Rock Fever

31 mai 2020

''Up In Heaven (Not Only Here)" - The Clash

Sandinista ! est sans aucun doute trop long, mais il renferme des joyaux, comme cette féerie punk-pop...

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« Throwing Copper » – Live

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Toujours la même antienne. En 1994, le décès de Kurt Cobain (le chanteur de Nirvana) se solde par la mort de la vague grunge, même si certains groupes font encore preuve de morgue et de résilience. Hélas, bien conscient de cette déliquescence, Pearl Jam n’est plus ce groupe flamboyant de naguère. Soundgarden s’évapore, emporté par les projets solos de son leader, Chris Cornell. Alice In Chains est désormais un groupe moribond, surtout après son album éponyme et les sénescences récurrentes de son auteur, Layne Staley, qui multiplie les cures de désintoxication. Mais, peu importe, l’industrie musicale s’ingénie à déceler le digne épigone de Nirvana…
Et tant pis si ce dernier ne partage aucune accointance avec Seattle… Tantôt ce nouvel avatar se nomme Silverchair, tantôt il se prénomme Stone Temple Pilots. Hélas, ces figures tutélaires ont toujours nié et rabroué la moindre allégeance à ce tropisme musical.

Live sera lui aussi victime de ces fausses contiguïtés matoises. En outre, Ed Kowalczyk (chanteur et principal compositeur) et ses fidèles sectateurs ne sont même pas originaires de Seattle, mais de New York, en Pennsylvanie. Mieux, Live n’a jamais clamé ni harangué la moindre affiliation au grunge, que ce soit dans ses oripeaux obsolètes (vive le bermuda et la chemise à carreaux !), ou même dans ses dissonances musicales. Preuve en est. Aux yeux de l’oligarchie musicale, Live appartient à la mouvance « rock alternatif ». Aux yeux de certains producteurs, c’est une argutie suffisante pour répertorier Live dans la catégorie « post-grunge », un néologisme qui fonctionnera – peu ou prou – jusque l’orée des années 2000, date à laquelle le grunge est prestement évincé par le Nu Metal.
En réalité, Live sévit sur la scène musicale depuis le milieu des années 1980. Pendant longtemps, le groupe multipliera les cryptonymes.

Tout d’abord baptisé First Aid, le groupe permutera les épithètes pour se transmuer - tour à tour - en Action Front, Body Odor Boys, Paisley Brues, Club Fungus et Public Affection. Après d’interminables louvoiements et atermoiements, Ed Kowalczyk et ses affidés optent finalement pour Live. Voilà pour l’anecdote superfétatoire ! Ainsi, deux mini-albums verront le jour dans la foulée. Four Songs (1991) et Mental Jewelry (1991) leur permettent d’ériger un simulacre de notoriété. Puis, au moment où le grunge se désagrège, Live sera promu sur la scène internationale. Leur nouvelle livraison, Throwing Copper (1994), se soldera par un immense succès commercial, que ce soit chez l’Oncle Sam, ou encore dans nos contrées hexagonales. Selling the Drama et surtout I Alone permettent à Live de toiser enfin le firmament des oriflammes. A raison, Ed Kowalczyk et sa bande jubilent.
A l’heure actuelle, Throwing Copper est toujours considéré comme la meilleure performance de Live.  
Certes, à postériori, le groupe voguera vers d’autres contrées alternatives. 

