Rock Fever

03 septembre 2015

"Marbles" - Marillion

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A nouveau Marillion sur le blog. Après avoir abordé, l'autre jour, leur deuxième album, Fugazi (1985), lequel était d'ailleurs le tout premier album de Marillion à être abordé sur Rock Fever, voilà-t-y-pas que je fais faire un bond de géant à la discographie du groupe, en abordant un disque sorti en...2004. En l'occurrence, il s'agit du 13ème opus studio  (hors-compilations et lives donc) du groupe, un album sorti sous deux versions : simple CD de 66 minutes (et 12 titres) et double CD de quelques 98 minutes (et 15 titres). C'est d'ailleurs de cette version double CD, que je me suis chopé récemment à un prix assez imbattable (compte tenu du fait qu'il s'agit d'un double album et qu'il est vendu dans un double boîtier digipack en carton rigide avec un livret au centre, je pense que 12 €, c'est assez donné, non ? Même s'il y à sans aucun doute moyen de l'avoir pour encore moins cher). Je précise que je ne l'ai pas acheté d'occasion, mais en état neuf, et pas sur le Net, mais en un bon vieux magasin de produits culturels. L'album, qui date donc de 2004 et possède une pochette photographique comptant parmi les plus connues de son époque (elle me fait penser un peu à celle du In Absentia de Porcupine Tree, album fait deux ans plus tôt, mais en moins glauque), l'album, donc, s'appelle Marbles, ce qui signifie aussi bien 'marbres' que 'billes'. En l'occurrence, vu la photo de pochette et les différentes photos du livret, plus le petit dessin représenté à côté du titre de l'album et des différents morceaux-titres, c'est la deuxième traduction qui convient !

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Au moment d'enregistrer ce disque, Marillion n'a pas vraiment changé de personnel depuis Fugazi...exception faite de son chanteur. Fish a quitté le groupe en 1988 après le double live The Thieving Magpies, et sera remplacé dès lors par Steve Hoghart, toujours dans le groupe. Le reste du groupe n'a pas changé : Steve Rothery aux guitares, Pete Trewavas à la basse, Mark Kelly aux claviers, Ian Mosley à la batterie. Marbles a été, comme son prédécesseur Anoraknophobia de 2001, financé en grande partie grâce à une campagne de précommande, c'est grâce à la publicité que ce disque a, en grande partie, vu le jour, et il y aura même, au moment de la sortie de l'album, une édition collector (depuis, j'imagine, épuisée) avec, dans le livret, la mention des noms de toutes les personnes ayant précommandé le disque avant une certaine date-butoir. L'album est sorti en 2004 sous sa forme de simple CD de 12 titres, et pour avoir la veersion double disque, il fallait commander sur le site officiel de Marillion (apparemment, cette version double CD fut ensuite commercialisée internationalement...j'en ai la preuve, l'ayant achetée en magasin, récemment, et n'ayant pour ça pas bougé mon cul de la France !). L'album renferme quelques grands moments, parfois longs (Ocean Cloud, présent uniquement sur la version double, et en final du premier disque, dure 18 minutes ; The Invisible Man et Neverland, présents en ouverture et en final respectivement - quelle que soit la version de l'album - durent respectivement 13 et 12 minutes), mais à côté de ça, les différentes parties (quatre en tout, deux par disque) de Marbles sont très courtes, des intermèdes plutôt qu'autre chose, et sont également très réussis. Don't Hurt Yourself, You're Gone et Genie sont également remarquables.

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L'album marchera très fort (il s'en vendra pas mal d'exemplaires, suffisamment pour qu'il soit classé dans le Top 30), mais ne sera pas classé dans les charts britanniques à cause d'un manquement à la règle des charts : il y avait des stickers sur la pochette, et apparemment, ce genre de petit procédé commercial et publicitaire n'est pas très bien vu des organismes gérant les charts, donc, Marbles, tout en ayant (grâce à ses ventes) mérité de se trouver dans les charts, ne s'y trouvera pas au final, c'est con, hein ? Ca ne sera pas le cas de ses singles, en tout cas de You're Gone, qui se classera septième en Angleterre, la deuxième fois, depuis 1987 et Incommunicado, qu'un single du groupe se classe dans le Top 10. L'album dans sa globalité fait indéniablement partie des meilleurs de 2004, et est très probablement un des meilleurs du groupe, groupe dont, je le rappelle, je ne suis pas fan. Je vais même très probablement faire hurler les fans de Marillion qui liront ça, mais entre Fish et Hoghart, je préfère la voix du deuxième, trouvant que la voix de Fish fait trop penser à celle d'un certain Peter Gabriel (ses habitudes scéniques - maquillage, tenues... - aussi y font furieusement penser) pour être totalement honnête. Hoghart a une voix plus rock que progressive, un peu à la Steven Wilson (Porcupine Tree) dans un sens, et elle fonctionne parfaitement sur les 15 morceaux de ce double album certes un petit peu long, mais rempli de grands moments (Neverland, Ocean Cloud, The Invisible Man, Don't Hurt Yourself). Bref, un excellent album.

CD 1

The Invisible Man

Marbles I

Genie

Fantastic Place

The Only Unforgivable Thing

Marbles II

Ocean Cloud

CD 2

Marbles III

The Damage

Don't Hurt Yourself

You're Gone

Angelina

Drilling Holes

Marble IV

Neverland

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"Fly Like An Eagle" - Steve Miller Band

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Après le succès monumental de son album The Joker (1973), et surtout de la chanson-titre de cet album, le Steve Miller Band connaît enfin, après plusieurs années (ils ont démarré en 1966 !) la reconnaissance du public. The Joker fait partie des chansons les plus inusables et mythiques du rock et a définitivement fait entrer ce groupe de rock à tendance bluesy (et, au départ, assez psychédélique parfois), ayant accueilli en son sein, au tout début, le chanteur Boz Scaggs. Qui ne fait plus partie du Steve Miller Band depuis des lustres au moment de la sortie de The Joker. Après le succès de l'album (qui, pourtant, est très bon, mais mis à part la chanson-titre, rien n'est époustouflant dessus ; un disque honnête, sans plus), Steve Miller et son groupe se retrouvent à tenter de récidiver la prouesse. Ils mettront trois ans avant de ressortir un disque, et ça sera, donc, en 1976 que sortira ce successeur : Fly Like An Eagle. Trois singles seront tirés de cet album qui marchera encore une fois terriblement bien, et est même généralement mieux côté encore que The Joker. Pourtant, aucune chanson, ici (sur les 12 morceaux de l'album, qui totalise 38 minutes), même la remarquable chanson-titre qui fait partie des plus connues du groupe, aucune chanson ici donc n'est aussi mythique que The Joker.

