb Sun, n'est autre que le groupe de Steven Wilson, groupe que Wilson a cependant, depuis quelques années (en fait, à peu près depuis la sortie de l'album dont je vais parler maintenant), mis en veille, désireux de se concentrer sur sa carrière solo. Un peu comme Peter Hammill à l'époque 191/1974 pour Van Der Graaf Generator.

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Ce troisième album de Wilson (après un Insurgentes très réussi en 2008 et un Grace For Drowning remarquable bien que long, car double, en 2011) s'appelle The Raven That Refused To Sing And Other Stories, et sous ce titre à rallonge et cette pochette étrange et quelque peu glaçante se cachent 6 morceaux tout simplement inoubliables. Enregistré avec l'aide, à la co-production et au poste d'ingénieur du son, d'Alan Parsons (mais si, vous connaissez, The Alan Parsons Project...ce mec était, autrefois, ingénieur du son, justement, notamment pour Pink Floyd sur The Dark Side Of The Moon), et avec le mellotron d'époque (1969) ayant servi à l'album In The Court Of The Crimson King de King Crimson et qui fut offert ou vendu à Wilson par Robert Fripp himself), cet album s'ouvre sur une fulgurance totale de 12 minutes, Luminol. Une ligne  de basse (jouée par Nick Beggs) incroyable accompagnée d'une ruade de batterie (de Marco Minnemann), des guitares et claviers en total état de grâce, une flûte sublime pour agrémenter tout ça...et au bout de 5 minutes, la voix, si apaisante parfois, de Steven Wilson qui surgit, une fois le temps considérablement ralenti (la basse et la flûte deviennent les instruments majeurs), pour raconter son histoire glauque. Car tout l'album est une succession d'histoires (le titre le dit d'ailleurs), des histoires de fantômes. The Raven That Refused To Sing And Other Stories, oui, est un album-concept, grand cheval de bataille des groupes de rock progressif des années 70 (qui ne se gênaient pas aussi pour délivrer des albums doubles, voire triples - le plus souvent, live -, des fois).

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L'album s'articule autour de trois longues pièces de 10 minutes ou plus, Luminol, The Holy Drinker (sur lequel Wilson joue de la basse en plus d'autres instruments) et The Watchmaker, trois morceaux qui sont tout simplement immenses et incriticables. Le reste de l'album n'est pas à dénigrer du tout, le morceau-titre et Drive Home étant de pures petites merveilles, et si The Pin Drop est le morceau le moins époustouflant de l'album, bien nombreux sont les groupes ou artistes de rock progressif ou de rock tout court qui adoreraient avoir un morceau pareil sur un de leurs albums, pour vous dire. Cet album est une claque totale, et je ne saurais décrire le meilleur moment de l'album (enfin, un de ses meilleurs moments), quand, dans Luminol, deux minutes avant la fin, la guitare de Wilson nous offre un court mis imparable solo, faisant revenir, après plusieurs minutes de calme aérien, le morceau dans son trépidant rythme d'ouverture. Quand un album s'ouvre sur une bombe aussi incroyable que Luminol, jamais chiant, jamais longuet malgré ses 12 minutes, c'est généralement très bon signe quant à la suite du programme. Je vous conseille ultra-ardemment d'écouter The Raven That Refused To Sing And Other Stories ; si vous aimez le rock progressif, impossible d'être déçu, ce disque étant carrément de la trempe de Close To The Edge, In The Court Of The Crimson King et Brain Salad Surgery, un classique total de ce courant musical.