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Mais, que ce soit Secret Samadhi (1997), The Distance To Here (1999), (2001), Birds of Pray (2003), ou encore Songs from Black Mountain (2006), aucun de ces albums n’itérera les performances de Throwing CopperReste à savoir si ce disque mérite – ou non – de telles courtisaneries. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique… A contrario, certains contempteurs tancent et vilipendent un groupe qu’ils jugent évanescent et sommaire. Non, Throwing Copper ne serait pas le nouveau Nevermind (1991). A contrario, Live n’a jamais eu (bis repetita) pour velléité de baguenauder dans le sillage et le continuum de Nirvana. Pour une fois, la pochette du disque dénote par ses lithographies doucereuses puisqu’on y voit un personnage aux étonnantes rotondités, visiblement aguiché par quatre autres protagonistes. Pour le reste, il faudrait se montrer particulièrement rustre et vachard pour ne pas discerner les attributs de Throwing Copper. Tout commence de façon alambiquée, tel un cri d’amertume et de résipiscence, avec The Dam At The Otter Creek, à la nonchalance prononcée.

Puis, le disque oscille vers ses deux tubes stratosphériques, Selling the Drame et I Alone. Throwing Copper se poursuit sur ses acquis et ses certitudes. On comprend mieux pourquoi l’album a été salué, adoubé et même sacralisé par Michael Stipe lui-même, tant Throwing Copper porte – bon gré mal gré – les rudiments et les linéaments de R.E.M. Toutefois, Ed Kowalczyk et les siens parviennent à s’extirper de l’ornière, en amalgamant pop et sonorités alternatives. On se trouve devant un disque qui exhale la décennie 1990 à plein nez. Cependant, difficile de ne pas reconnaître les arguties d’Ed Kowalczyk et sa bande. Throwing Copper possède de solides scansions dans sa besace, d’Iris à Shit Towne, en passant par All Over You. Toutefois, on aimerait que Live s’emporte davantage, à l’instar de Stage et de l’excellent WaitressEd Kowalczyk et ses prosélytes sont nettement moins éloquents lorsqu’ils versent dans la complainte sirupeuse. Par exemple, Pillar of Davidson ne restera pas dans les annales. 
Mais, au moins, Throwing Copper peut s’enhardir d’un certain éclectisme, entre mélancolie, pop soyeuse et rock alternatif de bon aloi.

 

118566306 Alice In Oliver

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''The Boy With A Moon And Star On His Head'' - Cat Stevens

Une petite douceur de Cat Stevens, ça fait toujours du bien !

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"Les Mots Bleus" - Christophe

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Chronique rédigée avant le décès de Christophe.

Il n'y à pas très longtemps (quelques semaines tout de même), j'ai réabordé ici deux albums de Christophe, Les Paradis Perdus et Samouraï, respectivement sortis en 1973 et 1976. J'imagine que certains se sont demandé bah ! il en manque un entre les deux, et "Les Mots Bleus", ils puent de la gueule ? Bah non, mais j'envisageais bien de le réaborder aussi, cet album, mais je ne voulais pas tout faire en même temps. Voici donc le moment de reparler d'un album totalement mythique dans la chanson française : Les Mots Bleus. Mais avant, petit retour en arrière. En 1973, Christophe collabore, pour la première fois de sa carrière, avec Jean-Michel Jarre, oui, le futur joueur de synthé en mousse aux rayons lasers. Les deux hommes vont faire un album, Les Paradis Perdus, sur lequel Jarre signe les paroles, mais aucune musique. Cet album majeur (qui certes offre une chanson absolument infâme, Mickey, mais pour le reste...), un sommet de rock français et de chanson de la même nationalité, servira de trampoline pour relancer la carrière du chanteur d'Aline et des Marionnettes, qui était certes à la mode au milieu des années 60, mais sombrera assez rapidement dans l'oubli et considéré comme has-been. L'album ne sera pas une vente monumentale, mais il fera parler de lui via sa chanson-titre, inoubliable joyau. L'année suivante, entouré des mêmes musiciens (le batteur "Bunny" Rizzitelli, le bassiste Didier Batard, le claviériste Dominique Perrier, le guitariste Patrice Tison), et jouant lui-même de l'harmonica et de l'orgue électronique Eminent 310, Christophe remet ça. Il enregistre, au studio Ferber de Paris (le même studio que pour le précédent opus...et le suivant, Samouraï), Les Mots Bleus.