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Verso de pochette

Steve Miller (chant, guitares, claviers, sitar) est ici entouré de Gary Mallaber (batterie), Lonnie Turner (basse) pour les musiciens jouant sur tout le disque, et on trouve aussi, dispersés sur l'ensemble des morceaux, James Cotton (harmonica), Curley Cooke, Les Dudek (guitare), Charles Calamise (basse), Kenny Johnson (batterie), John McFee (dobro), Joachim Young (orgue). Démarrant par un instrumental assez étrange, presque expérimental et progressif, du nom de Space Intro (une minute et des poussières), l'album offre ensuite Fly Like An Eagle, une chanson calme, floydienne, reposante, sur laquelle un souffle de vent vient rythmer, doucement, la mélodie. Une chanson qui, on le craint en l'écoutant, risque fort d'être la meilleure de l'album. On le craint, car si c'est le cas, démarrer un album par la meilleure chanson, c'est risqué et vraiment dommageable pour le reste (en comparaison, The Joker n'offrait sa chanson-titre qu'en ouverture de la seconde face). Si c'est effectivement la meilleure chanson de l'album (aïe !), rassurez-vous, Fly Like An Eagle est, dans l'ensemble, un disque de très très haute tenue, et offre ensuite des chansons absolument sublimes : Serenade, Mercury Blues, Take The Money And Run, Rock'n Me (dont l'intro est reprise sur celle du All Right Now de Free, ce qui est, de l'aveu même de Steve Miller, un hommage), You Send Me (reprise de Sam Cooke) et The Window. On a même un autre court (une minute !) instrumental, Blue Odyssey, couplé à Sweet Maree par un  harmonica remarquable de James Cotton. Les deux morceaux, en fait, n'en forment qu'un.

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Au final, cet album du Steve Miller Band est probablement un de leurs meilleurs, en tout cas mon préféré. Un disque qu'il faut écouter deux-trois fois avant de vraiment commencer à l'apprécier, mais qui au final, s'impose vraiment au fil des écoutes. Ce n'est pas non plus le sommet des années 70 ou de 1976 (enfin, c'est un des meilleurs albums de cette année qui, mis à part ça, n'a pas offert grand chose : Station To Station de David Bowie, Desire de Bob Dylan, A New World Record d'Electric Light Orchestra, Rocks d'Aerosmith, A Trick Of The Tail de Genesis, Radio Ethiopia de Patti Smith, le premier Boston éponyme (et encore !), Hotel California des Eagles, The Royal Scam de Steely Dan, Frampton Comes Alive ! de Peter Frampton, Alertez Les Bébés ! de Jacques Higelin, Samouraï de Christophe, Thirty-Three & 1/3 de George Harrison, At The Speed Of Sound et Over America des Wings, Presence de Led Zeppelin, A Day At The Races de Queen, le premier Ramones éponyme...euh, pardon, en fait, si, 1976 fut une grande année ! Pas certain que le Steve Miller Band se retrouve dans le Top 20 de cette année, tout compte fait. Ce qui n'enlève rien au fait qu'il soit un excellent album...

FACE A

Space Intro

Fly Like An Eagle

Wild Mountain Honey

Serenade

Dance, Dance, Dance

Mercury Blues

FACE B

Take The Money And Run

Rock'n Me

You Send Me

Blue Odyssey

Sweet Maree

The Window

02 septembre 2015

"Night Moves" - Bob Seger & The Silver Bullet Band

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Amateurs de bon vieux rock américain des années 70 et 80 type heartland (le rock un peu pop et FM, mais quand même burné dans l'ensemble, qui parle essentiellement des petites gens, des prolos, de vous, de toi, de moi, de lui, d'elles aussi, mais pas d'eux), popularisé par Bruce Springsteen et Tom Petty & The Heartbreakers, ou bien par John Cougar Mellencamp, alors Bob Seger & The Silver Bullet Band, ou Bob Seger tout court, est fait pour vous. Ce mec, originaire du Michigan, Etat dans lequel se trouve Detroit, la Motor City ayant également été le berceau du garage-rock des Stooges et MC5, ce mec a commencé sa carrière à la fin des années 60 avec un premier groupe qui s'appelait The Bob Seger System. Des albums sauvages (Noah, Mongrel), du rock pur et dur, des morceaux terribles (Ramblin' Gamblin' Man, Lucifer, une reprise démentielle de River Deep - Mountain High...). Vers 1971, Seger se lance en solo, ce qui donnera, jusqu'en 1974, des albums assez féroces dans l'ensemble, comme un Smokin' OP's remarquable en 1972, un Back In '72 anthologique en 1973 (Turn The Page, Rosalie...), un Seven démentiel en 1974 (avec la première incursion du Silver Bullet Band). 1975, le Silver Bullet Band est officiellement crédité avec Seger sur la pochette du génial Beautiful Loser. Puis c'est le double live Live Bullet en 1976, enregistré au Cobo Hall de Detroit. Seger, alors, n'est vraimnt qu'une star locale, c'est ce double live qui va tout faire basculer. Peu après ce grand moment de rock pur et dur (Heavy Music...), Seger devient immense, on commence à en parler comme d'un possible rival de celui qui, en 1975, a tout fait péter, Springsteen.

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En 1976, après son live, Seger sort Night Moves, cet album donc. La pochette semble donner le ton : Segerire , seul sur la pochette recto (son groupe l'entoure au verso), vêtu de cuir, tête penchée en arrière, redressée, regard quelque peu fiérot et hautain, l'air de dire c'est qui le vrai Boss ?, toise le possesseur de l'album. Si cette photo peut sembler vraiment prétentieuse (à côté, celle de son album suivant, Stranger In Town en 1978, le montre dans un look et un arrière-plan similaires, mais avec une expression bien plus sobre, comme un peu humble, l'air de dire qu'au final, son succès, il ne l'a pas vraiment demandé, vous savez...), il suffit d'écouter les 37 minutes de l'album (un album coproduit par Seger, Punch Andrews, Jack Richardson et la Muscle Shoals Rhythm Section, mais essentiellement par Seger et Andrews) pour se rendre compte qu'il y à de quoi être un peu fier-cul et hautain : Night Moves est un putain de disque qui bute, voilà tout. Le plus drôle là-dedans est qu'il ne s'agit pas du sommet de Seger, Back In '72 et Seven sont indépassables, et rien que l'album suivant de Seger, Stranger In Town, est au moins aussi réussi que lui, si ce n'est plus. Et Against The Wind (1980), largé de hits, est également une réussite majeure qui le place au même niveau que Night Moves. Bref, durant cette période, Seger ne rate rien, Night Moves est du niveau qu'il avait l'habitude d'offrir à ses fans, et est, presque 39 ans après sa sortie (il date de fin octobre 76), toujours aussi jouissif.