FACE A

Luminol

FACE B

Drive Home

The Holy Drinker

FACE C

The Pin Drop

The Watchmaker

FACE D

The Raven That Refused To Sing

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14 janvier 2017

"Copenhagen 1972" - Deep Purple

Deep Purple - Live-in-Copenhagen

Et c'est reparti pour un petit tour de Deep Purple. Overseas Live Series, troisième article. Après Stockholm 1970, après Long Beach 1971, place à Copenhagen 1972 ! Sorti en 1973, il s'agit, il me semble, du deuxième live du groupe dans la série, ils ne sont pas publiés dans l'ordre chronologique des concerts. Certains (la plupart) sont doubles, et si ce n'était pas le cas du live de 1971, ça l'est de celui de 1972, capté, comme son titre l'indique, au Danemark. Plus précisément le 1er mars 1972 au KB Hallen de Copenhague. Mais on trouve aussi, sur le second disque, en bonus-tracks, une interview donnée à la radio australienne en 1971, et trois titres issus d'un concert donné le 29 mai 1973 à la Hofstra University de New York. Et ce, afin de combler un peu le vide qui, sinon, aurait été laissé sur le second disque si ce double live n'avait été constitué que du concert danois. Si le premier CD (6 titres) est assez bien rempli, dans les 78 minutes (!), le second, lui, s'il n'avait été constitué que des trois titres restants du concert (les trois premiers titres donc), n'aurait duré que 17 minutes. Au lieu de celà, on y a rajouté dans les 28 minutes (interview de 1971 incluse) de supplément. Ce concert date de 1972, il date donc de l'Âge d'Or du groupe, la fameuse période MkII, Ian Gillan/Ritchie Blackmore/Roger Glover/Jon Lord/Ian Paice, comme fièrement indiqué sur la façade de cette pochette (ce qui n'empêche pas que le lettrage pour le nom du groupe est celui de la MkIII, et ce pour tous les lives de la Overseas Live Series).

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Plus précisément, ce concert date de quelques jours avant la sortie officielle de l'album Machine Head, album enregistré en décembre 1971 dans les couloirs du Grand Hotel de Montreux (Suisse) suite à l'incendie, durant un concert de Frank Zappa (incendie causé par un connard ayant tiré une fusée de détresse dans la salle pour se marrer), du Casino de la même ville, Casino où le groupe aurait du, à la base, enregistrer Machine Head. Cet incident d'incendie (ah ah) est évidemment relaté dans Smoke On The Water, chanson mythique issue de l'album, chanson qui n'aurait jamais vu le jour sans cet incendie n'ayant entraîné aucune perte humaine. L'album est mythique, ses chansons aussi, et au sujet de ses chansons, on en trouve la bagatelle de trois ici, interprétées en avant-première ou presque. Aucune n'est Smoke On The Water (ceci étant, un des bonus-tracks, du concert new-yorkais de 1973, est Smoke On The Water), mais on a Highway Star en ouverture, Lazy (déjà long de 11 minutes !) et Space Truckin' (22 minutes, déjà ! à noter, la version live de 1973 en bonus est deux fois plus courte) en final du premier disque, en gros avant les rappels qui constituent le second. Le reste est constitué des classiques d'avant Machine Head, on sera soulagé d'apprendre que le groupe ne jouait plus Wring That Neck et Mandrake Root (qui, en live, atteignaient systématiquement 25 ou 30 minutes...) en 1972, ils sont donc absents ici. On a Strange Kind Of Woman, The Mule (solo de batterie), Fireball, Black Night, une reprise du Lucille de Little Richard (il s'agit des trois rappels), et une version très longue (17 minutes) de Child In Time. Par la suite, le groupe se cantonnera à environ 11/12 minutes pour ce morceau qui, en studio, en fait déjà 10, mais entre 1971 et 1972, ils le faisaient parfois tenir le double de sa durée studio, ce qui est un peu trop.

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L'interprétation est éblouissante, aussi bien de Ian Gillan qui chante super bien, que des autres. Le groupe est même tellement en super forme qu'ils semblent tout détruire sur Space Truckin', Gillan annonçant, en final du morceau, We'll be with you as soon as we get our instruments rebuilt ("une fois qu'on aura réparé nos instruments, promis, on revient") ! Oui, le Pourpre sembe tout défoncer dans ce concert danois de 1972, une vraie réussite...si on excepte une qualité sonore qui, sans être épouvantable, est indéniablement la moins époustouflante de l'ensemble des Overseas Live Series. D'une qualité plus qu'acceptable pour un live d'époque si Copenhagen 1972 était sorti dans les années 70, il est un petit peu faiblard au regard des critères audio de 2013 (année de sortie du double live). Après, ce n'est pas non plus horrible, franchement pas (c'est une qualité à peu près identique à celle du The Song Remains The Same de Led Zeppelin avant que ce fameux double live de 1976 soit remastérisé en 2007), et on s'habitue au fil de l'écoute, mais si on compare avec Long Beach 1971 et avec les trois lives de 1975 et 1976 qui constituent la suite (chronologique) des Overseas Live Series, c'est quand même moins bon. Après, musicalement, Copenhagen 1972 offre du terriblement bon, et rien que pour ça, un fan du groupe, et un fan de hard-rock, se doit de l'écouter !

CD 1

Highway Star

Strange Kind Of Woman

Child In Time

The Mule

Lazy

Space Truckin'

CD 2

Fireball

Lucille

Black Night

Bonus-tracks :

Strange Kind Of Woman (live New York 1973)

Smoke On The Water (live New York 1973)

Space Truckin' (live New York 1973)

1971 Australian Interview