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Encore une fois produit, pour son propre label (Motors), par Francis Dreyfus, l'album est mis en paroles par Jean-Michel Jarre, à l'exception de deux titres : Souvenirs, qui dure 1,30 minutes et est instrumental, et C'Est La Question, que Christophe a composé en totalité, paroles et musique. Il signe, sinon, la musique de l'ensemble de l'album. C'est un album court (34 minutes et autant de secondes) qui, par la grâce de deux chansons qui, encore aujourd'hui, sont connues de tous, marchera bien, très bien même. Revenu de son statut de ringard, Christophe le moustachu qui ne rigole que quand il se brise un membre va dès lors, et ce jusqu'à la fin (pas encore survenue) de sa carrière et/ou de sa vie, écumer les plateaux TV pour chanter Les Mots Bleus, chanson qu'il reprendra même en italien (il est d'origine italienne) sur un album entièrement chanté dans cette langue. Chanson que Bashung reprendra magnifiquement dans les années 90. Les Mots Bleus, pour Christophe, c'est comme Le Sud pour Nino, ou Tu Verras pour Nougaro, un hymne qui, tout en étant d'une beauté hallucinante, une des plus belles chansons françaises...est aussi un arbre qui cache toute la putain de forêt. C'est une des plus belles chansons de l'album qui lui doit son nom, mais ces putain de six heures au clocher de l'église vampirisent tellement l'album qu'on en oublie qu'il offre aussi Le Dernier Des Bevilacqua, 9 minutes haletantes et autobiographiques (Christophe s'appelle Daniel Bevilacqua), progressives et géniales ; qu'il en offre aussi La Mélodie, grande chanson méconnue ; Drôle De Vie ; et bien entendu, l'autre tube de l'album, Senorita

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Le très moche visuel d'une ancienne édition CD graphiquement immonde (absence de livret, pas d'artwork original...)

Courte (3 minutes, même pas, en fait), cette chanson portée par un piano entêtant est l'autre tube de l'album, donc, que Totophe interprétera à la TV presque aussi souvent que Les Mots Bleus. Ode au cinéma et aux USA par le biais de ses multiples références (Brando, James Dean), la chanson parle d'une jeune femme que le narrateur morigène un peu. Le rythme est nerveux, pas étonnant que les Gypsy Kings aient repris, en espagnol, la chanson par la suite. D'ailleurs, à ce sujet, c'est con je sais mais j'y peux rien, autrefois, il y à longtemps, j'entendais souvent cette reprise hispanophone de Senorita par les Gipsy Kings (du moins, je crois que c'était eux), et le jour où j'ai entendu pour la première fois la version originale (lors d'un passage TV de Christophe, sans doute ; il devait la chanter à la TV plus souvent qu'il n'en avait envie, je pense), je pensais qu'il avait repris la chanson aux Gipsy Kings ! Par la suite, j'ai évidemment compris que c'était l'inverse... J'avais prévenu que c'était con, en même temps ! Sinon, pour en finir avec Les Mots Bleus, cet album, musicalement très proche du précédent, est encore une fois du très très très haut niveau, culte comme pas deux, une totale réussite... J'en ai juste un peu marre qu'on parle plus souvent de cet album que du précédent et du suivant (des deux suivants, en fait, parce que Le Beau Bizarre...sublime !), mais en même temps, c'est effectivement une incontestable réussite !

FACE A

Le Dernier Des Bevilacqua

Senorita

C'Est La Question

FACE B

Les Mots Bleus

La Mélodie

Le Petit Gars

Drôle De Vie

Souvenirs

''Darkness (L'Immoraliste)" - Be-Bop Deluxe

Excellente chanson issue du premier album des méconnus Be-Bop Deluxe !