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Autre chose de marrante : si on excepte Mainstreet et la chanson-titre, aucune chanson ici n'est à proprement parler un hit, on n'a pas de chanson du retentissement de Turn The Page, Beautiful Loser, Feel Like A Number ou Fire Lake ici. Livrant notamment deux reprises (Come To Poppa et Mary Lou), livrant du rock saignant (The Fire Down Below, Rock'n'Roll Never Forgets) ou des ballades (Ship Of Fools, rien à voir avec la chanson des Doors du même nom), Bob Seger, accompagné de son groupe sur la face A et de musiciens de la Muscle Shoals Rhythm Section sur la face B (des morceaux enregistrés au mythique studio Muscle Shoals, à Sheffield, Alabama - la face A, elle, a été enregistrée à Detroit et Toronto), livre un album d'enfer, donc, un disque puissant, saisissant, du pur rock comme on aime, qui vieillit vraiment bien malgré ses quais-40 ans. Amateurs de bon vieux rock américain, vous savez ce qu'il vous reste à faire !

FACE A

Rock'n'Roll Never Forgets

Night Moves

The Fire Down Below

Sunburst

FACE B

Sunspot Baby

Mainstreet

Come To Poppa

Ship Of Fools

Mary Lou

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"Discovery" - Electric Light Orchestra

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Pour cette dernière (pour l moment) chronique du cycle Electric Light Orchestra, voici ce qui est probablement ma déception du lot. Enfin, déception... Ceci n'est pas le pire album d'ELO, loin de là. Je n'ai pas l'intention de les aborder, mais les albums faits après celui-ci, et notamment Zoom de 2001, sont, eux, vraiment affligeants, il ne s'y passe rien de potable. Discovery, lui, car c'est le titre de l'album, n'est pas un grand disque du groupe, et il fait pâle figure après tous les chefs d'oeuvre (et surtout le précédent opus Out Of The Blue) sortis auparavant, mais cet album marquant la fin des années 70 pour le groupe (il date de 1979), et marquant, aussi et surtout, la fin de leur Âge d'Or, n'est pas non plus une honte inassumable. Je l'avoue sans problème, il y à, sur cet album, quatre morceaux vraiment bons. Le reste n'est pas extraordinaire du tout, et on sent vraiment une baisse de niveau ici, mais sous cette pochette arabisante se cachent quand même de très très bons moments. L'album aligne 9 titres pour un peu moins de 40 minutes.

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Sous-pochette

Quelques changements de personnel pour ce disque, et non des moindres : Electric Light Orchestra passe de sept à quatre membres, étant donné que la section de cordes (Melvyn Gale, Hugh McDowell - tous deux violoncellistes - et Mik Kaminski - violoniste) est partie. On les voit notamment dans un film promotionnel proposant les neuf chansons de l'album, mais ils n'ont pas participé à l'enregistrement. ELO, sur ce disque, est donc un pur groupe de pop/rock constitué de Jeff Lynne (chant, guitare, claviers, production, composition, bref, the leader), Richard Tandy (claviers, guitare), Bev Bevan (batterie) et Kelly Groucutt (basse et chant). Assez imprégné de l'air de son temps, Discovery est un album faisant parfois (Shine A Little Love, Last Train To London, deux singles à très très gros succès) peenser à un style musical alors en vogue et que l'on trouve dans le titre de l'album : la disco. Non, je ne pense pas que si l'album s'appelle ainsi, ça soit de manière anodine. Discovery n'est pas à 100% un disque de disco, c'est de la pop à la base, assez chargée en claviers (ils remplacent vraiment, ici, les cordes), mais quand même, c'est assez disco parfois. Il n'empêche, Don't Bring Me Down (autre single ayant bien marché, et mon morceau préféré ici) est plus rock que disco, un rythme hallucinant et un chant partagé entre Lynne et Groucutt. J'ai dit plus haut que quatre des neuf chansons valaient le coup, je viens d'ailleurs d'en citer trois, et la dernière est The Diary Of Horace Wimp, ce qui fait deux chansons réussies par face, et fait donc, dans un sens, un résultat certes inégal quant au contenu de l'album, mais, aussi, assez équilibré, quelque part. Les autres morceaux, comme Wishing ou Need Her Love, ne sont pas atroces non plus, n'allez pas croire ça, mais on s'ennuie quelque peu, des fois. La production de l'album est homogène et tout aussi réussie pour les meilleurs morceaux que pour les moins bons. Lynne est un putain d'arrangeur, de toute façon, mais ça, on le sait tous.

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Si on additionne les meilleurs morceaux, on a environ, sur les 39 minutes de l'album, 17 minutes de super bonne musique, peut-être pas aussi quintessentielle que sur Out Of The Blue ou A New World Record, mais franchement du ELO d'un niveau plus qu'honorable, pop à outrance, vaguement disco parfois (Last Train To London peut faire penser à du Bee Gees de la même époque, genre Tragedy), mais totalement écoutable et appréciable. On a donc environ 20/21 minutes qui, elles, sont vaguement moyennes, ce qui rend le disque inégal. Mais encore une fois, il n'est rapport aux précédents, mais si on le compare aux suivants (la bande-originale du navet musical Xanadu, avec Olivia Newton-John, dont seule la face B est de ELO ; Time ; Secret Messages ; pour ne citer que ça), Discovery, sous sa sublime pochette, est un album très écoutable et correct. Il ne vaut mieux pas commencer la découverte d'ELO par le biais de ce disque (il ne vaut mieux pas, aussi, commencer par Out Of The Blue, car commencer par un tel sommet peut être difficile ; les autres albums paraissent vraiment fades, des fois, après lui !), mais il ne faut pas passer à côté non plus. Il vaut mieux, en revanche, s'arrêter là, sauf si on a l'oreille musicale vraiment courageuse et patiente : définitivement, ceci est le dernier album écoutable d'Electric Light Orchestra, le chant du cygne.

FACE A

Shine A Little Love

Confusion

Need Her Love

The Diary Of Horace Wimp

FACE B

Last Train To London

Midnight Blue

On The Run

Wishing

Don't Bring Me Down

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01 septembre 2015

"I Sing The Body Electric" - Weather Report

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On va reparler un peu de jazz sur le blog, ça faisait vachement longtemps. De jazz-rock, pour être précis, enfin, de jazz-fusion encore plus précisément. Le Bulletin Météo, ça vous parle ? Pardon, on va les appeler par leur nom anglophone et véritable, si ça ne vous fait rien (non ? Merci) : Weather Report. Ce groupe est mythique. Il a été fondé au tout début des années 70 (leur premier album, éponyme, date de 1971) par deux pointures du jazz ayant oeuvré notamment pour Miles Davis, et il me semble d'ailleurs que c'est en bossant ensemble sur les albums de Miles (In A Silent Way, Bitches Brew) qu'ils se sont rencontrés...ou en tout cas, que l'idée de Weather Report leur viendra. L'un des deux est le saxophoniste Wayne Shorter, toujours en activité. L'autre est le claviériste Joseph 'Joe' Zawinul, de nationalité autrichienne, mort hélas en 2007. Le duo s'entoure de musiciens qui, s'ils ne sont pas tous aussi connus qu'eux, sont cependant de vraies pointures eux aussi : le bassiste/contrebassiste Miroslav Vitous,le percussionniste Airto Moreira et le batteur Alphonse Mouzon (personnel du premier album). Rapidement, ces deux derniers s'en vont, et sont remplacés par, respectivement, Dom Um Romao et Eric Gravatt. Le groupe sort, en 1972, deux albums, l'un d'entre eux est un double live (Live In Tokyo) qui, à l'époque, ne sortira qu'au Pays du Soleil Levant (désormais, on trouve le double CD assez facilement), et le deuxième, lui, sortira mondialement (en fin du mois de mai), et est donc le deuxième opus du groupe. Il est à la fois live et studio, sa face B proposant trois séquences issues des concerts nippons de janvier 1972 ayant donné le double live ! La face A, elle, est donc entièrement enregistrée en studio, en novembre 1971.

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Le titre de l'album rappellera des souvenirs aux lecteurs de science-fiction, et notamment aux fans de Ray Bradbury (j'en fais partie), car il s'agit aussi du titre d'un de ses recueils de nouvelles (et d'une de ses nouvelles incluse dans ledit recueil). Il s'agit surtout, à la base, d'une citation issue d'un poème de Walt Whitman datant de 1855. Cet album s'appelle donc I Sing The Body Electric.  En français, ça donne donc "Je Chante Le Corps Electrique", pour l'anecdote. L'album est sorti sous une pochette bleutée assez bizarre, on y voit un homme apparaissant comme sous l'effet de rayons X, on y voit son squelette au travers de sa peau, et certaines parties de son corps (tête, coeur) sont remplacés par des organes similaires, mais artificiels. Un homme robotisé, en somme, ce qui est, d'ailleurs, le sujet de la nouvelle de Bradbury (le recueil date de 1969) portant le même titre : une société fabrique des robots de personnes disparues et chères aux familles, afin de combler le vide de leur disparition (les héros de la nouvelle, des enfants, retrouvent ainsi une grand-mère, robotisée certes, mais grand-mère aimante quand même). Fin de la digression littéraire, car mis à part son titre et, à la rigueur, sa pochette, l'album de Weather Report n'a aucun lien avec Bradbury, aucun. On tient ici, en revanche, un grand disque de jazz-fusion, 47 minutes (et 8 titres) absolument remarquables. Rien que les deux premiers morceaux de l'album, le sinistre et envoûtant Unknown Soldier (8 minutes) et le plus relaxant (et court : moins de 5 minutes) mais tout de même assez étrange The Moors, sont d'un niveau tel qu'ils font de I Sing The Body Electric un chef d'oeuvre du genre, d'entrée de jeu, et on parle d'un groupe ayant aussi (en 1976 précisément, pour les deux albums) ces deux disques anthologiques, fleurons absolus du genre, Black Market et Heavy Weather (tous deux avec le bassiste et percussionniste Jaco Pastorius, qui arrivera dans le groupe en 1976 justement).

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Cependant, si vous ne connaissez de Weather Report que ces deux albums anthologiques, I Sing The Body Electric vous surprendra quelque peu, on est ici plus proche des albums de fusion de Miles Davis (Bitches Brew, surtout) que de ces futurs albums de ce que l'on appellera vulgairement de la fusion jazz/funk/world. Assez atmosphérique sur sa première face (Second Sunday In August), Weather Report offre sa face 'musclée' sur sa seconde, la face live, trois morceaux captés au cours de concerts japonais de janvier 1972 qui furent diffusés à la radio nippone (et un double Live In Tokyo de seulement 5 titres sortira donc la même année, uniquement au pays de Zatoïchi, enfin, jusqu'à ce qu'il sorte en CD dans les années 2000 et soit commercialisé partout sous ce format). Là, c'est du lourd, et notamment les quasi-11 minutes du Medley : Vertical Invader/T.H./Dr. Honoris Causa. Le son est remarquable, la performance, anthologique, incendiaire. On peut juste dire que depuis que le double live (qui propose la version complète du medley, longue de 26 minutes, et le reste de ce qui est sur cette face B, plus plein d'autres choses évidemment) est mondialement commercialisé, cette face B a perdu de son attrait. Quiconque possède les deux albums n'écoutera probablement I Sing The Body Electric que pour sa face studio, qui est remarquable, et quant aux morceaux live de la face B, il préfèrera sûrement de mettre le live, justement. Ca n'enlève rien à la prouesse du groupe sur ces morceaux, et pendant de nombreuses années, rappelons que le double live ne sera disponible qu'au Japon, mais certains estimeront que ça fait doublon. Malgré cela, I Sing The Body Electric est un génial album dans son genre, et un des meilleurs du groupe, en plus d'être leur premier sommet.