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"Flashpoint" - The Rolling Stones

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De même que le 4 de Foreigner (réabordé récemment) et le Isolation de Toto, cet album est extrêmement important pour moi. Celui-là peut-être plus encore que les autres. On parle des Rolling fuckin' Stones, ici, après tout, et cet album fut mon premier d'eux. Je me souviens encore de quand le 45-tours Highwire est sorti, alors que je n'avais que 9 ans, c'était donc en 1991. Chanson politique sur la Guerre du Golfe (bon, ça, évidemment, à l'époque, je ne pouvais pas m'en douter), elle cartonnait, c'était la première du groupe en deux ans (ça aussi, je ne pouvais pas le savoir), et malgré mon jeune âge, déjà, j'adorais et j'ai demandé à mes parents d'acheter le 45-tours (pochette blanche s'ouvrant par le haut, un gros point d'exclamation noir au centre). Peu de temps après, j'ai demandé qu'on m'offre cet album, pour deux raisons : j'avais déjà deux chansons du groupe en tête (Highwire et Paint It, Black, cette dernière, grâce à un 45-tours de mon père, le seul disque qu'il a jamais eu de ce groupe dont il n'est pas très fan), j'adorais les deux ; et deuxième raison, la pochette, cette flamme sur fond rouge criard, me plaisait. Je ne savais pas que c'était un live, je ne connaissais quasiment aucune chanson du groupe (bon, (I Can't Get No) Satisfaction et Miss You, si, je connaissais), et évidemment, aucun de leurs albums. J'ai, on peut le dire, découvert un des groupes de ma vie avec ce live sorti en 1991, Flashpoint. Que l'on m'a offert, en K7 Audio (même nombre de morceaux que le CD, mais Sex Drive en finale de la face A). Je ne l'ai acheté en CD que tardivement, très tardivement, vers 2010, hé si. Je ne peux plus l'écouter, mais j'ai toujours la K7. 

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Flashpoint est le cinquième live du groupe (par la suite, ils en feront d'autres...), et sans être leur pire (indéniablement, c'est leur premier, Got Live If You Want It, des années 60, dont la qualité audio est absolument merdique, on entend nettement plus le public en chaleur que le groupe, et il y à même des doutes sur le fait que tout y soit live, en fait), ce n'est pas leur meilleur. A l'époque, les Galets qui Roulent sont en tournée mondiale de promotion de leur album de 1989, le très bon Steel Wheels. La tournée, Urban Jungle World Tour, sera par la suite illustrée par un des lives archivaux "From The Vaults", Tokyo Dome 1990. Le concert tokyoïte a en partie servi pour Flashpoint, live enregistré en utilisant le procédé sonore binaural, par ailleurs. Ce qui en résulte une qualité sonore assez exceptionnelle, il faut le dire, et si on écoute le disque au casque, l'impression d'y être. Je ne vais pas dire où furent enregistrés les 15 titres (on en a 17 sur le CD, mais les deux derniers sont des enregistrements studio bonus ; le vinyle ne contient que 15 titres répartis sur une seule galette, car Rock And A Hard Place et Can't Be Seen, deux morceaux issus de Steel Wheels, manquent à l'appel), car ça a été fait un peu partout durant la tournée mondiale. Le résultat est si bien mixé qu'on a l'impression d'un seul et unique concert. Le CD dure 76 minutes, on a une bonne heure de live, c'est un peu frustrant, mais ce que l'on trouve ici est, dans l'ensemble, remarquable.