FACE A

Unknown Soldier

The Moors

Crystal

Second Sunday In August

FACE B

Medley : Vertical Invader/T.H./Dr. Honoris Causa

Surucucu

Directions

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"The Joker" - Steve Miller Band

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Vous ne connaissez peut-être pas forcément le Steve Miller Band, ou son leader/chanteur Steve Miller, mais au moins, vous devez déjà avoir entendu sa chanson The Joker. Le Steve Miller Band est un groupe de rock américain à tendance country/psyché/blues, fondé en 1966, et qui a accueilli en ses rangs, parfois le temps d'un album seulement, des pointures telles que Boz Scaggs, Jim Keltner, Charlie McCoy, Gary Mallaber ou 'Sneaky' Pete Kleinow. Cet album, sorti en 1973, est leur huitième, et on y trouve, autour de Miller (chant, guitares) : Gerald Johnson (basse, chant occasionnel), John King (batterie) et Dick Thompson (claviers). 'Sneaky' Pete Kleinow, justement, participe sur ce disque (sur le dernier morceau, à la pedal-steel guitar), ainsi que Lonnie Turner (basse sur l'avant-dernier titre). Cet album, qui cartonnera à sa sortie et est même considéré comme le breakout album pour le groupe (autrement dit, l'album les ayant fait mondialement révéler), s'appelle The Joker. C'est bien évidemment sur cet album que l'on trouve cette fameuse chanson du même nom, la plus connue, et de loin, du Steve Miller Band, et que, je pense, tout le monde a déjà du entendre au moins une fois, que cela soit dans sa version originale ou dans une quelconque reprise par un groupe de balloche populaire type 14-juillet/feu de la Saint-Jean/fête de la musique. Oui, la chanson est connue à ce point. Elle est tout aussi mythique que le sont More Than A Feeling de Boston, Walk On The Wild Side de Lou Reed, Dust In The Wind de Kansas ou Stairway To Heaven de Led Zeppelin.

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Verso de pochette

Sous sa pochette assez amusante au recto et quelque peu flippante au verso (enfin, flippante...surprenante quand on la voit pour la première fois, disons !) et qui est considérée comme une des 100 plus réussies par le magazine Rolling Stone (personnellement, j'ai du mal à être de leur avis, mais bon...), The Joker est donc sorti en 1973. C'est un disque de blues-rock à tendance parfois vaguement country, proposant 9 titres (pour un total de 36 minutes) dont deux sont, c'est intéressant à noter, enregistrés live au cours d'un concert donné au Tower Theatre de Philadelphia : Come On In My Kitchen (une reprise d'un standard de blues signé du légendaire Robert Johnson) et Evil (signé Miller, c'est sur ce disque que Lonnie Turner joue de la basse à la place de Gerald Johnson). Le reste est enregistré en studio. J'ignore pourquoi ces deux titres live se retrouvent sur l'album, au milieu de la face B,et non pas en final d'une des faces. Sans doute que le groupe n'avait pas suffisamment de morceaux studio pour faire un disque d'une longueur acceptable (si on retire ces deux morceaux live, l'album ferait environ 27 minutes, ce qui serait vraiment court, mais on connaît des albums aussi courts que ça, même si en 1973, ce n'était plus trop la norme) L'ensemble de l'album est produit par Miller.

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Intérieur de pochette ouvrante

On y trouve, en plus de ce The Joker remarquable utilisant un mot inventé pour l'occasion (pompatous) et ayant été littéralement bombardé comme des missiles sur les ondes radio du monde entier, d'autres excellentes petites chansons de blues-rock, comme Something To Believe In, Sugar Babe ou Your Cash Ain't Nothin' But Trash. Les deux titres live sont ma foi vraiment bons, mais tout le disque n'est pas du niveau de The Joker, loin de là même. On tient ici précisément l'exemple de l'album propulsé par un hit-single de folie (encore une fois, cette chanson, ce fut vraiment quelque chose), mais qui semble avoir été fait pour recouvrir ce tube potentiel d'autres chansons afin de faire, justement, un album viable. Certaines chansons comme Shu Ba Da Du Ma Ma Ma Ma (ce titre...), Lovin' Cup ou Mary Lou ne sont pas particulièrement remarquables, rien de honteux, mais rien de vraiment jouissif. C'est potable, sans plus. Et même parmi les excellentes chansons citées plus haut (Sugar Babe, notamment), aucune n'est, je le redis, du niveau de la chanson-titre. The Joker est typiquement l'album d'un tube, c'est d'ailleurs un peu le cas du Steve Miller Band, essentiellement connu pour cet album et surtout pour cette chanson au rythme plan-plan et enivrant. Cet album, pour le groupe, c'est un peu comme leur premier opus éponyme (avec More Than A Feeling) pour Boston. On l'écoute sans aucun déplaisir, mais si on retire sa chanson-phare, rien n'est digne de faire figurer ce disque dans les best-sellers (alors que ç'en est un). L'album suivant du groupe, Fly Like An Eagle de 1976, est plus réussi, je l'aborderai d'ailleurs bientôt. The Joker, quant à lui, est un très bon album dans son genre, mais un peu surestimé quand même.

FACE A

Sugar Babe

Mary Lou

Shu Ba Da Du Ma Ma Ma Ma

Your Cash Ain't Nothin' But Trash

FACE B

The Joker

Lovin' Cup

Come On In My Kitchen

Evil

Something To Believe In

31 août 2015

"The Nightfly" - Donald Fagen

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Ce disque sorti  l'année de ma naissance (soit 1982) devrait, selon toute logique, plaire à toute personne aimant Steely Dan, et notamment la période 1977/80 du groupe (les albums AJA et Gaucho). Pourquoi ? Bikoze le principal intéressé ici, l'auteur de ce disque, n'est autre que Donald Fagen, lequel est l'une des deux personnes se cachant derrière cette incroyable entité pop/rock qu'est Steely Dan (l'autre personne est Walter Becker, lequel resplendit par son absence sur cet album, ceci dit). Entité pop/rock ? Pourquoi pas 'groupe' comme d'ordinaire ? C'est que Steely Dan n'a jamais vraiment été un groupe. Enfin si, au tout début : le groupe, qui tire son nom du Festin Nu de William Burroughs (Steely Dan, Dan Bras-De-Fer en VF, n'est autre qu'un...godemiché dans le roman ! Si, si !), a été fondé au tout début des années 70 par le chanteur/claviériste Donald Fagen et le guitariste/bassiste Walter Becker, tous deux de vrais musicologues au fort tempérament, à l'humour redoutable, au cynisme triomphant et au pointillisme musical frisant l'absolu. Demandez aux innombrables musiciens ayant joué sur les albums du groupe, ces mecs pouvaient rapidement être de vrais chieurs, du genre à chercher le moindre défaut pour l'effacer, à chercher la perfection. Le premier opus du groupe, Can't Buy A Thrill en 1972, est le seul sur lequel on entend aussi une autre voix que celle de Fagen : celle de David Palmer, chanteur principal, alors, du groupe. On entend aussi le batteur Jim Hodder chanter sur un titre, ce qui restera cas unique dans le groupe. Les deux autres membres du groupe sont Denny Dias et Heff 'Skunk' Baxter, aux guitares, et Becker tient la basse seulement. Après ce disque, Palmer est remercié, Fagen devient le seul chanteur, ce qu'il ne voulait pas vraiment à la base. Encore deux disques seront faits (Countdown To Ecstasy, 1973 ; Pretzel Logic, 1974), peu représentés sur scène car le groupe n'aime pas trop les concerts, avant que Becker et Fagen ne décident de virer Baxter, Dias et Hodder, estimant que tout compte fait, il vaudrait mieux que Steely Dan devienne un duo. Après tout, ils ne font pas de concerts, et on trouve à Los Angeles tellement de pointures telles que Jeff Porcaro, Larry Carlton, Steve Gadd ou Chuck Rainey, alors autant les utiliser. D-s 1975 et Katy Lied, le Dan devient donc exclusivement Becker et Fagen entourés de musiciens de studio. Le ton du 'groupe' devient de plus en plus jazzy avec The Royal Scam (1976), complètement jazz avec AJA (1977) et Gaucho (1980, sur lequel on entend, sur deux titres différents, Rick Derringer et Mark Knopfler). Le groupe, en cette année 1980, décide de stopper là leur carrière en commun, ne reformant le groupe que courant des annés 90 pour des concerts, puis début des années 2000 pour deux albums.