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Comme par exemple Sympathy For The Devil, You Can't Always Get What You Want, un Little Red Rooster avec la participation d'Eric Clapton, Start Me Up, Ruby Tuesday et Brown Sugar. Rendez-vous compte, les mecs, j'ai découvert ces chansons par le biais de ces versions live. J'avais, quoi, 10 ans. Les tronches de Jagger et Watts, dans le livret dépliant de la K7, me foutaient un peu les jetons (grimaces pour l'un, air monolithique et froid pour l'autre), je trouvais que Richards ressemblait à Jack Lang (en même temps, quel bel homme !!), pardonnez-moi, j'avais 10 ans, j'étais naïf. Je ne savais pas que ce live était loin d'être le meilleur du groupe. En même temps, à l'époque, vous m'auriez filé Get Yer Ya-Ya's Out ! (1970, leur meilleur live), j'aurais été capable de ne pas aimer autant que Flashpoint. C'est même garanti sur facture et remboursable en cas de litige. Pendant des d'années, ce fut mon seul album des Rolling Stones (le premier disque studio que je me paierai, j'avais dans les 14 ans, ce fut Let It Bleed), je l'écoutais souvent, en boucle, au casque ou sur ma chaîne hi-fi, je kiffais ma race de salopard, sans me rendre compte que, OK, c'est peut-être pas aussi quintessentiel que ça (Highwire, un des morceaux studio inédits, est pas mal, mais pas si grandiose que ça, et je n'ai pas parlé de l'autre morceau studio inédit, Sex Drive, mais il ne vaut mieux pas que je dise ce que j'en pense), le groupe a été meilleur par le passé (il a été pire aussi, grâce à la came), il est en suspens car le bassiste Bill Wyman partira peu après l'enregistrement des deux titres studio inédits et ne reviendra pas... Mais, même en sachant que Flashpoint n'est pas immense, qu'il est même foutrement secondaire, je ne peux m'empêcher de l'adorer, voilà, c'est comme ça ! Madeleine de Proust, quoi !

(Intro) Continental Drift

Start Me Up

Sad Sad Sad

Miss You

Rock And A Hard Place

Ruby Tuesday

You Can't Always Get What You Want

Factory Girl

Can't Be Seen

Little Red Rooster

Paint It, Black

Sympathy For The Devil

Brown Sugar

Jumpin' Jack Flash

(I Can't Get No) Satisfaction

Highwire

Sex Drive

Vinyle : 

FACE A

(Intro) Continental Drift

Start Me Up

Sad Sad Sad

Miss You

 

Ruby Tuesday

You Can't Always Get What You Want

Factory Girl

 

Little Red Rooster

FACE B

Paint It, Black

Sympathy For The Devil

Brown Sugar

Jumpin' Jack Flash

(I Can't Get No) Satisfaction

Highwire

Sex Drive

30 mai 2020

''Savoy Truffle'' - Terry Manning

Assez dingue reprise des Beatles par Terry Manning, à la base ingénieur du son. 10 minutes de folie !

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"Gentle Spirit" - Jonathan Wilson

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En mars dernier, j'ai parlé, pour la première fois, de Jonathan Wilson, via son album le plus récent, qui venait alors de sortir, Dixie Blur, excellent album de country/folk-rock. Mais comme je le disait alors, je m'étais rendu compte que j'avais totalement oublié, connaud que je suis, de parler de ses autres albums. Dixie Blur est son quatrième (en 9 ans de carrière discographique), et si je ne connais pas (encore) son troisième, Rare Birds, je connais ses deux premiers opus. Celui-ci, sorti en 2011 sous une pochette totalement psychédélique et chamarrée (tant recto que, visuel plus bas, verso), est son premier, et s'appelle Gentle Spirit. Si son album suivant, Fanfare, est très bien, et si le dernier en date l'est aussi (et j'imagine que Rare Birds doit l'être aussi), ce premier opus est probablement son meilleur. Ce qui est toujours un petit peu con, d'ailleurs, de commencer sa carrière par l'album qui, au final, reste toujours, malgré les albums qui s'enchaînent, le meilleur. De même que Fanfare, Gentle Spirit est un album terriblement long : 78 minutes. Il contient 13 titres allant de 3,25 minutes pour le plus court à 10,30 minutes pour le plus long, et en moyenne, les morceaux dépassent les 5 minutes. 