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C'est en 1982 que Fagen se lance en solo avec The Nightly, disque de pop à tendance très jazzy, à la production (signée Gary Katz, producteur de tout Steely Dan) léchée, classieuse et totalement similaire à celle des deux précédents opus du groupe. Walter Becker, comme je l'ai dit, ne joue pas dessus, n'est même pas crédité (les deux se seraient légèrement fâchés à l'époque, rien de grave). Il n'y à que l'absence de l'autre fondateur de Steely Dan qui empêche The Nightfly d'être un disque de Steely Dan, parce que sinon, c'est vraiment, tout du long des 8 titres et 38 minutes de l'album, similaire. Gros succès à sa sortie, le disque est sorti sous une des plus belles pochettes d'albums de son époque, une photo noir & blanc classieuse de Fagen en bras de chemise, assis face à une platine dans un studio de radio, un antique micro en main, une clope dans l'autre. Un DJ à l'ancienne, un annonceur radio comme dans les années 50 voire même avant. La photo semble d'ailleurs dater de cette période, ce qui n'est évidemment pas le cas. L'album aligne les merveilles du début à la fin et a été enregistré avec de vraies pointures, encore une fois, que je vais citer en vrac (selon les morceaux, comme pour Steely Dan, ça change de line-up) : Greg Phillinganes, Hugh McCracken, Jeff Porcaro, Dave Bargeron, Michael Omartian, Larry Carlton, Marcus Miller, Michael et Randy Brecker, Chuck Rainey, Steve Khan, Dean Parks, Rick Derringer... Ce vol de nuit (titre de l'album) a été fait en compagnie d'un équipage d'élite !

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Monsieur Sourire

Je n'ai ps encore cité le moindre morceau sur The Nightfly, j'ai juste précisé qu'il y en avait 8. Pourquoi essayer de décrire l'album ? Ca ne servirait à rien. Non, ce n'est pas par fainéantise que je fais ça, mais franchement, entre la chanson-titre, The Goodbye Look, New Frontier, Maxine et I.G.Y. (pour International Geographical Year), sans oublier la seule et unique reprise de l'album (Ruby Baby), c'est difficile de dire quelle est la meilleure chanson. I.G.Y. est probablement ma préférée, car elle ouvre magistralement l'album, prend le temps de s'installer sur 6 minutes, mais tout The Nightfly est une pure merveille de jazz/pop qui ravira, je le redis, les amateurs de Steely Dan ne le connaissant pas encore (ceci dit, si vous êtes fan du groupe, à mon avis, vous connaissez déjà cet album, d'autant plus qu'il est : a) très connu, et b) la continuité même de Steely Dan, le passage obligé), et surtout celles et ceux qui ont aimé AJA et Gaucho, clairement les deux oeuvres du Dan qui ressemblent le plus à ce The Nightfly anthologique et sublime. Une merveille de jazz/pop, tout simplement, et un des meilleurs albums des années 80, pas seulement de 1982.

FACE A

I.G.Y.

Green Flower Street

Ruby Baby

Maxine

FACE B

New Frontier

The Nightfly

The Goodbye Look

Walk Between Raindrops

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"Out Of The Blue" - Electric Light Orchestra

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Il est maintenant temps de parler du magnum opus d'Electric Light Orchestra : Out Of The Blue. J'attendais depuis des jours, depuis la rédaction de la chronique de On The Third Day (le premier album d'ELO abordé ici, et leur troisième opus, sinon), de pouvoir, enfin, parler plus longuement de ce que j'ai, mis à part ça, décrit rapidement, quasiment dans chacune des précédentes chroniques d'albums du groupe, comme étant leur chef d'oeuvre. Si Out Of The Blue, sorti en 1977 sous la forme d'un double album (17 titres pour un total de 70 minutes ; tout tient désormais sur un seul CD, auquel quelques bonus-tracks ont été rajoutés au passage) est leur chef d'oeuvre, ce n'est pas parce que c'est le double, enfin, pas que pour ça (l'ensemble est d'un niveau jouissif, et si le disque n'avait été que simple, ça aurait été un vrai crêve-coeur pour le groupe, sans aucun doute, d'avoir du en virer la moitié des titres pour ça). On sent ici la pleine maîtrise de leur art. Ce qui était déjà bien palpable sur l'écrin à hits qu'était A New World Record (1976) est ici totalement confirmé : ça y est, Electric Light Orchestra est énorme, énôôrme, hénaurme même. Avec les Wings de Paul McCartney (qui, en cette même année, publient le single Mull Of Kintyre), on tient le plus grand groupe pop de la décennie. Les deux groupes ont été fondés à peu près en même temps (1971 pour leurs premiers opus) et connaîtront le nadir en même temps aussi (1979 : fin des Wings ; et publication, pour ELO, de Discovery, album ma foi très très correct, mais marquant clairement le début d'une inévitable et terriblement longue descente, aucun album ensuite ne sera réussi et digne qu'on parle encore de lui en 2015). Inutile aussi de rappeler (même si je le fais quand même) qu'entre les Wings et ELO, il existe un lien : les Beatles, groupe dont Jeff Lynne, leader d'ELO (chant, guitares, claviers, composition, production), est fan, et dont il produira un des membres (George Harrison, entre 1987 et la fin de sa vie).

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C'est en partie parce qu'il est double, et en partie parce que rien, ici, n'est ne serait-ce que moyen, et aussi en partie parce que c'est le dernier disque majeur du groupe, et aussi en partie parce qu'il contient 7 immenses morceaux parmi les 17 grands morceaux qu'on y trouve, qu'Out Of The Blue est le sommet de la bande à Jeff Lynne et Richard Tandy (claviers). L'album est sorti sous une pochette de pleine science-fiction montrant un gigantesque vaisseau spatial aux couleurs du logo du groupe (logo ayant fait sa première apparition sur la pochette de l'album précédent), vaisseau circulaire au-dessus de la Terre (visible au verso) et dans lequel une fusée elle aussi arborant le logo d'ELO entre par un sas. A l'intérieur de la pochette ouvrante, l'intérieur du vaisseau, avec les différents membres du groupe (photo plus bas). On sent que l'album sera aventureux et riche rien qu'à regarder son artwork, et on ne se trompera pas. Ce disque est une cathédrale, un Paradis pop absolu qui, de Turn To Stone à Wild West Hero en passant par sa complète face C proposant un Concerto For A Rainy Day en quatre mouvements (le dernier de ces morceaux est l'immense, culte et très connu Mr. Blue Sky, que SFR utilisera comme musique de ses publicités il y à une dizaine ou douzaine d'années), et ce, sans oublier Jungle, Sweet Talkin' Woman et le remuant Birmingham Blues (Birmingham est la ville de Lynne), vous transporte dans l'univers chatoyant, sublimement produit, et très varié, d'Electric Light Orchestra.

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C'est difficile de décrire l'album, il faudrait passer au crible chacun des 17 morceaux, et ça risquerait de tuer dans l'oeuf la jubilation que l'on ressent à l'écoute d'un tel phénomène. Quand on pense que ce disque est sorti en pleine année punk, l'année des albums autoproduits (ou produits à la rapide, comme le Dead Boys ou le Clash), on peut se demander comment un tel disque, qui représente exactement tout ce que les punks détestaient (ELO a fait partie, avec Pink Floyd, Genesis et Led Zeppelin, des groupes sur lesquels les punks chiaient, métaphoriquement parlant, à longueur de journée), a fait pour cartonner autant. Mais 1977 est aussi l'année du AJA de Steely Dan et du Rumours de Fleetwood Mac, autres triomphes pop (et jazzy pour le premier cité). En tout cas, avec ce double album anthologique, ELO s'impose définitivement comme un très grand. Dommage pour eux que ça soit leur dernier sommet, même s'ils ne pouvaient pas le savoir. Dès l'album suivant, Discovery en 1979, Electric Light Orchestra s'enfoncera progressivement dans une mélasse pop de plus en plus caricaturale, le groupe essayant sans cesse de refaire le coup d'Out Of The Blue, en plus new-wave/proto-disco, et ça foirera lamentablement à chaque fois. Discovery aura pour lui quelques chansons imparables (j'en reparle bientôt et ça sera ma dernière chronique sur ELO, du moins pour le moment), mais rien qui soit capable de faire oublier n'importe laquelle (même le court Believe Me Now d'1,20 minute) des 17 chansons de ce double album magistral et culte de 1977.

FACE A

Turn To Stone

It's Over

Sweet Talkin' Woman

Across The Border

FACE B

Night In The City

Starlight

Jungle

Believe Me Now

Steppin' Out

FACE C

Concerto For A Rainy Day :

Standin' In The Rain

Big Wheels

Summer And Lightning

Mr. Blue Sky

FACE D

Sweet Is The Night

The Whale

Birmingham Blues

Wild West Hero

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"Octopus" - Gentle Giant

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Sous cette belle pochette signée Roger Dean (auteur notamment des splendides pochettes d'albums de Yes : Fragile, Close To The Edge...), voici que se pointe le quatrième album de Gentle Giant, groupe de rock progressif anglais des années 70. Un groupe assez peu représentatif du prog-rock que le Gentil Géant, quand on y pense, car là où les autres groupes du genre (Yes, Emerson, Lake & Palmer, Genesis, Camel, Van Der Graaf Generator et bien entendu King Crimson) avaient l'habitude de livrer des albums avec de longs morcaux de 10 ou 20 minutes, parfois même des morceaux tellement longs qu'ils occupaient une face entière ou même plus d'une face entière (Karn Evil 9 d'Emerson, Lake & Palmer), et que ces mêmes groupes faisaient, parfois, des doubles albums, Gentle Giant, eux, se restreignaient à des albums simples et à des chansons, le plus souvent, courtes, moins de 10 minutes. Par contre, ils ont parfois fait des trucs assez expérimentaux (Acquiring The Taste, Interview). Pas sur ce disque, en revanche, car ce quatrième opus du groupe, Octopus, ne dure que 34 petites minutes, et ses 8 titres font tous moins de 6 minutes (le plus long atteint presque cette durée, mais il est bien le seul, et de loin, les autres faisant, en gros, 4 minutes). Admettez que pour du rock progressif, surtout en cette année 1973 riche en disques bien chargés dans le genre (Brain Salad Surgery, Tales From Topographic Oceans...), une telle sobriété ne peut qu'étonner !

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Toujours au sujet de la belle pochette représentant une gigantesque pieuvre, apprenez que l'édition américaine de l'album (publiée sur Columbia Records au lieu de Vertigo) en proposait une autre, de pochette, celle de la photo ce-dessus, une pochette tout aussi dans le ton que l'originale quant au titre de l'album, mais elle est nettement moins belle, n'est-ce pas ? L'album s'appelle donc Octopus, mais n'allez pas croire que c'est un disque conceptuel sur une pieuvre, la mer ou les mythes marins. Octopus n'est pas un album conceptuel du tout du tout du tout. Si l'album s'appelle ainsi, c'est parce qu'il est...constitué de huit morceaux (octo opus en latin) ! Le titre a été simplifié en virant un 'o', et le visuel de la pochette est venu tout seul. Voilà. Un peu trompeur, un peu frustrant, mais rassurez-vous, l'album est absolument génial dans son genre, c'est même le sommet du groupe. On y trouve notamment, et en ouverture d'ailleurs, un nouveau morceau en allusion aux romans de Rabelais (après The Nativity Of Pantagruel sur Acquiring The Taste), en l'occurrence The Advent Of Panurge. Encore une fois, quoi de plus logique que de parler de Rabelais quand on porte un nom de groupe aussi éloquent ? River (le morceau le plus long) est une pure merveille, ainsi que Knots et Raconteur, Troubadour. Tous les morceaux ne parlent pas forcément de thèmes chers à l'univers du rock progressif : The Boys In The Band est une ode aux roadies de Gentle Giant !