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Bon, ce mec, c'est qui, déjà ? Un musicien (chanteur, guitariste, claviériste, percussionniste) américain originaire de Caroline du Nord, mais basé à Los Angeles, c'est là qu'il a enregistré, entre 2008 et 2010, ce Gentle Spirit sorti en 2011 et sur lequel, sur la majorité des morceaux, il joue de tout. On note cependant les musiciens suivants : Adam MacDougal (orgue), Kenny Siegel (basse), Otto Hauser, Brian Geltner (batterie), oui, je sais, ces noms ne vous disent rien, à moi non plus. Mais celui de Chris Robinson, chanteur des Black Crowes, qui apparaît ici parfois aux choeurs, devrait, logiquement, vous dire quelque chose si vous aimez le rock américain des années 90 à maintenant. Sur son album suivant, Wilson fera appel, pour les choeurs, à Jackson Browne, Crosby et Nash... Mais retour à Gentle Spirit. Bien que très long (il faut, de plus, prendre le temps de l'écouter plusieurs fois, ce n'est pas un disque qui est instantanément accessible ; ce n'est pas follement expérimental non plus, je précise), l'album est une prouesse, une merveille de folk-rock teintée de psychédélisme. Le chant est super, Wilson possédant une voix d'une douceur, d'une beauté quasiment irréelles. Les chansons se suivent, certaines semblent au départ se ressembler, et toutes (parmi elles, The Way I Feel est une reprise de Gordon Lightfoot, un country-folkeux canadien), vraiment toutes, sont sublimes. 

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Comme par exemple les très éthérés Gentle Spirit et Can We Really Party Today ? qui ouvrent magnifiquement l'album (ces deux morceaux dépassent les 6,30 chacun), ou bien les 8 minutes du morceau suivant, Desert Raven, et cette guitare sublimissime, qui semble planer dans les cieux sans nuages comme un oiseau de proie... Ou comme Valley Of The Silver Moon et ses 10,30 minutes terminales... Ou comme Waters Down, Woe Is Me, Natural Rhapsody... Tout ce disque, devenu rapidement culte avant même sa sortie officielle (apparemment, il a circulé en semi-bootlegs distribués par Wilson lui-même avant qu'il ne se décide à le sortir officiellement), est un chef d'oeuvre, un des meilleurs albums des années 2000 à maintenant. C'est folk, psychédélique, pinkfloydien aussi, terriblement planant, ça prend son temps (mais certains morceaux sont tout de même enlevés), c'est sublimement (auto-)produit... Un disque absolument quintessentiel !

Gentle Spirit

Can We Really Party Today ?

Desert Raven

Canyon In The Rain

Natural Rhapsody

Ballad Of The Pines

The Way I Feel

Don't Give Your Heart To A Rambler

Woe Is Me

Waters Down

Rolling Universe

Magic Everywhere

Valley Of The Silver Moon

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"Glastonbury Song" - The Waterboys

Magnifique chanson des Waterboys issue de l'album méconnu et vraiment attachant Dream Harder (1993) : Glastonbury Song

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"Agent Provocateur" - Foreigner

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On l'a revu récemment, Foreigner, passant de 6 à 4 membres, a sorti, en 1981, son quatrième album, sobrement intitulé 4 (à la base, il devait s'appeler Silent Partners), et rempli, caviardé, truffé de hits : Urgent, Waiting For A Girl Like You, Break It Up, Juke-Box Hero, rien de moins. Un album que je défendrai toujours car j'ai découvert le groupe de Jones et Gramm par son biais. Après, ce n'est peut-être pas le sommet absolu du groupe (je pense que le premier album reste le meilleur), car on y trouve deux morceaux vraiment pas terribles, mais franchement, dans le genre hard-FM, c'est bonnard. Succès monumental et mondial. L'année suivante, le groupe publie son premier best-of, Records, qui se vendra bien. Puis, rien, jusqu'à avril 1984. A partir de ce mois, jusqu'à septembre, le groupe, toujours un quartet, toujours le même, entre en studio (Hit Factory et Right Track, New York tous les deux), pour y enregistrer les 10 titres (et sans doute un peu plus, mais au final, seuls 10 se retrouveront sur les 42 minutes de l'album) de leur futur cinquième album studio, qui sortira, comme un beau cadeau, en fin d'année, début décembre 1984, sous une pochette que je trouve assez moche : un F (celui de Foreigner évidemment) en couleurs et en relief (pochette, recto comme verso, embossée, gaufrée), sur fond noir (recto) et blanc (verso). Le titre de l'album, lui, est nettement meilleur, il claque bien comme il faut : Agent Provocateur. En français dans le texte, vu que c'est une expression utilisée dans cette langue, un peu partout dans le monde, pour parler de quelqu'un qui va inciter quelqu'un d'autre à commettre des actions illégales. 