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Un disque vraiment bluffant, certes très court, trop court (quand on pense que la majorité des morceaux, ici, durent 4 minutes ou un peu moins, on se dit que certains d'entre eux n'auraient pas été moins bons avec une durée plus étendue...enfin, c'est comme ça...), mais qui ne renferme que de grands moments de rock progressif à l'ancienne. La production (signée du groupe, et non plus de Tony Visconti) est un petit peu datée, surtout que le transfert en CD a été fait très simplement, sans grande remastérisation avec bonus-tracks et livret épais rempli de photos et de texte. C'est du sobre, du classique. Certes, le son a pris de l'âge, mais quand la musique est bonne (bonne, bonne), franchement, on prend du plaisir, et si vous aimez le rock progressif, Octopus est un vrai essentiel du genre, à écouter absolument !

FACE A

The Advent Of Panurge

Raconteur, Troubadour

A Cry For Everyone

Knots

FACE B

The Boys In The Band

Dog's Life

Think Of Me With Kindness

River

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30 août 2015

"Fugazi" - Marillion

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Amateurs de rock progressif qui désespériez de ne pas trouver un seul article sur ce groupe pourtant phare du genre, réjouissez-vous, voici que Marillion déboule sur le blog ! Je sais, je sais, il aurait été foutralement plus logique de commencer par parler du premier album de ce groupe anglais, Script For A Jester's Tear (1983), mais c'est avec le deuxième album, sorti en 1984 sous une des plus belles pochettes du rock progressif (selon l'avis de pas mal de monde) et baptisé Fugazi, que j'ai préféré démarrer, étant donné que j'ai découvert Marillion avec lui. "Fugazi" est une expression qui viendrait des soldats américains durant la guerre du Vietnam, et qui signifiait, quand on utilisait cette expression (un acronyme anglophone, je le décrirai ensuite) au sujet d'un soldat, qu'il était mort : Fucked Up, Got Ambushed, Zipped In ('foutu, tombé dans un traquenard et a terminé sa course dans un sac à zip'). Le même genre d'expression acronyme que SNAFU (Situation Normal : All Fucked Up) qui pullulait dans l'armée ricaine. Si le groupe a choisi cette expression, ce n'est pas pour dire que tout foutait le camp dans le groupe à l'époque (compte tenu que c'est juste leur deuxième album, ça aurait été dramatique, vu la longévité de Marillion et le fait que leur chanteur de l'époque, Fish, restera jusqu'en 1988, que ça commence à partir en couilles dès le départ !), mais probablement pour la sonorité du mot. Concernant le groupe, il est à l'époque constitué du chanteur Fish, donc, du guitariste Steve Rothery, du bassiste Pete Trewavas, du claviériste Mark Kelly, et du batteur...mais c'est un peu compliqué.

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En même temps, il y aura quand même des tensions durant l'enregistrement : le premier batteur du groupe, Mick Pointer, s'en va une fois le premier album sorti, et il est remplacé par le batteur de Camel (groupe de rock progressif des 70's : Moonmadness...), Andy Ward, mais ce dernier, alcoolique apparemment, ne fera pas l'affaire, et on le remplacera par John Martyr, qui ne convainc personne dans le groupe et sera remplacé, au bout de quelques concerts, par Jonathan Mover, un inconnu. Mais entre lui et le chanteur du groupe, Fish (de son vrai nom William Derek Dick), rien ne va plus, et Fish menace de se barrer si Mover reste, donc...Mover va mover, et est remplacé par Ian Mosley, lequel est, à l'heure actuelle, toujours dans le groupe. Et l'enregistrement de Fugazi, repoussé jusque là par Fish, démarre. L'album sortira en 1984 donc, et est constitué de 7 titres (pour un total de 46 minutes) qu'on imagine, dans l'ensemble, plutôt longs. Comme je l'ai dit plus haut, sa pochette est magnifique, et représente le Jester  (personnage emblématique de Marillion) allongé quasiment à poil sur un lit défait dans une chambre en bordel (on distingue notamment des pochettes de disques, celles des albums Over et Fool's Mate de Peter Hammill ; un caméléon ; une TV allumée et de laquelle dépasse une sorte de bras de créature ; un petit train en bois ; un exemplaire du journal musical Billboard ; une chaussure à talon de femme ; un tableau représentant un clown...). La pochette représente le réveil difficile d'une rock-star en pleine débauche. On a, sur cette pochette, des allusions aux chansons, notamment She Chameleon (le caméléon), Punch And Judy (une pochette de single avec ce nom dessus, et aussi le Guignol, dont Punch & Judy est l'équivalent anglophone), Jigsaw (un puzzle)... On a même, via la pie, une allusion aux Beatles et à leur Blackbird !

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Au sujet de Fugazi, les critiques sont partagés : tout en ayant été un bien plus gros succès que le précédent opus, et tout en étant une belle réussite dans le genre, il n'est généralement pas considéré comme un sommet de Marillion ; on estime en effet que le groupe n'a pas su évoluer, progresser (or, c'est du rock progressif, après tout !) depuis Script For A Jester's Tear. L'album suivant, Misplaced Childhood (1985), allait en revanche mettre tout le monde d'accord. Mais Fugazi est tout de même un excellent album, et il recèle de grands moments : Jigsaw en est selon moi le sommet, mais Assassing, Incubus et Fugazi (en fait, toute la face B est géniale) sont également superbes. Le timbre de voix de Fish n'est pas sans rappeler celui de Peter Gabriel, avis donc aux amateurs qui ne connaissent pas encore Marillion (du moins, le Marillion des années 1983/88, car après, Fish partira pour ne plus revenir, et les chanteurs permuteront souvent). La guitare de Rothery, qui a livré cette année un album solo instrumental magistral (The Ghosts Of Pripyat), est sublime, les compositions sont efficaces, bien écrites... Sorte de Genesis en plus musclé et 'moderne' (un peu le Genesis de l'ère Gabriel si celle-ci avait eu lieu dans les années 80 plutôt que 70), Marillion, dont le nom vient de Tolkien (Le Silmarillion), livre donc ici un excellent album, peut-être pas le meilleur, mais un de mes préférés avec le bien plus récent Marbles (2004), un album plus moderne, avec un autre chanteur, et bien plus proche du rock néo-prog à la Porcupine Tree que du rock progressif à l'ancienne. Album que j'aborderai ici bientôt, même si d'autres Marillion (je pense à Misplaced Childhood ou Clutching At Straws) le seront ici aussi un jour ou l'autre... Je précise pour finir que je n'ai jamais été un fan de ce groupe : j'aime bien certains albums (comme pour Rush), mais je ne le citerai jamais dans mes groupes favoris.

FACE A

Assassing

Punch And Judy

Jigsaw

Emerald Eyes

FACE B

She Chameleon

Incubus

Fugazi

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