 

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4 était rempli de tubes, Agent Provocateur ne pouvait pas ne pas en contenir lui aussi. Produit par Mick Jones (leadership, guitare, claviers) et Alex Sadkin, l'album en offre 3, mais il y aura cependant 5 singles de produits, soit la moitié de l'album. On a That Was Yesterday, chanson que j'adore, à l'intro vaguement orientalisante, chanson hélas trop courte (moins de 4 minutes) mais géniale. Je me souviens l'avoir entendue sur un best-of, la chanson n'était pas longue, et je me suis dit si ça se trouve, sur l'album (que je ne connaissais pas encore), elle est plus longue, car souvent, les chansons sont raccourcies pour les singles. Mais non, c'est la même version, je fus déçu en écoutant l'album... Elle n'en est pas moins excellente. De même que la ballade Down On Love, pas très subtile, mais vraiment belle. Et en parlant de ballade, on a ici LE tube absolu, majeur, de  Foreigner, leur plus connu devant Urgent, et il s'agit également, comme Down On Love, d'une ballade : I Want To Know What Love Is. Majeure, sublime, cette chanson, qui sera reprise par, notamment, Tina Arena (un massacre), est une des meilleures d'un album très formaté hard-FM 80's, et au final, je dois le dire, assez frustrant. Frustrant, parce que mis à part ces trois hits (et le morceau d'ouverture, Tooth And Nail, qui ne fait pas partie des singles), Agent Provocateur est un peu putassier et peu glorieux.

 

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Les deux autres singles (Reaction To Action et Growing Up The Hard Way) ne sont pas terribles, c'est à se demander pourquoi ils sont sortis en singles (qui plus est à un mois d'écart, au printemps 85), car comparé aux trois autres chansons sorties en singles pour cet album, et comparé aux singles précédents, tous albums compris, du groupe, c'est pas la même limonade, loin de là. Le reste de l'album (She's Too Tough, A Love In Vain) enfoncent le clou, des morceaux sans âme, qu'ils soient bien rock (le premier cité) ou au contraire, dégoulinants (le second cité), mais sans la puissance des singles promotionnels. Agent Provocateur sera un triomphe commercial, boosté par les singles évidemment, c'est le seul album du groupe à s'être classé N°1 en Angleterre, le groupe est définitivement installé, on le sent bien. Mais au final, ce disque, c'est l'album de I Want To Know What Love Is, tout simplement, s'il faut le résumer. On notera aussi que la cohésion interne, au sein du groupe, va, après ce disque, lentement commencer à se dissoudre, l'album suivant sera quelque part le début de la fin de la gloire pour Foreigner, toutes choses ont une fin... J'en reparle bientôt, et cette fois-ci, pour la première fois, l'album suivant n'ayant pas encore été abordé sur le blog, contrairement aux autres du cycle !

FACE A

Tooth And Nail

That Was Yesterday

I Want To Know What Love Is

Growing Up The Hard Way

Reaction To Action

FACE B

Stranger In My Own House

A Love In Vain

Down On Love

Two Different Worlds

She's Too Tough

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